

Un joli millésime nous attend...
Les 2004 s’apprêtent à vous séduire et sont dans la dernière ligne droite de leur préparation. C’est un millésime tout à fait classique dans son expression : des notes de fruits rouges, principalement de cerise et de framboise ; un boisé discret qui se signale par de l’anis, de la vanille et du pain d’épices ; une bouche ample, avec le soyeux que nous aimons bien au domaine ; une belle finale, longue sans agressivité. Vous l’aurez compris, il s’agit de vins équilibrés qui, en plus, devraient bien vieillir.
Bien sûr, la saison fut difficile : grêle, oïdium, mildiou, nos nerfs furent mis à rude épreuve. Mais nous nous sommes mobilisés pour garder nos vignes en bon état sanitaire et réaliser un gros travail de vendanges vertes et de tri. Fort heureusement, le mauvais temps s’arrêta au seuil de septembre, le vent du nord se mit à souffler, ce qui permit, compte-tenu des efforts consentis, de produire des vins capables de satisfaire l’amateur exigeant.
Ces circonstances ont favorisé une réelle originalité de constitution du millésime. Certes, les arômes et la tenue en bouche sont dans un registre connu. Mais 2004 possède une intéressante combinaison d’acidité et de maturité, qui construit son originalité.
Ce qui vous surprendra, comme nous l’avons été à la vendange, c’est la maturité qui s’exprime dans ces vins : il n’y a pas trace de verdeur, ce que l’on aurait pu craindre compte tenu de la saison ; la chaptalisation a même été réduite à sa plus simple expression (une seule cuve concernée) car les degrés naturels étaient élevés. En même temps, vu la température qui a sévi cette année-là, les vins ont une belle acidité, qui soutient leur finale. Selon le tempérament de chaque vin, la maturité ou l’acidité va l’emporter. Deux millésimes en un, en quelque sorte. 2004 ne se résume pas facilement et cela lui fait gagner de la complexité. Le caractère de chaque vin s’exprime pleinement et le terroir parle :
Le Bourgogne a un joli nez de cerise ; le Fixin est charmeur en diable ; le Morey St-Denis, qui fait son début dans notre gamme, a beaucoup de gras ; le Nuits village est également très rond ; le Chambolle Cras est presque sucré ; le Chambolle Feusselottes, très doux, a une finale magnifique ; le Nuits Perrières est splendide, à la fois fin et long ; le Nuits Boudots est rond et gourmand ; le Clos Vougeot, soyeux et fin, est notre grande fierté ; le Vosne Brûlées est un monument d’équilibre.
Tous ces vins présentent le visage le plus avenant du millésime et pourront être approchés relativement tôt. Donnez tout de même aux crus les plus prestigieux quelques années de bouteille pour s’exprimer pleinement.
Par ailleurs, le Marsannay, impressionnant, montre un beau nez de mûre ; le Chambolle offre une couleur profonde et une belle concentration ; le Vosne est sur la même ligne mais pourrait ressembler au 2001 par son charme ; le Nuits Argillas est très intense, ce qui contribue à sa séduction ; le Nuits Murgers offre un bel équilibre avec une finale minérale ; l’Échezeaux est superbe de complexité ; le Corton est un monument ; le Richebourg, fin et sérieux, fait preuve de son habituelle longueur ; quant au Cros Parantoux...
Ces vins nécessiteront un peu plus de patience. Leur intensité même commande d’attendre et constitue en même temps une garantie de bonne évolution.
Et le Clos St Philibert ? Il suit le caractère général du millésime, fin, équilibré, très ouvert au nez avec des notes de fleurs blanches. Ses perspectives de garde sont excellentes.
L’évolution de ce millésime joli et élégant devrait être assez lente, si l’on en croit le développement en fûts. En contrepartie, les vins devraient évoluer sans à-coups et offrir de belles sensations à l’amateur.



Plan du site (navigation sans javascript)
L'abus d'alcool est dangereux pour la santé. Consommez avec modération.
© 2005 Domaine Méo-Camuzet & fournisseurs
