Les techniques de vendange ont des incidences certaines sur la qualité.

Tout d'abord, la vendange doit obligatoirement être manuelle, pour une raison simple : le tri est impossible avec une vendange mécanique et, sauf millésime homogène (ce qui est une exception), cela peut s'avérer désastreux.

Les raisins sont donc triés sur un tapis à la cuverie avant d'être mis en cuve. Cette méthode est préférable au tri dans la vigne ; il est en effet contradictoire de demander aux vendangeurs d'aller vite (quand les raisins sont mûrs, c'est aussi un facteur de qualité) et de trier, ce qu'ils ne savent de toute façon pas faire et donnerait des résultats aberrants.

Tandis qu'à la cuverie, Jean-Nicolas Méo , avec une équipe de 4 à 8 personnes, surveille personnellement sur la table de tri que rien de douteux ne passe. La proportion de ce que l'on enlève atteint ainsi 5 à 20 % selon les millésimes ou les appellations.

Un autre principe de base, incompatible lui aussi avec la vendange mécanique, doit guider la récolte : amener les raisins aussi intacts que possible à la cuverie. Nous utilisons donc des cagettes qui contiennent entre 15 et 20 kg de vendange et qui tassent peu. Le transport doit se faire doucement : les caisses sont chargées dans un camion-benne qui secouera moins les raisins qu'une remorque de tracteur. Ces cagettes sont ajourées : le jus issu du tassement de la vendange, pourtant réduit au minimum, est ainsi éliminé, ce qui est heureux puisqu'il a eu le temps de s'oxyder pendant le transport.

L'ensemble des opérations que nous venons de décrire forme un maillon vital dans l'élaboration d'un grand vin, maillon qui est encore trop négligé. Le mode de vendange, loin d'être neutre, participe à la qualité au même titre que la conduite de la vigne et la vinification.

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