• mise en bouteilles des 2012

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    La saison 2012, très difficile dans les vignes au printemps et jusqu'au milieu de l'été, s'est heureusement bien terminée par un mois de septembre calme et beau. Nous avons donc pu vendanger des raisins très sains, aux petits grains bien concentrés, qui rappelaient la vendange 2010. L'équilibre des jus était quasi parfait. L'élevage ne posa pas de problèmes particuliers et fut très serein. Les vins se montrèrent donc particulièrement accessibles au mois de novembre, au moment des visites de la presse internationale.

    Ce n'est guère qu'à ce moment que nous avons saisi la singularité de ce millésime, tout le monde s'extasiant sur le charme, l'accessibilité des vins... Nous avions un millésime qui portait toutes les marques de la maturité et d'une belle concentration mais sans que celles-ci soient écrasantes. Il y a là une vraie différence avec des millésimes riches que nous avons pu connaître, en 2005 et 2009 par exemple : certainement impressionnants et de garde mais dominant la complexité des terroirs, au moins au début de leur évolution. C'est toute l'originalité de ces 2012 : beaucoup de potentiel et une vraie finesse. La comparaison avec des millésimes récents est, logiquement, difficile : un peu des 2010 mais sans leur rigueur et sévérité, un peu des 2002, en plus léger et aérien.

    Il y a toutes les chances que ce millésime vieillisse bien. Mais faire un pronostic est assez difficile... Il paraît tellement accessible aujourd'hui ! Bien sûr, une bonne présentation au départ ne signifie pas une évolution rapide. Il s'agit plus de savoir quand ils seront à leur optimum. Ce pourrait bien être... tout le temps ! Un de ces millésimes ouverts, accessibles, offrant le meilleur visage à chaque stade. On pourrait ainsi profiter de la jeunesse pour savourer le fruit et la fraîcheur des villages, en attendant tranquillement que les vins les plus concentrés de la gamme perdent un peu de leur arrogance juvénile. Un profil de grand classique...


    BLANCS

    Ladoix 1er Cru les Gréchons
    Issu d'un terroir élevé (340 m d'altitude), on perçoit sans surprise un nez vif et frais, caractérisé par des agrumes et de la prune reine-claude, auxquels s'ajoutent une légère touche de bois et de cailloux...
    La bouche est à la fois ample et droite, mais la rondeur ressort en milieu de bouche, avant une finale sur la minéralité et un retour acide légèrement mordant. 
    Séducteur par sa finesse et sa complexité mais a besoin d'un peu de temps. À partir de 2016-17


    Hautes Côtes de Nuits Clos St Philibert
    Nez complexe et bien développé : d'abord les fruits (abricots, pêche, poire), puis une touche de cailloux et de bois, sous forme sucrée (nougat, calisson).
    Bouche ample et sympathique, avec une pointe acérée d'acidité qui soutient bien le vin.
    Le tout est bien équilibré, assez riche et paraît très prometteur. À partir de 2015-6.


    Corton Charlemagne
    Beau nez expressif, où se mêlent les fruits mûrs comme l'abricot et des fruits plus acides comme la prune verte. Également des cailloux et des arômes terriens... Tout cela est assez aguichant et appelle le casse-croûte ! 
    La bouche est ample et avenante et montre une belle réserve de puissance et de gras en milieu de dégustation et finit de manière accrocheuse.
    Bel équilibre général, le vin est fin et long et possède, appellation oblige, un beau potentiel. Il faut le laisser se développer. À partir de 2018-19.


    ROUGES

    Bourgogne
    Des arômes de fruits rouges (fraise et framboise), des notes légèrement fumées, un peu de verdeur, quelques notes de pâte d'amande... composent un nez délicat et complexe.
    La bouche est saine, droite, avec du gras et offre une dégustation équilibrée.
    Le tout est sympathique, avenant, avec un léger mordant en finale, sans conséquence sur l'équilibre général. À partir de 2016.


    Marsannay
    Le nez est développé, on y trouve : une légère réduction sous forme d'arômes terriens, des fruits rouges et noirs (framboise, cassis), des notes sucrées (vanille, fruits confits).
    La bouche confirme cette impression sympathique : ce qu'il faut de concentration pour rendre le vin suave et caressant, agréable à boire, avant une finale légèrement accrocheuse.
    Le tout est très séducteur et pourra vraisemblablement se déguster dès 2015.


    Fixin
    Beau nez sucré de confiture de fraise avec des notes de menthe et de poivre. Une touche de verdeur. Le tout est bien ouvert et séducteur.
    Bouche ample et droite en même temps. La finale est toute en douceur, pas agressive, la persistance sympathique.
    Le vin est ouvert et déjà séducteur. Devrait être déjà très agréable dès l'année prochaine.


    Morey Saint Denis
    Un nez d'abord sucré et fumé à la fois, où l'on découvre quelques notes de rhum, avant de retrouver les classiques fruits rouges (cerise, framboise).
    Belle texture en bouche, sympathique et facile. La finale est toute en douceur et très cohérente avec le début. 
    L'ensemble paraît très homogène et abordable. On peut envisager de le boire sur le charme dès 2015.


    Gevrey-Chambertin
    Le nez exprime d'abord des notes fumées (feu de bois, silex), puis une belle diversité de fruits à l'aération : framboise, fraise, mûre, cassis...
    La bouche est ample et même majestueuse pour un village, la finale est complexe, pétillante. Le tout fait quand même assez mûr et sérieux et laisse penser qu'un vieillissement de quelques années serait bénéfique. À partir de 2017.


    Chambolle-Musigny
    Comme souvent, ce vin se démarque avec une belle profondeur de fruits noirs et quelques notes sucrées sous-jacentes. La bouche est puissante en début de dégustation, puis droite et même un peu dure en finale. Ce n'est pas la maturité qui est en cause mais le caractère bien trempé de ce Chambolle, assez différent de la majorité de l'appellation. Sans doute aucun, la patience sera récompensée ! À partir de 2018-19


    Nuits Saint Georges
    De la cerise au nez et quelques notes d'herbes aromatiques (thym, sariette...)
    En bouche, la structure est très caressante et déjà très intégrée car on sent un beau compromis entre puissance et finesse.
    Vin très sympathique, caractérisé par une grande harmonie d'ensemble. On pourra essayer dès 2015.


    Vosne-Romanée
    Des notes de jambon fumé et de silex au démarrage, rapidement suivis par les fruits rouges (framboise et cerise). Une légère trace de réduction sous forme de bourgeon de cassis.
    La bouche est soyeuse et caressante au début, très Vosne pour tout dire... assez vite toutefois, une pointe acide apparaît.
    Le tout reste très séducteur même s'il faudra du temps avant de profiter pleinement de son potentiel. À partir de 2018-19.


    Fixin 1er Cru Clos du Chapitre
    Des fruits noirs au premier abord : mûre, myrtille, cassis ; puis beaucoup d'autres parfums : un peu de bois, quelques notes de verdeur, une touche de poivre...
    La bouche est resserrée, droite, fine sur la finale et montre une belle précision générale. Le tout est très cohérent, avec une belle longueur sur la minéralité.
    Beau vin, léger dans le bon sens du terme, néanmoins à attendre pour parfaire l'affinage. À partir de 2018-19.


    Chambolle-Musigny 1er Cru les Cras
    Au premier abord, nez discret, qui se cherche. Pas vraiment de réduction mais de la timidité... Et puis, des arômes de fraise, de menthol se déploient.
    La bouche est beaucoup plus généreuse : douce, caressante, fine, assez concentrée tout de même... Le tout étant équilibré, très charmeur et accessible. 
    Très sympathique et bon à boire, on pourra essayer assez vite, dès 2015-6.


    Chambolle-Musigny 1er Cru les Feusselottes
    Un nez complexe, où l'on trouve des fruits rouges (framboise, cerise), une légère réduction non désagréable (levure), quelques arômes pâtissiers ou boisés (vanille, réglisse).
    La bouche est ample, caressante comme on l'attend d'un Chambolle, fine et élégante. La structure apparaît au travers d'une belle longueur caractérisée par un petit retour poivré. Très bonne persistance.
    Tendre et plus séducteur que de coutume. On pourra essayer à partir de 2018.


    Vosne-Romanée 1er Cru les Chaumes
    Un nez classique de framboise et cerise, accompagnés d'herbes aromatiques fraîches (menthe, mélisse), puis des notes sucrées (crème caramel). Dès cette étape, ce vin donne une impression de finesse.
    En bouche, de l'ampleur en première impression mais surtout beaucoup de finesse et de délicatesse. La finale est intéressante car structurée, sans être sévère, avec un accompagnement acide qui raffermit le vin, sans le rendre sévère. 
    2012 sera probablement un grand millésime pour ce vin, quel équilibre ! À partir de 2018.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Argillas
    Nez profond de fruits noirs : cerises, mûre, cassis. Une touche d'arômes pâtissiers (frangipane), le tout est très ouvert et séducteur.
    La bouche est caressante, légèrement acidulée dès le départ. Acidité qui devient plus présente à la rétro-olfaction et qui méritera un affinnage prolongé. 
    Vin très prometteur pour lequel il faudra être patient. À partir de 2019.


    Nuits St Georges 1er Cru les Perrières
    Arômes de fruits mûrs (cerise confite), de bois (quelques notes fumées, brûlées) et de sucre (vanille).
    La bouche est fine, élégante, toute en délicatesse, avec en prime une belle longueur. Le vin est mûr et fin en même temps, donc très caractéristique du millésime.
    Très jolie définition, un vin probablement approchable assez vite (2016-17).


    Nuits St Georges 1er Cru aux Murgers
    De jolis arômes de biscuits, brioche, fleur d'oranger... Puis les fruits, rouges et noirs à la fois (framboise, mûre), une caractéristique de ce cru, apparaissent et envahissent le verre.
    Très séducteur en bouche : ample, caressant, enjôleur, avec une pointe acide en soutien qui lui confère une très belle longueur.
    Un superbe vin, qui fait plus grand cru que premier cru à vrai dire... D'habitude pas si facile à cet âge mais cette année, très abordable. On pourra essayer en 2015 mais après, il faudra attendre jusqu'en 2019.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Boudots
    Très beau nez profond de cerise noire. Une touche de menthe et de mélisse.
    La bouche est ample, caressante, avec une finale un peu minérale et sérieuse mais sans tannins agressifs.
    Très beau vin séducteur, malgré une grande concentration. Les Murgers font presque plus sérieux mais tout de même, la recommandation reste d'attendre jusqu'en 2018.


    Clos de Vougeot (cuvée unique en 2012)
    Très joli nez de fruits rouges (fraise, framboise), des notes sucrées (caramel, vanille), le tout apparaît ouvert et déjà enjôleur. 
    La bouche est ample, longue, caressante, soyeuse, très attachante à vrai dire...
    Un grand Clos Vougeot, sur l'élégance et la complexité. À partir de 2018-9.


    Corton la Vigne au Saint
    Joli nez expressif où se mêlent des notes grillées, empyreumatiques et une belle diversité de cerises.
    La bouche est ample, caressante et montre tout de suite un aspect très charmeur, renforcé par une finale acidulée et bien persistante.
    Un vin qui suscite beaucoup d'empathie... Peut on risquer de le déguster dès l'année prochaine ? Ce serait suggérer qu'il ne vieillira pas... Plutôt donc à partir de 2017.


    Corton Perrières
    Des arômes de belle ampleur, évoquant la cerise, le nougat, le feu de bois...
    Ample mais droit, avec une finale un peu stricte. Une belle longueur caractérisée par la minéralité.
    Beaucoup de concentration en réserve, beau vin, mais doit se détendre. Attendre jusqu'en 2019.


    Corton Clos Rognet
    D'abord des arômes de bois, se caractérisant de manière surprenante et agréable, par des notes de rhum... Le fruit est un peu discret mais laisse aparaître la cerise, puis des arômes sucrés (caramel) et de fruits noirs.
    La bouche est ample, séductrice mais assez imposante, surtout en finale. La longueur, au travers de quelques tannins doux, est impressionnante (équivalente à celle du Richebourg).
    Puissant et séducteur en même temps, très prometteur, aucune urgence à le goûter... (à partir de 2019-20)


    Échezeaux les Rouges du Bas
    De beaux fruits noirs, quelques arômes de feu de bois, une touche de verdeur sous forme de bourgeon de cassis.
    En bouche, puissant, rond et tendu à la fois. Très belle persistance mais assez accrocheur en fin de bouche. Doit vieillir car millesimesellement plus sur la puissance que finesse, même si la complexité n'est pas absente. À revoir à partir de 2021.


    Vosne-Romanée 1er Cru aux Brulées
    Nez de fruits noirs (cassis, myrtille), avec des arômes de feu de bois (un peu de brûlé...), assez présents. Quelques notes sucrées, l'ensemble donne pourtant une impression de fraîcheur.
    Bouche ample, majestueuse, qui se déroule et vous en impose. On s'attend dans ces conditions à une finale structurée, presque dure mais il n'en est rien : elle pétille, avec vivacité, fraîcheur et minéralité puis persiste sans s'imposer. 
    Superbe. À partir de 2020.


    Vosne-Romanée 1er Cru au Cros Parantoux
    Dans un premier temps, nez intense de fruits rouges (framboise) et de thé ; à l'agitation, des fruits noirs et des herbes aromatiques comme l'origan, quelques notes sucrées (caramel). Le tout, très ouvert et complexe.
    Attaque ample et caressante mais très vite, les tannins prennnent le dessus. La finale est plus douce qu'on ne le pense et s'épanouit avec une acidité pétillante et des tannins qui s'élargissent.
    Fidèle à son caractère intense et démonstratif, a besoin de s'assagir. Il vaut mieux attendre jusqu'à 2020 au moins.


    Richebourg
    Nez plutôt discret de fruits rouges et noirs (framboise, cerise, mûre). Quelques notes sucrées. 
    En bouche, compact et puissant, ne cède rien ! Finale éclatante, en forme de feu d'artifice, très, très longue, fraîcheur discrète.
    Imposant, majestueux, aurait besoin d'air si on devait le boire rapidement. Mais c'est quasi inconcevable ! Pas avant 2021.