2005 fait partie de ces millésimes dont la réputation s'est faite tout de suite : sitôt les vendanges terminées, tout le monde savait que nous tenions un grand millésime. Bien que prudents (la nature a parfois d'étranges détours), nous partagions également au domaine l'optimisme ambiant : une récolte parfaite, un bel équilibre entre les sucres et l'acidité, des petits rendements... ne pouvaient donner que de très beaux vins. Empressons nous de dire que plus d'un an après sa récolte, 2005 tient toutes ses promesses : Les vins ont une couleur sombre, qui accroche au verre ; les arômes sont nets et offrent une grande diversité : framboise, cassis, vanille, réglisse ou caramel ; les bouches sont longues et pleines, très soyeuses en attaque et tendues en fin de dégustation, avec une touche acidulée.

Ce millésime a-t-il un défaut ? Non. En cherchant bien cependant, on pourrait dire que les vins, sans être taniques ou agressifs, sont plus structurés qu'au départ. Certains y verront une qualité. Quand les vins paraissent tendres en effet, ils acquièrent vite la réputation de ne pouvoir bien vieillir (pourtant, quand on goûte 90 aujourd'hui...).

Longévité assurée donc pour ce millésime dont on parlera encore dans 20 ou 30 ans. Cette touche de sévérité est due aux circonstances climatiques de la récolte 2005 et peut-être à celles de l'hiver qui a suivi : elles ont favorisé une concentration des baies (chaleur en août, vent du Nord juste avant la récolte) et une préservation de l'acidité (précipitations tartriques pour cause d'hiver rigoureux dans les caves, entraînant un maintien, voire une baisse du pH).

Trouver des ressemblances avec des millésimes plus anciens n'est pas difficile : 2005 appartient à la lignée des 90, 99 et 2002, grands millésimes classiques, au style consensuel, contrairement à 2003, qui avait fait des vagues... Un peu plus acide que 99, plus soyeux que 2002, il est difficile de refréner son enthousiasme. Les « petits » vins sont accessibles, les plus « grands » réservés ? Surtout, ne pas en conclure que le millésime a gommé les terroirs : plusieurs vins sont à leur plus haut en 2005, et non des moindres :

le Bourgogne est frais et délicieux, avec une petite touche tanique en fin de bouche qui se fondra avec le temps, comme d'habitude.

Le Marsannay, plus vif, est également plus charnu ; le Fixin est le charme incarné ; le Fixin Clos du Chapitre, nouveau venu dans la cave, a des arômes de fruits enjôleurs et une bouche tendue ; le Morey, au contraire, est tout en rondeurs.

Le Chambolle est un vin étonnant à ce niveau d'appellation, d'une grande intensité et d'une grande structure, qui demandera de la patience. Le Nuits village est très plaisant, il vous convainc tout de suite et pourra être approchable tôt ; le Vosne village, fin et minéral, de­man­dera plus de temps mais est également très soyeux.

Les deux Chambolle premiers crus sont d'une grande élégance, le Cras très charmeur et le Feusselottes plus structuré et complexe. Le Vosne Chaumes est grandiose : structuré, soyeux, intense, très fin... Il est peut-être en revanche moins accessible que d'habitude.

Le Nuits Argillas est d'une grande fraîcheur et tout à fait plaisant et intégré malgré sa structure ; quant au Nuits Perrières, c'est un monument : pureté, complexité, longueur... Le Nuits Boudots est l'un des vins les plus sucrés et généreux de la cave ; son comparse, le Nuits Murgers est très dense, serré, assez intégré même si on apprécie plus le potentiel que le plaisir immédiat.

Le Clos Vougeot, aux arômes mûrs, est plein, structuré et long ; l'Échezeaux est très frais et envoûtant, sa structure en bouche est plus droite que le Clos. Le Vosne Brûlées est une merveille, soyeux, épicé, équilibré...

La vivacité du Cros Parantoux l'emportera-t-elle à terme ? Il paraît très charmeur malgré sa structure. Quant au Richebourg, c'est un grand seigneur qui distribue ses largesses en fin de dégustation : un vrai feu d'artifice.

Comme vous l'aurez compris, ce millésime 2005 a procuré beaucoup de plaisir au vigneron : la nature lui a fait un magnifique cadeau, qu'il s‘est fait une joie d'accompagner jusqu'à la mise en bouteille, en pensant au régal des dégustateurs futurs !

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