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2024 : a la recherche du (beau) temps perduPersonne dans le monde viticole n'a cherché à cacher que 2024 fut un millésime éprouvant. Au contraire, nous avions besoin de nous épancher : le désarroi, voire plus, était perceptible devant des conditions exceptionnellement contraires, diminuant le potentiel de récolte dès le début de la saison.
Et pourtant les voici, ces vins aujourd'hui fringants, disponibles et intrigants, comme inconscients de leur naissance difficile. On ne les en aime que plus...
La saisonLes vendangesVinification et élevageNotes de dégustation : Bourgognes et VillagesNotes de dégustation : Premiers CrusNotes de dégustation : Grands Crus et assimilésUne saison très arrosée et des conditions idéales pour le mildiou :
Après un automne-hiver 23-24 déjà bien arrosé et doux, les mois de mars et avril suivirent sur cette lancée, si bien que le mildiou reprit son activité à un stade de précocité jamais atteint auparavant, nous prenant tous par surprise.
Comme la pluie continua de tomber en mai, on trouva des grappes atteintes dès la fin du mois, avant même la floraison. Dès cette période, la pression fut très forte et la récolte déjà amputée ...
Ayant comme d'habitude commencé la saison en bio, il nous parut nécessaire, devant ces conditions exceptionnelles, d'adapter nos pratiques au moment de la fleur. C'est ainsi que l'application de produits pénétrants nous permit de limiter les plus gros dégâts mais rien n'allait stopper la maladie qui continua ses ravages, sous diverses formes, jusque tard en saison.
Note : le mildiou ne s'attaque pas aux raisins en fin de cycle, à l'inverse du botrytis. Donc il n'a pas d'impact sur la qualité de la récolte.
Des conditions excellentes pour les vendanges :
La seule période de beau temps de l'année arriva à point nommé pour les vendanges. Le vent du Nord entra en scène, il fit beau et frais, si bien que les raisins restèrent globalement sains. Premières cueillettes le 13 septembre en côte de Beaune (pour la première fois à Volnay et Pommard) et le 17 en côte de Nuits. Un peu de tri tout de même, entre quelques départs de pourriture dûs aux pluies d'août et raisins roses, le déficit d'ensoleillement ne pouvant être rattrapé en 8 jours.
Passé le choc des premières cuvées rentrées (« Ah, ce n'est pas le premier arrivage mais toute la récolte de la parcelle ??? ») et l'adaptation de la cuverie aux (très) petits volumes, le reste des vendanges se déroula sereinement, le temps nous faisant la grâce de se maintenir au beau.
Un élevage attentif, cousu main
Après une vinification marquée par une chaptalisation quasi généralisée et une extraction en douceur, plus longue que d'habitude (fréquemment trois semaines au lieu des 15-17 jours habituels), les vins nous surprirent par leur couleur profonde et leur ouverture aromatique. Les bouches en revanche, apparurent très verticales. Pas de verdeur, certes, ni de tanins agressifs mais un ensemble qui nous laissa un peu sur notre faim. Rien d'alarmant à ce stade, nous avions tout le temps de l'élevage pour y remédier ... Les cuvées évoluèrent toutefois différemment, ce qui nécessita une adaptation constante, de la confiance en la matière première et de la patience. Les mises en bouteilles ne furent pas particulièrement précoces.
Aujourd'hui, le millésime 2024 se distingue par sa fringance. On est tenté de le comparer à 2021, pour son corps fin et peu alcoolisé. Mais il s'en distingue aussi par ses arômes de fruits plus marqués. Si 2021 a pu faire penser à des millésimes « du temps », 2024 est plus moderne : son profil général comporte un côté séducteur et frais que n'avait pas 2021.
Beaucoup seront abordables jeunes et on aura envie de profiter rapidement de leur aspect rafraîchissant et accompli, qui est leur grand atout. Mais pour d'autres, comme pendant la vinification et l'élevage, il faudra être plus patients pour espérer les boire à leur apogée. Comme les notes de dégustation ci-dessous le signalent, ces vins ont de la réserve et méritent de vieillir. Ces vins sont rares, alors choisissez bien le moment où vous allez les déguster !
Aujourd'hui, le millésime 2024 se distingue par sa fringance. On est tenté de le comparer à 2021, pour son corps fin et peu alcoolisé. Mais il s'en distingue aussi par ses arômes de fruits plus marqués. Si 2021 a pu faire penser à des millésimes « du temps », 2024 est plus moderne : son profil général comporte un côté séducteur et frais que n'avait pas 2021.
Beaucoup seront abordables jeunes et on aura envie de profiter rapidement de leur aspect rafraîchissant et accompli, qui est leur grand atout. Mais pour d'autres, comme pendant la vinification et l'élevage, il faudra être plus patients pour espérer les boire à leur apogée. Comme les notes de dégustation ci-dessous le signalent, ces vins ont de la réserve et méritent de vieillir. Ces vins sont rares, alors choisissez bien le moment où vous allez les déguster !
Hautes Côtes de Nuits « Clos St Philibert »
Le Clos Saint-Philibert apparaît sans réserve et généreux. Le nez, d'emblée expressif, s'ouvre sur un registre gourmand de fruits jaunes et blancs (abricot, poire), rehaussés d'une touche d'agrumes. On décèle même une délicate note de baguette fraîche grillée, témoignage discret de l'élevage sur lies (en tonneaux de 228 et 350 litres). Une légère fraîcheur acidulée-herbacée vient soutenir l'ensemble avec discrétion. En bouche, le vin s'affirme avec aplomb : l'attaque est tapissante, la texture tendue et précise, et l'acidité, persistante et salivante, accompagne la finale sans jamais mordre. C'est un vin déjà très accessible et même accompli pour ce stade de son évolution. Il saura cependant récompenser deux ans de patience supplémentaire, pour un peu plus d'intégration encore.
Bourgogne Côte d'Or
Ce Bourgogne se présente timidement, le nez encore un peu replié sur lui-même à l'ouverture, hésitant entre la fraise, la groseille et une légère évolution florale. L'agitation libère de la diversité — sous-bois, menthol, une pointe épicée — mais le vin reste sur sa réserve. En bouche, une entrée en matière tapissante, avant que l'acidité prenne le contrôle, offrant quelques instants juteux et gourmands en milieu de parcours. La finale est plus tendue et directe.
C'est un vin qui attire la sympathie et qui est représentatif de la légèreté gracieuse du millésime 2024 ; à apprécier dans les deux à cinq ans.Fixin
Le Fixin se révèle sous le signe de la retenue, presque de la méfiance. Le premier nez, légèrement fermé, laisse filtrer quelques touches végétales et réductives avant que l'agitation ne dévoile un fond de fruits noirs (cassis, cerise), d'épices, de tabac et de poivre. Il faut le solliciter, l'apprivoiser et il finit par se laisser faire. En bouche, le vin se présente avec une belle mâche et ampleur mais les tannins — traçants, légèrement accrocheurs — prennent le contrôle jusqu'en fin de bouche, conférant au vin une certaine austérité. Celle-ci n'est pas sans noblesse mais peu habituelle pour ce vin. Le potentiel est là, indéniable, ancré dans une persistance notable. Mais ce Fixin a ses conditions : moins accessible que d'habitude, il faudra l'attendre deux à cinq ans, et pourquoi pas tenter le pari de la décennie pour qu'il s'épanouisse pleinement.
Marsannay
Notre Marsannay joue la carte de la complexité progressive. À l'ouverture, le nez est encore sous voile : quelques traces de réduction mais la patience est récompensée : la framboise, la pivoine et une impression de minéralité émergent bientôt, rejointes par des notes épicées et fumées.
En bouche, le vin se déploie avec une ampleur presque solennelle : l'acidité monte graduellement, portant les arômes vers une finale longue, légèrement tannique mais savoureuse, qui laisse la bouche en éveil. Plus ouvert que le Fixin et plus disponible à ce stade, ce vin sera à contrôler avec plaisir au cours des 10 prochaines années.Pommard
Le Pommard s'impose comme la révélation de la dégustation, d'autant que c'est un petit nouveau ! Le nez, très ouvert, se déploie en couches successives : d'abord un léger réglisse, puis la fraise des bois, la cerise profonde, une touche d'orange sanguine et enfin — comme une signature — des effluves de fleurs séchées qui évoquent le millésime 2021. Tout se tient, tout s'enchaîne logiquement et sans rupture. En bouche, la magie se prolonge : l'acidité, haute et persistante, est le fil rouge qui porte le vin, tandis que des tannins veloutés — incarnation du velours dans ce millésime — enveloppent le tout d'une douceur sucrée, délicieusement gourmande. Un vin déjà convaincant, capable de traverser les prochaines années sans fléchir.
Volnay
Le Volnay donne l'impression de s'éveiller graduellement : d'abord sur la réserve, comme s'il ménageait ses effets, avec une légère réduction au premier nez et quelques notes boisées discrètes. L'agitation finit par libérer les fruits : fraise, framboise, cerise rouge, groseille, avec une touche de fleurs séchées et d'épices. En bouche, le vin est très caressant mais la finesse prend le dessus sur l'amplitude : la texture est soyeuse, caressante, avec une acidité vive qui donne du relief et du tonus en milieu de parcours, puis des tannins fondus, qui soutiennent sans appuyer. Moins charnu que le Pommard, plus élégant dans sa silhouette, une légère austérité en finale rappelle que ce vin a encore l'avenir devant lui. Il aura probablement besoin de cinq à dix ans pour s'épanouir pleinement.
Gevrey
Le Gevrey s'annonce de manière décidée. Imposant, profond, concentré : le nez est une déclaration d'intention : Fruits rouges écrasés, confiture de fraise et de mûre, cassis, réglisse, feuilles de thé noir, épices ... Une palette généreuse, qui se révèle progressivement, comme si le vin choisissait lui-même son rythme. En bouche, l'attaque est subtile mais la montée en puissance est inexorable : le milieu de bouche s'impose avec amplitude, les tannins — bien présents, soyeux, légèrement serrés en finale — donnent au vin beaucoup de répondant et une persistance remarquable. Typiquement Gevrey dans son caractère affirmé, il donne l'impression de vouloir prendre son temps (deux à cinq ans de cave ?) et promet d'être exceptionnel dans dix ans.
Chambolle-Musigny
Ce Chambolle déroute, c'est là tout son charme. Par son attaque, il se présente plus puissant que ce que l'appellation laisse ordinairement pressentir — presque un profil de Vosne — et affiche une discrétion aromatique qui n'est que feinte. Le nez dévoile, au fil de l'aération, des notes de bois de senteur, de romarin, de fruits noirs concentrés et une touche herbacée, à peine menaçante.
En bouche, l'acidité, maîtrisée et presque effacée, joue un rôle de cadre invisible : elle structure sans dominer, tandis que les tannins, d'abord légèrement rugueux, finissent par se fondre dans une finale retenue et de grande puissance. Un vin à boire dans les cinq à dix ans, même s'il est capable de tenir plus sans fléchir.Vosne-Romanée
Le Vosne-Romanée est un vin paradoxal et attachant : Discret au premier abord — il faut aller le chercher et l'apprivoiser — il finit par se révéler dans sa diversité ; massif, complexe, intense et pourtant très fin, il envahit le verre : fruits rouges et noirs en profusion, réglisse, goudron, épices, boisé à peine perceptible tant il est fondu dans la matière, tout s'enchaîne avec une logique irréfutable. En bouche, l'acidité est traçante, presque austère dans sa rigueur, mais c'est précisément elle qui propulse le vin vers une finale d'une longueur et d'une minéralité rares. Très identitaire de Vosne dans sa concentration et son raffinement, c'est un vin que l'on peut découvrir maintenant avec étonnement mais qui mérite toutefois d'être attendu : cinq ans pour commencer à s'ouvrir, dix voire quinze ans pour révéler toute sa grandeur.
Volnay 1er cru les Mitans
Le Volnay Mitans se présente avec beaucoup de grâce et dispense ses caresses sans compter. À l'ouverture, le nez évoque des fleurs séchées, une pointe de réduction qui s'efface vite, une légère note fumée et de la grenadine, avant qu'une touche pâtissière et vanillée ne prenne le relais à l'aération. Il y a beaucoup d'élégance dans ce profil délicat, à condition de lui laisser le temps de se déployer : ce vin gagne à être ouvert bien en avance. En bouche, la texture est fine, soyeuse, caressante, portée par une acidité discrète et des tannins ronds qui donnent de la cohérence à l'ensemble et participent à sa longueur. Très représentatif de Volnay et accessible dès maintenant, il donne déjà beaucoup de plaisir et continuera de le faire dans les 10 ans à venir.
Chambolle 1er cru
Ce Chambolle 1er cru est issu de 4 parcelles différentes : Charmes, Fuées, Feusselottes vinifiées ensemble, et le Chatelot à part, mais assemblé à l'entonnage.
Le nez est réservé : certes, les fruits noirs sont là mais également une réduction qui fait ressortir le bois et quelques arômes végétaux. En le sollicitant, il finit par dévoiler des notes plus séduisantes : réglisse, framboise, épices, menthol et une fraîcheur herbacée très Charmes.
En bouche, le vin se révèle concentré, fin, nettement articulé, mais il donne l'impression d'être sur ses gardes : il monte en puissance en cours de dégustation, sans finir de se dévoiler entièrement. Les tannins sont légèrement accrocheurs mais restent équilibrés, il n'y a pas de véritable austérité : le vin a juste besoin de temps, probablement de 5 à 10 ans, pour se libérer.
Nuits-Saint-Georges 1er cru
Ce Nuits-Saint-Georges 1er cru est un assemblage de nos deux premiers crus, Boudots et Murgers, vinifiés à part puis assemblés en cours d'élevage.
Il séduit d'emblée par son bouquet puissant et avenant : cerise noire, groseille et des traces discrètes d'épices et de fumé, qui témoignent d'un fût bien intégré.
En bouche, d'abord une impression d'amplitude ; tout au long du parcours, l'acidité reste vive et maîtrisée, les tannins — épicés, légèrement serrés — donnent de la mâche et une pointe de salinité en finale. La dualité de l'assemblage Boudots-Murgers se lit clairement : l'un apporte la caresse et
Un vin qui plaira vite, peut-être même trop : en dessous de cette façade séduisante, la structure est solide. Accessible maintenant dans sa jeunesse, il devrait changer de profil et gagner en complexité après cinq à dix ans de cave.
Vosne-Romanée 1er cru les Chaumes
Le nez est un peu retenu au départ, avec quelques traces d'élevage (bois, lies) puis il finit par révéler un fruit puissant, associé à des notes de thé noir, de bergamote et de réglisse. Le bouquet est changeant, complexe, et en évolution constante.
En bouche, caressant en attaque, une jolie finesse soyeuse prend le relai ; dans une transition très maîtrisée, l'acidité se manifeste, les tannins offrent une délicieuse rugosité épicée et boisée et la finale, longue et salivante, laisse entrevoir ce que le nez n'a pas encore livré.
Moins immédiatement séducteur que le Nuits 1er cru, ce Chaumes s'avance sur la pointe des pieds. C'est qu'il y a encore du travail à faire (laisser s'intégrer les tannins et le bois) mais peut-être est-ce là que réside son intérêt : on devine beaucoup de potentiel et on prendra beaucoup de plaisir à le revisiter dans cinq, dix et quinze ans.
Corton Charlemagne
Le Corton-Charlemagne s'annonce avec une retenue d'une élégante distinction. Le premier nez paraîtra légèrement réducteur à certains dégustateurs mais laisse rapidement place à un registre plus généreux : pierre à fusil, levure fine, fruits jaunes mûrs (abricot), fruits blancs, vanille discrète ... Cela augure bien de l'avenir, il aura encore beaucoup de choses à dire.
En bouche, un gras équilibré tapisse le palais avec délicatesse, avant de laisser place à une acidité plaisante, qui gouverne la finale. Comme le nez, la bouche est réservée mais la rétro-olfaction — pain frais, zeste de citron confit — est d'une grande noblesse.
Voilà un vin généreux, subtil mais qui se cherche encore un peu. Par certains aspects, il est très accessible mais il laisse entrevoir une classe et un gabarit qui méritent cinq ans de patience au minimum.
Clos de Vougeot
Le nez est très ouvert et réussit l'exploit d'être démonstratif et fin en même temps. Une dominante cerise au départ, un bois présent sans être encombrant, qui laisse progressivement transparaître la profondeur du profil : multiples fruits rouges, orange sanguine, feuilles de thé noir, épices, notes florales ...
En bouche, la texture est caressante et puissante à la fois, l'acidité relève la finale avec grâce, les tannins apportent une touche légèrement rugueuse au moment approprié. C'est un mannequin Dior des années 60 : un modèle de finesse, de prestance et d'élégance naturelle ...
On éprouvera beaucoup de plaisir à le déguster tôt, puis à l'oublier pendant quelques années, avant de le retrouver dans 10-12 ans. Un Clos Vougeot fidèle à lui-même : toujours fin, amical, généreux.
Charmes-Chambertin
Le Charmes-Chambertin intrigue : le nez paraît ouvert, d'abord très floral, puis la framboise fraîche et la fraise prennent le dessus, encadrées par de légères notes réglissées. Il y a de la finesse, de la matière, une intensité aromatique réelle, mais le profil paraît encore sombre et peine à se définir clairement. En bouche, une belle amplitude, l'acidité et les tannins sont bien équilibrés et portent le vin qui de ce fait, jouit d'une grande longueur. L'ensemble est soutenu par un agréable zeste d'orange, des notes de fruits rouges en rétro-olfaction et un peu de salinité qui, à la deuxième dégustation, confirme le potentiel. Malgré tout, l'impression d'inachevé demeure, ce vin n'a pas rendu sa copie définitive ; il a besoin de temps pour terminer de se construire : entre cinq à dix ans pour en apprécier tous les détails et la finesse ?
Corton Perrières
Le nez est déjà appétissant avant même qu'on se soit approché. Fruits rouges et noirs, des traces d'élevage qui évoquent l'amande grillée, puis on évolue pour finir sur un profil floral.
En bouche, l'acidité porte les tannins sur une très longue distance, leur permettant d'exprimer un côté piquant, épicé et réglissé qui contribue à une finale éclatante. L'attaque est fine mais un peu resserrée, comme souvent pour ce Corton Perrière.
Ce vin ne manque pas de gourmandise. Pour certains, il paraîtra savoureux et buvable dès maintenant ; d'autres seront plus sensibles à sa rigueur et préféreront attendre une dizaine d'années. C'est notre recommandation.
Corton la Vigne au Saint
Le Corton Vigne aux Saints commence dans la discrétion pour finir dans l'éclat. Le nez s'ouvre timidement — fraise, myrtille, caramel — avant qu'un peu d'air ne déclenche une véritable explosion aromatique. La bouche se livre plus rapidement : généreuse, bien caressante, avec un milieu très savoureux. Les tannins sont les vedettes : fondus en attaque, d'où cette impression d'amplitude, légèrement rugueux à l'approche de la finale, ils portent le vin avec précision. L'acidité, discrète dans un premier temps, se réveille juste assez en fin de bouche, pour contribuer à une finale délicieusement savoureuse, et allonger encore le vin.
Déjà très bon et bien en place, le vieillissement lui apportera puissance et complexité. Un de nos dégustateurs, emporté par l'enthousiasme souligne même que vingt ans n'est pas une promesse excessive.
Corton Clos Rognets
Joli nez mûr de fruits rouges, légèrement sucrés, avec une touche végétale, un bois agréable et bien intégré. Déjà beaucoup de surprises et de complexité mais il peut encore progresser dans l'ouverture.
En bouche, la texture est riche et ample, parfaitement servie par un cadre acide. Une rétro-olfaction superbe qui ravira les becs sucrés tant elle semble pâtissière, un fraisier complet : fraise, crème, pâte d'amande, génoise... Un profil si intéressant qu'on en oublierait presque les tannins, tellement ils sont fondus.
Franchement très bon et savoureux mais comme la description qui précède le laisse deviner, il doit encore progresser dans l'intégration et le développement de toute sa palette aromatique. Une affaire d'une dizaine d'année ?
Vosne-Romanée 1er cru aux Brulées
Le nez est avenant et se développe sur une trame raffinée et complexe : une touche de fleurs séchées qui laisse la place aux fruits noirs, aux notes boisées de cannelle et de vanille, à l'orange sanguine ... Puissante et concentrée, la bouche est maîtrisée par l'acidité et les tannins. Ces derniers progressent de concert, dans une montée en puissance très linéaire. Cela aboutit à une finale d'une grande finesse mais à ce stade, un peu resserrée.
Les bases sont là, solides et prometteuses, mais ce vin a besoin d'évoluer, de se détendre et de s'intégrer. Il faudra le laisser faire, le plus longtemps possible. On peut lui faire confiance !
Échezeaux
Le nez est discret, presque réservé : des notes boisées bien intégrées, puis les fruits arrivent à l'agitation et laissent entrevoir beaucoup de gourmandise. On attend avec impatience que ce vin montre son potentiel abyssal.
En bouche, une attaque subtile, presque effacée puis une montée en puissance très nette, vibrante, favorisée par l'acidité et les tannins, qui maintiennent une harmonie encore sur la retenue. La rétro, aux arômes d'orange et d'épices, met en valeur une finale salivante.
C'est un Échezeaux intégré, qui déploie déjà une belle richesse, cependant on sait qu'il peut faire plus. Encore un peu endormi selon certains, il faudra lui accorder du temps, beaucoup de temps ...
Vosne-Romanée Cros Parantoux
Le Cros Parantoux, toujours intense, toujours surprenant ! Le nez est légèrement réduit à l'ouverture mais cette impression est vite balayée par une complexité aromatique qui dépasse ce que l'on peut rationnellement cataloguer : fruits noirs, un profil épicé, des fleurs sombres, une trame de fût parfaitement fondue ...
En bouche, quel beau vin ! Extraverti, puissant, complexe et caressant, avec une acidité magnifique qui apporte de la tonicité et une fraîcheur incomparable. Très jolie persistance, d'une gourmandise désarmante, même si les tanins du bois ressortent un peu en fin de bouche. C'est normal à ce stade, le temps fera son travail ! Attendre 10 à 15 ans.
Richebourg
Le premier nez peut surprendre par sa discrétion ou sa légère réduction passagère mais bientôt, c'est une coupe de jus de framboise et de cassis qui se révèle, dans un écrin boisé.
En bouche, beaucoup de finesse en attaque, très caressant, puis une démonstration de concentration et de puissance. Presque trop... Un vin tonique, solide, profond, l'acidité lui donne une longueur et une énergie superbes, avec ce qu'il faut de gourmandise.
Très fidèle à lui-même, un peu « dominateur » encore, doit se développer pour acquérir l'élégance qui le caractérise. Il lui faut probablement 15 ans.
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au coeur de notre mécénat : la main de l'artiste et de l'artisan, la main du vigneron
Depuis 2019 et le 60ème anniversaire du domaine, nous avons commencé une politique active de soutien aux jeunes artistes et à l'art contemporain, associant ainsi les compétences existantes chez plusieurs membres de notre famille avec son ancrage local. L'occasion de découvrir que le travail de la main de l'artiste, de la main de l'artisan d'excellence, participe de la même recherche de perfection que ce qui nous anime dans le travail de la vigne et du vin.
Le Prix de la Jeune Création ArtistiqueArt in SituLa Sieste de Mei et Totoro - Miyazaki - Studio Ghibli
Une saison très arrosée et des conditions idéales pour le mildiou :
Après un automne-hiver 23-24 déjà bien arrosé et doux, les mois de mars et avril suivirent sur cette lancée, si bien que le mildiou reprit son activité à un stade de précocité jamais atteint auparavant, nous prenant tous par surprise.
Comme la pluie continua de tomber en mai, on trouva des grappes atteintes dès la fin du mois, avant même la floraison. Dès cette période, la pression fut très forte et la récolte déjà amputée ...
Ayant comme d'habitude commencé la saison en bio, il nous parut nécessaire, devant ces conditions exceptionnelles, d'adapter nos pratiques au moment de la fleur. C'est ainsi que l'application de produits pénétrants nous permit de limiter les plus gros dégâts mais rien n'allait stopper la maladie qui continua ses ravages, sous diverses formes, jusque tard en saison.
Note : le mildiou ne s'attaque pas aux raisins en fin de cycle, à l'inverse du botrytis. Donc il n'a pas d'impact sur la qualité de la récolte.
Des conditions excellentes pour les vendanges :
La seule période de beau temps de l'année arriva à point nommé pour les vendanges. Le vent du Nord entra en scène, il fit beau et frais, si bien que les raisins restèrent globalement sains. Premières cueillettes le 13 septembre en côte de Beaune (pour la première fois à Volnay et Pommard) et le 17 en côte de Nuits. Un peu de tri tout de même, entre quelques départs de pourriture dûs aux pluies d'août et raisins roses, le déficit d'ensoleillement ne pouvant être rattrapé en 8 jours.
Passé le choc des premières cuvées rentrées (« Ah, ce n'est pas le premier arrivage mais toute la récolte de la parcelle ??? ») et l'adaptation de la cuverie aux (très) petits volumes, le reste des vendanges se déroula sereinement, le temps nous faisant la grâce de se maintenir au beau.
Un élevage attentif, cousu main
Après une vinification marquée par une chaptalisation quasi généralisée et une extraction en douceur, plus longue que d'habitude (fréquemment trois semaines au lieu des 15-17 jours habituels), les vins nous surprirent par leur couleur profonde et leur ouverture aromatique. Les bouches en revanche, apparurent très verticales. Pas de verdeur, certes, ni de tanins agressifs mais un ensemble qui nous laissa un peu sur notre faim. Rien d'alarmant à ce stade, nous avions tout le temps de l'élevage pour y remédier ... Les cuvées évoluèrent toutefois différemment, ce qui nécessita une adaptation constante, de la confiance en la matière première et de la patience. Les mises en bouteilles ne furent pas particulièrement précoces.
Aujourd'hui, le millésime 2024 se distingue par sa fringance. On est tenté de le comparer à 2021, pour son corps fin et peu alcoolisé. Mais il s'en distingue aussi par ses arômes de fruits plus marqués. Si 2021 a pu faire penser à des millésimes « du temps », 2024 est plus moderne : son profil général comporte un côté séducteur et frais que n'avait pas 2021.
Beaucoup seront abordables jeunes et on aura envie de profiter rapidement de leur aspect rafraîchissant et accompli, qui est leur grand atout. Mais pour d'autres, comme pendant la vinification et l'élevage, il faudra être plus patients pour espérer les boire à leur apogée. Comme les notes de dégustation ci-dessous le signalent, ces vins ont de la réserve et méritent de vieillir. Ces vins sont rares, alors choisissez bien le moment où vous allez les déguster !
Aujourd'hui, le millésime 2024 se distingue par sa fringance. On est tenté de le comparer à 2021, pour son corps fin et peu alcoolisé. Mais il s'en distingue aussi par ses arômes de fruits plus marqués. Si 2021 a pu faire penser à des millésimes « du temps », 2024 est plus moderne : son profil général comporte un côté séducteur et frais que n'avait pas 2021.
Beaucoup seront abordables jeunes et on aura envie de profiter rapidement de leur aspect rafraîchissant et accompli, qui est leur grand atout. Mais pour d'autres, comme pendant la vinification et l'élevage, il faudra être plus patients pour espérer les boire à leur apogée. Comme les notes de dégustation ci-dessous le signalent, ces vins ont de la réserve et méritent de vieillir. Ces vins sont rares, alors choisissez bien le moment où vous allez les déguster !
Hautes Côtes de Nuits « Clos St Philibert »
Le Clos Saint-Philibert apparaît sans réserve et généreux. Le nez, d'emblée expressif, s'ouvre sur un registre gourmand de fruits jaunes et blancs (abricot, poire), rehaussés d'une touche d'agrumes. On décèle même une délicate note de baguette fraîche grillée, témoignage discret de l'élevage sur lies (en tonneaux de 228 et 350 litres). Une légère fraîcheur acidulée-herbacée vient soutenir l'ensemble avec discrétion. En bouche, le vin s'affirme avec aplomb : l'attaque est tapissante, la texture tendue et précise, et l'acidité, persistante et salivante, accompagne la finale sans jamais mordre. C'est un vin déjà très accessible et même accompli pour ce stade de son évolution. Il saura cependant récompenser deux ans de patience supplémentaire, pour un peu plus d'intégration encore.
Bourgogne Côte d'Or
Ce Bourgogne se présente timidement, le nez encore un peu replié sur lui-même à l'ouverture, hésitant entre la fraise, la groseille et une légère évolution florale. L'agitation libère de la diversité — sous-bois, menthol, une pointe épicée — mais le vin reste sur sa réserve. En bouche, une entrée en matière tapissante, avant que l'acidité prenne le contrôle, offrant quelques instants juteux et gourmands en milieu de parcours. La finale est plus tendue et directe.
C'est un vin qui attire la sympathie et qui est représentatif de la légèreté gracieuse du millésime 2024 ; à apprécier dans les deux à cinq ans.Fixin
Le Fixin se révèle sous le signe de la retenue, presque de la méfiance. Le premier nez, légèrement fermé, laisse filtrer quelques touches végétales et réductives avant que l'agitation ne dévoile un fond de fruits noirs (cassis, cerise), d'épices, de tabac et de poivre. Il faut le solliciter, l'apprivoiser et il finit par se laisser faire. En bouche, le vin se présente avec une belle mâche et ampleur mais les tannins — traçants, légèrement accrocheurs — prennent le contrôle jusqu'en fin de bouche, conférant au vin une certaine austérité. Celle-ci n'est pas sans noblesse mais peu habituelle pour ce vin. Le potentiel est là, indéniable, ancré dans une persistance notable. Mais ce Fixin a ses conditions : moins accessible que d'habitude, il faudra l'attendre deux à cinq ans, et pourquoi pas tenter le pari de la décennie pour qu'il s'épanouisse pleinement.
Marsannay
Notre Marsannay joue la carte de la complexité progressive. À l'ouverture, le nez est encore sous voile : quelques traces de réduction mais la patience est récompensée : la framboise, la pivoine et une impression de minéralité émergent bientôt, rejointes par des notes épicées et fumées.
En bouche, le vin se déploie avec une ampleur presque solennelle : l'acidité monte graduellement, portant les arômes vers une finale longue, légèrement tannique mais savoureuse, qui laisse la bouche en éveil. Plus ouvert que le Fixin et plus disponible à ce stade, ce vin sera à contrôler avec plaisir au cours des 10 prochaines années.Pommard
Le Pommard s'impose comme la révélation de la dégustation, d'autant que c'est un petit nouveau ! Le nez, très ouvert, se déploie en couches successives : d'abord un léger réglisse, puis la fraise des bois, la cerise profonde, une touche d'orange sanguine et enfin — comme une signature — des effluves de fleurs séchées qui évoquent le millésime 2021. Tout se tient, tout s'enchaîne logiquement et sans rupture. En bouche, la magie se prolonge : l'acidité, haute et persistante, est le fil rouge qui porte le vin, tandis que des tannins veloutés — incarnation du velours dans ce millésime — enveloppent le tout d'une douceur sucrée, délicieusement gourmande. Un vin déjà convaincant, capable de traverser les prochaines années sans fléchir.
Volnay
Le Volnay donne l'impression de s'éveiller graduellement : d'abord sur la réserve, comme s'il ménageait ses effets, avec une légère réduction au premier nez et quelques notes boisées discrètes. L'agitation finit par libérer les fruits : fraise, framboise, cerise rouge, groseille, avec une touche de fleurs séchées et d'épices. En bouche, le vin est très caressant mais la finesse prend le dessus sur l'amplitude : la texture est soyeuse, caressante, avec une acidité vive qui donne du relief et du tonus en milieu de parcours, puis des tannins fondus, qui soutiennent sans appuyer. Moins charnu que le Pommard, plus élégant dans sa silhouette, une légère austérité en finale rappelle que ce vin a encore l'avenir devant lui. Il aura probablement besoin de cinq à dix ans pour s'épanouir pleinement.
Gevrey
Le Gevrey s'annonce de manière décidée. Imposant, profond, concentré : le nez est une déclaration d'intention : Fruits rouges écrasés, confiture de fraise et de mûre, cassis, réglisse, feuilles de thé noir, épices ... Une palette généreuse, qui se révèle progressivement, comme si le vin choisissait lui-même son rythme. En bouche, l'attaque est subtile mais la montée en puissance est inexorable : le milieu de bouche s'impose avec amplitude, les tannins — bien présents, soyeux, légèrement serrés en finale — donnent au vin beaucoup de répondant et une persistance remarquable. Typiquement Gevrey dans son caractère affirmé, il donne l'impression de vouloir prendre son temps (deux à cinq ans de cave ?) et promet d'être exceptionnel dans dix ans.
Chambolle-Musigny
Ce Chambolle déroute, c'est là tout son charme. Par son attaque, il se présente plus puissant que ce que l'appellation laisse ordinairement pressentir — presque un profil de Vosne — et affiche une discrétion aromatique qui n'est que feinte. Le nez dévoile, au fil de l'aération, des notes de bois de senteur, de romarin, de fruits noirs concentrés et une touche herbacée, à peine menaçante.
En bouche, l'acidité, maîtrisée et presque effacée, joue un rôle de cadre invisible : elle structure sans dominer, tandis que les tannins, d'abord légèrement rugueux, finissent par se fondre dans une finale retenue et de grande puissance. Un vin à boire dans les cinq à dix ans, même s'il est capable de tenir plus sans fléchir.Vosne-Romanée
Le Vosne-Romanée est un vin paradoxal et attachant : Discret au premier abord — il faut aller le chercher et l'apprivoiser — il finit par se révéler dans sa diversité ; massif, complexe, intense et pourtant très fin, il envahit le verre : fruits rouges et noirs en profusion, réglisse, goudron, épices, boisé à peine perceptible tant il est fondu dans la matière, tout s'enchaîne avec une logique irréfutable. En bouche, l'acidité est traçante, presque austère dans sa rigueur, mais c'est précisément elle qui propulse le vin vers une finale d'une longueur et d'une minéralité rares. Très identitaire de Vosne dans sa concentration et son raffinement, c'est un vin que l'on peut découvrir maintenant avec étonnement mais qui mérite toutefois d'être attendu : cinq ans pour commencer à s'ouvrir, dix voire quinze ans pour révéler toute sa grandeur.
Volnay 1er cru les Mitans
Le Volnay Mitans se présente avec beaucoup de grâce et dispense ses caresses sans compter. À l'ouverture, le nez évoque des fleurs séchées, une pointe de réduction qui s'efface vite, une légère note fumée et de la grenadine, avant qu'une touche pâtissière et vanillée ne prenne le relais à l'aération. Il y a beaucoup d'élégance dans ce profil délicat, à condition de lui laisser le temps de se déployer : ce vin gagne à être ouvert bien en avance. En bouche, la texture est fine, soyeuse, caressante, portée par une acidité discrète et des tannins ronds qui donnent de la cohérence à l'ensemble et participent à sa longueur. Très représentatif de Volnay et accessible dès maintenant, il donne déjà beaucoup de plaisir et continuera de le faire dans les 10 ans à venir.
Chambolle 1er cru
Ce Chambolle 1er cru est issu de 4 parcelles différentes : Charmes, Fuées, Feusselottes vinifiées ensemble, et le Chatelot à part, mais assemblé à l'entonnage.
Le nez est réservé : certes, les fruits noirs sont là mais également une réduction qui fait ressortir le bois et quelques arômes végétaux. En le sollicitant, il finit par dévoiler des notes plus séduisantes : réglisse, framboise, épices, menthol et une fraîcheur herbacée très Charmes.
En bouche, le vin se révèle concentré, fin, nettement articulé, mais il donne l'impression d'être sur ses gardes : il monte en puissance en cours de dégustation, sans finir de se dévoiler entièrement. Les tannins sont légèrement accrocheurs mais restent équilibrés, il n'y a pas de véritable austérité : le vin a juste besoin de temps, probablement de 5 à 10 ans, pour se libérer.
Nuits-Saint-Georges 1er cru
Ce Nuits-Saint-Georges 1er cru est un assemblage de nos deux premiers crus, Boudots et Murgers, vinifiés à part puis assemblés en cours d'élevage.
Il séduit d'emblée par son bouquet puissant et avenant : cerise noire, groseille et des traces discrètes d'épices et de fumé, qui témoignent d'un fût bien intégré.
En bouche, d'abord une impression d'amplitude ; tout au long du parcours, l'acidité reste vive et maîtrisée, les tannins — épicés, légèrement serrés — donnent de la mâche et une pointe de salinité en finale. La dualité de l'assemblage Boudots-Murgers se lit clairement : l'un apporte la caresse et
Un vin qui plaira vite, peut-être même trop : en dessous de cette façade séduisante, la structure est solide. Accessible maintenant dans sa jeunesse, il devrait changer de profil et gagner en complexité après cinq à dix ans de cave.
Vosne-Romanée 1er cru les Chaumes
Le nez est un peu retenu au départ, avec quelques traces d'élevage (bois, lies) puis il finit par révéler un fruit puissant, associé à des notes de thé noir, de bergamote et de réglisse. Le bouquet est changeant, complexe, et en évolution constante.
En bouche, caressant en attaque, une jolie finesse soyeuse prend le relai ; dans une transition très maîtrisée, l'acidité se manifeste, les tannins offrent une délicieuse rugosité épicée et boisée et la finale, longue et salivante, laisse entrevoir ce que le nez n'a pas encore livré.
Moins immédiatement séducteur que le Nuits 1er cru, ce Chaumes s'avance sur la pointe des pieds. C'est qu'il y a encore du travail à faire (laisser s'intégrer les tannins et le bois) mais peut-être est-ce là que réside son intérêt : on devine beaucoup de potentiel et on prendra beaucoup de plaisir à le revisiter dans cinq, dix et quinze ans.
Corton Charlemagne
Le Corton-Charlemagne s'annonce avec une retenue d'une élégante distinction. Le premier nez paraîtra légèrement réducteur à certains dégustateurs mais laisse rapidement place à un registre plus généreux : pierre à fusil, levure fine, fruits jaunes mûrs (abricot), fruits blancs, vanille discrète ... Cela augure bien de l'avenir, il aura encore beaucoup de choses à dire.
En bouche, un gras équilibré tapisse le palais avec délicatesse, avant de laisser place à une acidité plaisante, qui gouverne la finale. Comme le nez, la bouche est réservée mais la rétro-olfaction — pain frais, zeste de citron confit — est d'une grande noblesse.
Voilà un vin généreux, subtil mais qui se cherche encore un peu. Par certains aspects, il est très accessible mais il laisse entrevoir une classe et un gabarit qui méritent cinq ans de patience au minimum.
Clos de Vougeot
Le nez est très ouvert et réussit l'exploit d'être démonstratif et fin en même temps. Une dominante cerise au départ, un bois présent sans être encombrant, qui laisse progressivement transparaître la profondeur du profil : multiples fruits rouges, orange sanguine, feuilles de thé noir, épices, notes florales ...
En bouche, la texture est caressante et puissante à la fois, l'acidité relève la finale avec grâce, les tannins apportent une touche légèrement rugueuse au moment approprié. C'est un mannequin Dior des années 60 : un modèle de finesse, de prestance et d'élégance naturelle ...
On éprouvera beaucoup de plaisir à le déguster tôt, puis à l'oublier pendant quelques années, avant de le retrouver dans 10-12 ans. Un Clos Vougeot fidèle à lui-même : toujours fin, amical, généreux.
Charmes-Chambertin
Le Charmes-Chambertin intrigue : le nez paraît ouvert, d'abord très floral, puis la framboise fraîche et la fraise prennent le dessus, encadrées par de légères notes réglissées. Il y a de la finesse, de la matière, une intensité aromatique réelle, mais le profil paraît encore sombre et peine à se définir clairement. En bouche, une belle amplitude, l'acidité et les tannins sont bien équilibrés et portent le vin qui de ce fait, jouit d'une grande longueur. L'ensemble est soutenu par un agréable zeste d'orange, des notes de fruits rouges en rétro-olfaction et un peu de salinité qui, à la deuxième dégustation, confirme le potentiel. Malgré tout, l'impression d'inachevé demeure, ce vin n'a pas rendu sa copie définitive ; il a besoin de temps pour terminer de se construire : entre cinq à dix ans pour en apprécier tous les détails et la finesse ?
Corton Perrières
Le nez est déjà appétissant avant même qu'on se soit approché. Fruits rouges et noirs, des traces d'élevage qui évoquent l'amande grillée, puis on évolue pour finir sur un profil floral.
En bouche, l'acidité porte les tannins sur une très longue distance, leur permettant d'exprimer un côté piquant, épicé et réglissé qui contribue à une finale éclatante. L'attaque est fine mais un peu resserrée, comme souvent pour ce Corton Perrière.
Ce vin ne manque pas de gourmandise. Pour certains, il paraîtra savoureux et buvable dès maintenant ; d'autres seront plus sensibles à sa rigueur et préféreront attendre une dizaine d'années. C'est notre recommandation.
Corton la Vigne au Saint
Le Corton Vigne aux Saints commence dans la discrétion pour finir dans l'éclat. Le nez s'ouvre timidement — fraise, myrtille, caramel — avant qu'un peu d'air ne déclenche une véritable explosion aromatique. La bouche se livre plus rapidement : généreuse, bien caressante, avec un milieu très savoureux. Les tannins sont les vedettes : fondus en attaque, d'où cette impression d'amplitude, légèrement rugueux à l'approche de la finale, ils portent le vin avec précision. L'acidité, discrète dans un premier temps, se réveille juste assez en fin de bouche, pour contribuer à une finale délicieusement savoureuse, et allonger encore le vin.
Déjà très bon et bien en place, le vieillissement lui apportera puissance et complexité. Un de nos dégustateurs, emporté par l'enthousiasme souligne même que vingt ans n'est pas une promesse excessive.
Corton Clos Rognets
Joli nez mûr de fruits rouges, légèrement sucrés, avec une touche végétale, un bois agréable et bien intégré. Déjà beaucoup de surprises et de complexité mais il peut encore progresser dans l'ouverture.
En bouche, la texture est riche et ample, parfaitement servie par un cadre acide. Une rétro-olfaction superbe qui ravira les becs sucrés tant elle semble pâtissière, un fraisier complet : fraise, crème, pâte d'amande, génoise... Un profil si intéressant qu'on en oublierait presque les tannins, tellement ils sont fondus.
Franchement très bon et savoureux mais comme la description qui précède le laisse deviner, il doit encore progresser dans l'intégration et le développement de toute sa palette aromatique. Une affaire d'une dizaine d'année ?
Vosne-Romanée 1er cru aux Brulées
Le nez est avenant et se développe sur une trame raffinée et complexe : une touche de fleurs séchées qui laisse la place aux fruits noirs, aux notes boisées de cannelle et de vanille, à l'orange sanguine ... Puissante et concentrée, la bouche est maîtrisée par l'acidité et les tannins. Ces derniers progressent de concert, dans une montée en puissance très linéaire. Cela aboutit à une finale d'une grande finesse mais à ce stade, un peu resserrée.
Les bases sont là, solides et prometteuses, mais ce vin a besoin d'évoluer, de se détendre et de s'intégrer. Il faudra le laisser faire, le plus longtemps possible. On peut lui faire confiance !
Échezeaux
Le nez est discret, presque réservé : des notes boisées bien intégrées, puis les fruits arrivent à l'agitation et laissent entrevoir beaucoup de gourmandise. On attend avec impatience que ce vin montre son potentiel abyssal.
En bouche, une attaque subtile, presque effacée puis une montée en puissance très nette, vibrante, favorisée par l'acidité et les tannins, qui maintiennent une harmonie encore sur la retenue. La rétro, aux arômes d'orange et d'épices, met en valeur une finale salivante.
C'est un Échezeaux intégré, qui déploie déjà une belle richesse, cependant on sait qu'il peut faire plus. Encore un peu endormi selon certains, il faudra lui accorder du temps, beaucoup de temps ...
Vosne-Romanée Cros Parantoux
Le Cros Parantoux, toujours intense, toujours surprenant ! Le nez est légèrement réduit à l'ouverture mais cette impression est vite balayée par une complexité aromatique qui dépasse ce que l'on peut rationnellement cataloguer : fruits noirs, un profil épicé, des fleurs sombres, une trame de fût parfaitement fondue ...
En bouche, quel beau vin ! Extraverti, puissant, complexe et caressant, avec une acidité magnifique qui apporte de la tonicité et une fraîcheur incomparable. Très jolie persistance, d'une gourmandise désarmante, même si les tanins du bois ressortent un peu en fin de bouche. C'est normal à ce stade, le temps fera son travail ! Attendre 10 à 15 ans.
Richebourg
Le premier nez peut surprendre par sa discrétion ou sa légère réduction passagère mais bientôt, c'est une coupe de jus de framboise et de cassis qui se révèle, dans un écrin boisé.
En bouche, beaucoup de finesse en attaque, très caressant, puis une démonstration de concentration et de puissance. Presque trop... Un vin tonique, solide, profond, l'acidité lui donne une longueur et une énergie superbes, avec ce qu'il faut de gourmandise.
Très fidèle à lui-même, un peu « dominateur » encore, doit se développer pour acquérir l'élégance qui le caractérise. Il lui faut probablement 15 ans.
Issu d'un partenariat avec l'Ecole Nationale Supérieure d'Art de Dijon et ouvert aux étudiants et jeunes diplômés, sur le thème de la résonance du patrimoine immatériel des Climats de Bourgogne.
Ce prix, bisannuel, a déjà connu 4 éditions, la prochaine étant prévue pour 2027. 8 lauréats ont été récompensés lors des 4 premières éditions, et exposés à la Cité des climats et vins de Bourgogne de Beaune, donnant l'opportunité au public de s'approprier une vision souvent différente des Climats de Bourgogne et offrant à ces jeunes artistes une visibilité bienvenue à ce stade de leur carrière.
Les lauréats des éditions précédentes :
Julie GROSCHE, 2019 « A possible field of experience », vidéo 12' - Prix spécial du Jury
Eva PELZER, 2021 « Le Tastevin », céramique en grès et ferraille de récupération - Prix de la Jeune Création Artistique 2021
Jérôme LAVENIR, 2021 « C'est ainsi que dans l'air, qui est bleu, la soif est sans fond. » sculpture-installation - Prix spécial du Jury
Cerize FOURNIER, 2023 « Jeu de main », boîte en pierre et billes de terre ou de fer - Prix de la Jeune Création Artistique 2023
Alice CHARTON, 2023 « Pour que tu continues à m'aimer », fioles en verre soufflé et vin de fleurs - Prix spécial du Jury
Jie MA, 2025 « Le Vin de la terre — Santé ! », installation : mains en argile céramique émaillée et graines de métal - Prix de la Jeune Création Artistique 2025 (en photo d'encart)
Erika POVILONYTE, 2025 « Papier de vignes », peinture à l'huile sur papiers faits main - Prix spécial du Jury
Depuis 4 ans, le parcours Art in Situ nous inscrit dans un circuit allant de Gevrey-Chambertin à Saint-Aubin et fait dialoguer pendant une année complète une oeuvre contemporaine avec nos bâtiments d'exploitation.
Visible de tous les promeneurs qui passent rue des Grands Crus, cette oeuvre trouve une vitrine au coeur des Climats, une invitation à la promenade et à un écho entre le vin et l'art.
En 2026, Gaëlle Pinard s'invite avec "Isolignes", sculpture accroché sur le fronton de notre cuverie.
www.art-in-situ.frLa Cité de la Tapisserie d'Aubusson, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, au même titre que les Climats de Bourgogne, s'attache à faire vivre un métier d'excellence, et à préserver un savoir-faire séculaire. Tout comme nous nous attachons à préserver nos Climats et à transmettre aux jeunes générations les gestes ancestraux du vigneron.
Nous avons été enthousiasmés par leur projet de création d'une série de tapisseries inspirées de l'oeuvre de l'artiste Hayao Miyazaki, et contribuons au financement de la plus monumentale de ces tapisseries : "La Sieste de Mei et Totoro" (copyright Studio Ghibli). La rencontre de deux mondes autour de l'artisanat d'excellence et un clin d'oeil à nos clients japonais, un marché historique du Domaine.
La "Tombée de métier" a eu lieu le 17 juillet pour cette tapisserie de 36 m² qui sera ensuite exposée à Aubusson avant de partir en tournée avec les 5 autres tapisseries déjà tissées. -
les 2018 sont ils prêts à boire ?2018 a la réputation d'un millésime chaud, manquant peut-être un peu de fraîcheur.
Mais le marché n'a t-il pas catalogué ces vins un peu vite ?
Conditions de la dégustationDescription généraleNotes de dégustationUne saison très arrosée et des conditions idéales pour le mildiou :
Après un automne-hiver 23-24 déjà bien arrosé et doux, les mois de mars et avril suivirent sur cette lancée, si bien que le mildiou reprit son activité à un stade de précocité jamais atteint auparavant, nous prenant tous par surprise.
Comme la pluie continua de tomber en mai, on trouva des grappes atteintes dès la fin du mois, avant même la floraison. Dès cette période, la pression fut très forte et la récolte déjà amputée ...
Ayant comme d'habitude commencé la saison en bio, il nous parut nécessaire, devant ces conditions exceptionnelles, d'adapter nos pratiques au moment de la fleur. C'est ainsi que l'application de produits pénétrants nous permit de limiter les plus gros dégâts mais rien n'allait stopper la maladie qui continua ses ravages, sous diverses formes, jusque tard en saison.
Note : le mildiou ne s'attaque pas aux raisins en fin de cycle, à l'inverse du botrytis. Donc il n'a pas d'impact sur la qualité de la récolte.
Des conditions excellentes pour les vendanges :
La seule période de beau temps de l'année arriva à point nommé pour les vendanges. Le vent du Nord entra en scène, il fit beau et frais, si bien que les raisins restèrent globalement sains. Premières cueillettes le 13 septembre en côte de Beaune (pour la première fois à Volnay et Pommard) et le 17 en côte de Nuits. Un peu de tri tout de même, entre quelques départs de pourriture dûs aux pluies d'août et raisins roses, le déficit d'ensoleillement ne pouvant être rattrapé en 8 jours.
Passé le choc des premières cuvées rentrées (« Ah, ce n'est pas le premier arrivage mais toute la récolte de la parcelle ??? ») et l'adaptation de la cuverie aux (très) petits volumes, le reste des vendanges se déroula sereinement, le temps nous faisant la grâce de se maintenir au beau.
Un élevage attentif, cousu main
Après une vinification marquée par une chaptalisation quasi généralisée et une extraction en douceur, plus longue que d'habitude (fréquemment trois semaines au lieu des 15-17 jours habituels), les vins nous surprirent par leur couleur profonde et leur ouverture aromatique. Les bouches en revanche, apparurent très verticales. Pas de verdeur, certes, ni de tanins agressifs mais un ensemble qui nous laissa un peu sur notre faim. Rien d'alarmant à ce stade, nous avions tout le temps de l'élevage pour y remédier ... Les cuvées évoluèrent toutefois différemment, ce qui nécessita une adaptation constante, de la confiance en la matière première et de la patience. Les mises en bouteilles ne furent pas particulièrement précoces.
Aujourd'hui, le millésime 2024 se distingue par sa fringance. On est tenté de le comparer à 2021, pour son corps fin et peu alcoolisé. Mais il s'en distingue aussi par ses arômes de fruits plus marqués. Si 2021 a pu faire penser à des millésimes « du temps », 2024 est plus moderne : son profil général comporte un côté séducteur et frais que n'avait pas 2021.
Beaucoup seront abordables jeunes et on aura envie de profiter rapidement de leur aspect rafraîchissant et accompli, qui est leur grand atout. Mais pour d'autres, comme pendant la vinification et l'élevage, il faudra être plus patients pour espérer les boire à leur apogée. Comme les notes de dégustation ci-dessous le signalent, ces vins ont de la réserve et méritent de vieillir. Ces vins sont rares, alors choisissez bien le moment où vous allez les déguster !
Aujourd'hui, le millésime 2024 se distingue par sa fringance. On est tenté de le comparer à 2021, pour son corps fin et peu alcoolisé. Mais il s'en distingue aussi par ses arômes de fruits plus marqués. Si 2021 a pu faire penser à des millésimes « du temps », 2024 est plus moderne : son profil général comporte un côté séducteur et frais que n'avait pas 2021.
Beaucoup seront abordables jeunes et on aura envie de profiter rapidement de leur aspect rafraîchissant et accompli, qui est leur grand atout. Mais pour d'autres, comme pendant la vinification et l'élevage, il faudra être plus patients pour espérer les boire à leur apogée. Comme les notes de dégustation ci-dessous le signalent, ces vins ont de la réserve et méritent de vieillir. Ces vins sont rares, alors choisissez bien le moment où vous allez les déguster !
Hautes Côtes de Nuits « Clos St Philibert »
Le Clos Saint-Philibert apparaît sans réserve et généreux. Le nez, d'emblée expressif, s'ouvre sur un registre gourmand de fruits jaunes et blancs (abricot, poire), rehaussés d'une touche d'agrumes. On décèle même une délicate note de baguette fraîche grillée, témoignage discret de l'élevage sur lies (en tonneaux de 228 et 350 litres). Une légère fraîcheur acidulée-herbacée vient soutenir l'ensemble avec discrétion. En bouche, le vin s'affirme avec aplomb : l'attaque est tapissante, la texture tendue et précise, et l'acidité, persistante et salivante, accompagne la finale sans jamais mordre. C'est un vin déjà très accessible et même accompli pour ce stade de son évolution. Il saura cependant récompenser deux ans de patience supplémentaire, pour un peu plus d'intégration encore.
Bourgogne Côte d'Or
Ce Bourgogne se présente timidement, le nez encore un peu replié sur lui-même à l'ouverture, hésitant entre la fraise, la groseille et une légère évolution florale. L'agitation libère de la diversité — sous-bois, menthol, une pointe épicée — mais le vin reste sur sa réserve. En bouche, une entrée en matière tapissante, avant que l'acidité prenne le contrôle, offrant quelques instants juteux et gourmands en milieu de parcours. La finale est plus tendue et directe.
C'est un vin qui attire la sympathie et qui est représentatif de la légèreté gracieuse du millésime 2024 ; à apprécier dans les deux à cinq ans.Fixin
Le Fixin se révèle sous le signe de la retenue, presque de la méfiance. Le premier nez, légèrement fermé, laisse filtrer quelques touches végétales et réductives avant que l'agitation ne dévoile un fond de fruits noirs (cassis, cerise), d'épices, de tabac et de poivre. Il faut le solliciter, l'apprivoiser et il finit par se laisser faire. En bouche, le vin se présente avec une belle mâche et ampleur mais les tannins — traçants, légèrement accrocheurs — prennent le contrôle jusqu'en fin de bouche, conférant au vin une certaine austérité. Celle-ci n'est pas sans noblesse mais peu habituelle pour ce vin. Le potentiel est là, indéniable, ancré dans une persistance notable. Mais ce Fixin a ses conditions : moins accessible que d'habitude, il faudra l'attendre deux à cinq ans, et pourquoi pas tenter le pari de la décennie pour qu'il s'épanouisse pleinement.
Marsannay
Notre Marsannay joue la carte de la complexité progressive. À l'ouverture, le nez est encore sous voile : quelques traces de réduction mais la patience est récompensée : la framboise, la pivoine et une impression de minéralité émergent bientôt, rejointes par des notes épicées et fumées.
En bouche, le vin se déploie avec une ampleur presque solennelle : l'acidité monte graduellement, portant les arômes vers une finale longue, légèrement tannique mais savoureuse, qui laisse la bouche en éveil. Plus ouvert que le Fixin et plus disponible à ce stade, ce vin sera à contrôler avec plaisir au cours des 10 prochaines années.Pommard
Le Pommard s'impose comme la révélation de la dégustation, d'autant que c'est un petit nouveau ! Le nez, très ouvert, se déploie en couches successives : d'abord un léger réglisse, puis la fraise des bois, la cerise profonde, une touche d'orange sanguine et enfin — comme une signature — des effluves de fleurs séchées qui évoquent le millésime 2021. Tout se tient, tout s'enchaîne logiquement et sans rupture. En bouche, la magie se prolonge : l'acidité, haute et persistante, est le fil rouge qui porte le vin, tandis que des tannins veloutés — incarnation du velours dans ce millésime — enveloppent le tout d'une douceur sucrée, délicieusement gourmande. Un vin déjà convaincant, capable de traverser les prochaines années sans fléchir.
Volnay
Le Volnay donne l'impression de s'éveiller graduellement : d'abord sur la réserve, comme s'il ménageait ses effets, avec une légère réduction au premier nez et quelques notes boisées discrètes. L'agitation finit par libérer les fruits : fraise, framboise, cerise rouge, groseille, avec une touche de fleurs séchées et d'épices. En bouche, le vin est très caressant mais la finesse prend le dessus sur l'amplitude : la texture est soyeuse, caressante, avec une acidité vive qui donne du relief et du tonus en milieu de parcours, puis des tannins fondus, qui soutiennent sans appuyer. Moins charnu que le Pommard, plus élégant dans sa silhouette, une légère austérité en finale rappelle que ce vin a encore l'avenir devant lui. Il aura probablement besoin de cinq à dix ans pour s'épanouir pleinement.
Gevrey
Le Gevrey s'annonce de manière décidée. Imposant, profond, concentré : le nez est une déclaration d'intention : Fruits rouges écrasés, confiture de fraise et de mûre, cassis, réglisse, feuilles de thé noir, épices ... Une palette généreuse, qui se révèle progressivement, comme si le vin choisissait lui-même son rythme. En bouche, l'attaque est subtile mais la montée en puissance est inexorable : le milieu de bouche s'impose avec amplitude, les tannins — bien présents, soyeux, légèrement serrés en finale — donnent au vin beaucoup de répondant et une persistance remarquable. Typiquement Gevrey dans son caractère affirmé, il donne l'impression de vouloir prendre son temps (deux à cinq ans de cave ?) et promet d'être exceptionnel dans dix ans.
Chambolle-Musigny
Ce Chambolle déroute, c'est là tout son charme. Par son attaque, il se présente plus puissant que ce que l'appellation laisse ordinairement pressentir — presque un profil de Vosne — et affiche une discrétion aromatique qui n'est que feinte. Le nez dévoile, au fil de l'aération, des notes de bois de senteur, de romarin, de fruits noirs concentrés et une touche herbacée, à peine menaçante.
En bouche, l'acidité, maîtrisée et presque effacée, joue un rôle de cadre invisible : elle structure sans dominer, tandis que les tannins, d'abord légèrement rugueux, finissent par se fondre dans une finale retenue et de grande puissance. Un vin à boire dans les cinq à dix ans, même s'il est capable de tenir plus sans fléchir.Vosne-Romanée
Le Vosne-Romanée est un vin paradoxal et attachant : Discret au premier abord — il faut aller le chercher et l'apprivoiser — il finit par se révéler dans sa diversité ; massif, complexe, intense et pourtant très fin, il envahit le verre : fruits rouges et noirs en profusion, réglisse, goudron, épices, boisé à peine perceptible tant il est fondu dans la matière, tout s'enchaîne avec une logique irréfutable. En bouche, l'acidité est traçante, presque austère dans sa rigueur, mais c'est précisément elle qui propulse le vin vers une finale d'une longueur et d'une minéralité rares. Très identitaire de Vosne dans sa concentration et son raffinement, c'est un vin que l'on peut découvrir maintenant avec étonnement mais qui mérite toutefois d'être attendu : cinq ans pour commencer à s'ouvrir, dix voire quinze ans pour révéler toute sa grandeur.
Volnay 1er cru les Mitans
Le Volnay Mitans se présente avec beaucoup de grâce et dispense ses caresses sans compter. À l'ouverture, le nez évoque des fleurs séchées, une pointe de réduction qui s'efface vite, une légère note fumée et de la grenadine, avant qu'une touche pâtissière et vanillée ne prenne le relais à l'aération. Il y a beaucoup d'élégance dans ce profil délicat, à condition de lui laisser le temps de se déployer : ce vin gagne à être ouvert bien en avance. En bouche, la texture est fine, soyeuse, caressante, portée par une acidité discrète et des tannins ronds qui donnent de la cohérence à l'ensemble et participent à sa longueur. Très représentatif de Volnay et accessible dès maintenant, il donne déjà beaucoup de plaisir et continuera de le faire dans les 10 ans à venir.
Chambolle 1er cru
Ce Chambolle 1er cru est issu de 4 parcelles différentes : Charmes, Fuées, Feusselottes vinifiées ensemble, et le Chatelot à part, mais assemblé à l'entonnage.
Le nez est réservé : certes, les fruits noirs sont là mais également une réduction qui fait ressortir le bois et quelques arômes végétaux. En le sollicitant, il finit par dévoiler des notes plus séduisantes : réglisse, framboise, épices, menthol et une fraîcheur herbacée très Charmes.
En bouche, le vin se révèle concentré, fin, nettement articulé, mais il donne l'impression d'être sur ses gardes : il monte en puissance en cours de dégustation, sans finir de se dévoiler entièrement. Les tannins sont légèrement accrocheurs mais restent équilibrés, il n'y a pas de véritable austérité : le vin a juste besoin de temps, probablement de 5 à 10 ans, pour se libérer.
Nuits-Saint-Georges 1er cru
Ce Nuits-Saint-Georges 1er cru est un assemblage de nos deux premiers crus, Boudots et Murgers, vinifiés à part puis assemblés en cours d'élevage.
Il séduit d'emblée par son bouquet puissant et avenant : cerise noire, groseille et des traces discrètes d'épices et de fumé, qui témoignent d'un fût bien intégré.
En bouche, d'abord une impression d'amplitude ; tout au long du parcours, l'acidité reste vive et maîtrisée, les tannins — épicés, légèrement serrés — donnent de la mâche et une pointe de salinité en finale. La dualité de l'assemblage Boudots-Murgers se lit clairement : l'un apporte la caresse et
Un vin qui plaira vite, peut-être même trop : en dessous de cette façade séduisante, la structure est solide. Accessible maintenant dans sa jeunesse, il devrait changer de profil et gagner en complexité après cinq à dix ans de cave.
Vosne-Romanée 1er cru les Chaumes
Le nez est un peu retenu au départ, avec quelques traces d'élevage (bois, lies) puis il finit par révéler un fruit puissant, associé à des notes de thé noir, de bergamote et de réglisse. Le bouquet est changeant, complexe, et en évolution constante.
En bouche, caressant en attaque, une jolie finesse soyeuse prend le relai ; dans une transition très maîtrisée, l'acidité se manifeste, les tannins offrent une délicieuse rugosité épicée et boisée et la finale, longue et salivante, laisse entrevoir ce que le nez n'a pas encore livré.
Moins immédiatement séducteur que le Nuits 1er cru, ce Chaumes s'avance sur la pointe des pieds. C'est qu'il y a encore du travail à faire (laisser s'intégrer les tannins et le bois) mais peut-être est-ce là que réside son intérêt : on devine beaucoup de potentiel et on prendra beaucoup de plaisir à le revisiter dans cinq, dix et quinze ans.
Corton Charlemagne
Le Corton-Charlemagne s'annonce avec une retenue d'une élégante distinction. Le premier nez paraîtra légèrement réducteur à certains dégustateurs mais laisse rapidement place à un registre plus généreux : pierre à fusil, levure fine, fruits jaunes mûrs (abricot), fruits blancs, vanille discrète ... Cela augure bien de l'avenir, il aura encore beaucoup de choses à dire.
En bouche, un gras équilibré tapisse le palais avec délicatesse, avant de laisser place à une acidité plaisante, qui gouverne la finale. Comme le nez, la bouche est réservée mais la rétro-olfaction — pain frais, zeste de citron confit — est d'une grande noblesse.
Voilà un vin généreux, subtil mais qui se cherche encore un peu. Par certains aspects, il est très accessible mais il laisse entrevoir une classe et un gabarit qui méritent cinq ans de patience au minimum.
Clos de Vougeot
Le nez est très ouvert et réussit l'exploit d'être démonstratif et fin en même temps. Une dominante cerise au départ, un bois présent sans être encombrant, qui laisse progressivement transparaître la profondeur du profil : multiples fruits rouges, orange sanguine, feuilles de thé noir, épices, notes florales ...
En bouche, la texture est caressante et puissante à la fois, l'acidité relève la finale avec grâce, les tannins apportent une touche légèrement rugueuse au moment approprié. C'est un mannequin Dior des années 60 : un modèle de finesse, de prestance et d'élégance naturelle ...
On éprouvera beaucoup de plaisir à le déguster tôt, puis à l'oublier pendant quelques années, avant de le retrouver dans 10-12 ans. Un Clos Vougeot fidèle à lui-même : toujours fin, amical, généreux.
Charmes-Chambertin
Le Charmes-Chambertin intrigue : le nez paraît ouvert, d'abord très floral, puis la framboise fraîche et la fraise prennent le dessus, encadrées par de légères notes réglissées. Il y a de la finesse, de la matière, une intensité aromatique réelle, mais le profil paraît encore sombre et peine à se définir clairement. En bouche, une belle amplitude, l'acidité et les tannins sont bien équilibrés et portent le vin qui de ce fait, jouit d'une grande longueur. L'ensemble est soutenu par un agréable zeste d'orange, des notes de fruits rouges en rétro-olfaction et un peu de salinité qui, à la deuxième dégustation, confirme le potentiel. Malgré tout, l'impression d'inachevé demeure, ce vin n'a pas rendu sa copie définitive ; il a besoin de temps pour terminer de se construire : entre cinq à dix ans pour en apprécier tous les détails et la finesse ?
Corton Perrières
Le nez est déjà appétissant avant même qu'on se soit approché. Fruits rouges et noirs, des traces d'élevage qui évoquent l'amande grillée, puis on évolue pour finir sur un profil floral.
En bouche, l'acidité porte les tannins sur une très longue distance, leur permettant d'exprimer un côté piquant, épicé et réglissé qui contribue à une finale éclatante. L'attaque est fine mais un peu resserrée, comme souvent pour ce Corton Perrière.
Ce vin ne manque pas de gourmandise. Pour certains, il paraîtra savoureux et buvable dès maintenant ; d'autres seront plus sensibles à sa rigueur et préféreront attendre une dizaine d'années. C'est notre recommandation.
Corton la Vigne au Saint
Le Corton Vigne aux Saints commence dans la discrétion pour finir dans l'éclat. Le nez s'ouvre timidement — fraise, myrtille, caramel — avant qu'un peu d'air ne déclenche une véritable explosion aromatique. La bouche se livre plus rapidement : généreuse, bien caressante, avec un milieu très savoureux. Les tannins sont les vedettes : fondus en attaque, d'où cette impression d'amplitude, légèrement rugueux à l'approche de la finale, ils portent le vin avec précision. L'acidité, discrète dans un premier temps, se réveille juste assez en fin de bouche, pour contribuer à une finale délicieusement savoureuse, et allonger encore le vin.
Déjà très bon et bien en place, le vieillissement lui apportera puissance et complexité. Un de nos dégustateurs, emporté par l'enthousiasme souligne même que vingt ans n'est pas une promesse excessive.
Corton Clos Rognets
Joli nez mûr de fruits rouges, légèrement sucrés, avec une touche végétale, un bois agréable et bien intégré. Déjà beaucoup de surprises et de complexité mais il peut encore progresser dans l'ouverture.
En bouche, la texture est riche et ample, parfaitement servie par un cadre acide. Une rétro-olfaction superbe qui ravira les becs sucrés tant elle semble pâtissière, un fraisier complet : fraise, crème, pâte d'amande, génoise... Un profil si intéressant qu'on en oublierait presque les tannins, tellement ils sont fondus.
Franchement très bon et savoureux mais comme la description qui précède le laisse deviner, il doit encore progresser dans l'intégration et le développement de toute sa palette aromatique. Une affaire d'une dizaine d'année ?
Vosne-Romanée 1er cru aux Brulées
Le nez est avenant et se développe sur une trame raffinée et complexe : une touche de fleurs séchées qui laisse la place aux fruits noirs, aux notes boisées de cannelle et de vanille, à l'orange sanguine ... Puissante et concentrée, la bouche est maîtrisée par l'acidité et les tannins. Ces derniers progressent de concert, dans une montée en puissance très linéaire. Cela aboutit à une finale d'une grande finesse mais à ce stade, un peu resserrée.
Les bases sont là, solides et prometteuses, mais ce vin a besoin d'évoluer, de se détendre et de s'intégrer. Il faudra le laisser faire, le plus longtemps possible. On peut lui faire confiance !
Échezeaux
Le nez est discret, presque réservé : des notes boisées bien intégrées, puis les fruits arrivent à l'agitation et laissent entrevoir beaucoup de gourmandise. On attend avec impatience que ce vin montre son potentiel abyssal.
En bouche, une attaque subtile, presque effacée puis une montée en puissance très nette, vibrante, favorisée par l'acidité et les tannins, qui maintiennent une harmonie encore sur la retenue. La rétro, aux arômes d'orange et d'épices, met en valeur une finale salivante.
C'est un Échezeaux intégré, qui déploie déjà une belle richesse, cependant on sait qu'il peut faire plus. Encore un peu endormi selon certains, il faudra lui accorder du temps, beaucoup de temps ...
Vosne-Romanée Cros Parantoux
Le Cros Parantoux, toujours intense, toujours surprenant ! Le nez est légèrement réduit à l'ouverture mais cette impression est vite balayée par une complexité aromatique qui dépasse ce que l'on peut rationnellement cataloguer : fruits noirs, un profil épicé, des fleurs sombres, une trame de fût parfaitement fondue ...
En bouche, quel beau vin ! Extraverti, puissant, complexe et caressant, avec une acidité magnifique qui apporte de la tonicité et une fraîcheur incomparable. Très jolie persistance, d'une gourmandise désarmante, même si les tanins du bois ressortent un peu en fin de bouche. C'est normal à ce stade, le temps fera son travail ! Attendre 10 à 15 ans.
Richebourg
Le premier nez peut surprendre par sa discrétion ou sa légère réduction passagère mais bientôt, c'est une coupe de jus de framboise et de cassis qui se révèle, dans un écrin boisé.
En bouche, beaucoup de finesse en attaque, très caressant, puis une démonstration de concentration et de puissance. Presque trop... Un vin tonique, solide, profond, l'acidité lui donne une longueur et une énergie superbes, avec ce qu'il faut de gourmandise.
Très fidèle à lui-même, un peu « dominateur » encore, doit se développer pour acquérir l'élégance qui le caractérise. Il lui faut probablement 15 ans.
Issu d'un partenariat avec l'Ecole Nationale Supérieure d'Art de Dijon et ouvert aux étudiants et jeunes diplômés, sur le thème de la résonance du patrimoine immatériel des Climats de Bourgogne.
Ce prix, bisannuel, a déjà connu 4 éditions, la prochaine étant prévue pour 2027. 8 lauréats ont été récompensés lors des 4 premières éditions, et exposés à la Cité des climats et vins de Bourgogne de Beaune, donnant l'opportunité au public de s'approprier une vision souvent différente des Climats de Bourgogne et offrant à ces jeunes artistes une visibilité bienvenue à ce stade de leur carrière.
Les lauréats des éditions précédentes :
Julie GROSCHE, 2019 « A possible field of experience », vidéo 12' - Prix spécial du Jury
Eva PELZER, 2021 « Le Tastevin », céramique en grès et ferraille de récupération - Prix de la Jeune Création Artistique 2021
Jérôme LAVENIR, 2021 « C'est ainsi que dans l'air, qui est bleu, la soif est sans fond. » sculpture-installation - Prix spécial du Jury
Cerize FOURNIER, 2023 « Jeu de main », boîte en pierre et billes de terre ou de fer - Prix de la Jeune Création Artistique 2023
Alice CHARTON, 2023 « Pour que tu continues à m'aimer », fioles en verre soufflé et vin de fleurs - Prix spécial du Jury
Jie MA, 2025 « Le Vin de la terre — Santé ! », installation : mains en argile céramique émaillée et graines de métal - Prix de la Jeune Création Artistique 2025 (en photo d'encart)
Erika POVILONYTE, 2025 « Papier de vignes », peinture à l'huile sur papiers faits main - Prix spécial du Jury
Depuis 4 ans, le parcours Art in Situ nous inscrit dans un circuit allant de Gevrey-Chambertin à Saint-Aubin et fait dialoguer pendant une année complète une oeuvre contemporaine avec nos bâtiments d'exploitation.
Visible de tous les promeneurs qui passent rue des Grands Crus, cette oeuvre trouve une vitrine au coeur des Climats, une invitation à la promenade et à un écho entre le vin et l'art.
En 2026, Gaëlle Pinard s'invite avec "Isolignes", sculpture accroché sur le fronton de notre cuverie.
www.art-in-situ.frLa Cité de la Tapisserie d'Aubusson, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, au même titre que les Climats de Bourgogne, s'attache à faire vivre un métier d'excellence, et à préserver un savoir-faire séculaire. Tout comme nous nous attachons à préserver nos Climats et à transmettre aux jeunes générations les gestes ancestraux du vigneron.
Nous avons été enthousiasmés par leur projet de création d'une série de tapisseries inspirées de l'oeuvre de l'artiste Hayao Miyazaki, et contribuons au financement de la plus monumentale de ces tapisseries : "La Sieste de Mei et Totoro" (copyright Studio Ghibli). La rencontre de deux mondes autour de l'artisanat d'excellence et un clin d'oeil à nos clients japonais, un marché historique du Domaine.
La "Tombée de métier" a eu lieu le 17 juillet pour cette tapisserie de 36 m² qui sera ensuite exposée à Aubusson avant de partir en tournée avec les 5 autres tapisseries déjà tissées.Un nombre représentatif d'appellations a été ouvert pour juger de l'évolution du millésime.
Comme nous aimons à le faire désormais, nous nous sommes entourés d'un grand témoin, plusieurs même cette année, on pourrait les qualifier de fine fleur du journalisme français- Laure Gasparotto, Le Monde
- Martin Lemaire, Le Figaro-Magazine
- Carla-Elle Rogoski, Les Echos
- Frédéric Durand-Bazin, Figaro et Bettane Desseauve
- Vladimir Kauffmann, RVI
- Colin Hay, Drink Business
De fait, la saison fut marquée par le soleil (à partir de juin) et la sécheresse. Heureusement, les vignes n'en souffrirent pas et la récolte, commencée dans les derniers jours d'août, nous offrit des raisins bien mûrs, homogènes et dans un état sanitaire quasi parfait.
Les vins, en fin d'élevage, avaient acquis un velouté « exquis » et étaient, de fait, très caressants en bouche. La maturité était maîtrisée, avec des degrés d'alcool contenus en dessous de 14° mais leur acidité, c'est vrai, était relativement faible. La texture était riche, certes, mais on notait également beaucoup de finesse et une belle définition de terroir, ce qui était déjà plus surprenant pour un millésime mûr.
Toute la question était de savoir de quel côté ils pencheraient : Allaient-ils vraiment s'affiner ou même seulement tenir la route ? L'élevage n'avait pas été de tout repos, il avait fallu rester attentifs pour les « tenir » et obtenir des vins sans défauts. Cependant à l'époque, nous croyions fermement en leur avenir.
Nous écrivions notamment : « Ce millésime mûr et très suave sera approchable jeune. Les tannins sont sans aspérités, les vins en général particulièrement ouverts. Ne vous y trompez pas cependant, c'est un millésime de garde. »
L'évolution confirme pleinement ce diagnostic initial, notre dégustation récente le confirme. Probablement le marché, peut-être parce que le millésime apparaissait hétérogène, a t-il jugé ces vins en dessous de leur potentiel ... d'autant plus qu'aujourd'hui, la fraîcheur ressort, avec un fruit parfois éclatant.
Certains vins permettent déjà de jolies dégustations, d'autres sont plus réservés mais tous ont de belles années devant eux. C'est un millésime de garde, à la fois d'une belle concentration et très plaisant ! Il ne s'est pas vraiment fermé et offre déjà de très belles expériences.
En résumé, nous sommes très contents !
BLANCS
Meursault
À l'ouverture, une réduction bien présente (allumette, silex, poudre) gêne la première impression, avant de se dissiper quelque peu après aération.
C'est en bouche que l'on apprécie alors mieux les arômes de fruits blancs et jaunes et surtout la structure crémeuse, puissante, complétée par une finale crayeuse et minérale. L'équilibre est vraiment gratifiant et encore en plein devenir.
En 2020, nous notions « un grand potentiel » et un vin « très prometteur avec un potentiel de garde de 10 à 12 ans ». Sans doute le vin tiendra t-il jusque là et en effet, il serait prudent d'attendre encore 3 ou 4 ans au moins avant de l'ouvrir.
- Profil intense et animal au nez, puis fruits noirs, poivre, laurier. Bouche charpentée, puissante et racée. Destiné à un long vieillissement.
- "Côté japonisant". Feuille de riz, salinité et sapidité avec un gras frais. Élevage dynamise le vin. J'aime beaucoup, maîtrise très assurée. Me fait penser au chardonnay de votre domaine en Oregon dans la structure !
- Nez tellement identitaire malgré une forte réduction. Notes de noisettes grillées. Gras en bouche, et la minéralité contrebalance et harmonise l'ensemble.
- Réduit. Belle évolution, fraicheur sur tout le vin. Appréciable mais pas encore finis.
ROUGES
Marsannay
Réservé après la mise en bouteille, ce vin nous offre aujourd'hui un bouquet bien mûr et plaisant, où dominent les arômes sucrés.
En bouche, il est bien présent, avec une belle texture, bien crémeuse, et des arômes de crème brulée. La finale est un peu chaude, avec des tanins que l'on remarque encore.
Nous indiquions, après la mise en bouteille, qu'avec sa structure bien complémentaire du millésime, il faudrait laisser vieillir ce vin. Il a évidemment progressé depuis 5 ans mais ne montre pas de signe de fatigue et pourrait encore bénéficier de quelques années en cave. (JNM)
- TM : Intensité moyenne, un poil fermé. Acidité moyenne puis relevée. Tannins très soyeux. Texture chaleureuse avec belle longueur.
- Nez assez chaleureux, de figues séchées ; quelques effluves d'eau de rose. La bouche présente un bel équilibre, une tension minérale et une belle structure tannique.
- VK : Un joli nez entre terre et fruits mûrs, légèrement mentholé. En bouche, les tannins sont élégants, légèrement acidulées, avec une longueur douce et florale.
- Entrée de bouche assez vive, malique, dans une aromatique mûre charmeuse, mais qui tombe un peu vite en bouche, peut-être par la matière tannique ?
- Nez lactique, mais il file droit en bouche. Très structuré, peu de chair qui surgit pour le moment. Longueur moyenne, chaleureuse, voire crémeuse.
- FDB : Nez floral, cerise cuite, clafoutis, rose fanée. Bouche ample, solide, chaleureuse, mais avec du pep's - tanins structurés.
- A attendre encore, alcool, cerises.
Vosne-Romanée
C'était une des stars du millésime. Nous écrivions : « Extrêmement raffiné, il se distingue par son équilibre presque parfait ... et procure déjà un grand plaisir sensoriel. »
Aujourd'hui, la fraîcheur est toujours là et les fruits noirs s'expriment dans un écrin de notes végétales et de bois fumé.
La bouche est en cohérence, avec une belle droiture mais évidemment, il s'agit du millésime 2018 et le vin est aussi très caressant. La finale est légèrement plus resserrée, avec des tanins savoureux et une touche acidulée, de bon aloi.
C'est un vin raffiné en effet, on sent aussi beaucoup de réserve et si sa dégustation aujourd'hui permet de l'apprécier tout à fait, il nous donnera beaucoup de plaisir pendant encore de longues années.
- TM : pointe lactique et fraise écrasée, légèrement tabac et caramelParfum de fraise écrasée, tabac caramélisé qui se transforment en arôme médicinal. Acidité moyenne et vif en finale, tannins d'intensité moyenne mais plus épicé en fin de bouche, bonne texture.
- Nez quelque peu sur la retenue, avec de légères notes vanillées et mentholées. La bouche est suave, avec un côté thé noir, légèrement infusé et quelques fruits rouges mûrs.
- VK : Une belle couleur rubis. L'équilibre domine, avec un fruit éclatant, une longueur légère avec de la fraîcheur. Fleurs sauvages...
- Univers assez complexe au nez : amande mentholée, épices. Bouche avec dimension minérale et mûre, coeur de la tension par tanins en fil. Un peu statique... mais énergie indéniable. Fin de bouche = fraîcheur.
- Vif et fluide en même temps que les notes sont profondes, légèrement poivrées. Un vin bien cadré et très élégant.
- FDB : Fruits rouges, cassis, pointe épicée et poivrée fraichement moulu, pointe fumée. Bouche juteuse, tonique, belle matière, très profonde, longue.
- Fumé
Vosne-Romanée 1er Cru les Chaumes
À la mise en bouteille, bien que qualifié de « distingué », nous notions une certaine droiture en bouche et de la timidité au nez.
Aujourd'hui, le bouquet est subtil et séducteur : de jolis fruits rouges, agrémentés d'arômes floraux, nous mettent dans de bonnes dispositions pour la suite.
La bouche possède vraiment une très jolie définition : fine, toute en subtilité, en nous gratifiant également de belles caresses, elle court vers une finale sûre de son effet et encore assez tendue. C'est bienvenu dans un millésime tel que 2018.
Ce vin confirme son rang et gagnera encore en cohérence et complexité dans les années qui viennent. Pourtant, il est indéniable qu'il paraît déjà abouti et peut donc offrir une agréable et impressionnante expérience de dégustation.
- TM : intensité moyenne, trace de réduction. La puissance arrive après un peu d'ouverture : tabac, fruits (groseille en arrière). Acidité moyenne faible, qui s'intensifie légèrement sur la fin. Texture enveloppante qui se fait tranchante avec une belle douceur de tannin. Finale pointe verte.
- VK : Un nez rassurant, complexe. Les tanins se fondent dans des fruits suaves et élégants. Fraîcheur...
- Nez charmeur, giboyeux, légère pointe mentholée voire chocolatée tirant sur l'after eight. La bouche est dense avec beaucoup de texture, c'est caressant, avec des arômes de mûres.
- N'a pas bougé.
- Floral d'abord, puis un côté "sang sec", entre sanguin et floral. Bouche avec finale un peu austère, matière tannique ressort.
- Nez de feuilles de tabac, notes que l'on retrouve en bouche. Très suave et profond. Finale onctueuse. Beaucoup de grâce.
- FDB : Fruit noirs, cacao, fumé presque tourbé, noyau de cerise. Bouche tonique, vive, croquante, finale graphite. Tannins souples.
Nuits St Georges 1er Cru aux Murgers
Très séducteur au moment de la mise en bouteille, ce vin a conservé un bouquet expressif, aux fruits rouges et noirs bien définis, complété par des arômes de boisé et de fruits secs.
En bouche, assez majestueux tout d'abord, il fait preuve de retenue, avant une finale plus déliée et sur la fraîcheur. On sent que le vin monte en puissance en cours de dégustation.
Nous notions en 2020 : « Bien constitué, robuste et musclé, ce vin est fait pour la garde ». S'il a gagné en finesse, on ne peut qu'encourager sa conservation, il offrira plus de cohérence dans les années qui viennent, tout en conservant son énergie.
- TM : belle intensité et beau bouquet cerise. Légère note lactée + réglisse et amande. Acidité +, très belle énergie. Belle vivacité en finale, texture tranchante. Tannins présents et épicé.
- VK : un nez légèrement épicé. Le vin est équilibré, élégant avec des arômes de fruits mûrs, de sous-bois, de cuir, de vanille.
- Nez de petits fruits rouges de sous-bois, très élégant et floral. Bouche d'une élégance folle entre la richesse du fût et la finesse des tanins, avec des arômes de cuir.
- Me touche par son léger désordre en bouche. Nez un peu masqué par l'élevage. Bouche avec structure oblique, le vin glisse, se rattrape. J'aime sa singularité !
- Bouche vibrante, un vin sur une dynamique vive. Demande à vieillir pour gagner en sérénité et mise en place...
- FDB : Fruits noirs, bois de sental. Subtilement poivré, compote de prunes noires. Bouche vibrante, tonique, juteux, sapide.
Clos de Vougeot
À la mise en bouteille, nous résumions ainsi l'impression générale : « tout fonctionne ... déjà extrêmement plaisant ! »
En 2025, nous sommes accueillis par un bouquet très chatoyant de fruits rouges, notamment la groseille.
En bouche, la concentration se fait sentir au début mais le vin reste caressant, doux et subtil jusqu'à la fin.
L'élégance et la finesse typique de notre Clos Vougeot sont bien présentes.
L'impression initiale est confirmée, ce vin est déjà très attractif. Bien entendu, il peut se garder 10 ans encore sans problème mais on est obligé d'admettre qu'une dégustation aujourd'hui a tout son sens.
- TM : intensité moyenne plus, rose séchée. Cassis et groseille domine derrière un léger voile noisette. Acidité moyenne, mais relevée en finale. Tannins d'intensité moyenne. Texture veloutée et finesse. Attaque puissante, la finale s'adoucie mais reste très persistante.
- VK : Un vin charmeur, léger, dans la fraicheur. Le fruit est mûr mais reste vibrant et gourmand.
- Nez très ouvert, sur les herbes aromatiques, le bois brulé. La bouche est très séduisante, gourmande et rayonnante. La structure est déliée, ce qui participe à son côté digeste.
- Solaire.
- Bouche assez sphérique, en mouvement, sorte de respiration intérieure. Univers de pierres avec une touche de cuir.
- Très ouvert et très intense, un vin lumineux. Matière très riche, dense, magnifique dans le sens de "grand". Magnus ( ?), rayonnant.
- FDB : Notes de cassis, compote de fraise, myrtille, pointe cacao. Bouche/Trame satinée, gourmand. Quartier de pêche de vigne, très profond
Corton Perrières
Une couleur soutenue et un beau nez de fruits noirs et de framboise impressionnent dès l'ouverture. Puis apparaît la réglisse et d'autres arômes, qui confèrent un côté sombre et profond au vin. C'est intriguant ...
Le début de dégustation est strict, avec une droiture et une verticalité conférées par un reste de tanins présents dès le départ, comme c'est souvent le cas pour ce vin. Une matière plus enrobante enveloppe cette structure à partir du milieu de bouche et vient mitiger cette première impression.
On ressent un très beau potentiel et l'impression curieuse d'un vin sévère et aimable en même temps. On est séduit et/ou impressionnés.
Ce vin a fait du chemin depuis sa mise en bouteille, même si le descriptif d'alors était tout à fait dans la lignée de notre dégustation de juin 2025 (« attaque ferme et charnue ... élégance stricte ... »). Il possède à ce jour un très beau potentiel, qui mérite d'attendre 5 ans encore pour se révéler pleinement.
- TM : intensité forte, un côté bonbon avec du miel qui arrive après. Léger côté viande des grisons (reste de réduc ?), puis fruits très frais encore : très belle complexité. Acidité moyenne plus, qui monte en puissance. Texture droite, et de plus en plus précise mais reste toujours ample. Tannins intenses et pointus, enveloppés au début. Finale très persistante.
- VK : Nez vif et élégants. Le fruit est très présent, fruits rouges. Une finale légèrement pivoine et épicées.
- Nez intense, réglissé, de fruits rouges. La bouche est droite, verticale, avec une légère pointe mentholée, un côté crayeux et une longue finale sur le chocolat noir.
- Toujours juste.
- Un côté soldat, incisif, petites flèches en bouche. Acidité en éclats, joliment diffuse, beaucoup de longueur. Mon favori.
- Il fascine par sa distance mais en finale son côté velouté nous emprisonne, et on y revient sans cesse. Un vin d'une élégance intrigante. Finale envoûtante.
- FDB : fraise/framboise, cacao, pêche au sirop, baies rosées. Bouche ample, structuré, beaucoup d'épaule, long et tonique.
Corton Clos Rognet
Ici au contraire, c'est la douceur qui domine au nez : framboise, groseille, une touche végétale et de zeste d'orange, des arômes sucrés ... C'est très joli, voire envoûtant.
Le vin est très caressant en bouche, dès le départ. Il apparaît très séduisant, on pourrait presque le trouver racoleur si la finale n'était pas assez tendue et minérale.
Il forme en tout cas un ensemble bien homogène et intégré, qui peut se développer mais est accessible dès aujourd'hui. En 2020 : « Très harmonieux, un pinot d'une grande classe ! ». Rien à changer à ce diagnostic aujourd'hui mais aucun problème pour la garde si c'est le choix retenu.
- TM : intensité forte, puissance et relief. Côté poivré et violette. Acidité moyenne plus, tannins très veloutés. Petite chaleur sur la finale. Texture douce avec du relief/rugosité piquante de tannins.
- Beaucoup de douceur au nez, avec de la cerise à l'eau-de-vie, des épices douces. La bouche offre une structure délicieuse, avec une matière caressante, on retrouve la cerise. Enormément d'élégance.
- Beaucoup plus coopératif. Le nez paraît presque avoir de la vendange entière. Drainage tannique souple, le vin sait où il va. Suave. Adroit.
- Nez mûr et réglisse. Notes amères de zeste d'orange. Finale veloutée mais encore marquée par l'élevage. À attendre encore.
- Nez net, intense, sur le fruit noir mûr. Délivre une belle concentration, notes de confiture, fumé, eucalyptus. Austère mais puissant.
Vosne-Romanée 1er Cru au Cros Parantoux
Le nez offre une belle intensité aromatique et l'on y retrouve du tabac, de la cannelle, des fruits noirs mûrs ...
En bouche, beaucoup de structure, un côté vertical, ramassé, finalement encore très jeune ! On note évidemment une belle acidité en finale qui confère à ce vin sa fraîcheur habituelle, sans oublier une très grande longueur.
Décrit comme plutôt fermé, voire « revêche » à la mise en bouteille en 2020 (même si nous notions sans surprise qu'il était « bien bâti »), ce vin a évidemment fait son chemin depuis et s'est bien ouvert. Pas assez cependant pour recommander une dégustation prochaine. Il serait prudent d'attendre encore 5 à 10 ans.
- TM : intensité forte, arôme de cire ? et pointe chocolat. Acidité forte, superbe énergie. Texture vraiment sur la finesse avec des tannins claquants.
- Encore en retrait mais très concentré. Arômes de fruits noirs, réglisse, fumé. Tanins présents, texture ferme, grande garde.
- Assez « tellurique » ( ?) où je retrouve un aspect métal-ferreux. Maturité assez contrastante avec 2023, bien qu'évidemment l'âge ait une influence sur l'évolution. Mais tanins semblent plus "absorbés" par l'aromatique.
- Notes de roses anciennes au nez, très intenses. Un vin rond, puissant, épicé. Magique. Une pointe mentholée apparaît au centre... au bout d'un moment.
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2023, une année de superlatifs
Pluviométrie, chaleur, rendements élevés ... 2023 aura été une année riche en événements atypiques et donc, en défis à relever. Qui pourrait s'en douter aujourd'hui face à ces vins denses, mûrs mais surtout très charmeurs ?
La saisonLes Vendanges et VinificationsElevage et CaractèreNotes de dégustation : Bourgognes et VillagesNotes de dégustation : Premiers CrusNotes de dégustation : Grands Crus et assimilés
Une saison très arrosée et des conditions idéales pour le mildiou :
Après un automne-hiver 23-24 déjà bien arrosé et doux, les mois de mars et avril suivirent sur cette lancée, si bien que le mildiou reprit son activité à un stade de précocité jamais atteint auparavant, nous prenant tous par surprise.
Comme la pluie continua de tomber en mai, on trouva des grappes atteintes dès la fin du mois, avant même la floraison. Dès cette période, la pression fut très forte et la récolte déjà amputée ...
Ayant comme d'habitude commencé la saison en bio, il nous parut nécessaire, devant ces conditions exceptionnelles, d'adapter nos pratiques au moment de la fleur. C'est ainsi que l'application de produits pénétrants nous permit de limiter les plus gros dégâts mais rien n'allait stopper la maladie qui continua ses ravages, sous diverses formes, jusque tard en saison.
Note : le mildiou ne s'attaque pas aux raisins en fin de cycle, à l'inverse du botrytis. Donc il n'a pas d'impact sur la qualité de la récolte.
Des conditions excellentes pour les vendanges :
La seule période de beau temps de l'année arriva à point nommé pour les vendanges. Le vent du Nord entra en scène, il fit beau et frais, si bien que les raisins restèrent globalement sains. Premières cueillettes le 13 septembre en côte de Beaune (pour la première fois à Volnay et Pommard) et le 17 en côte de Nuits. Un peu de tri tout de même, entre quelques départs de pourriture dûs aux pluies d'août et raisins roses, le déficit d'ensoleillement ne pouvant être rattrapé en 8 jours.
Passé le choc des premières cuvées rentrées (« Ah, ce n'est pas le premier arrivage mais toute la récolte de la parcelle ??? ») et l'adaptation de la cuverie aux (très) petits volumes, le reste des vendanges se déroula sereinement, le temps nous faisant la grâce de se maintenir au beau.
Un élevage attentif, cousu main
Après une vinification marquée par une chaptalisation quasi généralisée et une extraction en douceur, plus longue que d'habitude (fréquemment trois semaines au lieu des 15-17 jours habituels), les vins nous surprirent par leur couleur profonde et leur ouverture aromatique. Les bouches en revanche, apparurent très verticales. Pas de verdeur, certes, ni de tanins agressifs mais un ensemble qui nous laissa un peu sur notre faim. Rien d'alarmant à ce stade, nous avions tout le temps de l'élevage pour y remédier ... Les cuvées évoluèrent toutefois différemment, ce qui nécessita une adaptation constante, de la confiance en la matière première et de la patience. Les mises en bouteilles ne furent pas particulièrement précoces.
Aujourd'hui, le millésime 2024 se distingue par sa fringance. On est tenté de le comparer à 2021, pour son corps fin et peu alcoolisé. Mais il s'en distingue aussi par ses arômes de fruits plus marqués. Si 2021 a pu faire penser à des millésimes « du temps », 2024 est plus moderne : son profil général comporte un côté séducteur et frais que n'avait pas 2021.
Beaucoup seront abordables jeunes et on aura envie de profiter rapidement de leur aspect rafraîchissant et accompli, qui est leur grand atout. Mais pour d'autres, comme pendant la vinification et l'élevage, il faudra être plus patients pour espérer les boire à leur apogée. Comme les notes de dégustation ci-dessous le signalent, ces vins ont de la réserve et méritent de vieillir. Ces vins sont rares, alors choisissez bien le moment où vous allez les déguster !
Aujourd'hui, le millésime 2024 se distingue par sa fringance. On est tenté de le comparer à 2021, pour son corps fin et peu alcoolisé. Mais il s'en distingue aussi par ses arômes de fruits plus marqués. Si 2021 a pu faire penser à des millésimes « du temps », 2024 est plus moderne : son profil général comporte un côté séducteur et frais que n'avait pas 2021.
Beaucoup seront abordables jeunes et on aura envie de profiter rapidement de leur aspect rafraîchissant et accompli, qui est leur grand atout. Mais pour d'autres, comme pendant la vinification et l'élevage, il faudra être plus patients pour espérer les boire à leur apogée. Comme les notes de dégustation ci-dessous le signalent, ces vins ont de la réserve et méritent de vieillir. Ces vins sont rares, alors choisissez bien le moment où vous allez les déguster !
Hautes Côtes de Nuits « Clos St Philibert »
Le Clos Saint-Philibert apparaît sans réserve et généreux. Le nez, d'emblée expressif, s'ouvre sur un registre gourmand de fruits jaunes et blancs (abricot, poire), rehaussés d'une touche d'agrumes. On décèle même une délicate note de baguette fraîche grillée, témoignage discret de l'élevage sur lies (en tonneaux de 228 et 350 litres). Une légère fraîcheur acidulée-herbacée vient soutenir l'ensemble avec discrétion. En bouche, le vin s'affirme avec aplomb : l'attaque est tapissante, la texture tendue et précise, et l'acidité, persistante et salivante, accompagne la finale sans jamais mordre. C'est un vin déjà très accessible et même accompli pour ce stade de son évolution. Il saura cependant récompenser deux ans de patience supplémentaire, pour un peu plus d'intégration encore.
Bourgogne Côte d'Or
Ce Bourgogne se présente timidement, le nez encore un peu replié sur lui-même à l'ouverture, hésitant entre la fraise, la groseille et une légère évolution florale. L'agitation libère de la diversité — sous-bois, menthol, une pointe épicée — mais le vin reste sur sa réserve. En bouche, une entrée en matière tapissante, avant que l'acidité prenne le contrôle, offrant quelques instants juteux et gourmands en milieu de parcours. La finale est plus tendue et directe.
C'est un vin qui attire la sympathie et qui est représentatif de la légèreté gracieuse du millésime 2024 ; à apprécier dans les deux à cinq ans.Fixin
Le Fixin se révèle sous le signe de la retenue, presque de la méfiance. Le premier nez, légèrement fermé, laisse filtrer quelques touches végétales et réductives avant que l'agitation ne dévoile un fond de fruits noirs (cassis, cerise), d'épices, de tabac et de poivre. Il faut le solliciter, l'apprivoiser et il finit par se laisser faire. En bouche, le vin se présente avec une belle mâche et ampleur mais les tannins — traçants, légèrement accrocheurs — prennent le contrôle jusqu'en fin de bouche, conférant au vin une certaine austérité. Celle-ci n'est pas sans noblesse mais peu habituelle pour ce vin. Le potentiel est là, indéniable, ancré dans une persistance notable. Mais ce Fixin a ses conditions : moins accessible que d'habitude, il faudra l'attendre deux à cinq ans, et pourquoi pas tenter le pari de la décennie pour qu'il s'épanouisse pleinement.
Marsannay
Notre Marsannay joue la carte de la complexité progressive. À l'ouverture, le nez est encore sous voile : quelques traces de réduction mais la patience est récompensée : la framboise, la pivoine et une impression de minéralité émergent bientôt, rejointes par des notes épicées et fumées.
En bouche, le vin se déploie avec une ampleur presque solennelle : l'acidité monte graduellement, portant les arômes vers une finale longue, légèrement tannique mais savoureuse, qui laisse la bouche en éveil. Plus ouvert que le Fixin et plus disponible à ce stade, ce vin sera à contrôler avec plaisir au cours des 10 prochaines années.Pommard
Le Pommard s'impose comme la révélation de la dégustation, d'autant que c'est un petit nouveau ! Le nez, très ouvert, se déploie en couches successives : d'abord un léger réglisse, puis la fraise des bois, la cerise profonde, une touche d'orange sanguine et enfin — comme une signature — des effluves de fleurs séchées qui évoquent le millésime 2021. Tout se tient, tout s'enchaîne logiquement et sans rupture. En bouche, la magie se prolonge : l'acidité, haute et persistante, est le fil rouge qui porte le vin, tandis que des tannins veloutés — incarnation du velours dans ce millésime — enveloppent le tout d'une douceur sucrée, délicieusement gourmande. Un vin déjà convaincant, capable de traverser les prochaines années sans fléchir.
Volnay
Le Volnay donne l'impression de s'éveiller graduellement : d'abord sur la réserve, comme s'il ménageait ses effets, avec une légère réduction au premier nez et quelques notes boisées discrètes. L'agitation finit par libérer les fruits : fraise, framboise, cerise rouge, groseille, avec une touche de fleurs séchées et d'épices. En bouche, le vin est très caressant mais la finesse prend le dessus sur l'amplitude : la texture est soyeuse, caressante, avec une acidité vive qui donne du relief et du tonus en milieu de parcours, puis des tannins fondus, qui soutiennent sans appuyer. Moins charnu que le Pommard, plus élégant dans sa silhouette, une légère austérité en finale rappelle que ce vin a encore l'avenir devant lui. Il aura probablement besoin de cinq à dix ans pour s'épanouir pleinement.
Gevrey
Le Gevrey s'annonce de manière décidée. Imposant, profond, concentré : le nez est une déclaration d'intention : Fruits rouges écrasés, confiture de fraise et de mûre, cassis, réglisse, feuilles de thé noir, épices ... Une palette généreuse, qui se révèle progressivement, comme si le vin choisissait lui-même son rythme. En bouche, l'attaque est subtile mais la montée en puissance est inexorable : le milieu de bouche s'impose avec amplitude, les tannins — bien présents, soyeux, légèrement serrés en finale — donnent au vin beaucoup de répondant et une persistance remarquable. Typiquement Gevrey dans son caractère affirmé, il donne l'impression de vouloir prendre son temps (deux à cinq ans de cave ?) et promet d'être exceptionnel dans dix ans.
Chambolle-Musigny
Ce Chambolle déroute, c'est là tout son charme. Par son attaque, il se présente plus puissant que ce que l'appellation laisse ordinairement pressentir — presque un profil de Vosne — et affiche une discrétion aromatique qui n'est que feinte. Le nez dévoile, au fil de l'aération, des notes de bois de senteur, de romarin, de fruits noirs concentrés et une touche herbacée, à peine menaçante.
En bouche, l'acidité, maîtrisée et presque effacée, joue un rôle de cadre invisible : elle structure sans dominer, tandis que les tannins, d'abord légèrement rugueux, finissent par se fondre dans une finale retenue et de grande puissance. Un vin à boire dans les cinq à dix ans, même s'il est capable de tenir plus sans fléchir.Vosne-Romanée
Le Vosne-Romanée est un vin paradoxal et attachant : Discret au premier abord — il faut aller le chercher et l'apprivoiser — il finit par se révéler dans sa diversité ; massif, complexe, intense et pourtant très fin, il envahit le verre : fruits rouges et noirs en profusion, réglisse, goudron, épices, boisé à peine perceptible tant il est fondu dans la matière, tout s'enchaîne avec une logique irréfutable. En bouche, l'acidité est traçante, presque austère dans sa rigueur, mais c'est précisément elle qui propulse le vin vers une finale d'une longueur et d'une minéralité rares. Très identitaire de Vosne dans sa concentration et son raffinement, c'est un vin que l'on peut découvrir maintenant avec étonnement mais qui mérite toutefois d'être attendu : cinq ans pour commencer à s'ouvrir, dix voire quinze ans pour révéler toute sa grandeur.
Volnay 1er cru les Mitans
Le Volnay Mitans se présente avec beaucoup de grâce et dispense ses caresses sans compter. À l'ouverture, le nez évoque des fleurs séchées, une pointe de réduction qui s'efface vite, une légère note fumée et de la grenadine, avant qu'une touche pâtissière et vanillée ne prenne le relais à l'aération. Il y a beaucoup d'élégance dans ce profil délicat, à condition de lui laisser le temps de se déployer : ce vin gagne à être ouvert bien en avance. En bouche, la texture est fine, soyeuse, caressante, portée par une acidité discrète et des tannins ronds qui donnent de la cohérence à l'ensemble et participent à sa longueur. Très représentatif de Volnay et accessible dès maintenant, il donne déjà beaucoup de plaisir et continuera de le faire dans les 10 ans à venir.
Chambolle 1er cru
Ce Chambolle 1er cru est issu de 4 parcelles différentes : Charmes, Fuées, Feusselottes vinifiées ensemble, et le Chatelot à part, mais assemblé à l'entonnage.
Le nez est réservé : certes, les fruits noirs sont là mais également une réduction qui fait ressortir le bois et quelques arômes végétaux. En le sollicitant, il finit par dévoiler des notes plus séduisantes : réglisse, framboise, épices, menthol et une fraîcheur herbacée très Charmes.
En bouche, le vin se révèle concentré, fin, nettement articulé, mais il donne l'impression d'être sur ses gardes : il monte en puissance en cours de dégustation, sans finir de se dévoiler entièrement. Les tannins sont légèrement accrocheurs mais restent équilibrés, il n'y a pas de véritable austérité : le vin a juste besoin de temps, probablement de 5 à 10 ans, pour se libérer.
Nuits-Saint-Georges 1er cru
Ce Nuits-Saint-Georges 1er cru est un assemblage de nos deux premiers crus, Boudots et Murgers, vinifiés à part puis assemblés en cours d'élevage.
Il séduit d'emblée par son bouquet puissant et avenant : cerise noire, groseille et des traces discrètes d'épices et de fumé, qui témoignent d'un fût bien intégré.
En bouche, d'abord une impression d'amplitude ; tout au long du parcours, l'acidité reste vive et maîtrisée, les tannins — épicés, légèrement serrés — donnent de la mâche et une pointe de salinité en finale. La dualité de l'assemblage Boudots-Murgers se lit clairement : l'un apporte la caresse et
Un vin qui plaira vite, peut-être même trop : en dessous de cette façade séduisante, la structure est solide. Accessible maintenant dans sa jeunesse, il devrait changer de profil et gagner en complexité après cinq à dix ans de cave.
Vosne-Romanée 1er cru les Chaumes
Le nez est un peu retenu au départ, avec quelques traces d'élevage (bois, lies) puis il finit par révéler un fruit puissant, associé à des notes de thé noir, de bergamote et de réglisse. Le bouquet est changeant, complexe, et en évolution constante.
En bouche, caressant en attaque, une jolie finesse soyeuse prend le relai ; dans une transition très maîtrisée, l'acidité se manifeste, les tannins offrent une délicieuse rugosité épicée et boisée et la finale, longue et salivante, laisse entrevoir ce que le nez n'a pas encore livré.
Moins immédiatement séducteur que le Nuits 1er cru, ce Chaumes s'avance sur la pointe des pieds. C'est qu'il y a encore du travail à faire (laisser s'intégrer les tannins et le bois) mais peut-être est-ce là que réside son intérêt : on devine beaucoup de potentiel et on prendra beaucoup de plaisir à le revisiter dans cinq, dix et quinze ans.
Corton Charlemagne
Le Corton-Charlemagne s'annonce avec une retenue d'une élégante distinction. Le premier nez paraîtra légèrement réducteur à certains dégustateurs mais laisse rapidement place à un registre plus généreux : pierre à fusil, levure fine, fruits jaunes mûrs (abricot), fruits blancs, vanille discrète ... Cela augure bien de l'avenir, il aura encore beaucoup de choses à dire.
En bouche, un gras équilibré tapisse le palais avec délicatesse, avant de laisser place à une acidité plaisante, qui gouverne la finale. Comme le nez, la bouche est réservée mais la rétro-olfaction — pain frais, zeste de citron confit — est d'une grande noblesse.
Voilà un vin généreux, subtil mais qui se cherche encore un peu. Par certains aspects, il est très accessible mais il laisse entrevoir une classe et un gabarit qui méritent cinq ans de patience au minimum.
Clos de Vougeot
Le nez est très ouvert et réussit l'exploit d'être démonstratif et fin en même temps. Une dominante cerise au départ, un bois présent sans être encombrant, qui laisse progressivement transparaître la profondeur du profil : multiples fruits rouges, orange sanguine, feuilles de thé noir, épices, notes florales ...
En bouche, la texture est caressante et puissante à la fois, l'acidité relève la finale avec grâce, les tannins apportent une touche légèrement rugueuse au moment approprié. C'est un mannequin Dior des années 60 : un modèle de finesse, de prestance et d'élégance naturelle ...
On éprouvera beaucoup de plaisir à le déguster tôt, puis à l'oublier pendant quelques années, avant de le retrouver dans 10-12 ans. Un Clos Vougeot fidèle à lui-même : toujours fin, amical, généreux.
Charmes-Chambertin
Le Charmes-Chambertin intrigue : le nez paraît ouvert, d'abord très floral, puis la framboise fraîche et la fraise prennent le dessus, encadrées par de légères notes réglissées. Il y a de la finesse, de la matière, une intensité aromatique réelle, mais le profil paraît encore sombre et peine à se définir clairement. En bouche, une belle amplitude, l'acidité et les tannins sont bien équilibrés et portent le vin qui de ce fait, jouit d'une grande longueur. L'ensemble est soutenu par un agréable zeste d'orange, des notes de fruits rouges en rétro-olfaction et un peu de salinité qui, à la deuxième dégustation, confirme le potentiel. Malgré tout, l'impression d'inachevé demeure, ce vin n'a pas rendu sa copie définitive ; il a besoin de temps pour terminer de se construire : entre cinq à dix ans pour en apprécier tous les détails et la finesse ?
Corton Perrières
Le nez est déjà appétissant avant même qu'on se soit approché. Fruits rouges et noirs, des traces d'élevage qui évoquent l'amande grillée, puis on évolue pour finir sur un profil floral.
En bouche, l'acidité porte les tannins sur une très longue distance, leur permettant d'exprimer un côté piquant, épicé et réglissé qui contribue à une finale éclatante. L'attaque est fine mais un peu resserrée, comme souvent pour ce Corton Perrière.
Ce vin ne manque pas de gourmandise. Pour certains, il paraîtra savoureux et buvable dès maintenant ; d'autres seront plus sensibles à sa rigueur et préféreront attendre une dizaine d'années. C'est notre recommandation.
Corton la Vigne au Saint
Le Corton Vigne aux Saints commence dans la discrétion pour finir dans l'éclat. Le nez s'ouvre timidement — fraise, myrtille, caramel — avant qu'un peu d'air ne déclenche une véritable explosion aromatique. La bouche se livre plus rapidement : généreuse, bien caressante, avec un milieu très savoureux. Les tannins sont les vedettes : fondus en attaque, d'où cette impression d'amplitude, légèrement rugueux à l'approche de la finale, ils portent le vin avec précision. L'acidité, discrète dans un premier temps, se réveille juste assez en fin de bouche, pour contribuer à une finale délicieusement savoureuse, et allonger encore le vin.
Déjà très bon et bien en place, le vieillissement lui apportera puissance et complexité. Un de nos dégustateurs, emporté par l'enthousiasme souligne même que vingt ans n'est pas une promesse excessive.
Corton Clos Rognets
Joli nez mûr de fruits rouges, légèrement sucrés, avec une touche végétale, un bois agréable et bien intégré. Déjà beaucoup de surprises et de complexité mais il peut encore progresser dans l'ouverture.
En bouche, la texture est riche et ample, parfaitement servie par un cadre acide. Une rétro-olfaction superbe qui ravira les becs sucrés tant elle semble pâtissière, un fraisier complet : fraise, crème, pâte d'amande, génoise... Un profil si intéressant qu'on en oublierait presque les tannins, tellement ils sont fondus.
Franchement très bon et savoureux mais comme la description qui précède le laisse deviner, il doit encore progresser dans l'intégration et le développement de toute sa palette aromatique. Une affaire d'une dizaine d'année ?
Vosne-Romanée 1er cru aux Brulées
Le nez est avenant et se développe sur une trame raffinée et complexe : une touche de fleurs séchées qui laisse la place aux fruits noirs, aux notes boisées de cannelle et de vanille, à l'orange sanguine ... Puissante et concentrée, la bouche est maîtrisée par l'acidité et les tannins. Ces derniers progressent de concert, dans une montée en puissance très linéaire. Cela aboutit à une finale d'une grande finesse mais à ce stade, un peu resserrée.
Les bases sont là, solides et prometteuses, mais ce vin a besoin d'évoluer, de se détendre et de s'intégrer. Il faudra le laisser faire, le plus longtemps possible. On peut lui faire confiance !
Échezeaux
Le nez est discret, presque réservé : des notes boisées bien intégrées, puis les fruits arrivent à l'agitation et laissent entrevoir beaucoup de gourmandise. On attend avec impatience que ce vin montre son potentiel abyssal.
En bouche, une attaque subtile, presque effacée puis une montée en puissance très nette, vibrante, favorisée par l'acidité et les tannins, qui maintiennent une harmonie encore sur la retenue. La rétro, aux arômes d'orange et d'épices, met en valeur une finale salivante.
C'est un Échezeaux intégré, qui déploie déjà une belle richesse, cependant on sait qu'il peut faire plus. Encore un peu endormi selon certains, il faudra lui accorder du temps, beaucoup de temps ...
Vosne-Romanée Cros Parantoux
Le Cros Parantoux, toujours intense, toujours surprenant ! Le nez est légèrement réduit à l'ouverture mais cette impression est vite balayée par une complexité aromatique qui dépasse ce que l'on peut rationnellement cataloguer : fruits noirs, un profil épicé, des fleurs sombres, une trame de fût parfaitement fondue ...
En bouche, quel beau vin ! Extraverti, puissant, complexe et caressant, avec une acidité magnifique qui apporte de la tonicité et une fraîcheur incomparable. Très jolie persistance, d'une gourmandise désarmante, même si les tanins du bois ressortent un peu en fin de bouche. C'est normal à ce stade, le temps fera son travail ! Attendre 10 à 15 ans.
Richebourg
Le premier nez peut surprendre par sa discrétion ou sa légère réduction passagère mais bientôt, c'est une coupe de jus de framboise et de cassis qui se révèle, dans un écrin boisé.
En bouche, beaucoup de finesse en attaque, très caressant, puis une démonstration de concentration et de puissance. Presque trop... Un vin tonique, solide, profond, l'acidité lui donne une longueur et une énergie superbes, avec ce qu'il faut de gourmandise.
Très fidèle à lui-même, un peu « dominateur » encore, doit se développer pour acquérir l'élégance qui le caractérise. Il lui faut probablement 15 ans.
Issu d'un partenariat avec l'Ecole Nationale Supérieure d'Art de Dijon et ouvert aux étudiants et jeunes diplômés, sur le thème de la résonance du patrimoine immatériel des Climats de Bourgogne.
Ce prix, bisannuel, a déjà connu 4 éditions, la prochaine étant prévue pour 2027. 8 lauréats ont été récompensés lors des 4 premières éditions, et exposés à la Cité des climats et vins de Bourgogne de Beaune, donnant l'opportunité au public de s'approprier une vision souvent différente des Climats de Bourgogne et offrant à ces jeunes artistes une visibilité bienvenue à ce stade de leur carrière.
Les lauréats des éditions précédentes :
Julie GROSCHE, 2019 « A possible field of experience », vidéo 12' - Prix spécial du Jury
Eva PELZER, 2021 « Le Tastevin », céramique en grès et ferraille de récupération - Prix de la Jeune Création Artistique 2021
Jérôme LAVENIR, 2021 « C'est ainsi que dans l'air, qui est bleu, la soif est sans fond. » sculpture-installation - Prix spécial du Jury
Cerize FOURNIER, 2023 « Jeu de main », boîte en pierre et billes de terre ou de fer - Prix de la Jeune Création Artistique 2023
Alice CHARTON, 2023 « Pour que tu continues à m'aimer », fioles en verre soufflé et vin de fleurs - Prix spécial du Jury
Jie MA, 2025 « Le Vin de la terre — Santé ! », installation : mains en argile céramique émaillée et graines de métal - Prix de la Jeune Création Artistique 2025 (en photo d'encart)
Erika POVILONYTE, 2025 « Papier de vignes », peinture à l'huile sur papiers faits main - Prix spécial du Jury
Depuis 4 ans, le parcours Art in Situ nous inscrit dans un circuit allant de Gevrey-Chambertin à Saint-Aubin et fait dialoguer pendant une année complète une oeuvre contemporaine avec nos bâtiments d'exploitation.
Visible de tous les promeneurs qui passent rue des Grands Crus, cette oeuvre trouve une vitrine au coeur des Climats, une invitation à la promenade et à un écho entre le vin et l'art.
En 2026, Gaëlle Pinard s'invite avec "Isolignes", sculpture accroché sur le fronton de notre cuverie.
www.art-in-situ.frLa Cité de la Tapisserie d'Aubusson, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, au même titre que les Climats de Bourgogne, s'attache à faire vivre un métier d'excellence, et à préserver un savoir-faire séculaire. Tout comme nous nous attachons à préserver nos Climats et à transmettre aux jeunes générations les gestes ancestraux du vigneron.
Nous avons été enthousiasmés par leur projet de création d'une série de tapisseries inspirées de l'oeuvre de l'artiste Hayao Miyazaki, et contribuons au financement de la plus monumentale de ces tapisseries : "La Sieste de Mei et Totoro" (copyright Studio Ghibli). La rencontre de deux mondes autour de l'artisanat d'excellence et un clin d'oeil à nos clients japonais, un marché historique du Domaine.
La "Tombée de métier" a eu lieu le 17 juillet pour cette tapisserie de 36 m² qui sera ensuite exposée à Aubusson avant de partir en tournée avec les 5 autres tapisseries déjà tissées.Un nombre représentatif d'appellations a été ouvert pour juger de l'évolution du millésime.
Comme nous aimons à le faire désormais, nous nous sommes entourés d'un grand témoin, plusieurs même cette année, on pourrait les qualifier de fine fleur du journalisme français- Laure Gasparotto, Le Monde
- Martin Lemaire, Le Figaro-Magazine
- Carla-Elle Rogoski, Les Echos
- Frédéric Durand-Bazin, Figaro et Bettane Desseauve
- Vladimir Kauffmann, RVI
- Colin Hay, Drink Business
De fait, la saison fut marquée par le soleil (à partir de juin) et la sécheresse. Heureusement, les vignes n'en souffrirent pas et la récolte, commencée dans les derniers jours d'août, nous offrit des raisins bien mûrs, homogènes et dans un état sanitaire quasi parfait.
Les vins, en fin d'élevage, avaient acquis un velouté « exquis » et étaient, de fait, très caressants en bouche. La maturité était maîtrisée, avec des degrés d'alcool contenus en dessous de 14° mais leur acidité, c'est vrai, était relativement faible. La texture était riche, certes, mais on notait également beaucoup de finesse et une belle définition de terroir, ce qui était déjà plus surprenant pour un millésime mûr.
Toute la question était de savoir de quel côté ils pencheraient : Allaient-ils vraiment s'affiner ou même seulement tenir la route ? L'élevage n'avait pas été de tout repos, il avait fallu rester attentifs pour les « tenir » et obtenir des vins sans défauts. Cependant à l'époque, nous croyions fermement en leur avenir.
Nous écrivions notamment : « Ce millésime mûr et très suave sera approchable jeune. Les tannins sont sans aspérités, les vins en général particulièrement ouverts. Ne vous y trompez pas cependant, c'est un millésime de garde. »
L'évolution confirme pleinement ce diagnostic initial, notre dégustation récente le confirme. Probablement le marché, peut-être parce que le millésime apparaissait hétérogène, a t-il jugé ces vins en dessous de leur potentiel ... d'autant plus qu'aujourd'hui, la fraîcheur ressort, avec un fruit parfois éclatant.
Certains vins permettent déjà de jolies dégustations, d'autres sont plus réservés mais tous ont de belles années devant eux. C'est un millésime de garde, à la fois d'une belle concentration et très plaisant ! Il ne s'est pas vraiment fermé et offre déjà de très belles expériences.
En résumé, nous sommes très contents !
BLANCS
Meursault
À l'ouverture, une réduction bien présente (allumette, silex, poudre) gêne la première impression, avant de se dissiper quelque peu après aération.
C'est en bouche que l'on apprécie alors mieux les arômes de fruits blancs et jaunes et surtout la structure crémeuse, puissante, complétée par une finale crayeuse et minérale. L'équilibre est vraiment gratifiant et encore en plein devenir.
En 2020, nous notions « un grand potentiel » et un vin « très prometteur avec un potentiel de garde de 10 à 12 ans ». Sans doute le vin tiendra t-il jusque là et en effet, il serait prudent d'attendre encore 3 ou 4 ans au moins avant de l'ouvrir.
- Profil intense et animal au nez, puis fruits noirs, poivre, laurier. Bouche charpentée, puissante et racée. Destiné à un long vieillissement.
- "Côté japonisant". Feuille de riz, salinité et sapidité avec un gras frais. Élevage dynamise le vin. J'aime beaucoup, maîtrise très assurée. Me fait penser au chardonnay de votre domaine en Oregon dans la structure !
- Nez tellement identitaire malgré une forte réduction. Notes de noisettes grillées. Gras en bouche, et la minéralité contrebalance et harmonise l'ensemble.
- Réduit. Belle évolution, fraicheur sur tout le vin. Appréciable mais pas encore finis.
ROUGES
Marsannay
Réservé après la mise en bouteille, ce vin nous offre aujourd'hui un bouquet bien mûr et plaisant, où dominent les arômes sucrés.
En bouche, il est bien présent, avec une belle texture, bien crémeuse, et des arômes de crème brulée. La finale est un peu chaude, avec des tanins que l'on remarque encore.
Nous indiquions, après la mise en bouteille, qu'avec sa structure bien complémentaire du millésime, il faudrait laisser vieillir ce vin. Il a évidemment progressé depuis 5 ans mais ne montre pas de signe de fatigue et pourrait encore bénéficier de quelques années en cave. (JNM)
- TM : Intensité moyenne, un poil fermé. Acidité moyenne puis relevée. Tannins très soyeux. Texture chaleureuse avec belle longueur.
- Nez assez chaleureux, de figues séchées ; quelques effluves d'eau de rose. La bouche présente un bel équilibre, une tension minérale et une belle structure tannique.
- VK : Un joli nez entre terre et fruits mûrs, légèrement mentholé. En bouche, les tannins sont élégants, légèrement acidulées, avec une longueur douce et florale.
- Entrée de bouche assez vive, malique, dans une aromatique mûre charmeuse, mais qui tombe un peu vite en bouche, peut-être par la matière tannique ?
- Nez lactique, mais il file droit en bouche. Très structuré, peu de chair qui surgit pour le moment. Longueur moyenne, chaleureuse, voire crémeuse.
- FDB : Nez floral, cerise cuite, clafoutis, rose fanée. Bouche ample, solide, chaleureuse, mais avec du pep's - tanins structurés.
- A attendre encore, alcool, cerises.
Vosne-Romanée
C'était une des stars du millésime. Nous écrivions : « Extrêmement raffiné, il se distingue par son équilibre presque parfait ... et procure déjà un grand plaisir sensoriel. »
Aujourd'hui, la fraîcheur est toujours là et les fruits noirs s'expriment dans un écrin de notes végétales et de bois fumé.
La bouche est en cohérence, avec une belle droiture mais évidemment, il s'agit du millésime 2018 et le vin est aussi très caressant. La finale est légèrement plus resserrée, avec des tanins savoureux et une touche acidulée, de bon aloi.
C'est un vin raffiné en effet, on sent aussi beaucoup de réserve et si sa dégustation aujourd'hui permet de l'apprécier tout à fait, il nous donnera beaucoup de plaisir pendant encore de longues années.
- TM : pointe lactique et fraise écrasée, légèrement tabac et caramelParfum de fraise écrasée, tabac caramélisé qui se transforment en arôme médicinal. Acidité moyenne et vif en finale, tannins d'intensité moyenne mais plus épicé en fin de bouche, bonne texture.
- Nez quelque peu sur la retenue, avec de légères notes vanillées et mentholées. La bouche est suave, avec un côté thé noir, légèrement infusé et quelques fruits rouges mûrs.
- VK : Une belle couleur rubis. L'équilibre domine, avec un fruit éclatant, une longueur légère avec de la fraîcheur. Fleurs sauvages...
- Univers assez complexe au nez : amande mentholée, épices. Bouche avec dimension minérale et mûre, coeur de la tension par tanins en fil. Un peu statique... mais énergie indéniable. Fin de bouche = fraîcheur.
- Vif et fluide en même temps que les notes sont profondes, légèrement poivrées. Un vin bien cadré et très élégant.
- FDB : Fruits rouges, cassis, pointe épicée et poivrée fraichement moulu, pointe fumée. Bouche juteuse, tonique, belle matière, très profonde, longue.
- Fumé
Vosne-Romanée 1er Cru les Chaumes
À la mise en bouteille, bien que qualifié de « distingué », nous notions une certaine droiture en bouche et de la timidité au nez.
Aujourd'hui, le bouquet est subtil et séducteur : de jolis fruits rouges, agrémentés d'arômes floraux, nous mettent dans de bonnes dispositions pour la suite.
La bouche possède vraiment une très jolie définition : fine, toute en subtilité, en nous gratifiant également de belles caresses, elle court vers une finale sûre de son effet et encore assez tendue. C'est bienvenu dans un millésime tel que 2018.
Ce vin confirme son rang et gagnera encore en cohérence et complexité dans les années qui viennent. Pourtant, il est indéniable qu'il paraît déjà abouti et peut donc offrir une agréable et impressionnante expérience de dégustation.
- TM : intensité moyenne, trace de réduction. La puissance arrive après un peu d'ouverture : tabac, fruits (groseille en arrière). Acidité moyenne faible, qui s'intensifie légèrement sur la fin. Texture enveloppante qui se fait tranchante avec une belle douceur de tannin. Finale pointe verte.
- VK : Un nez rassurant, complexe. Les tanins se fondent dans des fruits suaves et élégants. Fraîcheur...
- Nez charmeur, giboyeux, légère pointe mentholée voire chocolatée tirant sur l'after eight. La bouche est dense avec beaucoup de texture, c'est caressant, avec des arômes de mûres.
- N'a pas bougé.
- Floral d'abord, puis un côté "sang sec", entre sanguin et floral. Bouche avec finale un peu austère, matière tannique ressort.
- Nez de feuilles de tabac, notes que l'on retrouve en bouche. Très suave et profond. Finale onctueuse. Beaucoup de grâce.
- FDB : Fruit noirs, cacao, fumé presque tourbé, noyau de cerise. Bouche tonique, vive, croquante, finale graphite. Tannins souples.
Nuits St Georges 1er Cru aux Murgers
Très séducteur au moment de la mise en bouteille, ce vin a conservé un bouquet expressif, aux fruits rouges et noirs bien définis, complété par des arômes de boisé et de fruits secs.
En bouche, assez majestueux tout d'abord, il fait preuve de retenue, avant une finale plus déliée et sur la fraîcheur. On sent que le vin monte en puissance en cours de dégustation.
Nous notions en 2020 : « Bien constitué, robuste et musclé, ce vin est fait pour la garde ». S'il a gagné en finesse, on ne peut qu'encourager sa conservation, il offrira plus de cohérence dans les années qui viennent, tout en conservant son énergie.
- TM : belle intensité et beau bouquet cerise. Légère note lactée + réglisse et amande. Acidité +, très belle énergie. Belle vivacité en finale, texture tranchante. Tannins présents et épicé.
- VK : un nez légèrement épicé. Le vin est équilibré, élégant avec des arômes de fruits mûrs, de sous-bois, de cuir, de vanille.
- Nez de petits fruits rouges de sous-bois, très élégant et floral. Bouche d'une élégance folle entre la richesse du fût et la finesse des tanins, avec des arômes de cuir.
- Me touche par son léger désordre en bouche. Nez un peu masqué par l'élevage. Bouche avec structure oblique, le vin glisse, se rattrape. J'aime sa singularité !
- Bouche vibrante, un vin sur une dynamique vive. Demande à vieillir pour gagner en sérénité et mise en place...
- FDB : Fruits noirs, bois de sental. Subtilement poivré, compote de prunes noires. Bouche vibrante, tonique, juteux, sapide.
Clos de Vougeot
À la mise en bouteille, nous résumions ainsi l'impression générale : « tout fonctionne ... déjà extrêmement plaisant ! »
En 2025, nous sommes accueillis par un bouquet très chatoyant de fruits rouges, notamment la groseille.
En bouche, la concentration se fait sentir au début mais le vin reste caressant, doux et subtil jusqu'à la fin.
L'élégance et la finesse typique de notre Clos Vougeot sont bien présentes.
L'impression initiale est confirmée, ce vin est déjà très attractif. Bien entendu, il peut se garder 10 ans encore sans problème mais on est obligé d'admettre qu'une dégustation aujourd'hui a tout son sens.
- TM : intensité moyenne plus, rose séchée. Cassis et groseille domine derrière un léger voile noisette. Acidité moyenne, mais relevée en finale. Tannins d'intensité moyenne. Texture veloutée et finesse. Attaque puissante, la finale s'adoucie mais reste très persistante.
- VK : Un vin charmeur, léger, dans la fraicheur. Le fruit est mûr mais reste vibrant et gourmand.
- Nez très ouvert, sur les herbes aromatiques, le bois brulé. La bouche est très séduisante, gourmande et rayonnante. La structure est déliée, ce qui participe à son côté digeste.
- Solaire.
- Bouche assez sphérique, en mouvement, sorte de respiration intérieure. Univers de pierres avec une touche de cuir.
- Très ouvert et très intense, un vin lumineux. Matière très riche, dense, magnifique dans le sens de "grand". Magnus ( ?), rayonnant.
- FDB : Notes de cassis, compote de fraise, myrtille, pointe cacao. Bouche/Trame satinée, gourmand. Quartier de pêche de vigne, très profond
Corton Perrières
Une couleur soutenue et un beau nez de fruits noirs et de framboise impressionnent dès l'ouverture. Puis apparaît la réglisse et d'autres arômes, qui confèrent un côté sombre et profond au vin. C'est intriguant ...
Le début de dégustation est strict, avec une droiture et une verticalité conférées par un reste de tanins présents dès le départ, comme c'est souvent le cas pour ce vin. Une matière plus enrobante enveloppe cette structure à partir du milieu de bouche et vient mitiger cette première impression.
On ressent un très beau potentiel et l'impression curieuse d'un vin sévère et aimable en même temps. On est séduit et/ou impressionnés.
Ce vin a fait du chemin depuis sa mise en bouteille, même si le descriptif d'alors était tout à fait dans la lignée de notre dégustation de juin 2025 (« attaque ferme et charnue ... élégance stricte ... »). Il possède à ce jour un très beau potentiel, qui mérite d'attendre 5 ans encore pour se révéler pleinement.
- TM : intensité forte, un côté bonbon avec du miel qui arrive après. Léger côté viande des grisons (reste de réduc ?), puis fruits très frais encore : très belle complexité. Acidité moyenne plus, qui monte en puissance. Texture droite, et de plus en plus précise mais reste toujours ample. Tannins intenses et pointus, enveloppés au début. Finale très persistante.
- VK : Nez vif et élégants. Le fruit est très présent, fruits rouges. Une finale légèrement pivoine et épicées.
- Nez intense, réglissé, de fruits rouges. La bouche est droite, verticale, avec une légère pointe mentholée, un côté crayeux et une longue finale sur le chocolat noir.
- Toujours juste.
- Un côté soldat, incisif, petites flèches en bouche. Acidité en éclats, joliment diffuse, beaucoup de longueur. Mon favori.
- Il fascine par sa distance mais en finale son côté velouté nous emprisonne, et on y revient sans cesse. Un vin d'une élégance intrigante. Finale envoûtante.
- FDB : fraise/framboise, cacao, pêche au sirop, baies rosées. Bouche ample, structuré, beaucoup d'épaule, long et tonique.
Corton Clos Rognet
Ici au contraire, c'est la douceur qui domine au nez : framboise, groseille, une touche végétale et de zeste d'orange, des arômes sucrés ... C'est très joli, voire envoûtant.
Le vin est très caressant en bouche, dès le départ. Il apparaît très séduisant, on pourrait presque le trouver racoleur si la finale n'était pas assez tendue et minérale.
Il forme en tout cas un ensemble bien homogène et intégré, qui peut se développer mais est accessible dès aujourd'hui. En 2020 : « Très harmonieux, un pinot d'une grande classe ! ». Rien à changer à ce diagnostic aujourd'hui mais aucun problème pour la garde si c'est le choix retenu.
- TM : intensité forte, puissance et relief. Côté poivré et violette. Acidité moyenne plus, tannins très veloutés. Petite chaleur sur la finale. Texture douce avec du relief/rugosité piquante de tannins.
- Beaucoup de douceur au nez, avec de la cerise à l'eau-de-vie, des épices douces. La bouche offre une structure délicieuse, avec une matière caressante, on retrouve la cerise. Enormément d'élégance.
- Beaucoup plus coopératif. Le nez paraît presque avoir de la vendange entière. Drainage tannique souple, le vin sait où il va. Suave. Adroit.
- Nez mûr et réglisse. Notes amères de zeste d'orange. Finale veloutée mais encore marquée par l'élevage. À attendre encore.
- Nez net, intense, sur le fruit noir mûr. Délivre une belle concentration, notes de confiture, fumé, eucalyptus. Austère mais puissant.
Vosne-Romanée 1er Cru au Cros Parantoux
Le nez offre une belle intensité aromatique et l'on y retrouve du tabac, de la cannelle, des fruits noirs mûrs ...
En bouche, beaucoup de structure, un côté vertical, ramassé, finalement encore très jeune ! On note évidemment une belle acidité en finale qui confère à ce vin sa fraîcheur habituelle, sans oublier une très grande longueur.
Décrit comme plutôt fermé, voire « revêche » à la mise en bouteille en 2020 (même si nous notions sans surprise qu'il était « bien bâti »), ce vin a évidemment fait son chemin depuis et s'est bien ouvert. Pas assez cependant pour recommander une dégustation prochaine. Il serait prudent d'attendre encore 5 à 10 ans.
- TM : intensité forte, arôme de cire ? et pointe chocolat. Acidité forte, superbe énergie. Texture vraiment sur la finesse avec des tannins claquants.
- Encore en retrait mais très concentré. Arômes de fruits noirs, réglisse, fumé. Tanins présents, texture ferme, grande garde.
- Assez « tellurique » ( ?) où je retrouve un aspect métal-ferreux. Maturité assez contrastante avec 2023, bien qu'évidemment l'âge ait une influence sur l'évolution. Mais tanins semblent plus "absorbés" par l'aromatique.
- Notes de roses anciennes au nez, très intenses. Un vin rond, puissant, épicé. Magique. Une pointe mentholée apparaît au centre... au bout d'un moment.
Une saison rythmée par la chaleur et les orages
L'hiver est très déficitaire en eau, ce qui nous inquiète. Avril et le début mai ne sont pas particulièrement chauds et la vigne ne pousse pas beaucoup. Les conditions changent et deviennent très estivales dès la fin mai. La végétation « explose » alors, conduisant à une floraison très rapide, en moins d'une semaine, dans les premiers jours de juin.
La chaleur devient une préoccupation, ainsi que la sécheresse mais la saison 2023 sera marquée par des épisodes pluvio-orageux espacés, importants et réguliers. Si bien que les dégâts de sécheresse redoutés seront finalement inexistants ; d'ailleurs nos jeunes plants, en particulier au Clos St Philibert (notre photo de fond), s'en tireront très bien. En revanche, l'importance des cumuls (heureusement sans grêle), aura augmenté la fréquence des traitements.
Un potentiel de récolte très important
Hiver doux, début de printemps pluvieux, chaleur au moment de la fleur, eau en abondance début juillet, au moment de la nouaison, tous ces facteurs se sont traduits par un potentiel de récolte très élevé fin juillet. Une fois ce diagnostic établi, nous nous sommes mis au travail pour réguler cette récolte qui est apparue de plus en plus hors normes à mesure qu'elle se rapprochait de son terme. Trois semaines de travail avec une équipe complète ont été nécessaires pour faire des vendanges vertes sérieuses, permettant ainsi de revenir à une charge compatible avec la qualité exigée.
Une canicule pendant les vendanges
La fin de saison se distingue par une chaleur extrême, jamais aussi intense après un 15 août. Un orage important fin août vient tempérer ses effets mais contribue au grossissement des raisins. La fin août et le tout début septembre sont maussades et ne contribuent pas vraiment à la maturation des raisins, avant une nouvelle canicule début septembre, jamais vue à cette période, qui fait grimper les maturations en flèche. Nous commençons la récolte le 5-6 septembre. Il s'agit alors, malgré des conditions éprouvantes, de vendanger le plus vite possible. Fin des opérations vers le 15 avec des équipes épuisées !
Une vinification attentive
Marquée par les extrêmes, cette récolte nécessite un tri important : on constate quelques foyers de pourriture et pas mal de grains flétris ; pas de sous-maturité : les vendanges vertes ont dû faire leur effet. Les sucres sont élevés, la concentration paraît correcte même si quelques saignées seront nécessaires. Le suivi des jus est encore plus rigoureux que d'habitude, par peur de déviations aromatiques ; la macération à froid est un peu plus courte, les températures de vinification légèrement plus basses et l'extraction normale. Seules quelques corrections d'acidité seront nécessaires.
Un élevage serein et un bel avenir !
En début d'élevage, les vins apparaissent bien colorés, un peu faciles, encore marqués par la maturité ; une acidité volatile un peu plus élevée que la normale à ce stade nous incite à être vigilants. Le millésime n'est pas encore fixé.
Un an après, les vins ont conservé leur belle couleur, ils ont acquis de la chair et récupéré de la fraîcheur. Le millésime paraît riche et très avenant, sans la petite touche de sévérité du millésime 2022 qui désignait ces vins plutôt pour la garde. Les différentes phases d'élevage se sont ensuite succédé tranquillement, avec des fermentations malo-lactiques progressives ; ces 2023 se sont finalement avérés très stables et ne nous ont pas posés de problème particulier, peut-être parce que nous étions sur nos gardes ? Ou parce que leur tension et leur structure profonde sont plus importantes que ce que nous pensions initialement et contribuent ainsi à leur équilibre ?Leur avenir paraît prometteur et de plus, ils sont très bons dès à présent ! Ils révèlent déjà beaucoup de chair et de gourmandise mais ils supporteront une longue garde, qui leur permettra d'exprimer pleinement leur potentiel et leur personnalité.
BOURGOGNE Hautes de Côtes de Nuits blanc « Clos St Philibert »
La maturité du millésime 2023 vous saute au nez : de jolis fruits mûrs tels que l'abricot et la prune se signalent d'emblée et sont complétés par des notes de nougats et de fruits secs (amandes).
L'attaque en bouche est enveloppante et gourmande mais pas écrasante ; la finale est fine, on retrouve de la minéralité, avant un retour plus chaleureux relevé par de jolis amers, qui contribuent à la persistance de l'ensemble.
Un « Clos St Phi » moins vif et plus imposant que d'habitude, même si la sensation de cailloux, typique de ce vin, est toujours là. Le profil est donc plus celui d'un vin de repas que d'apéritif. Le vin devrait cependant s'affiner au vieillissement. À partir de 2027.
BOURGOGNE Côte d'Or rouge « Etienne Camuzet »
Au départ, le nez est un peu réservé mais un joli bouquet de fruits rouges et noirs frais ne tarde pas à se manifester. Des notes épicées et sucrées enjolivent le tableau.
La bouche est assez droite et vigoureuse, avec ce qu'il faut de texture pour ne pas paraître austère. La finale est tendue, acidulée, avec une belle fraîcheur pour le millésime. On remarque une petite touche tannique, qui contribue à l'impression d'énergie donnée par ce vin.
Un très beau Bourgogne, avec une belle complexité mais qui va avoir besoin de temps pour mieux intégrer cette concentration et cette structure. Une garde de 2-3 ans avant consommation est donc souhaitable. À partir de 2027.
MARSANNAY
Ce vin fait une très bonne première impression avec un beau profil aromatique, entre vivacité (fruits noirs) et maturité (nougat, amande, pâtisserie aux fruits).
Gourmande et complexe, la bouche est tout d'abord en adéquation mais la structure ne tarde pas à apparaître : dès le milieu de dégustation, des tanins se remarquent, qui ne mettent pas en péril l'équilibre général du vin mais lui confèrent tout de même un caractère serré et légèrement austère.
C'est un vin cohérent mais ramassé et vertical, effet d'une belle acidité pour le millésime. Il mérite d'attendre, d'autant que sa progression pendant l'élevage en cave a été lente. À partir de 2028-9.
FIXIN
Il nous accueille par un joli nez bien mûr, où l'on reconnaît la figue fraîche, la cerise, les fraises écrasées ... Des arômes de fruits secs, d'épices, de caramel complètent le tableau pour composer un bouquet plus ouvert et complexe que d'habitude pour ce vin.
La bouche est ramassée mais bien ronde. Les tanins se remarquent mais sont caressants et la finale légèrement tendue par l'acidité.
C'est un bel ensemble que nous avons là, équilibré entre tension et gourmandise. Mais le vin ne se livre pas encore totalement, il reste compact et à ce titre, mérite d'attendre. À partir de 2028-9
GEVREY CHAMBERTIN
Un nez bien ouvert, très charmeur, où s'emmêlent les arômes fruités (fraise, cerise) et sucrés (pâtisserie) ; on y décèle aussi une touche de zeste, des arômes boisés, des épices ...
Cette gourmandise se retrouve en bouche, avec une belle texture en attaque, qui nous séduit immédiatement. Manquerait il de sérieux ? Une belle droiture et une vivacité certaine en finale « corrige » ce que l'on pourrait prendre pour un excès de flatterie.
Assez accessible et même délicat par moments, ce vin pourra être consommé jeune pour profiter du millésime mais devrait également très bien vieillir. À partir de 2027.
VOSNE-ROMANÉE
Le nez est ouvert, mûr mais relevé par des fruits rouges et noirs qui apportent la fraîcheur à laquelle ce vin nous a habitué. Le bois neuf est notable et doit encore se fondre, on décèle également des notes épicées et de thé noir. Tout cela compose un tableau bien complexe et engageant.
La concentration est frappante en bouche, avec une texture voluptueuse, un milieu de bouche tapissant, peut-être un peu chaleureux mais très vite relevé par l'acidité traditionnelle de ce vin.
Un vin qui impressionne et séduit par son profil complet et complexe, assez majestueux mais aussi plutôt accessible. On l'imagine très bien vieillir mais il sera peut-être difficile de lui résister dans sa jeunesse. Notre recommandation serait de l'attendre jusqu'à 2030.
CHAMBOLLE-MUSIGNY
Dès le départ, on sait qu'on est à Chambolle avec un nez fin et subtil, exprimant beaucoup de fruits noirs et des notes épicées et herbacées. Le bois est notable également, avec des notes de réglisse et de chocolat.
La bouche est tapissante, dense ; on retrouve une belle texture, fine et caressante. La finale, pleine d'énergie et pétillante, est assez vive et serrée.
C'est un vin d'un très bel équilibre, ouvert même mais qui ne se livre pas encore complètement : encore ramassé, peu délié, on sent qu'il a un beau potentiel et qu'on sera récompensé si on attend quelques années. À partir de 2030.
NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX MURGERS
La maturité se signale d'emblée par un beau nez de cerise et de figue fraîche mais cette impression sucrée est relevée par des notes acidulées d'orange sanguine. Le bois exerce encore son influence à travers des notes fumées et de vanille.
En bouche, le vin est également très gourmand, rond, avec du relief. On constate un indéniable côté chaleureux mais les structures tanniques et acides ré-équilibrent ce vin en fin de dégustation, en lui confèrant une très belle persistance.
Peu importe l'année, le Nuits Murgers ne manque ni de puissance, ni d'énergie. Complet, démonstratif dès aujourd'hui, il a toutefois besoin de vieillir pour s'intégrer davantage et offrir encore plus de complexité.
NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX BOUDOTS
Ici, le fruit est rouge (fraise et framboise écrasées) et le boisé bien intégré. Quelques notes végétales et de thé noir complètent un tableau très avenant, qui augurent bien de la suite.
En bouche, il déploie tous ses charmes, de manière caressante et subtile, sans s'imposer. Après un départ opulent, le milieu de dégustation est ample et juteux et la finale pleine de saveurs.
Dans sa version 2023, le Boudots est fidèle à ses classiques : gourmand et approchable, il séduit dès à présent, au point qu'il est difficile de lui résister. Mais il s'agit du millésime 2023, bien charpenté, qui possède évidemment un beau potentiel de garde et que certains préféreront donc attendre.
CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FEUSSELOTTES
C'est un bouquet tout en subtilité qui nous accueille en exprimant une belle maturité à base de cerises, fruits noirs et figue fraîche. Également quelques notes sucrées et même un peu de chocolat noir.
La bouche est dense, ramassée, donnant d'abord une impression de droiture, avant une finale très fine où un subtil boisé apporte de la longueur.
Déjà très joli, on sent néanmoins une certaine réserve, de bon aloi, qui doit inciter à la conservation. Il serait prudent d'attendre quelques années pour obtenir un vin plus délié.
CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FUEES
Quelle gourmandise ! Des arômes de fruits rouges et noirs, des notes légèrement boisées et une touche de caramel composent un étal qui ne dépareillerait pas chez un grand pâtissier.
On continue dans le même registre par une bouche à la belle texture généreuse où l'on décèle des notes de nougat.
Mais si la douceur et même la gourmandise dominent, cela n'est en rien écrasant : on est à Chambolle, évidemment ; pourtant, l'on sent une certaine droiture et une énergie en finale qui incitent à parier sur l'avenir de ce vin. À attendre donc quelques années pour un optimum de dégustation.
CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CHARMES
Ici, un nez plus timide, qu'il faut un peu solliciter mais qui s'épanouit bientôt et offre une composition de fruits rouges écrasés, des notes florales de rose, litchi et quelques touches végétales.
La bouche est d'emblée large, opulente même et caressante et donne une impression de majesté tranquille, sans domination. Dès le milieu de bouche, on retrouve les épices qui caractérisent ce vin (thym, romarin, thé noir) et qui apportent beaucoup de fraîcheur et de persistance à la finale.
Malgré cette belle ouverture, ce vin a des réserves et peut donner encore plus. À attendre donc pour une dégustation encore plus variée dans quelques années.
VOSNE-ROMANÉE 1ER CRU LES CHAUMES :
Le bouquet est d'emblée très gourmand et vous séduit par ses fruits rouges et noirs mêlés, notamment la cerise, son bois expressif, ses épices et quelques notes de zeste qui viennent rafraîchir l'impression d'ensemble.
La bouche en impose et une texture toute en rondeur tapisse le palais en début de dégustation. À peine chaleureux, le vin nous gratifie d'une belle droiture en finale, qui le redresse et le prolonge.
Voilà un Chaume plus impressionnant que d'habitude, à la grande concentration mais restant équilibré et persistant. À attendre pour qu'il développe sa subtilité et sa sagesse.
CORTON PERRIÈRES
Vous êtes accroché immédiatement par un nez puissant de fruits noirs. Ce n'est pas tout : des notes d'herbes aromatiques, notamment de romarin, et de bois prolongent le charme et préparent une suite que l'on devine prometteuse.
Ce vin étant très mûr, la bouche est assez chaude au départ, puis l'impression de droiture domine. Très intense tout en restant austère, il nous gratifie de tanins prononcés en finale.
Tout en longueur et assez sévère il faut l'avouer (dans le contexte du millésime), ce Corton Perrières typique plaira aux amateurs de sensations fortes. Assagissement en vue dans 10 ans.
CORTON LA VIGNE AU SAINT
Un joli nez de fruits rouges et noirs. C'est un pêle-mêle d'arômes intéressants qui nous accueille, avec des fruits rouges et noirs, rehaussé par des notes épicées et fumées et des arômes végétaux et de réglisse.
La bouche est belle, caressante et très fine, sans aspérités, longue ...
Plein de douceur, équilibré et digeste, ce vin est l'un des rares du millésime à être accessible dès maintenant et pouvoir garantir un plaisir immédiat. Ce n'est absolument pas contradictoire avec un vieillissement harmonieux.
CORTON CLOS ROGNET
Le nez est d'une grande distinction : des fruits rouges et noirs en abondance, un côté salin, épicé (poivre, muscade) et une touche sucrée permettent une vraie expérience gourmande avant même la dégustation.
Tapissant dès le départ, le vin gagne encore en volume et densité en cours de dégustation. Il n'oublie pas la douceur et une touche tannique en finale lui permet de s'assurer une grande persistance.
Cette vigne presque centenaire est toujours au top ! Elle réussit le tour de force de concilier puissance et séduction, sans oublier une étonnante capacité de vieillissement.
CHARMES CHAMBERTIN
Une légère réduction laisse rapidement la place aux fruits noirs, à la cannelle et aux épices.
Si le nez a pu paraître réservé, la bouche est immédiatement caressante et gourmande, les fruits sont de retour en rétro-olfaction. La finale est plus serrée, sans être stricte.
Comme souvent, voilà un vin flatteur, plein de douceur et facile à boire, la complexité d'un grand cru en plus. Un vieillissement supplémentaire permettra de regagner en cohérence.
CLOS VOUGEOT « Près le Cellier »
De beaux fruits noirs nous accueillent. Ce bouquet est complété par des arômes de fruits secs, de figue fraîche, de tabac, sans oublier une touche d'herbes aromatiques et notamment de menthol.
La bouche est enveloppante mais aussi serrée et verticale, assez réservée, laissant apparaître la puissance en devenir. La finale est fine et prolongée par des tanins discrets.
Tiré à quatre épingles, ce Clos Vougeot « près le cellier », n'est pas sans droiture. On ne peut qu'admirer son potentiel. À laisser vieillir quelques années.
Spick and span
CLOS VOUGEOT « le Passage »
Là aussi, les fruits noirs sont bien présents, sombres et concentrés. Des arômes d'amande rajoutent une touche de gourmandise.
Le début de bouche est très séducteur, enveloppant, le milieu paraît un peu plus chaud, avant une finale pétillante et légèrement tannique, qui permet une belle persistance.
Ce Clos Vougeot « le Passage » (ex Grand Maupertuis) ne manque pas de présence et de charme. Pour un surcroit de cohérence et de souplesse, quelques années de vieillissement sont cependant nécessaires.
ÉCHEZEAUX
Spectaculaire, le nez fait la part belle aux fruits noirs, à la frangipane, sans oublier des notes de thé fumé.
La bouche est à l'avenant, tapissante et ronde, avec une texture de soie. Mais on sent également beaucoup de réserve, c'est à la fois étonnant et très prometteur pour la suite. La fraîcheur et l'énergie en finale, qui le resserre un peu, contribuent à l'attrait général.
Un vin qui continue à nous surprendre : malgré son côté déjà très démonstratif, il pourrait devenir encore plus intéressant en prenant de l'âge et gagner en cohérence.
VOSNE ROMANÉE AUX BRULÉES
Des fruits rouges et une combinaison de miel, cannelle et vanille (crème brûlée, évidemment !) composent un nez séducteur, quoique encore un peu timide.
La bouche est évidemment très caressante et sucrée mais se redresse bien vite et n'en finit pas de se déployer en cours de dégustation. Seul bémol, les tannins du bois ressortent encore un peu.
Ayant déjà beaucoup d'atouts pour lui, ce vin pourrait gagner encore au vieillissement, en dominant sa générosité actuelle et en intégrant les quelques éléments qui ressortent encore.
VOSNE ROMANÉE AU CROS PARANTOUX
Des fruits rouges et noirs, associés à la frangipane, composent un tableau bien gourmand. On est sous le charme, d'autant plus que l'on ne tarde pas à découvrir des épices variés, du thé fumé et bien d'autres choses ...
La bouche est très caressante et séductrice, plus douce et sucrée que d'habitude. La finale est très longue, la fraîcheur caractéristique du terroir apparaît tandis que le vin s'élargit, tout cela sans agressivité.
Un Cros Parantoux sage mais toujours aussi puissant, qui devrait atteindre son optimum de dégustation plus tôt que d'habitude et offrir un grand plaisir de dégustation d'ci 10 ans.
RICHEBOURG
Le bouquet se distingue par sa subtilité, plus que par sa puissance, et on peine à faire la liste complète de ce que l'on ressent : fruits rouges, herbes aromatiques, touches végétales, épices, bois fumé ...
Une fois en bouche, il en impose mais reste toute en séduction. Pourtant, le vin tapisse la bouche et va même en s'élargissant en finale, en une roue magnifique.
Impressionnant de texture et d'élégance, c'est un grand exemple de Richebourg qui nous attend ! Devrions nous être patient ou céder à la tentation de ce vin qui a déjà tant à donner ?
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2022 : grand, beau, intelligent ...Certaines personnes, un peu agaçantes à la vérité, donnent l'impression d'avoir été gâtées par la nature : elles ont tout. Si l'on pousse l'anthropomorphisme jusqu'au vin, 2022 est incontestablement un millésime « doué » : abondant, agréable, avec une belle structure ... Comment peut-on l'expliquer ?
La SaisonLes Vendanges et VinificationsElevage et CaractèreNotes de dégustation : Bourgognes et VillagesNotes de dégustation : Premiers CrusNotes de dégustation : Grands Crus et assimilésUne saison très arrosée et des conditions idéales pour le mildiou :
Après un automne-hiver 23-24 déjà bien arrosé et doux, les mois de mars et avril suivirent sur cette lancée, si bien que le mildiou reprit son activité à un stade de précocité jamais atteint auparavant, nous prenant tous par surprise.
Comme la pluie continua de tomber en mai, on trouva des grappes atteintes dès la fin du mois, avant même la floraison. Dès cette période, la pression fut très forte et la récolte déjà amputée ...
Ayant comme d'habitude commencé la saison en bio, il nous parut nécessaire, devant ces conditions exceptionnelles, d'adapter nos pratiques au moment de la fleur. C'est ainsi que l'application de produits pénétrants nous permit de limiter les plus gros dégâts mais rien n'allait stopper la maladie qui continua ses ravages, sous diverses formes, jusque tard en saison.
Note : le mildiou ne s'attaque pas aux raisins en fin de cycle, à l'inverse du botrytis. Donc il n'a pas d'impact sur la qualité de la récolte.
Des conditions excellentes pour les vendanges :
La seule période de beau temps de l'année arriva à point nommé pour les vendanges. Le vent du Nord entra en scène, il fit beau et frais, si bien que les raisins restèrent globalement sains. Premières cueillettes le 13 septembre en côte de Beaune (pour la première fois à Volnay et Pommard) et le 17 en côte de Nuits. Un peu de tri tout de même, entre quelques départs de pourriture dûs aux pluies d'août et raisins roses, le déficit d'ensoleillement ne pouvant être rattrapé en 8 jours.
Passé le choc des premières cuvées rentrées (« Ah, ce n'est pas le premier arrivage mais toute la récolte de la parcelle ??? ») et l'adaptation de la cuverie aux (très) petits volumes, le reste des vendanges se déroula sereinement, le temps nous faisant la grâce de se maintenir au beau.
Un élevage attentif, cousu main
Après une vinification marquée par une chaptalisation quasi généralisée et une extraction en douceur, plus longue que d'habitude (fréquemment trois semaines au lieu des 15-17 jours habituels), les vins nous surprirent par leur couleur profonde et leur ouverture aromatique. Les bouches en revanche, apparurent très verticales. Pas de verdeur, certes, ni de tanins agressifs mais un ensemble qui nous laissa un peu sur notre faim. Rien d'alarmant à ce stade, nous avions tout le temps de l'élevage pour y remédier ... Les cuvées évoluèrent toutefois différemment, ce qui nécessita une adaptation constante, de la confiance en la matière première et de la patience. Les mises en bouteilles ne furent pas particulièrement précoces.
Aujourd'hui, le millésime 2024 se distingue par sa fringance. On est tenté de le comparer à 2021, pour son corps fin et peu alcoolisé. Mais il s'en distingue aussi par ses arômes de fruits plus marqués. Si 2021 a pu faire penser à des millésimes « du temps », 2024 est plus moderne : son profil général comporte un côté séducteur et frais que n'avait pas 2021.
Beaucoup seront abordables jeunes et on aura envie de profiter rapidement de leur aspect rafraîchissant et accompli, qui est leur grand atout. Mais pour d'autres, comme pendant la vinification et l'élevage, il faudra être plus patients pour espérer les boire à leur apogée. Comme les notes de dégustation ci-dessous le signalent, ces vins ont de la réserve et méritent de vieillir. Ces vins sont rares, alors choisissez bien le moment où vous allez les déguster !
Aujourd'hui, le millésime 2024 se distingue par sa fringance. On est tenté de le comparer à 2021, pour son corps fin et peu alcoolisé. Mais il s'en distingue aussi par ses arômes de fruits plus marqués. Si 2021 a pu faire penser à des millésimes « du temps », 2024 est plus moderne : son profil général comporte un côté séducteur et frais que n'avait pas 2021.
Beaucoup seront abordables jeunes et on aura envie de profiter rapidement de leur aspect rafraîchissant et accompli, qui est leur grand atout. Mais pour d'autres, comme pendant la vinification et l'élevage, il faudra être plus patients pour espérer les boire à leur apogée. Comme les notes de dégustation ci-dessous le signalent, ces vins ont de la réserve et méritent de vieillir. Ces vins sont rares, alors choisissez bien le moment où vous allez les déguster !
Hautes Côtes de Nuits « Clos St Philibert »
Le Clos Saint-Philibert apparaît sans réserve et généreux. Le nez, d'emblée expressif, s'ouvre sur un registre gourmand de fruits jaunes et blancs (abricot, poire), rehaussés d'une touche d'agrumes. On décèle même une délicate note de baguette fraîche grillée, témoignage discret de l'élevage sur lies (en tonneaux de 228 et 350 litres). Une légère fraîcheur acidulée-herbacée vient soutenir l'ensemble avec discrétion. En bouche, le vin s'affirme avec aplomb : l'attaque est tapissante, la texture tendue et précise, et l'acidité, persistante et salivante, accompagne la finale sans jamais mordre. C'est un vin déjà très accessible et même accompli pour ce stade de son évolution. Il saura cependant récompenser deux ans de patience supplémentaire, pour un peu plus d'intégration encore.
Bourgogne Côte d'Or
Ce Bourgogne se présente timidement, le nez encore un peu replié sur lui-même à l'ouverture, hésitant entre la fraise, la groseille et une légère évolution florale. L'agitation libère de la diversité — sous-bois, menthol, une pointe épicée — mais le vin reste sur sa réserve. En bouche, une entrée en matière tapissante, avant que l'acidité prenne le contrôle, offrant quelques instants juteux et gourmands en milieu de parcours. La finale est plus tendue et directe.
C'est un vin qui attire la sympathie et qui est représentatif de la légèreté gracieuse du millésime 2024 ; à apprécier dans les deux à cinq ans.Fixin
Le Fixin se révèle sous le signe de la retenue, presque de la méfiance. Le premier nez, légèrement fermé, laisse filtrer quelques touches végétales et réductives avant que l'agitation ne dévoile un fond de fruits noirs (cassis, cerise), d'épices, de tabac et de poivre. Il faut le solliciter, l'apprivoiser et il finit par se laisser faire. En bouche, le vin se présente avec une belle mâche et ampleur mais les tannins — traçants, légèrement accrocheurs — prennent le contrôle jusqu'en fin de bouche, conférant au vin une certaine austérité. Celle-ci n'est pas sans noblesse mais peu habituelle pour ce vin. Le potentiel est là, indéniable, ancré dans une persistance notable. Mais ce Fixin a ses conditions : moins accessible que d'habitude, il faudra l'attendre deux à cinq ans, et pourquoi pas tenter le pari de la décennie pour qu'il s'épanouisse pleinement.
Marsannay
Notre Marsannay joue la carte de la complexité progressive. À l'ouverture, le nez est encore sous voile : quelques traces de réduction mais la patience est récompensée : la framboise, la pivoine et une impression de minéralité émergent bientôt, rejointes par des notes épicées et fumées.
En bouche, le vin se déploie avec une ampleur presque solennelle : l'acidité monte graduellement, portant les arômes vers une finale longue, légèrement tannique mais savoureuse, qui laisse la bouche en éveil. Plus ouvert que le Fixin et plus disponible à ce stade, ce vin sera à contrôler avec plaisir au cours des 10 prochaines années.Pommard
Le Pommard s'impose comme la révélation de la dégustation, d'autant que c'est un petit nouveau ! Le nez, très ouvert, se déploie en couches successives : d'abord un léger réglisse, puis la fraise des bois, la cerise profonde, une touche d'orange sanguine et enfin — comme une signature — des effluves de fleurs séchées qui évoquent le millésime 2021. Tout se tient, tout s'enchaîne logiquement et sans rupture. En bouche, la magie se prolonge : l'acidité, haute et persistante, est le fil rouge qui porte le vin, tandis que des tannins veloutés — incarnation du velours dans ce millésime — enveloppent le tout d'une douceur sucrée, délicieusement gourmande. Un vin déjà convaincant, capable de traverser les prochaines années sans fléchir.
Volnay
Le Volnay donne l'impression de s'éveiller graduellement : d'abord sur la réserve, comme s'il ménageait ses effets, avec une légère réduction au premier nez et quelques notes boisées discrètes. L'agitation finit par libérer les fruits : fraise, framboise, cerise rouge, groseille, avec une touche de fleurs séchées et d'épices. En bouche, le vin est très caressant mais la finesse prend le dessus sur l'amplitude : la texture est soyeuse, caressante, avec une acidité vive qui donne du relief et du tonus en milieu de parcours, puis des tannins fondus, qui soutiennent sans appuyer. Moins charnu que le Pommard, plus élégant dans sa silhouette, une légère austérité en finale rappelle que ce vin a encore l'avenir devant lui. Il aura probablement besoin de cinq à dix ans pour s'épanouir pleinement.
Gevrey
Le Gevrey s'annonce de manière décidée. Imposant, profond, concentré : le nez est une déclaration d'intention : Fruits rouges écrasés, confiture de fraise et de mûre, cassis, réglisse, feuilles de thé noir, épices ... Une palette généreuse, qui se révèle progressivement, comme si le vin choisissait lui-même son rythme. En bouche, l'attaque est subtile mais la montée en puissance est inexorable : le milieu de bouche s'impose avec amplitude, les tannins — bien présents, soyeux, légèrement serrés en finale — donnent au vin beaucoup de répondant et une persistance remarquable. Typiquement Gevrey dans son caractère affirmé, il donne l'impression de vouloir prendre son temps (deux à cinq ans de cave ?) et promet d'être exceptionnel dans dix ans.
Chambolle-Musigny
Ce Chambolle déroute, c'est là tout son charme. Par son attaque, il se présente plus puissant que ce que l'appellation laisse ordinairement pressentir — presque un profil de Vosne — et affiche une discrétion aromatique qui n'est que feinte. Le nez dévoile, au fil de l'aération, des notes de bois de senteur, de romarin, de fruits noirs concentrés et une touche herbacée, à peine menaçante.
En bouche, l'acidité, maîtrisée et presque effacée, joue un rôle de cadre invisible : elle structure sans dominer, tandis que les tannins, d'abord légèrement rugueux, finissent par se fondre dans une finale retenue et de grande puissance. Un vin à boire dans les cinq à dix ans, même s'il est capable de tenir plus sans fléchir.Vosne-Romanée
Le Vosne-Romanée est un vin paradoxal et attachant : Discret au premier abord — il faut aller le chercher et l'apprivoiser — il finit par se révéler dans sa diversité ; massif, complexe, intense et pourtant très fin, il envahit le verre : fruits rouges et noirs en profusion, réglisse, goudron, épices, boisé à peine perceptible tant il est fondu dans la matière, tout s'enchaîne avec une logique irréfutable. En bouche, l'acidité est traçante, presque austère dans sa rigueur, mais c'est précisément elle qui propulse le vin vers une finale d'une longueur et d'une minéralité rares. Très identitaire de Vosne dans sa concentration et son raffinement, c'est un vin que l'on peut découvrir maintenant avec étonnement mais qui mérite toutefois d'être attendu : cinq ans pour commencer à s'ouvrir, dix voire quinze ans pour révéler toute sa grandeur.
Volnay 1er cru les Mitans
Le Volnay Mitans se présente avec beaucoup de grâce et dispense ses caresses sans compter. À l'ouverture, le nez évoque des fleurs séchées, une pointe de réduction qui s'efface vite, une légère note fumée et de la grenadine, avant qu'une touche pâtissière et vanillée ne prenne le relais à l'aération. Il y a beaucoup d'élégance dans ce profil délicat, à condition de lui laisser le temps de se déployer : ce vin gagne à être ouvert bien en avance. En bouche, la texture est fine, soyeuse, caressante, portée par une acidité discrète et des tannins ronds qui donnent de la cohérence à l'ensemble et participent à sa longueur. Très représentatif de Volnay et accessible dès maintenant, il donne déjà beaucoup de plaisir et continuera de le faire dans les 10 ans à venir.
Chambolle 1er cru
Ce Chambolle 1er cru est issu de 4 parcelles différentes : Charmes, Fuées, Feusselottes vinifiées ensemble, et le Chatelot à part, mais assemblé à l'entonnage.
Le nez est réservé : certes, les fruits noirs sont là mais également une réduction qui fait ressortir le bois et quelques arômes végétaux. En le sollicitant, il finit par dévoiler des notes plus séduisantes : réglisse, framboise, épices, menthol et une fraîcheur herbacée très Charmes.
En bouche, le vin se révèle concentré, fin, nettement articulé, mais il donne l'impression d'être sur ses gardes : il monte en puissance en cours de dégustation, sans finir de se dévoiler entièrement. Les tannins sont légèrement accrocheurs mais restent équilibrés, il n'y a pas de véritable austérité : le vin a juste besoin de temps, probablement de 5 à 10 ans, pour se libérer.
Nuits-Saint-Georges 1er cru
Ce Nuits-Saint-Georges 1er cru est un assemblage de nos deux premiers crus, Boudots et Murgers, vinifiés à part puis assemblés en cours d'élevage.
Il séduit d'emblée par son bouquet puissant et avenant : cerise noire, groseille et des traces discrètes d'épices et de fumé, qui témoignent d'un fût bien intégré.
En bouche, d'abord une impression d'amplitude ; tout au long du parcours, l'acidité reste vive et maîtrisée, les tannins — épicés, légèrement serrés — donnent de la mâche et une pointe de salinité en finale. La dualité de l'assemblage Boudots-Murgers se lit clairement : l'un apporte la caresse et
Un vin qui plaira vite, peut-être même trop : en dessous de cette façade séduisante, la structure est solide. Accessible maintenant dans sa jeunesse, il devrait changer de profil et gagner en complexité après cinq à dix ans de cave.
Vosne-Romanée 1er cru les Chaumes
Le nez est un peu retenu au départ, avec quelques traces d'élevage (bois, lies) puis il finit par révéler un fruit puissant, associé à des notes de thé noir, de bergamote et de réglisse. Le bouquet est changeant, complexe, et en évolution constante.
En bouche, caressant en attaque, une jolie finesse soyeuse prend le relai ; dans une transition très maîtrisée, l'acidité se manifeste, les tannins offrent une délicieuse rugosité épicée et boisée et la finale, longue et salivante, laisse entrevoir ce que le nez n'a pas encore livré.
Moins immédiatement séducteur que le Nuits 1er cru, ce Chaumes s'avance sur la pointe des pieds. C'est qu'il y a encore du travail à faire (laisser s'intégrer les tannins et le bois) mais peut-être est-ce là que réside son intérêt : on devine beaucoup de potentiel et on prendra beaucoup de plaisir à le revisiter dans cinq, dix et quinze ans.
Corton Charlemagne
Le Corton-Charlemagne s'annonce avec une retenue d'une élégante distinction. Le premier nez paraîtra légèrement réducteur à certains dégustateurs mais laisse rapidement place à un registre plus généreux : pierre à fusil, levure fine, fruits jaunes mûrs (abricot), fruits blancs, vanille discrète ... Cela augure bien de l'avenir, il aura encore beaucoup de choses à dire.
En bouche, un gras équilibré tapisse le palais avec délicatesse, avant de laisser place à une acidité plaisante, qui gouverne la finale. Comme le nez, la bouche est réservée mais la rétro-olfaction — pain frais, zeste de citron confit — est d'une grande noblesse.
Voilà un vin généreux, subtil mais qui se cherche encore un peu. Par certains aspects, il est très accessible mais il laisse entrevoir une classe et un gabarit qui méritent cinq ans de patience au minimum.
Clos de Vougeot
Le nez est très ouvert et réussit l'exploit d'être démonstratif et fin en même temps. Une dominante cerise au départ, un bois présent sans être encombrant, qui laisse progressivement transparaître la profondeur du profil : multiples fruits rouges, orange sanguine, feuilles de thé noir, épices, notes florales ...
En bouche, la texture est caressante et puissante à la fois, l'acidité relève la finale avec grâce, les tannins apportent une touche légèrement rugueuse au moment approprié. C'est un mannequin Dior des années 60 : un modèle de finesse, de prestance et d'élégance naturelle ...
On éprouvera beaucoup de plaisir à le déguster tôt, puis à l'oublier pendant quelques années, avant de le retrouver dans 10-12 ans. Un Clos Vougeot fidèle à lui-même : toujours fin, amical, généreux.
Charmes-Chambertin
Le Charmes-Chambertin intrigue : le nez paraît ouvert, d'abord très floral, puis la framboise fraîche et la fraise prennent le dessus, encadrées par de légères notes réglissées. Il y a de la finesse, de la matière, une intensité aromatique réelle, mais le profil paraît encore sombre et peine à se définir clairement. En bouche, une belle amplitude, l'acidité et les tannins sont bien équilibrés et portent le vin qui de ce fait, jouit d'une grande longueur. L'ensemble est soutenu par un agréable zeste d'orange, des notes de fruits rouges en rétro-olfaction et un peu de salinité qui, à la deuxième dégustation, confirme le potentiel. Malgré tout, l'impression d'inachevé demeure, ce vin n'a pas rendu sa copie définitive ; il a besoin de temps pour terminer de se construire : entre cinq à dix ans pour en apprécier tous les détails et la finesse ?
Corton Perrières
Le nez est déjà appétissant avant même qu'on se soit approché. Fruits rouges et noirs, des traces d'élevage qui évoquent l'amande grillée, puis on évolue pour finir sur un profil floral.
En bouche, l'acidité porte les tannins sur une très longue distance, leur permettant d'exprimer un côté piquant, épicé et réglissé qui contribue à une finale éclatante. L'attaque est fine mais un peu resserrée, comme souvent pour ce Corton Perrière.
Ce vin ne manque pas de gourmandise. Pour certains, il paraîtra savoureux et buvable dès maintenant ; d'autres seront plus sensibles à sa rigueur et préféreront attendre une dizaine d'années. C'est notre recommandation.
Corton la Vigne au Saint
Le Corton Vigne aux Saints commence dans la discrétion pour finir dans l'éclat. Le nez s'ouvre timidement — fraise, myrtille, caramel — avant qu'un peu d'air ne déclenche une véritable explosion aromatique. La bouche se livre plus rapidement : généreuse, bien caressante, avec un milieu très savoureux. Les tannins sont les vedettes : fondus en attaque, d'où cette impression d'amplitude, légèrement rugueux à l'approche de la finale, ils portent le vin avec précision. L'acidité, discrète dans un premier temps, se réveille juste assez en fin de bouche, pour contribuer à une finale délicieusement savoureuse, et allonger encore le vin.
Déjà très bon et bien en place, le vieillissement lui apportera puissance et complexité. Un de nos dégustateurs, emporté par l'enthousiasme souligne même que vingt ans n'est pas une promesse excessive.
Corton Clos Rognets
Joli nez mûr de fruits rouges, légèrement sucrés, avec une touche végétale, un bois agréable et bien intégré. Déjà beaucoup de surprises et de complexité mais il peut encore progresser dans l'ouverture.
En bouche, la texture est riche et ample, parfaitement servie par un cadre acide. Une rétro-olfaction superbe qui ravira les becs sucrés tant elle semble pâtissière, un fraisier complet : fraise, crème, pâte d'amande, génoise... Un profil si intéressant qu'on en oublierait presque les tannins, tellement ils sont fondus.
Franchement très bon et savoureux mais comme la description qui précède le laisse deviner, il doit encore progresser dans l'intégration et le développement de toute sa palette aromatique. Une affaire d'une dizaine d'année ?
Vosne-Romanée 1er cru aux Brulées
Le nez est avenant et se développe sur une trame raffinée et complexe : une touche de fleurs séchées qui laisse la place aux fruits noirs, aux notes boisées de cannelle et de vanille, à l'orange sanguine ... Puissante et concentrée, la bouche est maîtrisée par l'acidité et les tannins. Ces derniers progressent de concert, dans une montée en puissance très linéaire. Cela aboutit à une finale d'une grande finesse mais à ce stade, un peu resserrée.
Les bases sont là, solides et prometteuses, mais ce vin a besoin d'évoluer, de se détendre et de s'intégrer. Il faudra le laisser faire, le plus longtemps possible. On peut lui faire confiance !
Échezeaux
Le nez est discret, presque réservé : des notes boisées bien intégrées, puis les fruits arrivent à l'agitation et laissent entrevoir beaucoup de gourmandise. On attend avec impatience que ce vin montre son potentiel abyssal.
En bouche, une attaque subtile, presque effacée puis une montée en puissance très nette, vibrante, favorisée par l'acidité et les tannins, qui maintiennent une harmonie encore sur la retenue. La rétro, aux arômes d'orange et d'épices, met en valeur une finale salivante.
C'est un Échezeaux intégré, qui déploie déjà une belle richesse, cependant on sait qu'il peut faire plus. Encore un peu endormi selon certains, il faudra lui accorder du temps, beaucoup de temps ...
Vosne-Romanée Cros Parantoux
Le Cros Parantoux, toujours intense, toujours surprenant ! Le nez est légèrement réduit à l'ouverture mais cette impression est vite balayée par une complexité aromatique qui dépasse ce que l'on peut rationnellement cataloguer : fruits noirs, un profil épicé, des fleurs sombres, une trame de fût parfaitement fondue ...
En bouche, quel beau vin ! Extraverti, puissant, complexe et caressant, avec une acidité magnifique qui apporte de la tonicité et une fraîcheur incomparable. Très jolie persistance, d'une gourmandise désarmante, même si les tanins du bois ressortent un peu en fin de bouche. C'est normal à ce stade, le temps fera son travail ! Attendre 10 à 15 ans.
Richebourg
Le premier nez peut surprendre par sa discrétion ou sa légère réduction passagère mais bientôt, c'est une coupe de jus de framboise et de cassis qui se révèle, dans un écrin boisé.
En bouche, beaucoup de finesse en attaque, très caressant, puis une démonstration de concentration et de puissance. Presque trop... Un vin tonique, solide, profond, l'acidité lui donne une longueur et une énergie superbes, avec ce qu'il faut de gourmandise.
Très fidèle à lui-même, un peu « dominateur » encore, doit se développer pour acquérir l'élégance qui le caractérise. Il lui faut probablement 15 ans.
Issu d'un partenariat avec l'Ecole Nationale Supérieure d'Art de Dijon et ouvert aux étudiants et jeunes diplômés, sur le thème de la résonance du patrimoine immatériel des Climats de Bourgogne.
Ce prix, bisannuel, a déjà connu 4 éditions, la prochaine étant prévue pour 2027. 8 lauréats ont été récompensés lors des 4 premières éditions, et exposés à la Cité des climats et vins de Bourgogne de Beaune, donnant l'opportunité au public de s'approprier une vision souvent différente des Climats de Bourgogne et offrant à ces jeunes artistes une visibilité bienvenue à ce stade de leur carrière.
Les lauréats des éditions précédentes :
Julie GROSCHE, 2019 « A possible field of experience », vidéo 12' - Prix spécial du Jury
Eva PELZER, 2021 « Le Tastevin », céramique en grès et ferraille de récupération - Prix de la Jeune Création Artistique 2021
Jérôme LAVENIR, 2021 « C'est ainsi que dans l'air, qui est bleu, la soif est sans fond. » sculpture-installation - Prix spécial du Jury
Cerize FOURNIER, 2023 « Jeu de main », boîte en pierre et billes de terre ou de fer - Prix de la Jeune Création Artistique 2023
Alice CHARTON, 2023 « Pour que tu continues à m'aimer », fioles en verre soufflé et vin de fleurs - Prix spécial du Jury
Jie MA, 2025 « Le Vin de la terre — Santé ! », installation : mains en argile céramique émaillée et graines de métal - Prix de la Jeune Création Artistique 2025 (en photo d'encart)
Erika POVILONYTE, 2025 « Papier de vignes », peinture à l'huile sur papiers faits main - Prix spécial du Jury
Depuis 4 ans, le parcours Art in Situ nous inscrit dans un circuit allant de Gevrey-Chambertin à Saint-Aubin et fait dialoguer pendant une année complète une oeuvre contemporaine avec nos bâtiments d'exploitation.
Visible de tous les promeneurs qui passent rue des Grands Crus, cette oeuvre trouve une vitrine au coeur des Climats, une invitation à la promenade et à un écho entre le vin et l'art.
En 2026, Gaëlle Pinard s'invite avec "Isolignes", sculpture accroché sur le fronton de notre cuverie.
www.art-in-situ.frLa Cité de la Tapisserie d'Aubusson, classée au patrimoine mondial de l'Unesco, au même titre que les Climats de Bourgogne, s'attache à faire vivre un métier d'excellence, et à préserver un savoir-faire séculaire. Tout comme nous nous attachons à préserver nos Climats et à transmettre aux jeunes générations les gestes ancestraux du vigneron.
Nous avons été enthousiasmés par leur projet de création d'une série de tapisseries inspirées de l'oeuvre de l'artiste Hayao Miyazaki, et contribuons au financement de la plus monumentale de ces tapisseries : "La Sieste de Mei et Totoro" (copyright Studio Ghibli). La rencontre de deux mondes autour de l'artisanat d'excellence et un clin d'oeil à nos clients japonais, un marché historique du Domaine.
La "Tombée de métier" a eu lieu le 17 juillet pour cette tapisserie de 36 m² qui sera ensuite exposée à Aubusson avant de partir en tournée avec les 5 autres tapisseries déjà tissées.Un nombre représentatif d'appellations a été ouvert pour juger de l'évolution du millésime.
Comme nous aimons à le faire désormais, nous nous sommes entourés d'un grand témoin, plusieurs même cette année, on pourrait les qualifier de fine fleur du journalisme français- Laure Gasparotto, Le Monde
- Martin Lemaire, Le Figaro-Magazine
- Carla-Elle Rogoski, Les Echos
- Frédéric Durand-Bazin, Figaro et Bettane Desseauve
- Vladimir Kauffmann, RVI
- Colin Hay, Drink Business
De fait, la saison fut marquée par le soleil (à partir de juin) et la sécheresse. Heureusement, les vignes n'en souffrirent pas et la récolte, commencée dans les derniers jours d'août, nous offrit des raisins bien mûrs, homogènes et dans un état sanitaire quasi parfait.
Les vins, en fin d'élevage, avaient acquis un velouté « exquis » et étaient, de fait, très caressants en bouche. La maturité était maîtrisée, avec des degrés d'alcool contenus en dessous de 14° mais leur acidité, c'est vrai, était relativement faible. La texture était riche, certes, mais on notait également beaucoup de finesse et une belle définition de terroir, ce qui était déjà plus surprenant pour un millésime mûr.
Toute la question était de savoir de quel côté ils pencheraient : Allaient-ils vraiment s'affiner ou même seulement tenir la route ? L'élevage n'avait pas été de tout repos, il avait fallu rester attentifs pour les « tenir » et obtenir des vins sans défauts. Cependant à l'époque, nous croyions fermement en leur avenir.
Nous écrivions notamment : « Ce millésime mûr et très suave sera approchable jeune. Les tannins sont sans aspérités, les vins en général particulièrement ouverts. Ne vous y trompez pas cependant, c'est un millésime de garde. »
L'évolution confirme pleinement ce diagnostic initial, notre dégustation récente le confirme. Probablement le marché, peut-être parce que le millésime apparaissait hétérogène, a t-il jugé ces vins en dessous de leur potentiel ... d'autant plus qu'aujourd'hui, la fraîcheur ressort, avec un fruit parfois éclatant.
Certains vins permettent déjà de jolies dégustations, d'autres sont plus réservés mais tous ont de belles années devant eux. C'est un millésime de garde, à la fois d'une belle concentration et très plaisant ! Il ne s'est pas vraiment fermé et offre déjà de très belles expériences.
En résumé, nous sommes très contents !
BLANCS
Meursault
À l'ouverture, une réduction bien présente (allumette, silex, poudre) gêne la première impression, avant de se dissiper quelque peu après aération.
C'est en bouche que l'on apprécie alors mieux les arômes de fruits blancs et jaunes et surtout la structure crémeuse, puissante, complétée par une finale crayeuse et minérale. L'équilibre est vraiment gratifiant et encore en plein devenir.
En 2020, nous notions « un grand potentiel » et un vin « très prometteur avec un potentiel de garde de 10 à 12 ans ». Sans doute le vin tiendra t-il jusque là et en effet, il serait prudent d'attendre encore 3 ou 4 ans au moins avant de l'ouvrir.
- Profil intense et animal au nez, puis fruits noirs, poivre, laurier. Bouche charpentée, puissante et racée. Destiné à un long vieillissement.
- "Côté japonisant". Feuille de riz, salinité et sapidité avec un gras frais. Élevage dynamise le vin. J'aime beaucoup, maîtrise très assurée. Me fait penser au chardonnay de votre domaine en Oregon dans la structure !
- Nez tellement identitaire malgré une forte réduction. Notes de noisettes grillées. Gras en bouche, et la minéralité contrebalance et harmonise l'ensemble.
- Réduit. Belle évolution, fraicheur sur tout le vin. Appréciable mais pas encore finis.
ROUGES
Marsannay
Réservé après la mise en bouteille, ce vin nous offre aujourd'hui un bouquet bien mûr et plaisant, où dominent les arômes sucrés.
En bouche, il est bien présent, avec une belle texture, bien crémeuse, et des arômes de crème brulée. La finale est un peu chaude, avec des tanins que l'on remarque encore.
Nous indiquions, après la mise en bouteille, qu'avec sa structure bien complémentaire du millésime, il faudrait laisser vieillir ce vin. Il a évidemment progressé depuis 5 ans mais ne montre pas de signe de fatigue et pourrait encore bénéficier de quelques années en cave. (JNM)
- TM : Intensité moyenne, un poil fermé. Acidité moyenne puis relevée. Tannins très soyeux. Texture chaleureuse avec belle longueur.
- Nez assez chaleureux, de figues séchées ; quelques effluves d'eau de rose. La bouche présente un bel équilibre, une tension minérale et une belle structure tannique.
- VK : Un joli nez entre terre et fruits mûrs, légèrement mentholé. En bouche, les tannins sont élégants, légèrement acidulées, avec une longueur douce et florale.
- Entrée de bouche assez vive, malique, dans une aromatique mûre charmeuse, mais qui tombe un peu vite en bouche, peut-être par la matière tannique ?
- Nez lactique, mais il file droit en bouche. Très structuré, peu de chair qui surgit pour le moment. Longueur moyenne, chaleureuse, voire crémeuse.
- FDB : Nez floral, cerise cuite, clafoutis, rose fanée. Bouche ample, solide, chaleureuse, mais avec du pep's - tanins structurés.
- A attendre encore, alcool, cerises.
Vosne-Romanée
C'était une des stars du millésime. Nous écrivions : « Extrêmement raffiné, il se distingue par son équilibre presque parfait ... et procure déjà un grand plaisir sensoriel. »
Aujourd'hui, la fraîcheur est toujours là et les fruits noirs s'expriment dans un écrin de notes végétales et de bois fumé.
La bouche est en cohérence, avec une belle droiture mais évidemment, il s'agit du millésime 2018 et le vin est aussi très caressant. La finale est légèrement plus resserrée, avec des tanins savoureux et une touche acidulée, de bon aloi.
C'est un vin raffiné en effet, on sent aussi beaucoup de réserve et si sa dégustation aujourd'hui permet de l'apprécier tout à fait, il nous donnera beaucoup de plaisir pendant encore de longues années.
- TM : pointe lactique et fraise écrasée, légèrement tabac et caramelParfum de fraise écrasée, tabac caramélisé qui se transforment en arôme médicinal. Acidité moyenne et vif en finale, tannins d'intensité moyenne mais plus épicé en fin de bouche, bonne texture.
- Nez quelque peu sur la retenue, avec de légères notes vanillées et mentholées. La bouche est suave, avec un côté thé noir, légèrement infusé et quelques fruits rouges mûrs.
- VK : Une belle couleur rubis. L'équilibre domine, avec un fruit éclatant, une longueur légère avec de la fraîcheur. Fleurs sauvages...
- Univers assez complexe au nez : amande mentholée, épices. Bouche avec dimension minérale et mûre, coeur de la tension par tanins en fil. Un peu statique... mais énergie indéniable. Fin de bouche = fraîcheur.
- Vif et fluide en même temps que les notes sont profondes, légèrement poivrées. Un vin bien cadré et très élégant.
- FDB : Fruits rouges, cassis, pointe épicée et poivrée fraichement moulu, pointe fumée. Bouche juteuse, tonique, belle matière, très profonde, longue.
- Fumé
Vosne-Romanée 1er Cru les Chaumes
À la mise en bouteille, bien que qualifié de « distingué », nous notions une certaine droiture en bouche et de la timidité au nez.
Aujourd'hui, le bouquet est subtil et séducteur : de jolis fruits rouges, agrémentés d'arômes floraux, nous mettent dans de bonnes dispositions pour la suite.
La bouche possède vraiment une très jolie définition : fine, toute en subtilité, en nous gratifiant également de belles caresses, elle court vers une finale sûre de son effet et encore assez tendue. C'est bienvenu dans un millésime tel que 2018.
Ce vin confirme son rang et gagnera encore en cohérence et complexité dans les années qui viennent. Pourtant, il est indéniable qu'il paraît déjà abouti et peut donc offrir une agréable et impressionnante expérience de dégustation.
- TM : intensité moyenne, trace de réduction. La puissance arrive après un peu d'ouverture : tabac, fruits (groseille en arrière). Acidité moyenne faible, qui s'intensifie légèrement sur la fin. Texture enveloppante qui se fait tranchante avec une belle douceur de tannin. Finale pointe verte.
- VK : Un nez rassurant, complexe. Les tanins se fondent dans des fruits suaves et élégants. Fraîcheur...
- Nez charmeur, giboyeux, légère pointe mentholée voire chocolatée tirant sur l'after eight. La bouche est dense avec beaucoup de texture, c'est caressant, avec des arômes de mûres.
- N'a pas bougé.
- Floral d'abord, puis un côté "sang sec", entre sanguin et floral. Bouche avec finale un peu austère, matière tannique ressort.
- Nez de feuilles de tabac, notes que l'on retrouve en bouche. Très suave et profond. Finale onctueuse. Beaucoup de grâce.
- FDB : Fruit noirs, cacao, fumé presque tourbé, noyau de cerise. Bouche tonique, vive, croquante, finale graphite. Tannins souples.
Nuits St Georges 1er Cru aux Murgers
Très séducteur au moment de la mise en bouteille, ce vin a conservé un bouquet expressif, aux fruits rouges et noirs bien définis, complété par des arômes de boisé et de fruits secs.
En bouche, assez majestueux tout d'abord, il fait preuve de retenue, avant une finale plus déliée et sur la fraîcheur. On sent que le vin monte en puissance en cours de dégustation.
Nous notions en 2020 : « Bien constitué, robuste et musclé, ce vin est fait pour la garde ». S'il a gagné en finesse, on ne peut qu'encourager sa conservation, il offrira plus de cohérence dans les années qui viennent, tout en conservant son énergie.
- TM : belle intensité et beau bouquet cerise. Légère note lactée + réglisse et amande. Acidité +, très belle énergie. Belle vivacité en finale, texture tranchante. Tannins présents et épicé.
- VK : un nez légèrement épicé. Le vin est équilibré, élégant avec des arômes de fruits mûrs, de sous-bois, de cuir, de vanille.
- Nez de petits fruits rouges de sous-bois, très élégant et floral. Bouche d'une élégance folle entre la richesse du fût et la finesse des tanins, avec des arômes de cuir.
- Me touche par son léger désordre en bouche. Nez un peu masqué par l'élevage. Bouche avec structure oblique, le vin glisse, se rattrape. J'aime sa singularité !
- Bouche vibrante, un vin sur une dynamique vive. Demande à vieillir pour gagner en sérénité et mise en place...
- FDB : Fruits noirs, bois de sental. Subtilement poivré, compote de prunes noires. Bouche vibrante, tonique, juteux, sapide.
Clos de Vougeot
À la mise en bouteille, nous résumions ainsi l'impression générale : « tout fonctionne ... déjà extrêmement plaisant ! »
En 2025, nous sommes accueillis par un bouquet très chatoyant de fruits rouges, notamment la groseille.
En bouche, la concentration se fait sentir au début mais le vin reste caressant, doux et subtil jusqu'à la fin.
L'élégance et la finesse typique de notre Clos Vougeot sont bien présentes.
L'impression initiale est confirmée, ce vin est déjà très attractif. Bien entendu, il peut se garder 10 ans encore sans problème mais on est obligé d'admettre qu'une dégustation aujourd'hui a tout son sens.
- TM : intensité moyenne plus, rose séchée. Cassis et groseille domine derrière un léger voile noisette. Acidité moyenne, mais relevée en finale. Tannins d'intensité moyenne. Texture veloutée et finesse. Attaque puissante, la finale s'adoucie mais reste très persistante.
- VK : Un vin charmeur, léger, dans la fraicheur. Le fruit est mûr mais reste vibrant et gourmand.
- Nez très ouvert, sur les herbes aromatiques, le bois brulé. La bouche est très séduisante, gourmande et rayonnante. La structure est déliée, ce qui participe à son côté digeste.
- Solaire.
- Bouche assez sphérique, en mouvement, sorte de respiration intérieure. Univers de pierres avec une touche de cuir.
- Très ouvert et très intense, un vin lumineux. Matière très riche, dense, magnifique dans le sens de "grand". Magnus ( ?), rayonnant.
- FDB : Notes de cassis, compote de fraise, myrtille, pointe cacao. Bouche/Trame satinée, gourmand. Quartier de pêche de vigne, très profond
Corton Perrières
Une couleur soutenue et un beau nez de fruits noirs et de framboise impressionnent dès l'ouverture. Puis apparaît la réglisse et d'autres arômes, qui confèrent un côté sombre et profond au vin. C'est intriguant ...
Le début de dégustation est strict, avec une droiture et une verticalité conférées par un reste de tanins présents dès le départ, comme c'est souvent le cas pour ce vin. Une matière plus enrobante enveloppe cette structure à partir du milieu de bouche et vient mitiger cette première impression.
On ressent un très beau potentiel et l'impression curieuse d'un vin sévère et aimable en même temps. On est séduit et/ou impressionnés.
Ce vin a fait du chemin depuis sa mise en bouteille, même si le descriptif d'alors était tout à fait dans la lignée de notre dégustation de juin 2025 (« attaque ferme et charnue ... élégance stricte ... »). Il possède à ce jour un très beau potentiel, qui mérite d'attendre 5 ans encore pour se révéler pleinement.
- TM : intensité forte, un côté bonbon avec du miel qui arrive après. Léger côté viande des grisons (reste de réduc ?), puis fruits très frais encore : très belle complexité. Acidité moyenne plus, qui monte en puissance. Texture droite, et de plus en plus précise mais reste toujours ample. Tannins intenses et pointus, enveloppés au début. Finale très persistante.
- VK : Nez vif et élégants. Le fruit est très présent, fruits rouges. Une finale légèrement pivoine et épicées.
- Nez intense, réglissé, de fruits rouges. La bouche est droite, verticale, avec une légère pointe mentholée, un côté crayeux et une longue finale sur le chocolat noir.
- Toujours juste.
- Un côté soldat, incisif, petites flèches en bouche. Acidité en éclats, joliment diffuse, beaucoup de longueur. Mon favori.
- Il fascine par sa distance mais en finale son côté velouté nous emprisonne, et on y revient sans cesse. Un vin d'une élégance intrigante. Finale envoûtante.
- FDB : fraise/framboise, cacao, pêche au sirop, baies rosées. Bouche ample, structuré, beaucoup d'épaule, long et tonique.
Corton Clos Rognet
Ici au contraire, c'est la douceur qui domine au nez : framboise, groseille, une touche végétale et de zeste d'orange, des arômes sucrés ... C'est très joli, voire envoûtant.
Le vin est très caressant en bouche, dès le départ. Il apparaît très séduisant, on pourrait presque le trouver racoleur si la finale n'était pas assez tendue et minérale.
Il forme en tout cas un ensemble bien homogène et intégré, qui peut se développer mais est accessible dès aujourd'hui. En 2020 : « Très harmonieux, un pinot d'une grande classe ! ». Rien à changer à ce diagnostic aujourd'hui mais aucun problème pour la garde si c'est le choix retenu.
- TM : intensité forte, puissance et relief. Côté poivré et violette. Acidité moyenne plus, tannins très veloutés. Petite chaleur sur la finale. Texture douce avec du relief/rugosité piquante de tannins.
- Beaucoup de douceur au nez, avec de la cerise à l'eau-de-vie, des épices douces. La bouche offre une structure délicieuse, avec une matière caressante, on retrouve la cerise. Enormément d'élégance.
- Beaucoup plus coopératif. Le nez paraît presque avoir de la vendange entière. Drainage tannique souple, le vin sait où il va. Suave. Adroit.
- Nez mûr et réglisse. Notes amères de zeste d'orange. Finale veloutée mais encore marquée par l'élevage. À attendre encore.
- Nez net, intense, sur le fruit noir mûr. Délivre une belle concentration, notes de confiture, fumé, eucalyptus. Austère mais puissant.
Vosne-Romanée 1er Cru au Cros Parantoux
Le nez offre une belle intensité aromatique et l'on y retrouve du tabac, de la cannelle, des fruits noirs mûrs ...
En bouche, beaucoup de structure, un côté vertical, ramassé, finalement encore très jeune ! On note évidemment une belle acidité en finale qui confère à ce vin sa fraîcheur habituelle, sans oublier une très grande longueur.
Décrit comme plutôt fermé, voire « revêche » à la mise en bouteille en 2020 (même si nous notions sans surprise qu'il était « bien bâti »), ce vin a évidemment fait son chemin depuis et s'est bien ouvert. Pas assez cependant pour recommander une dégustation prochaine. Il serait prudent d'attendre encore 5 à 10 ans.
- TM : intensité forte, arôme de cire ? et pointe chocolat. Acidité forte, superbe énergie. Texture vraiment sur la finesse avec des tannins claquants.
- Encore en retrait mais très concentré. Arômes de fruits noirs, réglisse, fumé. Tanins présents, texture ferme, grande garde.
- Assez « tellurique » ( ?) où je retrouve un aspect métal-ferreux. Maturité assez contrastante avec 2023, bien qu'évidemment l'âge ait une influence sur l'évolution. Mais tanins semblent plus "absorbés" par l'aromatique.
- Notes de roses anciennes au nez, très intenses. Un vin rond, puissant, épicé. Magique. Une pointe mentholée apparaît au centre... au bout d'un moment.
Une saison rythmée par la chaleur et les orages
L'hiver est très déficitaire en eau, ce qui nous inquiète. Avril et le début mai ne sont pas particulièrement chauds et la vigne ne pousse pas beaucoup. Les conditions changent et deviennent très estivales dès la fin mai. La végétation « explose » alors, conduisant à une floraison très rapide, en moins d'une semaine, dans les premiers jours de juin.
La chaleur devient une préoccupation, ainsi que la sécheresse mais la saison 2023 sera marquée par des épisodes pluvio-orageux espacés, importants et réguliers. Si bien que les dégâts de sécheresse redoutés seront finalement inexistants ; d'ailleurs nos jeunes plants, en particulier au Clos St Philibert (notre photo de fond), s'en tireront très bien. En revanche, l'importance des cumuls (heureusement sans grêle), aura augmenté la fréquence des traitements.
Un potentiel de récolte très important
Hiver doux, début de printemps pluvieux, chaleur au moment de la fleur, eau en abondance début juillet, au moment de la nouaison, tous ces facteurs se sont traduits par un potentiel de récolte très élevé fin juillet. Une fois ce diagnostic établi, nous nous sommes mis au travail pour réguler cette récolte qui est apparue de plus en plus hors normes à mesure qu'elle se rapprochait de son terme. Trois semaines de travail avec une équipe complète ont été nécessaires pour faire des vendanges vertes sérieuses, permettant ainsi de revenir à une charge compatible avec la qualité exigée.
Une canicule pendant les vendanges
La fin de saison se distingue par une chaleur extrême, jamais aussi intense après un 15 août. Un orage important fin août vient tempérer ses effets mais contribue au grossissement des raisins. La fin août et le tout début septembre sont maussades et ne contribuent pas vraiment à la maturation des raisins, avant une nouvelle canicule début septembre, jamais vue à cette période, qui fait grimper les maturations en flèche. Nous commençons la récolte le 5-6 septembre. Il s'agit alors, malgré des conditions éprouvantes, de vendanger le plus vite possible. Fin des opérations vers le 15 avec des équipes épuisées !
Une vinification attentive
Marquée par les extrêmes, cette récolte nécessite un tri important : on constate quelques foyers de pourriture et pas mal de grains flétris ; pas de sous-maturité : les vendanges vertes ont dû faire leur effet. Les sucres sont élevés, la concentration paraît correcte même si quelques saignées seront nécessaires. Le suivi des jus est encore plus rigoureux que d'habitude, par peur de déviations aromatiques ; la macération à froid est un peu plus courte, les températures de vinification légèrement plus basses et l'extraction normale. Seules quelques corrections d'acidité seront nécessaires.
Un élevage serein et un bel avenir !
En début d'élevage, les vins apparaissent bien colorés, un peu faciles, encore marqués par la maturité ; une acidité volatile un peu plus élevée que la normale à ce stade nous incite à être vigilants. Le millésime n'est pas encore fixé.
Un an après, les vins ont conservé leur belle couleur, ils ont acquis de la chair et récupéré de la fraîcheur. Le millésime paraît riche et très avenant, sans la petite touche de sévérité du millésime 2022 qui désignait ces vins plutôt pour la garde. Les différentes phases d'élevage se sont ensuite succédé tranquillement, avec des fermentations malo-lactiques progressives ; ces 2023 se sont finalement avérés très stables et ne nous ont pas posés de problème particulier, peut-être parce que nous étions sur nos gardes ? Ou parce que leur tension et leur structure profonde sont plus importantes que ce que nous pensions initialement et contribuent ainsi à leur équilibre ?Leur avenir paraît prometteur et de plus, ils sont très bons dès à présent ! Ils révèlent déjà beaucoup de chair et de gourmandise mais ils supporteront une longue garde, qui leur permettra d'exprimer pleinement leur potentiel et leur personnalité.
BOURGOGNE Hautes de Côtes de Nuits blanc « Clos St Philibert »
La maturité du millésime 2023 vous saute au nez : de jolis fruits mûrs tels que l'abricot et la prune se signalent d'emblée et sont complétés par des notes de nougats et de fruits secs (amandes).
L'attaque en bouche est enveloppante et gourmande mais pas écrasante ; la finale est fine, on retrouve de la minéralité, avant un retour plus chaleureux relevé par de jolis amers, qui contribuent à la persistance de l'ensemble.
Un « Clos St Phi » moins vif et plus imposant que d'habitude, même si la sensation de cailloux, typique de ce vin, est toujours là. Le profil est donc plus celui d'un vin de repas que d'apéritif. Le vin devrait cependant s'affiner au vieillissement. À partir de 2027.
BOURGOGNE Côte d'Or rouge « Etienne Camuzet »
Au départ, le nez est un peu réservé mais un joli bouquet de fruits rouges et noirs frais ne tarde pas à se manifester. Des notes épicées et sucrées enjolivent le tableau.
La bouche est assez droite et vigoureuse, avec ce qu'il faut de texture pour ne pas paraître austère. La finale est tendue, acidulée, avec une belle fraîcheur pour le millésime. On remarque une petite touche tannique, qui contribue à l'impression d'énergie donnée par ce vin.
Un très beau Bourgogne, avec une belle complexité mais qui va avoir besoin de temps pour mieux intégrer cette concentration et cette structure. Une garde de 2-3 ans avant consommation est donc souhaitable. À partir de 2027.
MARSANNAY
Ce vin fait une très bonne première impression avec un beau profil aromatique, entre vivacité (fruits noirs) et maturité (nougat, amande, pâtisserie aux fruits).
Gourmande et complexe, la bouche est tout d'abord en adéquation mais la structure ne tarde pas à apparaître : dès le milieu de dégustation, des tanins se remarquent, qui ne mettent pas en péril l'équilibre général du vin mais lui confèrent tout de même un caractère serré et légèrement austère.
C'est un vin cohérent mais ramassé et vertical, effet d'une belle acidité pour le millésime. Il mérite d'attendre, d'autant que sa progression pendant l'élevage en cave a été lente. À partir de 2028-9.
FIXIN
Il nous accueille par un joli nez bien mûr, où l'on reconnaît la figue fraîche, la cerise, les fraises écrasées ... Des arômes de fruits secs, d'épices, de caramel complètent le tableau pour composer un bouquet plus ouvert et complexe que d'habitude pour ce vin.
La bouche est ramassée mais bien ronde. Les tanins se remarquent mais sont caressants et la finale légèrement tendue par l'acidité.
C'est un bel ensemble que nous avons là, équilibré entre tension et gourmandise. Mais le vin ne se livre pas encore totalement, il reste compact et à ce titre, mérite d'attendre. À partir de 2028-9
GEVREY CHAMBERTIN
Un nez bien ouvert, très charmeur, où s'emmêlent les arômes fruités (fraise, cerise) et sucrés (pâtisserie) ; on y décèle aussi une touche de zeste, des arômes boisés, des épices ...
Cette gourmandise se retrouve en bouche, avec une belle texture en attaque, qui nous séduit immédiatement. Manquerait il de sérieux ? Une belle droiture et une vivacité certaine en finale « corrige » ce que l'on pourrait prendre pour un excès de flatterie.
Assez accessible et même délicat par moments, ce vin pourra être consommé jeune pour profiter du millésime mais devrait également très bien vieillir. À partir de 2027.
VOSNE-ROMANÉE
Le nez est ouvert, mûr mais relevé par des fruits rouges et noirs qui apportent la fraîcheur à laquelle ce vin nous a habitué. Le bois neuf est notable et doit encore se fondre, on décèle également des notes épicées et de thé noir. Tout cela compose un tableau bien complexe et engageant.
La concentration est frappante en bouche, avec une texture voluptueuse, un milieu de bouche tapissant, peut-être un peu chaleureux mais très vite relevé par l'acidité traditionnelle de ce vin.
Un vin qui impressionne et séduit par son profil complet et complexe, assez majestueux mais aussi plutôt accessible. On l'imagine très bien vieillir mais il sera peut-être difficile de lui résister dans sa jeunesse. Notre recommandation serait de l'attendre jusqu'à 2030.
CHAMBOLLE-MUSIGNY
Dès le départ, on sait qu'on est à Chambolle avec un nez fin et subtil, exprimant beaucoup de fruits noirs et des notes épicées et herbacées. Le bois est notable également, avec des notes de réglisse et de chocolat.
La bouche est tapissante, dense ; on retrouve une belle texture, fine et caressante. La finale, pleine d'énergie et pétillante, est assez vive et serrée.
C'est un vin d'un très bel équilibre, ouvert même mais qui ne se livre pas encore complètement : encore ramassé, peu délié, on sent qu'il a un beau potentiel et qu'on sera récompensé si on attend quelques années. À partir de 2030.
NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX MURGERS
La maturité se signale d'emblée par un beau nez de cerise et de figue fraîche mais cette impression sucrée est relevée par des notes acidulées d'orange sanguine. Le bois exerce encore son influence à travers des notes fumées et de vanille.
En bouche, le vin est également très gourmand, rond, avec du relief. On constate un indéniable côté chaleureux mais les structures tanniques et acides ré-équilibrent ce vin en fin de dégustation, en lui confèrant une très belle persistance.
Peu importe l'année, le Nuits Murgers ne manque ni de puissance, ni d'énergie. Complet, démonstratif dès aujourd'hui, il a toutefois besoin de vieillir pour s'intégrer davantage et offrir encore plus de complexité.
NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX BOUDOTS
Ici, le fruit est rouge (fraise et framboise écrasées) et le boisé bien intégré. Quelques notes végétales et de thé noir complètent un tableau très avenant, qui augurent bien de la suite.
En bouche, il déploie tous ses charmes, de manière caressante et subtile, sans s'imposer. Après un départ opulent, le milieu de dégustation est ample et juteux et la finale pleine de saveurs.
Dans sa version 2023, le Boudots est fidèle à ses classiques : gourmand et approchable, il séduit dès à présent, au point qu'il est difficile de lui résister. Mais il s'agit du millésime 2023, bien charpenté, qui possède évidemment un beau potentiel de garde et que certains préféreront donc attendre.
CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FEUSSELOTTES
C'est un bouquet tout en subtilité qui nous accueille en exprimant une belle maturité à base de cerises, fruits noirs et figue fraîche. Également quelques notes sucrées et même un peu de chocolat noir.
La bouche est dense, ramassée, donnant d'abord une impression de droiture, avant une finale très fine où un subtil boisé apporte de la longueur.
Déjà très joli, on sent néanmoins une certaine réserve, de bon aloi, qui doit inciter à la conservation. Il serait prudent d'attendre quelques années pour obtenir un vin plus délié.
CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FUEES
Quelle gourmandise ! Des arômes de fruits rouges et noirs, des notes légèrement boisées et une touche de caramel composent un étal qui ne dépareillerait pas chez un grand pâtissier.
On continue dans le même registre par une bouche à la belle texture généreuse où l'on décèle des notes de nougat.
Mais si la douceur et même la gourmandise dominent, cela n'est en rien écrasant : on est à Chambolle, évidemment ; pourtant, l'on sent une certaine droiture et une énergie en finale qui incitent à parier sur l'avenir de ce vin. À attendre donc quelques années pour un optimum de dégustation.
CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CHARMES
Ici, un nez plus timide, qu'il faut un peu solliciter mais qui s'épanouit bientôt et offre une composition de fruits rouges écrasés, des notes florales de rose, litchi et quelques touches végétales.
La bouche est d'emblée large, opulente même et caressante et donne une impression de majesté tranquille, sans domination. Dès le milieu de bouche, on retrouve les épices qui caractérisent ce vin (thym, romarin, thé noir) et qui apportent beaucoup de fraîcheur et de persistance à la finale.
Malgré cette belle ouverture, ce vin a des réserves et peut donner encore plus. À attendre donc pour une dégustation encore plus variée dans quelques années.
VOSNE-ROMANÉE 1ER CRU LES CHAUMES :
Le bouquet est d'emblée très gourmand et vous séduit par ses fruits rouges et noirs mêlés, notamment la cerise, son bois expressif, ses épices et quelques notes de zeste qui viennent rafraîchir l'impression d'ensemble.
La bouche en impose et une texture toute en rondeur tapisse le palais en début de dégustation. À peine chaleureux, le vin nous gratifie d'une belle droiture en finale, qui le redresse et le prolonge.
Voilà un Chaume plus impressionnant que d'habitude, à la grande concentration mais restant équilibré et persistant. À attendre pour qu'il développe sa subtilité et sa sagesse.
CORTON PERRIÈRES
Vous êtes accroché immédiatement par un nez puissant de fruits noirs. Ce n'est pas tout : des notes d'herbes aromatiques, notamment de romarin, et de bois prolongent le charme et préparent une suite que l'on devine prometteuse.
Ce vin étant très mûr, la bouche est assez chaude au départ, puis l'impression de droiture domine. Très intense tout en restant austère, il nous gratifie de tanins prononcés en finale.
Tout en longueur et assez sévère il faut l'avouer (dans le contexte du millésime), ce Corton Perrières typique plaira aux amateurs de sensations fortes. Assagissement en vue dans 10 ans.
CORTON LA VIGNE AU SAINT
Un joli nez de fruits rouges et noirs. C'est un pêle-mêle d'arômes intéressants qui nous accueille, avec des fruits rouges et noirs, rehaussé par des notes épicées et fumées et des arômes végétaux et de réglisse.
La bouche est belle, caressante et très fine, sans aspérités, longue ...
Plein de douceur, équilibré et digeste, ce vin est l'un des rares du millésime à être accessible dès maintenant et pouvoir garantir un plaisir immédiat. Ce n'est absolument pas contradictoire avec un vieillissement harmonieux.
CORTON CLOS ROGNET
Le nez est d'une grande distinction : des fruits rouges et noirs en abondance, un côté salin, épicé (poivre, muscade) et une touche sucrée permettent une vraie expérience gourmande avant même la dégustation.
Tapissant dès le départ, le vin gagne encore en volume et densité en cours de dégustation. Il n'oublie pas la douceur et une touche tannique en finale lui permet de s'assurer une grande persistance.
Cette vigne presque centenaire est toujours au top ! Elle réussit le tour de force de concilier puissance et séduction, sans oublier une étonnante capacité de vieillissement.
CHARMES CHAMBERTIN
Une légère réduction laisse rapidement la place aux fruits noirs, à la cannelle et aux épices.
Si le nez a pu paraître réservé, la bouche est immédiatement caressante et gourmande, les fruits sont de retour en rétro-olfaction. La finale est plus serrée, sans être stricte.
Comme souvent, voilà un vin flatteur, plein de douceur et facile à boire, la complexité d'un grand cru en plus. Un vieillissement supplémentaire permettra de regagner en cohérence.
CLOS VOUGEOT « Près le Cellier »
De beaux fruits noirs nous accueillent. Ce bouquet est complété par des arômes de fruits secs, de figue fraîche, de tabac, sans oublier une touche d'herbes aromatiques et notamment de menthol.
La bouche est enveloppante mais aussi serrée et verticale, assez réservée, laissant apparaître la puissance en devenir. La finale est fine et prolongée par des tanins discrets.
Tiré à quatre épingles, ce Clos Vougeot « près le cellier », n'est pas sans droiture. On ne peut qu'admirer son potentiel. À laisser vieillir quelques années.
Spick and span
CLOS VOUGEOT « le Passage »
Là aussi, les fruits noirs sont bien présents, sombres et concentrés. Des arômes d'amande rajoutent une touche de gourmandise.
Le début de bouche est très séducteur, enveloppant, le milieu paraît un peu plus chaud, avant une finale pétillante et légèrement tannique, qui permet une belle persistance.
Ce Clos Vougeot « le Passage » (ex Grand Maupertuis) ne manque pas de présence et de charme. Pour un surcroit de cohérence et de souplesse, quelques années de vieillissement sont cependant nécessaires.
ÉCHEZEAUX
Spectaculaire, le nez fait la part belle aux fruits noirs, à la frangipane, sans oublier des notes de thé fumé.
La bouche est à l'avenant, tapissante et ronde, avec une texture de soie. Mais on sent également beaucoup de réserve, c'est à la fois étonnant et très prometteur pour la suite. La fraîcheur et l'énergie en finale, qui le resserre un peu, contribuent à l'attrait général.
Un vin qui continue à nous surprendre : malgré son côté déjà très démonstratif, il pourrait devenir encore plus intéressant en prenant de l'âge et gagner en cohérence.
VOSNE ROMANÉE AUX BRULÉES
Des fruits rouges et une combinaison de miel, cannelle et vanille (crème brûlée, évidemment !) composent un nez séducteur, quoique encore un peu timide.
La bouche est évidemment très caressante et sucrée mais se redresse bien vite et n'en finit pas de se déployer en cours de dégustation. Seul bémol, les tannins du bois ressortent encore un peu.
Ayant déjà beaucoup d'atouts pour lui, ce vin pourrait gagner encore au vieillissement, en dominant sa générosité actuelle et en intégrant les quelques éléments qui ressortent encore.
VOSNE ROMANÉE AU CROS PARANTOUX
Des fruits rouges et noirs, associés à la frangipane, composent un tableau bien gourmand. On est sous le charme, d'autant plus que l'on ne tarde pas à découvrir des épices variés, du thé fumé et bien d'autres choses ...
La bouche est très caressante et séductrice, plus douce et sucrée que d'habitude. La finale est très longue, la fraîcheur caractéristique du terroir apparaît tandis que le vin s'élargit, tout cela sans agressivité.
Un Cros Parantoux sage mais toujours aussi puissant, qui devrait atteindre son optimum de dégustation plus tôt que d'habitude et offrir un grand plaisir de dégustation d'ci 10 ans.
RICHEBOURG
Le bouquet se distingue par sa subtilité, plus que par sa puissance, et on peine à faire la liste complète de ce que l'on ressent : fruits rouges, herbes aromatiques, touches végétales, épices, bois fumé ...
Une fois en bouche, il en impose mais reste toute en séduction. Pourtant, le vin tapisse la bouche et va même en s'élargissant en finale, en une roue magnifique.
Impressionnant de texture et d'élégance, c'est un grand exemple de Richebourg qui nous attend ! Devrions nous être patient ou céder à la tentation de ce vin qui a déjà tant à donner ?
La saison fut marquée par l'ensoleillement, la chaleur et un déficit en eau.
Avril et Mai sont ensoleillés et secs et permettent un développement végétatif rapide. La fleur passe comme une lettre à la poste fin mai, ce qui explique en grande partie la précocité du millésime et les beaux rendements. Juin est globalement ensoleillé aussi, mais le temps change et des épisodes pluvieux salvateurs mettent un coup d'arrêt à la sécheresse. La fin du mois en particulier voit des cumuls très importants, heureusement sans dégâts de grêle ou d'inondation dans nos secteurs. Le reste de l'été est chaud et sec, un peu trop parfois, avec un épisode caniculaire mi-août, qui a pu ralentir ou bloquer des maturités.
Les vendanges commencèrent le 29 août dans des conditions excellentes :
Il fait beau mais pas trop chaud, les raisins sont de qualité, pas trop gros et de maturité homogène. Ils nécessitent très peu de tri. Les degrés alcooliques sont certes élevés, quelques appellations dépassent 14 mais la plupart sont en dessous de ce niveau et même pour quelques-uns, en dessous de 13. Peut-être le reflet d'une maturation poussive, sans que la plante exprime pourtant de signes visibles de stress hydrique. Les acidités sont dans la moyenne basse.
Aucun problème en vinification ...Ici ou là, quelques cuvées nécessitent des aérations plus importantes. Mais pas de chaptalisation ; parfois une correction d'acidité à la marge. De très bonnes conditions donc, qui ont permis une vinification très peu interventionniste. À noter des rendements en jus dans la moyenne basse, les raisins n'étaient donc pas gorgés d'eau.
Des surprises ...
En fin de vinification, les vins donnent l'impression d'être déjà très buvables et faciles. Les fermentations malo-lactiques s'enclenchent presque immédiatement et se terminent pour la plupart avant la fin de l'année. En principe, nous n'aimons pas trop cela, nous pensons qu'une pause entre les deux fermentations est bénéfique pour la structure du vin. Mais il faut dire, première surprise, que cette « malo » passe quasiment inaperçue à la dégustation et ne semble pas affecter les vins. Puis, le printemps et le début d'été confirment l'impression diffuse du début de l'année 2023 : les vins se tendent, ils acquièrent une verticalité et une structure insoupçonnée pendant les vinifications. Cela s'observe aussi à l'analyse, les pH n'augmentent pas entre début et fin de « malo », contrairement à la règle. Un phénomène qui s'observe tous les 10 ans à peine ...
Tant et si bien que ce millésime qui avait commencé dans la douceur et dont on pensait pendant la vinification qu'il pourrait manquer de nerf, est devenu aujourd'hui plus affirmé et structuré. Il paraît complet et semble promis à un bel avenir. Cet aspect des choses étant assuré, le travail de préparation à la mise a consisté à détendre les vins, les ouvrir, à leur donner du temps pour les observer et les goûter avant de les lancer dans leur vie en bouteille. Tout cela dans le but d'éviter un phénomène de « fermeture » trop marqué.
Même si les recommandations de dégustation vont insister sur un temps certain de vieillissement, il se pourrait bien que certains vins soient bons à boire presque à toutes les étapes de leur évolution : flatteurs dans leur jeunesse, acquérant de la tension avec le temps tout en restant équilibrés et approchables. Un phénomène peu fréquent mais rendu possible, sinon probable, par l'évolution observée en cave et les dégustations d'après mise, montrant déjà une belle intégration.
Bourgogne Hautes de Côtes de Nuits blanc « Clos St Philibert »
Le nez est ouvert, typique du « Clos St Phi » : sur les cailloux, les fruits jaunes et la poire, quelques arômes herbacés soutiennent le tout ainsi qu'un bois légèrement vanillé.
En bouche, un très bel équilibre : l'attaque est ronde, la concentration au milieu juste comme il faut et la finale acidulée, exprimant les agrumes (citron et mandarine).
C'est un vin vif, pas agressif ou mordant et plutôt excitant ! Il y a du fond, la droiture et la minéralité sont bien présentes bref, c'est un millésime bien représentatif de l'appellation. Il est parti pour nous rafraîchir pour les 10 prochaines années !
BOURGOGNE CÔTE D'OR ROUGE « Etienne Camuzet »
Un joli nez, qui s'ouvre sur des notes de fraise et fraise des bois, puis de cerise, sous-tendues par quelques arômes acidulés et épicés.
La bouche est caressante, légère et sans aspérités, gourmande, avant une finale un peu plus structurée et acidulée.
C'est vraiment un joli vin, fin et complexe pour un bourgogne, sans austérité (les tanins sont souples) mais avec une certaine droiture qui laisse penser qu'une attente de quelques années lui sera bénéfique. Un vieillissement plus long, jusqu'en 2035, est aussi tout fait envisageable.
BOURGOGNE CÔTE D'OR ROUGE « Hémisphère Nord »
Le nez est bien ouvert, sur des arômes de fruits noirs, en particulier la cerise ; pas de fûts neufs sur cette cuvée mais néanmoins un apport de bois plus toasté, qui évoque notamment la réglisse.
Le vin est caressant en bouche, avec une belle texture initiale mais ensuite plus de verticalité et de droiture que la cuvée « Etienne Camuzet ». La finale est un peu plus courte.
Une belle énergie, un vin qui paraît bon à boire également, avec une certaine légèreté qui lui donne de l'allant ! On peut commencer à le boire à partir de 2025.
MARSANNAY
Le nez s'ouvre petit à petit avec l'aération et développe des notes de fruits noirs, sur des touches végétales et un bois légèrement toasté.
La bouche est souple au départ mais paraît vite assez verticale, avec une structure acide et tannique qui apparaît dès le milieu de la dégustation. Ces éléments restent présents en fin de bouche, sans être dominants.
Ce vin aujourd'hui paraît un peu réservé, avec un beau potentiel toutefois ; le plus sage serait donc d'attendre 2027 avant de le consommer.
FIXIN
Un nez de moyenne intensité, où l'on trouve des fruits rouges et noirs sur des notes confiturées et un bois légèrement toasté. Un départ déjà très gourmand !
La bouche est ample et tapissante, la texture de milieu de bouche caressante, avant une finale où des tanins plus présents resserrent l'impression d'ensemble.
Beaucoup d'atouts pour ce vin si charmeur mais peut-être un peu moins intégré à ce stade que d'habitude. Là aussi, attendre 2027 sera bénéfique.
NUITS ST GEORGES
Logiquement, compte-tenu de la présence de fûts neufs, le nez s'ouvre sur des notes sucrées (vanille, caramel) mais bien intégrées. Puis le fruit apparaît, avec des fruits rouges et noirs variés ; et également un côté iodé, plus surprenant mais très agréable.
La bouche est très caressante, ample, donnant une sensation de gourmandise, avant une finale fraîche et toujours savoureuse.
C'est un vin à la fois agréable et complexe, possédant une belle concentration et de la longueur. Ce qui est étonnant, c'est qu'il reste très accessible, on se fait déjà plaisir ! Aucun souci à le faire durer 10 ans aussi si l'on préfère.
GEVREY CHAMBERTIN
Le premier nez est mentholé et évoque aussi le thé noir fumé, puis avec l'aération, on retrouve les fruits. Le tout est charmeur, gourmand bien qu'encore un peu discret.
La bouche est assez ramassée, compacte, on en devine la concentration. La texture est belle, on sent en même temps une certaine verticalité, des fruits qui s'expriment plus qu'au nez, la dégustation finissant sur des tanins légèrement serrés.
Un bel équilibre prometteur, plus de vivacité et de fermeté que sur le Nuits, il faut donc attendre un peu. À partir de 2027.
VOSNE-ROMANÉE
Un joli nez gourmand et ouvert vous accueille avec des notes de cerise, de fruits noirs et de pâtisserie ; puis on découvre un aspect légèrement fumé et épicé, qui apporte une fraîcheur supplémentaire en soutien.
La bouche est caressante dès le départ, le milieu de bouche savoureux, le tout très frais, du début à la fin.
C'est un vin facile et séduisant, avec une belle énergie et un côté aérien qui favorise sa consommation. Bien dans la lignée de ses prédécesseurs, nous conseillons tout de même de l'attendre quelques années, malgré son aspect accessible. À partir de 2027.
CHAMBOLLE-MUSIGNY :
Joli nez, bien ouvert, où s'exprime une dominante de fruits rouges bien mûrs, rehaussée par des épices, quelques notes herbacées et un bois bien intégré.
En bouche, une belle texture, de l'amplitude, des tanins caressants, une bonne vivacité de fruits ... Mais également une certaine tension, une petite réserve, des tanins un peu serrés en finale ... laissent penser que le vin ne se livre pas complètement aujourd'hui.
Mais il ne lui manque pas grand chose pour réaliser son potentiel et exprimer une harmonie que l'on sent proche : quelques années de vieillissement ... À partir de 2028-2029.
NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX ARGILLAS :
Le nez est bien ouvert, voire puissant, évoquant des fruits rouges et noirs (myrtille), soutenus par une légère sucrosité, ce qui accentue la gourmandise !
La bouche est d'une belle texture, avec des tanins caressants, qui offrent plus de volupté que d'habitude sur ce vin. On retrouve cependant son acidité caractéristique en finale.
Malgré un côté extraverti, il serait sage d'attendre quelques années avant de le déguster, pour une meilleure intégration de la fraîcheur. À partir de 2029.
NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX MURGERS :
Les arômes sont plus noirs et sombres que le Nuits Boudots. On compare souvent ces deux vins ... Également ouvert, le Murgers se distingue par un côté épicé et mentholé plus marqué, des arômes de fruits noirs et de réglisse. En tout cas, il fait preuve d'une belle complexité dès l'ouverture.
En bouche, une très belle texture, généreuse mais dense et ramassée. Une certaine droiture à partir du milieu de la dégustation, cependant égayée par les fruits, qui s'expriment presque plus qu'au nez. La finale est serrée mais d'une belle longueur.
Un très beau vin, qui a tout pour devenir grandiose ... Même si on apprécie déjà aujourd'hui sa puissance et son énergie, quelques années devraient lui donner un supplément d'intégration et donc, de complexité. Idéalement pas avant 2034.
NUITS ST GEORGES 1ER CRU LES PERRIÈRES
Un vin très ouvert dès le départ ! Une variété de fruits rouges, soutenue par des arômes sucrés (amande, nougat) explose en un beau bouquet.
La bouche est plus compacte que ne le laisserait deviner le nez, la texture est belle, les tanins caressants, le milieu de bouche gourmand ... Seule la finale est légèrement serrée, portée par l'acidité et renforcée de notes épicées.
C'est un vin très élégant, avec néanmoins une certaine tension et un peu plus de densité que d'habitude et qu'il convient donc d'attendre pour le goûter à son apogée. À partir de 2028.
NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX BOUDOTS
Le bouquet est très séducteur et offre d'entrée un nez de cerise et des arômes pâtissiers qui le rendent follement gourmand. Un léger côté fumé et épicé, de thé noir, apporte encore plus de complexité.
Ce vin offre également un très beau toucher de bouche, des tanins caressants, une texture ample, qui tapisse le palais. La finale est légèrement serrée mais ni mordante, ni stricte.
Comme toujours, c'est un vin généreux qui, même s'il semble accessible aujourd'hui, peut se développer encore. À attendre jusqu'en 2030.
CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FEUSSELOTTES
Tout de suite, de très beaux arômes de fruits noirs et rouges. Puis, quelques notes végétales et fumées apportent de la complexité à cet ensemble déjà charmeur !
La bouche est ample, plutôt dense, avec du fond. Les tanins sont caressants mais la finale est plus serrée que le Chambolle Cras et le bois encore un peu présent.
Ce vin possède à l'évidence un très beau potentiel mais avec sa petite austérité résiduelle, il demandera à vieillir pour se polir. À partir de 2028.
CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CRAS
Le premier nez est ouvert et expressif, on y détecte la cerise, une légère sucrosité et petit à petit, un côté mentholé et épicé. C'est déjà très gourmand !
En bouche, une très belle texture, une densité conséquente mais le vin reste très charmeur et finit sur une impression saline tout à fait sympathique.
Difficile de résister à ce vin, presque abordable dès maintenant ! Un léger vieillissement pour finir de l'intégrer est toutefois conseillé. À partir de 2026.
CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FUEES
Le premier nez est timide : on perçoit quelques fruits noirs, des notes fumées et épicées, du menthol, qui donne une impression de fraîcheur (pas de vendange entière pourtant).
En bouche, malgré la rondeur et la texture soyeuse, le vin paraît compact et ne se livre pas totalement. La finale n'est pas sans gourmandise pourtant, d'une belle longueur et fraîcheur.
Globalement, ce vin montre un bel équilibre, et apparaît fin et charmeur comme un Chambolle doit l'être. Il lui manque de se détendre un peu, quelques années de vieillissement devraient permettre d'atteindre ce but. À partir de 2029-30.
CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CHARMES
Le nez est complexe : fruits noirs et rouges, thé fumé, réglisse, menthe poivrée, épices ... Même riche et exotique, en fait !
La bouche est caressante, ample et puissante, sans lourdeur. La finale est légèrement serrée, avec des tanins présents.
Ce vin fait une très bonne impression : sympathique mais avec du potentiel et de la tension, il demande donc à vieillir pour être pleinement apprécié. À partir de 2029.
VOSNE-ROMANÉE 1ER CRU LES CHAUMES :
Le bouquet, ample et séduisant, en impose dès l'ouverture : on y détecte des fruits rouges et noirs, notamment la cerise, des arômes sucrés d'amande et de cassonade, une pointe de menthol ...
La bouche est plus compacte : beaucoup de finesse mais également de la droiture, qui laisse penser que ce vin ne se livre pas encore complètement. La finale est longue et les tanins caressants, avec peut-être une présence de bois plus marquée.
Beaucoup de gourmandise pour cette cuvée emblématique de notre domaine et du village, favorisée par une belle maturité et tempérée par la délicatesse naturelle de cette appellation. Cela promet un bel équilibre et un grand plaisir de dégustation à terme. À partir de 2030 minimum.
CORTON PERRIÈRES
Un nez là aussi bien ouvert, qui exprime la cerise et les fruits noirs et aussi un côté plus sombre, fait de réglisse et de notes fumées. On note une pointe végétale (menthe, eucalyptus), un peu de sucre (cassonade) et de bois.
La bouche allie droiture et texture : compacte, fraîche, avec une présence tannique lui donnant un côté sérieux le tout bénéficiant d'une belle enveloppe.
C'est un vin puissant, globalement assez imposant, avec des tanins notables et qui doit donc attendre. Mais il se livre déjà bien et montre un bel équilibre. From 2030.
CORTON LA VIGNE AU SAINT
Des fruits noirs, de la réglisse, une touche de violette et de cerise à l'eau de vie, un côté poivré lui donnant un petit air de syrah ... Tous ces éléments composent un nez complexe et séduisant.
En bouche, c'est la finesse qui domine, avec une certaine droiture, un milieu de bouche savoureux, une finale fraîche et épicée.
Le millésime 2022 offre une expression typique de ce vin habituellement fin et caressant et au bel équilibre. On pourra l'ouvrir dans un an ou deux, par curiosité mais pour qu'il déploie tout son potentiel, il faudrait compter 7 ou 8 ans minimum.
CORTON CLOS ROGNET
Au premier nez, on sent déjà la gourmandise et la puissance de ce vin : des fruits rouges mûrs, des notes fumées mais également de la fraîcheur, qui apporte un support bienvenu.
En bouche, une très belle chair, ronde et enveloppante et qui se déploie sur toute la durée de la dégustation. La finale est minérale, serrée comme il faut et vient soutenir le vin sans l'alourdir.
Là aussi, un Corton Rognet dans la grande lignée de ce vin majestueux, au potentiel évident. Malgré sa séduction actuelle, il faut attendre car, seul bémol, le bois demande encore à s'intégrer pleinement. A partir de 2030.
CHARMES CHAMBERTIN
Le nez est ouvert, sur les fruits rouges, avec un côté confit qui lui confère de la gourmandise. Un peu de menthol ainsi que des notes florales ajoutent une touche de fraîcheur à l'ensemble.
En attaque, la bouche montre une belle générosité : ample, tapissante, avec des tanins caressants. Après ce beau début, le milieu de bouche est plus discret mais néanmoins gourmand. La finale est plus resserrée mais contribue à soutenir et relever le vin.
Un très beau vin assurément, qui possède beaucoup d'atouts mais qui manque encore un peu d'intégration. Compter encore 5 à 10 ans pour que tous les éléments se mettent en place et garantissent ainsi une dégustation magnifique !
CLOS VOUGEOT
Nez ouvert de fruits noirs : cerise, myrtilles, framboise ; en soutien : de la réglisse, du bois vanillé ; un petit côté sérieux aussi avec des notes fumées et épicées.
La bouche est caractérisée par une belle gourmandise, immédiatement tempérée par un côté fin et élégant, qui passe une certaine droiture et une belle précision. La finale est plutôt minérale et assez sérieuse, certaines notes boisées sont encore à intégrer.
Un très beau vin caressant, encore un peu compact, en tout cas très fidèle à lui-même. Il doit se patiner et intégrer certains éléments encore un peu trop évidents mais nous verrions bien une première fenêtre de dégustation entre 2026 et 2028 et une deuxième à partir de 2034.
ÉCHEZEAUX
Un nez vraiment très séducteur, voire enchanteur, où l'on retrouve une variété d'arômes : les fruits noirs et rouges bien sûr, la violette, le zeste, les épices, le tabac et on en passe ...
La bouche est très caressante mais compacte, en tout cas en adéquation avec le nez. Il y a beaucoup de précision, une finale énergique, le tout restant tout à fait séducteur ; pas de dureté à redouter.
Très beau vin, actuellement démonstratif, qui toutefois doit encore attendre (2030 ou plus sûrement 2032) pour intégrer quelques éléments encore un peu trop saillants.
VOSNE ROMANÉE AUX BRULÉES
Là aussi, le nez est très ouvert, s'inclinant plus sur les fruits rouges mûrs, avec des touches herbacées (rhubarbe), épicées et gourmandes (praliné, caramel)
Très belle bouche ample, en adéquation avec le nez ; beaucoup d'enveloppe et de tendresse dans ce vin, la finale est fraîche, épicée et montre des tanins caressants.
Il y a un côté plus facile et abordable que d'habitude dans ce vin et il existe probablement une fenêtre de dégustation (avec une aération en précaution) sur le modèle Clos Vougeot : d'abord entre 2026 et 2028, puis à partir de 2034.
VOSNE ROMANÉE AU CROS PARANTOUX
Le vin est démonstratif dès le premier abord, le nez est complexe et tout à fait gratifiant : des fruits noirs mûrs concentrés, évoquant même la syrah par certains aspects ; des notes de thé, d'épices, une touche d'agrumes et d'herbes qui fait penser au géranium ... Bref, c'est un digne d'un grand parfum.
En bouche, une texture qui donne une impression de profondeur et de puissance. Puis assez vite, l'acidité apparaît et domine la fin de la dégustation.
Le vin a évidemment le coffre et la concentration pour intégrer cette acidité mais cela prendra du temps et il faudra avoir la patience (sauf si l'on veut profiter des arômes) d'attendre jusqu'en 2034 au moins.
RICHEBOURG
Le nez est plus noir que les vins précédents : des fruits plutôt noirs, des notes de truffe, de viande, un côté fumé venant du fût ... donnent un caractère très profond à ce premier contact.
En bouche, une très belle texture au départ, qui laisse une impression de douceur ; le milieu de dégustation est fin et savoureux, avant une finale plus resserrée et très longue.
Pas vraiment fermé mais encore un peu réservé, c'est un vin solide et promis à un bel avenir. Il n' y a pas d'avantages actuellement à l'ouvrir, il ne devrait réaliser son potentiel qu'à partir de 2035.