• vins 2015

    DES NOUVELLES DU MILLESIME 2015


    L'actualité de l'année a été dominée par les catastrophes de la saison 2016. Mais pendant ce temps-là, les 2015 mijotaient tranquillement dans leurs tonneaux et suscitaient un vif intérêt.

    Autant l'avouer franchement : je suis un peu inquiet ... par le manque d'enthousiasme des journalistes rencontrés jusqu'à présent.
    Pas particulièrement pour nos vins. C'est évidemment toujours difficile de savoir ce qu'ils pensent vraiment d'un vin précis : souvent leur visage est impénétrable, leurs réponses lapidaires et les échanges limités ... Ils se réservent pour leurs lecteurs et ne veulent pas être influencés : on peut le comprendre.
    Mais pour ceux avec lesquels il est possible d'instaurer un dialogue sur le déroulement de la saison et l'interprétation du millésime, j'ai été surpris de constater qu'il y avait des restrictions, pointant un manque d'homogénéité, des vins trop verts ou trop mûrs ... Etonnant, même si le choix de la date de récolte n'a pas été optimal chez certains (nous sommes sûrs que la controverse sur ce point fera rage ...), nous croyons ces 2015 capables de résister à la plupart des mauvais traitements !

    Nous avons l'impression d'avoir ici en cave un véritable trésor. Ces vins goûtés et re-goûtés, souvent par pure gourmandise, affichent actuellement une forme superbe et tiennent toutes leurs promesses.
    Extrêmement avenants jeunes, leur structure est aujourd'hui plus présente. Résultat de leur évolution mais aussi de la phase actuelle : tous nos vins dans les millésimes récents passent par une période, à l'automne, où ils se goûtent plus tendus et tanniques.
    Mais leur nature n'a pas changé : ils réalisent la synthèse que recherche tout amateur de bourgognes entre maturité et structure. Riches, soyeux, mûrs, ils sont également frais, acidulés parfois et soutenus par des tannins fermes comme il faut.

    Cela est dû à de très belles maturités naturelles (la quasi-totalité des vins se situe aux environs de 13,5°) mais qui restent raisonnables et sont complétées par une acidité présente, sans excès. Il n'y avait plus à la vendange beaucoup d'acide malique ; les concentrations d'acide tartrique, assez moyennes, ont été peu précipitées par le potassium, faible cette année. Nous avons donc le paradoxe d'avoir des pH bas avec des acidités à peine dans la moyenne et cela se retrouve à la dégustation.

    A ceux qui reprochaient au millésime 2005 un côté un peu strict, 2015 offrira plus de volupté. Ceux qui trouvaient 2009 trop mûr et sucré seront ravis de constater que la fraîcheur est évidente dans ces 2015.


    Tout au long de cette saison 2016 si difficile, ils ont été un réconfort : après tout, nous aurions pu avoir un autre 1994 en cave pendant ce temps-là. De quoi avoir le moral vraiment en berne ...

  • une saison 2016 mouvementée !

    CETTE SAISON 2016 RESTERA DANS LES ANNALES !


    Marquée dès le mois d'avril par un gel d'une ampleur inédite 

    Il faut faire appel aux « vieux » pour trouver semblable phénomène : en 1945 peut-être ... l'année commençait donc de manière dramatique. D'autant que la repousse ne laissa pas apparaître de récolte supplémentaire ; même sur les vignes apparemment indemnes, les raisins semblaient avoir souffert. 


    Au cours d'un mois de mai particulièrement arrosé, le mildiou fit des ravages.

    Certaines vignes semblaient "prendre feu", avec des symptômes apparaissant en 48 heures et touchant cette fois, à la différence des années précédentes, principalement les grapes. Le vigneron fut soumis à une pression maximum et se demanda même au mois de juin s'il allait pouvoir contenir encore longtemps la pression des maladies : l'oïdium lui aussi, commençait à pointer le bout de son nez ... qui sait ce qui nous attendait ?


    Et puis un miracle : la pluie cessa presque totalement, juillet fut très beau, août aussi ... 

    Au début, on prit cela comme un répit salutaire, une pause permettant d'éviter un désastre, reposant hommes et matériels. Mais au fur et à mesure qu'un été chaud et sec s'installait, on se posa des questions d'un autre ordre : comment protéger les raisins de la brûlure, est-ce que les vignes ne se trouvaient pas en situation de blocage par manque d'eau, les vendanges seraient elles aussi tardives qu'on le pensait au début ? Lentement, le moral s'améliorait et on se prenait à espérer un millésime d'un autre type, plus chaud.


    La période sèche ne se débloqua que tardivement, fin août, 

    sans que le temps ne change fondamentalement : les températures restèrent chaudes, le temps calme, les précipitations isolées mais parfois abondantes. On les avait désirées et effectivement, les pluies permirent à la maturation de s'accélérer. Mais les raisins grossirent aussi (30 mm d'eau en quelques jours, cela ne pouvait pas être neutre), cela aurait pu être dangereux si un temps maussade s'était installé durablement. Fort heureusement, il n'en fut rien, le beau temps revint et la récolte put se concentrer de nouveau.

    Finalement, les vendanges commencèrent le 26 septembre, dans des conditions idéales de beau temps. 

    Les vendangeurs ramassèrent des raisins très sains pour la plupart. Il y eut quelques épisodes menaçants mais finalement, pas de précipitations significatives et la récolte fut sereine, si tant est que l'on peut employer ce qualificatif pour une vendange ... En tout cas, quel contraste par rapport au début de l'année ! C'est comme si la nature voulait se faire pardonner ... Malgré tout, la récolte des vignes gelées fut éprouvante : le peu qu'il y avait à ramasser était difficile à trouver dans ce feuillage qui avait repoussé en buisson. Beaucoup d'efforts pour pas grand chose.

    Au niveau qualitatif, nous sommes optimistes. 

    Analytiquement, les vins sont bien équilibrés : on constate de belles maturités, se traduisant par des degrés naturels élevés (entre 13 et 14 pour la plupart) et des acidités tout aussi convenables. Gustativement, les vins sont un peu mordants et c'est un millésime que l'on ne pourra véritablement caractériser qu'après fermentation malo-lactique. Malgré des équilibres analytiques assez similaires, on n'éprouve pas la même sensation de densité qu'en 2015. Certains évoquent déjà 2010 ... Impossible à valider à ce stade.

    Pour ce qui est des quantités, c'est très contrasté. 

    Manifestement, nous avions affaire à une année dont le potentiel de récolte avant gel était important. Les vignes de Vosne Romanée, largement épargnées, nous ont surpris par des quantités plutôt élevées. Dans les vignes gelées en revanche, pas de miracle, même si la récolte est là aussi plus importante que prévu. Les rendements décroissent au fur et à mesure que l'on va vers Nuits St Georges. Le Clos Vougeot, avec 50% de bourgeons gelés, finit à 75% d'une école normale ; les Chambolle 1er cru, gelés à 80% font tout de même presqu'un tiers d'une récolte normale mais Marsannay n'atteint pas ce chiffre. A Corton, la récolte est insignifiante à la Vigne au Saint mais belle aux Perrières et au Clos Rognet, situés tous les deux au dessus de la ligne de gel.

    Ces vendanges permettent toutefois de tempérer largement le sentiment de calamité qui a prévalu depuis le début de cette saison mouvementée. Nous avons eu beaucoup de chance, malheureusement ce n'est pas le cas de beaucoup de nos confrères.


    repousse sur la baguette, les Cras
  • 2014, millesime d'Équilibre

    Description générale du millésime et notes de dégustation


    2014, UN MILLÉSIME D'ÉQUILIBRE MALGRÉ UNE SAISON CONTRASTÉE


    Après un débourrement très précoce, les choses traînèrent un peu et la floraison se fit début juin, comme d'habitude. Les vignes reprirent du retard en été à cause temps maussade et les vendanges eurent lieu à une date légèrement plus précoce que la normale. Un développement par à-coups que l'on retrouve au niveau des précipitations : après un printemps exceptionnellement sec, l'été fut bien arrosé ... Ce qui nous permit hélas de faire connaissance avec la drosophile suzukii, mouche à vinaigre des plus nuisibles. Heureusement, le retour du beau temps à partir du 25 août et une courageuse équipe de pré-vendangeurs, partis dans les vignes avec la mission d'enlever les baies malades pour contenir la reproduction de l'insecte, permirent de contenir la maladie.

    Les vendanges se déroulèrent sous le beau temps, à partir du 13 septembre.


    L'équilibre est la caractéristique principale des vins du millésime 2014. En effet, malgré le beau temps qui continua pendant les vendanges, les degrés alcooliques ne sont pas élevés. Probablement une conséquence du stress que les vignes ont dû éprouver lors de cette année heurtée. Pourtant, les vins montrent une belle maturité, sous forme d'une texture enveloppante et d'arômes sucrés. L'acidité est également bien présente et permet une belle fraîcheur aromatique, qui redynamise les vins en fin de bouche. Pour l'anecdote, malgré l'influence des drosophiles, les acidités volatiles sont parmi les plus basses de ces derniers millésimes. Au final, les vins ont une composition analytique proche de l'idéal (entre 12,5 et 13° d'alcool, 3,55 pH).

    Les vins d'entrée de gamme sont plutôt aériens, légers dans le bon sens du terme, assez friands et faciles. La structure devient de plus en plus importante au fur et à mesure que l'on monte en gamme, certains vins donnent même une impression de sérieux, sans être agressifs. Les blancs, traditionnellement plus élevés en degré, montrent un grand équilibre, une fraîcheur joyeuse et au final pourraient bien signer une des plus belles réussites de ces dernières années. 

    Quand on y réfléchit, on peut avoir de grandes espérances pour ce millésime. Certes la concentration n'est pas tout à fait au même niveau que 2012 ou 2010 ... mais il y a un peu plus de fraîcheur qu'en 2012 et les vins sont beaucoup plus détendus qu'en 2010. Tous les espoirs sont  donc permis !


    NOTES DE DÉGUSTATION :


    BLANCS


    Bourgogne blanc

    Tout de suite, on sent un vin bien ouvert avec des arômes frais d'agrumes, de prune et de fleurs. Une petite réduction apparaît également en fond de verre.

    La bouche est ample, légèrement resserrée en finale. L' ensemble est bien cohérent et présente une synthèse intéressante entre fraîcheur et maturité. 

    Un joli exemple de bourgogne blanc en 2014.


    Hautes Côtes de Nuits Clos St Philibert

    Nez bien ouvert d'agrumes (citron, pamplemousse), de cailloux et de bois, où la maturité est aussi bien présente. 

    La bouche est droite, pointue : le gras apparaît en milieu de dégustation et la finale est acidulée.

    Un vin tendu mais très prometteur, qui a besoin d'un peu de vieillissement pour s'épanouir, se déployer. À partir de 2018.



    Saint-Romain

    À l'ouverture, une légère réduction qui met en avant le caillou, la pierre à fusil, la terre mouillée ...

    En bouche, le vin est assez tendu et l'impression de minéralité se confirme. Le vin a du fond pourtant, le gras est perceptible en attaque et l'ensemble est très cohérent tout au long de la dégustation.

    Un vin très prometteur, typique de ces bourgognes tendus que l'on aime beaucoup désormais, et qu'il faudra savoir attendre.



    Meursault

    Une vigne située au nord de Meursault, qui donne un vin que l'on peut qualifier de très typique de son appellation : le fruit est mûr avec des notes d'abricot, on perçoit une légère réduction de type terre-caillou et également quelques notes florales et fumées.

    En bouche, le vin est très ample et même gras. Heureusement, on perçoit également une pointe acide à la fin, qui aide à relever le vin.

    Un vin avec du potentiel, qui paraît d'un grand classicisme et qu'il faudrait attendre 3 ans (2019).


    Corton Charlemagne

    Le nez évoque d'abord des notes minérales et de terre, du fumé ; les arômes de fruit (prune) et de fleurs sont sous-jacents ; également une touche d'anis, sympathique. Sans être fermé, on sent que ce vin a de la retenue.

    En bouche, le vin est droit mais compact, dense et même généreux, avec une finale minérale marquée. 

    Un très bel ensemble, plus ouvert en bouche que le nez ne le laisse penser. Évidemment, quelques années de vieillissement seront bénéfiques. On peut essayer à partir de 2019 mais 2020 ou 21 serait plus raisonnable.



    ROUGES


    Bourgogne

    Tout d'abord, un très joli nez, où domine la cerise, rouge et noire. Quelques arômes sucrés de cacao également.

    La texture est soyeuse, très fine, charmeuse ; la finale est légèrement acidulée, avec des tannins discrets.

    Le tout est très élégant, peut-être plus distingué et prêt à boire que d'habitude.

    Un vin typique de son millésime, étonnant pour un bourgogne, que l'on pourra goûter assez tôt. À partir de 2017.


    Marsannay

    Le nez est d'emblée sympathique et montre surtout des fruits rouges (cerise, framboise, groseille) à l'ouverture, puis des épices (muscade) et des notes de thé fumé.

    La bouche est fine, élégante, légèrement acidulée en finale.

    L'ensemble est léger (pas maigre), très convivial et demandera un peu de temps pour s'approfondir.


    Fixin

    Des arômes de fruits rouges (fraise, framboise), auxquels s'ajoutent des notes légèrement réductives de bois et de cailloux.

    La texture est très sympathique, comme toujours avec ce vin. L'attaque est soyeuse, le milieu de bouche très fin et la finale légèrement serrée, avant un retour de dégustation très long.

    On ne sera pas surpris que la séduction soit au rendez vous ; mais il y a également de la structure. Attendre donc 2018 au minimum.


    Morey Saint Denis

    Le nez est d'abord assez discret mais on sent des arômes profonds de cerise. Puis, cela s'élargit, la cerise devient tout à fait envoûtante et l'on sent également des touches de bois et de réglisse.

    Le vin a du gras mais donne l'impression d'être droit, sur la réserve ; la finale est d'ailleurs légèrement tannique. 

    Beaucoup de réserve de convivialité pour ce vin mais il a besoin de temps pour s'épanouir. Attendre 2019.


    Pommard

    Un nez de fruits noirs, où se mêlent la cerise et le cassis ; une touche de réduction, à moins que ce ne soit un côté terrien qui se fasse sentir. Un mélange inhabituel de sérieux et de séduction ...

    Ce sont la droiture et la sévérité qui dominent en début de bouche, on s'attend à une finale tannique, presque dure : pas du tout, le vin est structuré certes, mais sans excès. 

    Un bel ensemble, qui ne demande qu'à s'affiner et à s'élargir. Très prometteur.


    Gevrey-Chambertin

    Le nez est bien ouvert et même profond : on y détecte des fruits noirs (et en particulier de la cerise bien mûre), une touche de menthol, de bois, de réglisse : une complexité intéressante !

    La bouche est plutôt généreuse, avec pas mal de gras en attaque. Cependant, la fin est légère et donne une impression minérale, tout en offrant une bonne persistance. 

    Ce gevrey est bien dans son appellation, avec un côté un peu sévère mais il évite l'austérité ou la lourdeur et constitue donc un ensemble très intéressant.


    Chambolle-Musigny

    Beau nez bien ouvert et puissant de fruits noirs (cerise, myrtille), avec des notes fumées et des arômes de réglisse.

    La bouche est soyeuse, ramassée et la structure apparaît dès le départ. La finale acide serre un peu le vin, sans que l'équilibre et le potentiel soient remis en cause. 

    Ce vin est assez sérieux pour le millésime. Il est donc conseillé d'attendre 2020 minimum.


    Nuits Saint Georges

    Vin désormais sous étiquette négoce mais toujours constitué en partie de notre parcelle des «Bas de Combe», en cours de renouvellement.

    Un nez d'abord dominé par les fruits rouges (cerise, framboise), où l'on trouve également un peu de sucré (amande, vanille) et une touche de réduction animale.

    La bouche est caressante et montre beaucoup de gras en attaque mais assez vite, elle se tend pour finir sur une certaine austérité, de bon aloi. 

    Au fond, ce vin est un «gentil», qui ne demande qu'un peu de patience pour s'épanouir à nouveau.


    Vosne-Romanée

    Le nez est très séducteur, enchanteur même : on y trouve de la vanille, du cassis, de la framboise. Cela paraît déjà bien intégré et se développe encore dans le verre.

    La bouche est dense et caressante à la fois. On constate une très belle concentration mais du charme aussi et une structure discrète en fin de bouche, moins marquée que d'habitude.

    Très beau vin, montrant déjà une belle intégration et un équlibre très prometteur. À partir de 2019.


    Fixin 1er Cru Clos du Chapitre

    Un super nez de framboise et de biscuit, où l'on découvre aussi une touche de pâte d'amande. Et des arômes de fleurs qui s'invitent au festival ! Tout cela est très séducteur.

    En bouche, c'est tout d'abord très caressant. Le vin devient ensuite droit, vertical, avec une finale légèrement tannique et acide. L'impression de minéralité est forte. 

    Un vin qui doit attendre pour s'affiner mais qui a le potentiel de devenir très séducteur et aérien. 


    Chambolle-Musigny 1er Cru les Cras

    Joli nez expressif où dominent des notes de cerise rouge et de fumé. 

    La bouche confirme ce côté avenant en déployant une texture ample, caressante, verticale, jusqu'à une finale discrète mais longue.

    Le vin est cohérent, très Chambolle : aimable et séducteur mais non sans une certaine puissance. Beaucoup de charme. À partir de 2018.


    Chambolle-Musigny 1er Cru les Feusselottes 

    Au nez, un côté mûr, épicé (poivre et muscade), fumé et des fruits rouges (cerise) sous-jacents.

    La bouche est sympathique, bien équilibrée, avec un joli soyeux, qui se déploie largement. Cependant, la structure tanninque se fait sentir et la finale est, comme toujours, un peu plus marquée.

    Un vin qui ne manque pas de charme mais demande encore un peu de temps pour s'accomplir ; à boire à partir de 2020.


    Vosne-Romanée 1er Cru les Chaumes

    Le vin paraît tout de suite avenant, avec ses arômes de framboise, groseille, sa touche de vanille et de thé fumé.

    Une attaque toute en douceur, aimable et concentrée à la fois. La finale est progressive et resserre un peu le vin en donnant une impression légèrement acidulée (citron).

    Beaucoup de finesse et d'intégration pour ce vin et une réserve de bon aloi, tout à fait prometteuse. On ne peut s'empêcher de se dire qu'on a là un Vosne typique, concentré et élégant en même temps.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Argillas

    Comme souvent, un nez très orienté sur les fruits noirs (cassis, myrtille). 

    En bouche, beaucoup d'amplitude, de la profondeur mais on sent tout de suite aussi la droiture, avec une finale marquée par l'acidité.

    Le vin est très cohérent mais compact, serré, se livrant peu, légèrement austère. Rien d'anormal pour ce terroir qui gagne beaucoup en complexité au vieillissement. Il faut donc être patient, on en est récompensé !


    Nuits St Georges 1er Cru les Perrières

    Un nez sur les fruits rouges, où la fraise et la framboise dominent. Puis on sent un peu de bois brulé et de réglisse.

    La bouche est séductrice avec une belle texture en attaque et beaucoup de finesse par la suite. La finale est longue et légèrement épicée. 

    Un vin tout en dentelle et en finesse mais soutenu par une structure discrète qui le porte. Très jolie complexité. Spontanément, on penserait plutôt à Chambolle qu'à Nuits ... Un effet de la minéralité intrinsèque de ce terroir. 


    Nuits St Georges 1er Cru aux Murgers

    Beau nez ouvert et complexe où les fruits rouges dominent, suivis des arômes sucrés. On perçoit également  à la fin des fruits noirs ... Une impression de tarte aux myrtilles ou de crème brûlée ! 

    La bouche est ronde, très agréable et donne une impression de grande maturité. Les tannins et l'acidité sont très bien intégrés. 

    Un vin puissant et chaleureux, pas un mot plus haut que l'autre, pourtant il paraît typique de son terroir de Nuits St Georges... Et séducteur avec ça ! Cependant, ne pas avoir peur d'attendre jusqu'en 2021 au moins.



    Nuits St Georges 1er Cru aux Boudots

    Des fruits noirs (cassis) et de la groseille. Un bois légèrement brûlé et une petite réduction animale qui se dissipe assez vite, compètent le tableau.

    En bouche, le vin est droit et compact, les fruits noirs ressortent et donnent beaucoup de fraîcheur et de jeunesse. De la de tension tout au long de la dégustation, la finale est un peu tannique mais en cours d'intégration.

    Le tout est impressionnant et très prometteur. À attendre cependant, jusqu'à 2021 minimum.



    Clos de Vougeot

    Un nez très ouvert et charmeur où l'on peut trouver des fruits rouges et noirs, du bois, du zeste d'orange, de la réglisse, des fleurs ... Le tout se développe encore dans le verre et compose un bouquet tout à fait enchanteur.

    La bouche est ronde, grasse et même puissante mais s'affine tout au long de la dégustation, avant de finir sur une légère touche d'austérité, à peine perceptible. 

    Le tout est vraiment épanoui, droit et charnu en même temps et réalisant une sorte de synthèse improbable entre charme et structure, capacité de vieillissement et ouverture.

    On peut essayer à partir de 2020, mais 2022 serait plus indiqué.



    Corton la Vigne au Saint

    Joli nez où dominent les fruits rouges (groseille, framboise) et les arômes sucrés, de quoi vous rappeler des goûters d'enfance ...

    En bouche, une belle attaque tapissante et ample, on retrouve également la fraîcheur que l'on soupçonnait au nez. La finale n'est pas agressive du tout. 

    Un vin élégant et plutôt facile, sur la finesse et le charme : on ne le lui reprochera pas !


    Corton Perrières

    Un joli nez, tout d'abord discret, qui évoque tout de suite la minéralité sur des notes légères de caillou et de pierre à fusil. Beaucoup de fruit également : groseille, cerise, cassis, framboise ...

    En bouche, le vin est ample mais très élégant et fin, jusqu'à la finale, bien longue.

    Le tout est très charmeur et finit joyeusement sur une impression de fruits et de légers tannins. Très, très prometteur. On peut essayer en 2019 ou 20 mais attendre 2022 serait plus sage.

     

    Corton Clos Rognet

    Nez profond et séducteur de cerise noire. Un peu de bois, une touche de caramel et des notes florales aussi en fond de verre ... 

    En bouche, le vin est complet, sucré et moins massif que d'habitude. C'est l'élégance qui domine, avec une finale très longue et qui s'amplifie, bien qu'elle soit encore serrée. 

    Un très bel équilibre et un beau potentiel de séduction qui devrait s'affirmer dans les prochaines années.


    Échezeaux les Rouges du Bas

    Très beau nez ouvert et sucré, qui évoque la vanille, la cerise et les fruits noirs. Un peu de bois brûlé également. Déjà beaucoup de profondeur.

    On sent tout de suite la structure et la texture enveloppante en début de bouche. Sans être rugueuse, la finale est serrée et compacte. 

    Ce vin est très intéressant, il se présente bien mais montre beaucoup de puissance, qu'il faudra dompter au cours des prochaines années. 


    Vosne-Romanée 1er Cru aux Brulées

    Des fruits noirs et comme souvent, des arômes de brulé, le terme technique étant «empyreumatique».

    La bouche est généreuse mais droite, toute de puissance contenue. La finale, très longue, est surprenamment fine, légère même. 

    Un vin imposant et mûr au début et aérien à la fin ... Beaucoup de caratère et de séduction en même temps. Très, très prometteur.


    Vosne-Romanée 1er Cru au Cros Parantoux

    Nez très profond de fruits rouges et noirs. On y trouve également des arômes de bois, vanille et cannelle. 

    En bouche, on sent une structure imposante et beaucoup de gras. La finale est tannique mais en voie d'intégration.

    Puissant, concentré, démonstratif, ce grand vin a besoin d'un affinage prolongé.


    Richebourg

    Nez riche et démonstratif où l'on trouve toute la palette des petits fruits de début d'été : framboise, groseille, cassis ... Une touche de pâte d'amande vient lier tout cela.

    En bouche, le vin est caressant, doux et ample à la fois. Charmeur, finalement. Le tout est complexe, long, raffiné et surtout très long ...

    Moins m'as-tu-vu que le Cros Parantoux mais plus de classe ... Cette année, très ouvert. 


  • destination oregon

    Nicolas-Jay, l'aventure américaine initiée par Jean-Nicolas Méo et son ami Jay Boberg (et soutenue par le domaine) entre dans une phase décisive avec le lancement de son premier vin le 2 avril 2016.


    Nous vous engageons à visiter le site    http://www.nicolas-jay.com


    La saison 2014 en Oregon fut plutôt facile, même si cela cachait évidemment quelques pièges : un temps ensoleillé et chaud, des raisins tout à fait sains, une bonne récolte, une vendange sans accrocs (Bon, c'était une première vendange, ce n'est jamais aussi facile que cela).

    Les vins obtenus furent doux et avenants et dès lors, le défi fut de forger une cuvée possédant finesse, subtilité et structure discrète.

    Désormais mis en bouteilles depuis mi-décembre, nous sommes très fiers de présenter ce vin d'Oregon typique, avec ses arômes de mûres et de confiture de framboise. En bouche, une texture riche et généreuse vous accueille et vous accompagne, pour se terminer par une touche de tannins jeunes, qui aide à maintenir tension et structure jusqu'à la fin.