Ces notes sont réactualisées régulièrement (dernière mise à jour : juin 2013)

 
 

Brèves descriptions, année après année, des traits dominants de chaque millésime, de leurs effets sur les vins, et de ce que ceux-ci nous offrent aujourd'hui.

 
1985
Soleil et douceur

Une fin de saison ensoleillée a permis une maturation optimale et des vins généreux et ronds. La surprise de cette année vient du vieillissement : assez rapide au début, comme annoncé, les vins se sont stabilisés depuis et offrent aujourd'hui plénitude et équilibre, sans trace excessive de fatigue. Incontestablement une lumière dans la décennie 80. Á boire avec parcimonie : il faut garder quelques bouteilles témoin.

1986
Froid et agressif

L'anti-85, en quelque sorte. Maturité insuffisante et tanins agressifs ont donné des vins ingrats dans leur jeunesse. Certains se sont affinés depuis, mais ne sont intéressants que les vins ayant au départ un peu de concentration. Ils sont rares. On peut tout boire.

1987
Intéressante année moyenne

Les vins sont nettement plus équilibrés qu'en 86. Ils sont tendres et agréables, encore aujourd'hui, et ne montrent pas vraiment de fatigue. C'est globalement un millésime à boire, même si on peut penser que l'on continuera à surprendre avec ces bouteilles.

1988
Fermeté et structure

Grande année de la décennie 80 mais sévère et qui a demandé une grande patience. Ces vins sont maintenant à point et offrent de belles dégustations, même si certains garderont toujours une petite dureté, sous forme d’une finale tannique.

1989
L'année mûre

Une saison ensoleillée, des vendanges chaudes ; pour commencer dans le métier, ce n'était pas désagréable. Les vins ont toujours conservé un caractère souple, velouté et des arômes sucrés. Ils ne se sont jamais vraiment fermés. Leur charme, qui à l'époque attira de nombreux amateurs de vin vers les bourgognes, est intact aujourd'hui. Comme les 85, à boire avec parcimonie, ils n’offrent pas de signe de fatigue.

1990
Le grand

Durant l'été, on parlait de sécheresse, on s'alarmait du manque d'eau, et les vignerons se frottaient les mains. Le résultat fut à la hauteur des espérances : des niveaux de sucres très élevés et surtout, fait plus rare pour une année très mûre, des raisins qui avaient conservé une bonne acidité. Les vins furent une révélation : d'un très grand équilibre avec une générosité encore supérieure à l'année précédente, rehaussée par le piment de l'acidité et des tannins. C'est un millésime qui tient toutes ses promesses de jeunesse et qui aujourd'hui confirme sa grandeur et son potentiel. Certains sont encore un peu fermés mais globalement, le millésime confirme son grand équilibre. À boire au compte goutte car ce sera toujours un millésime de référence.

1991
Le vilain petit canard

Malgré une saison très correcte, les vins furent controversés ; après deux années faciles à comprendre, c'était le retour des tanins et d'une certaine austérité. Enivré par deux années offrant tous leurs charmes au premier venu, le public fut déboussolé. Et pourtant ! Les vins aujourd'hui sont ronds (preuve que l'année avait la maturité qu'il fallait) et ils ont perdu l'agressivité de leur jeunesse tout en conservant une grande fraîcheur. Ils offrent aujourd’hui un grand équilibre et une belle complexité. On peut même dire qu’ils font l’unanimité et qu’ils se montrent dans leur plénitude ; à noter cette année-là un très beau Nuits Murgers, digne des plus grands.

1992
Le charme de la simplicité

Les conditions météo de l'été et des vendanges furent globalement favorables, mais le millésime fut marqué par une faible acidité qui rendit l'élevage des vins difficile. Le résultat se traduit par des vins charmeurs, rapidement abordables, que l'on boit sans se poser de questions. Ces bouteilles firent le délice des amateurs aimant les vins jeunes. Les grands vins offrent toutefois toujours une grande complexité. Bien sûr, ils ont évolué et il faut les boire, mais ils restent très intéressants par leur finesse. Le Vosne Brûlées et le Nuits Murgers échappent au caractère du millésime par leur concentration et peuvent encore vieillir.

1993
L'année du miracle bourguignon

La saison fut difficile au printemps, mais il en est sorti un millésime extraordinaire ; des raisins parfaits, petits, sains, dont les peaux très épaisses donnèrent des vins concentrés et très colorés. Si ces vins ont une pointe notable d'acidité en fin de bouche, reflet de leur condition de maturation, ils gardent encore une trace de leurs arômes « sauvages » très puissants de menthol et de fruits noirs. Ce millésime montre aujourd’hui son grand équilibre et représente même actuellement selon nous le sommet des millésimes de la décennie 90. Le potentiel de garde semble intact.

1994
La revanche du « petit »

Les raisins souffrirent d'un déficit d'ensoleillement et la concentration des vins n'est donc pas intense. Mais les efforts de tri consentis à la vendange évitèrent que ce millésime ne passe à la trappe : à leur niveau, ces vins sont équilibrés. La verdeur du départ s'est effacée et la finesse de notre cépage et surtout de nos terroirs s'exprime pleinement : cela est vrai notamment du Clos Vougeot, très raffiné et charmeur. D'où la tendresse, justifiée, de certains amateurs pour ce millésime qui fait ressortir la diversité de nos appellations. Les vins sont à boire, ce n’est pas le millésime à garder en priorité.

1995
Petite production et grande qualité

Les raisins souffrirent d'un déficit d'ensoleillement et la concentration des vins n'est donc pas intense. Mais les efforts de tri consentis à la vendange évitèrent que ce millésime ne passe à la trappe : à leur niveau, ces vins sont équilibrés. La verdeur du départ s'est effacée et la finesse de notre cépage et surtout de nos terroirs s'exprime pleinement : cela est vrai notamment du Clos Vougeot, très raffiné et charmeur. D'où la tendresse, justifiée, de certains amateurs pour ce millésime qui fait ressortir la diversité de nos appellations. Les vins sont à boire, ce n’est pas le millésime à garder en priorité.

1996
Un monstre sacré,

avec une belle structure. Pas d'excès cette fois-ci dans les conditions de maturation : une saison sans problèmes, comme on les aimerait toutes, avec un très beau mois de septembre, ensoleillé et frais. Les vins, issus de raisins bien mûrs, sont donc concentrés et soyeux. L'acidité est bien présente elle aussi, garante de la fraîcheur des arômes de fruits noirs. Ces vins à évolution lente, à la fois sérieux et charmeurs, possèdent une grande harmonie interne malgré une structure évidente. La plupart des vins sont aujourd’hui tout à fait abordables. Certes, l’acidité est toujours présente et ne s’effacera pas mais elle contribue à la jeunesse et au charme de ce millésime. Si l’on veut garder des bouteilles pour les générations futures, ces vins constituent de bons candidats... On peut aussi les boire, en faisant attention à ne pas les marier avec des plats aux sauces trop riches ou sucrées.

1997
Du soleil en bouteille

Ah, ces raisins très mûrs, cette météo idyllique... des vendanges qui furent presque des vacances. Il ne faut donc pas s'étonner d'avoir des vins ronds, charmeurs, plaisants, aux arômes sucrés. Bien sûr, leur évolution en cave fut rapide, mais beaucoup restent sur le fruit et offrent toujours de délicieuses dégustations. Tous les vins sont aujourd'hui accessibles et à boire, cependant les vins paraissent stabilisés et donneraient presque l’impression d’une deuxième jeunesse.

1998
C'est du sérieux

Ce millésime n'a pas le caractère enjôleur de l'année précédente. Est-ce un bien ou un mal ? Certains aiment leurs bourgognes un peu structurés ; d'autres vont préférer le caractère souriant des 97. La saison 98 fut incontestablement plus difficile ; heureusement le temps se rétablit quelques jours avant les vendanges, ce qui permit aux raisins d'achever leur mûrissement. Un tri rigoureux fut nécessaire. Les vins sont solides ; leur attaque est pleine, globalement ils gardent un peu de leur sévérité d’origine mais le millésime s’est détendu et offre désormais de belles dégustations, où la finesse prend le dessus sur la structure. Un carafage est souvent utile.

1999
Le superbe

Si le domaine avait eu l'intention de s'arrêter là, on aurait pu penser qu'il s'agissait d'une sorte d'apothéose. Quelles vendanges, et quel millésime ! Le mois de septembre fut radieux... jusqu'à la vendange où la pluie vint troubler le ramassage : il s'agissait de ne pas rentrer des raisins humides et nos nerfs furent mis à rude épreuve. À cet important détail près, les raisins étaient en tout point extraordinaires : très mûrs, très homogènes en qualité et... très abondants. Les vins étaient très prometteurs : sombres, friands, gourmands... et ont tenu leurs promesses ! Ils rivalisent aisément avec 1990 : ils en ont la complexité, qui se développera encore avec le temps ; ils en ont le charme et d’ailleurs, ils ne se sont jamais vraiment refermés. Les vins les plus approchables (Nuits, Vosne Chaumes, Nuits Boudots sont largement bus mais continuent de ravir les amateurs, les autres approchent doucement de leur plénitude, certains restant un peu tendus (Vosne Brulées, Cros Parantoux et Richebourg notamment) et devant encore attendre.

2000
Maturité et douceur

Une récolte abondante, très précoce et d'une grande maturité ; ce millésime est très gratifiant pour l'amateur, avec une concentration en général supérieure à 1997. Mais la comparaison avec ce millésime n’est pas forcément en leur faveur aujourd’hui. Il reste que ce sont des vins sensuels, mûrs et généreux, sans aspérités. Il est difficile d’imaginer qu’ils deviennent tellement meilleurs (richebourg 2000 fantastique de finesse et d’émotion en ce moment). Attention, pas de panique, ils sont bien-sûr loin d’être finis et ce plateau peut durer assez longtemps.

2001
La Bourgogne en bouteille

Un temps plus frais au mois de septembre a donné des vins aux beaux arômes de fruits noirs, spécifiques de notre région. La structure était un peu sévère et a pu dérouter, mais les vins n’étaient pas déséquilibrés, au contraire : ils ont même offert des dégustations étonnantes, en particulier celle du Vosne village. Ils gardent une grande rectitude en bouche et séduisent par leur précision et leur finesse. Ils n’ont pas la volupté de millésimes plus chauds mais c’est précisément cela qui attire l’amateur. Ils prennent actuellement doucement le relais des 2000. On peut envisager de les carafer, sans que cela soit absolument nécessaire.

2002
Grande année classique

Un vent du nord providentiel nous a apporté maturité et acidité, et donné des vins frais, concentrés et intenses. Ce millésime plutôt structuré au départ a évolué tranquillement et donne aujourd’hui des vins toujours fruités et assez charmants, y compris sur des vins puissants comme le Cros Parantoux ou le Corton Clos Rognet. Tout n’est pas à point mais ils commencent à offrir de très belles dégustations. C’est un millésime qui tient ses promesses et qui crée le consensus autour de la table. Tout au plus pourrait-on lui reprocher un certain « académisme »... Mais il faut de ces points de référence !

2003
L'exception

Marqué par la canicule, les vins sont puissants, riches, complexes, avec des arômes de fruits secs (figues, raisins, ...) et une texture très soyeuse. Dans ce contexte, la peur a été que les vins ne se gardent pas plus de quelques années. C’est tout le contraire qui se produit. Certains ont l’air d’avoir été mis en bouteille l’année dernière. Notre recommandation est de les conserver : le temps doit faire son oeuvre pour affiner ces vins à la richesse ostentatoire. Certaines appellations (Chambolle Feusselottes, Vosne Chaumes, Clos Vougeot) ont été sujettes à une réduction en bouteille qui contribue à cette évolution lente. Bien sûr, les vins ont toujours été souples et ne sont donc pas imbuvables aujourd’hui car ils étaient déjà tout à fait approchables à la mise en bouteille. Mais globalement, à part les appellations plus tendres (bourgogne, marsannay, fixin, ...) le millésime est à conserver, ce sont des bouteilles dont on reparlera dans 30 ans !

2004
Finesse et équilibre

Une saison chaotique, sauvée par un joli mois de septembre, finit par donner de jolis vins, grâce à un tri sévère. La plus grande erreur serait de croire que 2004 manque de maturité. Nous avons récolté des raisins avec des degrés élevés et une belle acidité résiduelle. Ce qui en fait des vins très équilibrés, tout à fait charmants. Ils ont eu une phase un peu ingrate après la mise en bouteilles, avec l’apparition d’arômes verts inexpliqués qui se sont désormais largement estompés. L’évolution a fait son oeuvre : les vins font preuve de plénitude et d’élégance et sont aujourd’hui bons à boire. Peut-être peuvent ils encore s’affiner dans les deux trois ans qui viennent mais il faut prévoir de les boire...

2005
Quelle étoffe !

Les conditions climatiques de l'année se retrouvent dans les bouteilles : petits rendements, belle maturité avec une vague de chaleur au mois d'août, acidité préservée par le vent du nord juste avant les vendanges et le froid dans les caves l'hiver suivant. Les 2005 ont un très grand potentiel, ils sont denses, profonds, soyeux (peut-être la caractéristique principale de l'année), structurés. Mais les vins se sont refermés en bouteilles, de manière un peu aléatoire : ce qui est déroutant, c’est que l’on ne peut pas se fier au caractère habituel de chaque appellation : par exemple, le Fixin village, habituellement gourmand et ouvert, est encore fermé et sévère, alors que le premier cru Clos du Chapitre, en principe plus structuré et droit, est délicieux aujourd’hui… Si l’on possède d’autres millésimes en cave, on ne prend aucun risque à les attendre, y compris les petites appellations.

2006
Une divine surprise

Ce millésime nous surprend par sa maturité et sa profondeur. C’est une année que l’on peut qualifier de classique, offrant au travers de nos différents terroirs toute la palette des arômes bourguignons. L’équilibre est sa caractéristique principale, avec de belles couleurs, des vins ouverts et séduisants, qui le restent aujourd’hui alors qu’ils auraient dû plonger dans leur phase ingrate. Les vins d’entrée de gamme sont accessibles mais il est même difficile de résister aux premiers et grands crus qui pour certains sont charmants et complexes. Toutes les bouteilles ouvertes au cours de l’année écoulée ont montré la même disposition sympathique. Même si les vins ne sont pas tout à fait aussi riches, la compétition avec 2005 est ouverte.

2007
Une année toute en séduction

Bien sûr, nous revenons de loin : la saison, en particulier le mois d'août, a été mauvaise et les vendanges précoces ont nécessité beaucoup de travail et de tri dans la vigne et à la cuverie. Mais les degrés n'étaient pas mauvais, les vinifications se sont déroulées sans problème, les fermentations malolactiques, précoces là aussi, n'ont pas abîmé la structure du vin. Tout au contraire, avec des acidités peu élevées, les sensations en bouche ne sont ni agressives, ni vertes, mais tout en élégance et en souplesse. Conformément à ce que nous espérions, les vins se présentent bien actuellement, offrant en même temps fraîcheur et élégance. Sachez toutefois que : 1) bien sûr tout n’est pas bon à boire dès maintenant, surtout si vous aimez les vins un peu évolués ; 2) ce genre d'année, que l’on qualifie un peu trop vite de légère, surprend par son évolution : que le plaisir de la dégustation précoce ne vienne pas vous priver de vins qui seront délicieux à maturité (2014-17) !

2008
La Bourgogne est une région septentrionale !

Un beau temps sec et froid (15-18 ° la journée, 5° la nuit, du jamais vu depuis... longtemps) s'est installé sur la région à partir du 12-13 septembre et a permis de stopper les maladies et de concentrer les raisins. Cette fraîcheur se retrouve dans les vins : les couleurs sont profondes, les notes fruitées sont variées et bien développées et les bouches sont serrées en finale par l'acidité. Cela n’est pas désagréable, il y en a même qui aiment ce genre de vin !

2008 fait partie de cette famille de millésimes droits, à laquelle on peut rattacher 2001 et 1996. Ces années sont souvent critiquées à leur début, mais deviennent par la suite de grands classiques : leur évolution est souvent plus positive qu’on ne le pense et ils atteignent une sorte de grâce et d’équilibre qui enchante l’amateur. Nous confirmons qu’actuellement, le millésime est sur la bonne voie : ils ne se sont pas refermés (les arômes fruités sont toujours là), tout en ayant progressé en harmonie.

2009
Plénitude solaire

Nous sommes en présence d’un millésime solaire comme la Bourgogne en fait de temps en temps. Douceur, rondeur, plénitude en sont les principales caractéristiques. Août fut somptueux et septembre, tout à fait correct. La récolte a longtemps donné l’impression de ne pas être prête, pour évoluer ensuite très vite, tout en restant saine. A cause de cette maturation, les caractéristiques des vins sont homogènes : degré d’alcool autour de 13,5 et acidité plutôt faible. La palette aromatique reste dans un registre classique de fruits rouges ; l’évolution en fût a été plutôt lente, les vins y ont acquis de la structure, ce qui était un scénario idéal. Aujourd’hui, certains vins ont tendance à se refermer aromatiquement. Comme ils sont également puissants et charnus, la plupart des premiers crus et des grands crus donnent l’impression de manquer d’élégance et gagneront donc à attendre. D’autres vins comme le Marsannay sont délicieux.