• prix de la jeune création artistique 2021

    Après une première édition en 2019, créée à l'occasion de son 60ème anniversaire, le Domaine Méo Camuzet a décerné le dimanche 6 juin son deuxième Prix de la Jeune Création Artistique en coopération avec l'ENSA Dijon.

    Si l'objectif initial du Prix était de soutenir les jeunes artistes, cet objectif s'est trouvé renforcé par la pandémie que nous avons traversée collectivement, et le besoin d'offrir aux jeunes une échappatoire aux confinements, fermetures, mises à distance et autres contraintes imposées par la période.

    Cette édition a subi son lot de contraintes liées à la pandémie, mais le nombre de projets présentés et leur qualité a montré que rien ne pouvait empêcher la créativité et le talent de s'exprimer. Une grande satisfaction pour le Domaine, de voir que son Prix recevait encore une fois un écho favorable auprès des jeunes artistes, étudiant ou ayant étudié à l'ENSA Dijon : Yaqun Han, Justas Indrelé, Jérôme Lavenir, Carole Lebon, Eva Pelzer, Anaëlle Thiéry, Marie-Charlotte Uréna.

    Une exposition organisée dans la cave et la cuverie du Domaine a permis aux artistes de présenter leurs projets dans un contexte lié au thème du patrimoine immatériel de la Bourgogne, au jury de délibérer et au personnel du domaine de s'associer au projet dans un moment apprécié de convivialité et d'échange avec les artistes.


    Le Prix de la Jeune Création Artistique 2021 a été attribué à Eva Pelzer (diplômée 2020) pour

    Le Tastevin, 2021, grès de Saint Amand, sept têtes grotesques émaillées à la cendre de vigne, ferraille de récupération

    Le Prix Spécial du Jury 2021 a été attribué à Jérôme Lavenir (diplômé 2019) pour

    C'est ainsi que dans l'air, qui est bleu, la soif est sans fond

    Matériaux divers dont tonneau 228 L., 72x88 cm, 2021


    Eva Pelzer
    Jérôme Lavenir
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    DIplomée de l'Ensa Dijon en 2020, Eva vit et travaille à Dijon. Elle est en résidence en 2021 au Lycée de la Céramique de Longchamp et expose du 26 juin au 29 Août au Centre d'Art et de Villégiature de Mouthier Haute Pierre, Le Manoir.Elle est aussi @relzep sur Instagram

    Eva nous parle de son oeuvre :

    Tastevin2021
    (grès de Saint Amand, sept têtes grotesques émaillées à la cendre de vigne, ferraille de
    récupération.)
    Ma démarche actuelle porte sur l'appropriation des savoirs populaires à travers l'invention
    d'un registre folklorique alternatif. Il se traduit la plupart du temps par la création d'objets,
    d'installations, sculptures. J'utilise des médiums du registre vernaculaire, issus de l'artisanat,
    et des matériaux de récupération. Par ailleurs, l'humour est nécessaire à mon monde, car il
    permet plusieurs strates de lecture, et de se défier de la bêtise par l'ironie.
    C'est dans la continuité de ces recherches que j'ai pensé mon projet pour le prix de la Jeune
    Création Artistique. Ce qui m'intéresse dans les climats de Bourgogne, c'est que la spécificité de ce territoire est issue de siècles de travail du vignoble avec l'évolution des générations, des pratiques, des outils. Dans tout ce patrimoine, il y a un outil qui a spécifiquement retenu mon attention : le Tastevin.

    C'est un objet dont le symbole dépasse la fonction. Même s'il a été fait pour mirer le vin, voire le goûter, aujourd'hui il est d'abord un symbole de prestige du vin, avec notamment sa
    confrérie, les Chevaliers du tastevin. Cet objet est aussi traditionnellement transmis de
    vigneron.nes en héritier vigneron.nes. Dans un autre registre, on le retrouve dans tous les
    magasins de souvenirs touristique de la côte viticole.
    En agrandissant le tastevin, j'en ai fait une vasque, objet quasi rituel au-dessus duquel on se penche. Lorsqu'on regarde à l'intérieur, ce sont sept petites têtes grimaçantes qui nous
    regardent.
    Ces têtes grotesques sont des génies du vin, gargouilles gardiennes de l'ivresse.
    Le patrimoine immatériel, les chevaliers du tastevin, le prestige des vins de Bourgogne, tout
    cela a une finalité très concrète : au bout de la chaîne il y a du vin, et ce vin, on le boit. Cette boisson est depuis toujours liée au corps, aux plaisirs bacchiques, révélant parfois par l'ivresse les travers humains. Il est aussi créateur de sociabilité, vin joyeux à partager.
    Ainsi, la culture des Climats de Bourgogne étant une affaire très sérieuse, je me devais d'en
    rire avec ces gargouilles, résidentes du Tastevin !

    DIplômé de l'Ensa Dijon en 2019, Jérôme vit et travaille à Lyon. Actuellement en résidence au MAC Lyon, il expose jusqu'au 31 Octobre à Migennes, au port du canal et à Ouajdi Touch.

    Il est aussi à rencontrer sur https://www.jeromelavenir.com/


    C'est ainsi que dans l'air, qui est bleu, la soif est sans fond

    Matériaux divers dont tonneau 228 L., 72x88 cm, 2021


    Au départ il y aurait une image, simple et paradoxale, poétique et ironique tout à la fois, une image associant l'infini lumineux du ciel avec la stricte matérialité et la contenance limitée d'un objet à l'existence toute terrestre : le tonneau. Une image poétique en premier lieu. Gaston Bachelard, ce grand amoureux des poètes, du terroir et des éléments écrivait dans L'air et les songes, rédigé à Dijon en 1943, qu'en ses moments d'abandon au ciel bleu, la rêverie du poète en venait naturellement à « ne plus posséder que la dimension profonde », telle l'expérience d'une contemplation de l'infini dont le ciel bleu constituerait un archétype privilégié. Alors l'image d'un ciel bleu capturé, maîtrisé et conditionné par le savoir-faire humain serait ici pour moi comme l'expression d'une métaphore pour toutes les tentatives d'artistes fous et d'artisans passionnés, les uns comme les autres toujours en quête d'un absolu à ressaisir... Une image à l'image de mes propres obsessions de clarté, de légèreté, de complexité et de simplicité à la fois, d'élégance, de coïncidence des opposés, une image qui serait celle d'un grand écart réalisé avec grâce... Une image qui serait aussi à l'image de ce que peut représenter le vin de Bourgogne réputé léger, complexe, subtil, élégant, une image à l'image de ce que réalise comme subtil équilibre le climat de la région, propice à l'éclosion de telles qualités, ou encore une image à l'image de ce que serait peut-être la gageure du vigneron dans sa tentative toujours renouvelée de tenir le meilleur équilibre, et de faire entrer lui aussi, tout en délicatesse, l'infini dans une bouteille... Une image ironique enfin, car c'est le lot de toute illusion — et ce ne serait là rien de plus — que de donner à envisager, bien plus que l'éventuelle virtuosité d'une réussite, l'absurde folie de la tentative elle-même, et que de donner à mesurer, à travers la vanité affichée de pareille visée, la valeur d'un effort, valeur d'autant plus grande peut-être, que l'effort est un effort de toutes façons désespéré. A l'arrivée, il y aurait un objet, une sculpture, un volume qui prendrait donc valeur d'image : un fût qui contiendrait ni plus ni moins que l'infini visuel d'un ciel frais et lumineux comme l'est celui dont on peut faire l'expérience en Bourgogne dans la fraîcheur d'un matin printanier.
  • 2019, conforme a la legende des millesimes en « 9 »

    Oui, c'est une année chaude, ce qui est presque normal pour un millésime en « 9 ». 

    Notons toutefois qu'elles se succèdent depuis 2015.


    Les notes de dégustation seront publiées au fur et à mesure de la mise en bouteille. 

    QUELQUES TRAITS SAILLANTS DE LA CAMPAGNE VITICOLE
    LES VENDANGES
    LS VINS
    NOTES DE DEGUSTATION BOURGOGNE ET VILLAGES
    NOTES DE DEGUSTATION PREMIERS CRUS
    NOTES DE DEGUSTATION GRANDS CRUS ET ASSIMILES
    DIplomée de l'Ensa Dijon en 2020, Eva vit et travaille à Dijon. Elle est en résidence en 2021 au Lycée de la Céramique de Longchamp et expose du 26 juin au 29 Août au Centre d'Art et de Villégiature de Mouthier Haute Pierre, Le Manoir.Elle est aussi @relzep sur Instagram

    Eva nous parle de son oeuvre :

    Tastevin2021
    (grès de Saint Amand, sept têtes grotesques émaillées à la cendre de vigne, ferraille de
    récupération.)
    Ma démarche actuelle porte sur l'appropriation des savoirs populaires à travers l'invention
    d'un registre folklorique alternatif. Il se traduit la plupart du temps par la création d'objets,
    d'installations, sculptures. J'utilise des médiums du registre vernaculaire, issus de l'artisanat,
    et des matériaux de récupération. Par ailleurs, l'humour est nécessaire à mon monde, car il
    permet plusieurs strates de lecture, et de se défier de la bêtise par l'ironie.
    C'est dans la continuité de ces recherches que j'ai pensé mon projet pour le prix de la Jeune
    Création Artistique. Ce qui m'intéresse dans les climats de Bourgogne, c'est que la spécificité de ce territoire est issue de siècles de travail du vignoble avec l'évolution des générations, des pratiques, des outils. Dans tout ce patrimoine, il y a un outil qui a spécifiquement retenu mon attention : le Tastevin.

    C'est un objet dont le symbole dépasse la fonction. Même s'il a été fait pour mirer le vin, voire le goûter, aujourd'hui il est d'abord un symbole de prestige du vin, avec notamment sa
    confrérie, les Chevaliers du tastevin. Cet objet est aussi traditionnellement transmis de
    vigneron.nes en héritier vigneron.nes. Dans un autre registre, on le retrouve dans tous les
    magasins de souvenirs touristique de la côte viticole.
    En agrandissant le tastevin, j'en ai fait une vasque, objet quasi rituel au-dessus duquel on se penche. Lorsqu'on regarde à l'intérieur, ce sont sept petites têtes grimaçantes qui nous
    regardent.
    Ces têtes grotesques sont des génies du vin, gargouilles gardiennes de l'ivresse.
    Le patrimoine immatériel, les chevaliers du tastevin, le prestige des vins de Bourgogne, tout
    cela a une finalité très concrète : au bout de la chaîne il y a du vin, et ce vin, on le boit. Cette boisson est depuis toujours liée au corps, aux plaisirs bacchiques, révélant parfois par l'ivresse les travers humains. Il est aussi créateur de sociabilité, vin joyeux à partager.
    Ainsi, la culture des Climats de Bourgogne étant une affaire très sérieuse, je me devais d'en
    rire avec ces gargouilles, résidentes du Tastevin !

    DIplômé de l'Ensa Dijon en 2019, Jérôme vit et travaille à Lyon. Actuellement en résidence au MAC Lyon, il expose jusqu'au 31 Octobre à Migennes, au port du canal et à Ouajdi Touch.

    Il est aussi à rencontrer sur https://www.jeromelavenir.com/


    C'est ainsi que dans l'air, qui est bleu, la soif est sans fond

    Matériaux divers dont tonneau 228 L., 72x88 cm, 2021


    Au départ il y aurait une image, simple et paradoxale, poétique et ironique tout à la fois, une image associant l'infini lumineux du ciel avec la stricte matérialité et la contenance limitée d'un objet à l'existence toute terrestre : le tonneau. Une image poétique en premier lieu. Gaston Bachelard, ce grand amoureux des poètes, du terroir et des éléments écrivait dans L'air et les songes, rédigé à Dijon en 1943, qu'en ses moments d'abandon au ciel bleu, la rêverie du poète en venait naturellement à « ne plus posséder que la dimension profonde », telle l'expérience d'une contemplation de l'infini dont le ciel bleu constituerait un archétype privilégié. Alors l'image d'un ciel bleu capturé, maîtrisé et conditionné par le savoir-faire humain serait ici pour moi comme l'expression d'une métaphore pour toutes les tentatives d'artistes fous et d'artisans passionnés, les uns comme les autres toujours en quête d'un absolu à ressaisir... Une image à l'image de mes propres obsessions de clarté, de légèreté, de complexité et de simplicité à la fois, d'élégance, de coïncidence des opposés, une image qui serait celle d'un grand écart réalisé avec grâce... Une image qui serait aussi à l'image de ce que peut représenter le vin de Bourgogne réputé léger, complexe, subtil, élégant, une image à l'image de ce que réalise comme subtil équilibre le climat de la région, propice à l'éclosion de telles qualités, ou encore une image à l'image de ce que serait peut-être la gageure du vigneron dans sa tentative toujours renouvelée de tenir le meilleur équilibre, et de faire entrer lui aussi, tout en délicatesse, l'infini dans une bouteille... Une image ironique enfin, car c'est le lot de toute illusion — et ce ne serait là rien de plus — que de donner à envisager, bien plus que l'éventuelle virtuosité d'une réussite, l'absurde folie de la tentative elle-même, et que de donner à mesurer, à travers la vanité affichée de pareille visée, la valeur d'un effort, valeur d'autant plus grande peut-être, que l'effort est un effort de toutes façons désespéré. A l'arrivée, il y aurait un objet, une sculpture, un volume qui prendrait donc valeur d'image : un fût qui contiendrait ni plus ni moins que l'infini visuel d'un ciel frais et lumineux comme l'est celui dont on peut faire l'expérience en Bourgogne dans la fraîcheur d'un matin printanier.

    La saison, y compris l'hiver, est marquée par un déficit en pluie assez conséquent. 

    Le printemps ne fut pas particulièrement précoce, avec en particulier un mois de mai assez frais, la fin de fleur laissait présager un début de récolte entre le 18 et le 20 septembre. Une année normale donc ... 

    C'était sans compter avec un été arrivant brusquement et permettant une pousse très rapide. Puis ce furent quelques épisodes de canicule ... 

    L'oïdium a été une constante préoccupation au cours de la saison mais les autres maladies nous ont laissé tranquilles. La situation était donc très saine à la vendange, avec juste un peu de sec à trier.


    Pendant ce temps, la chaleur et l'ensoleillement faisaient évoluer la maturation rapidement, nous conduisant à ré-évaluer constamment la date de vendange. 

    Finalement, le top départ fut donné le 13 septembre, presque une semaine avant la date initialement prévue ... Malgré une floraison parfois hétérogène, nous avons trouvé des raisins très mûrs, bons à récolter partout, y compris le Clos St Philibert, qui n'a pas eu le décalage habituel avec les vignes de la Côte. 

    Les degrés se sont envolés et sont très élevés (presque tous les vins sont autour de 14°) mais la bonne surprise fut de constater de belles acidités, assez mordantes même en début de cuvaison, avec des extractions de couleur profonde dès le début. Peu de fins de fermentation difficiles et au total, une vinification sans problème malgré la maturité élevée.

    Ils nous ont enthousiasmé dès le départ : riches, profonds, puissants mais tout en douceur ... Bien sûr, marqués par la maturité, avec énormément de sucrosité, mais également un soutien acide important, nettement plus intense qu'en 2018. Une très bonne base de départ ... 


    Dans ce cas, tout ce qu'il y a à craindre, c'est le syndrome « grand millésime », c'est à dire un peu trop de puissance qui gommerait les terroirs. Ce n'est pas le cas, l'élevage a joué son rôle et les vins se sont affinés, chacun est bien conforme à son caractère ! 

    Au passage, cela est rassurant quant aux effets du changement climatique sur notre région, la Bourgogne n'est pas dénaturée ...


    Des vins dont on peut probablement espérer l'évolution suivante : une jeunesse riche mais tout en volupté et gourmandise, certaines bouteilles étant à saisir dans cet état, par pur plaisir ; une période plus refermée, après 2-3 ans de bouteille, qu'il vaudrait mieux éviter ; une renaissance après 8-10 ans, où des vins plus tendus qu'au départ commenceront à montrer leur vrai visage et leur magnifique équilibre. Une évolution à la ... 2009 !


    BLANCS


    Bourgogne blanc

    Un joli nez ouvert, sur les fruits jaunes mûrs mais où on distingue tout de même une fraîcheur de bon aloi. Le bois est léger et bien intégré.

    En bouche, le vin est d'abord franc et vif, puis se déploie en montrant une belle rondeur (et même une pointe de chaleur) mais se termine en se resserrant sur l'acidité.

    L'ensemble produit une excellente impression, plaisante, équilibrée, gourmande, le vin paraît accessible dès la fin 2021 et doit rester à son optimum jusqu'en 2026.


    Hautes Côtes de Nuits Clos St Philibert

    Le nez est très expressif, néanmoins fin : des notes de fruits exotiques (litchi, ananas), une pointe de poivre et de végétal, un boisé bien intégré ...

    En bouche, le vin est subtil, fin, direct. La droiture est évidente, pour ceux qui visualisent la parcelle, on a l'impression de goûter ses cailloux ... L'acidité, traditionnelle dans ce vin, le porte et lui donne une belle longueur.

    Un « Clos St Phi » très bien équilibré et gourmand, même si le vin est encore assez discret et peut progresser. Attendre fin 2022 pour une consommation jusqu'à la fin de la décennie.


    Ladoix

    Un nez globalement aimable, où se détachent les fruits blancs, mais aussi un soupçon de réduction, annonçant une certaine austérité.

    En bouche, le vin est direct, assez dense et compact, avec pas mal de tension. L'acidité est présente en finale.

    Un vin où la gourmandise n'est pas absente mais qui présente actuellement un profil réservé et un peu fermé. L'élevage est encore un peu présent, ainsi que quelques notes soufrées. Le tout est prometteur mais demande à s'affiner jusqu'à 2022 au moins pour être dégusté.


    Saint-Aubin 1er cru 2018

    Des fruits jaunes et blancs et un boisé bien intégré caractérisent le nez, même si il est nécessaire de passer au dessus d'une certaine réduction soufrée au premier abord.

    La bouche est belle, avec du gras, la finale fine et épicée. Un reste d'acidité anguleuse subsiste en fin de dégustation.

    On retrouve bien le caractère du St Aubin, avec son austérité de bon aloi mais le vin gagnerait à attendre encore deux ou trois ans avant d'être consommé. De 2023 à 2030


    Meursault

    D'emblée, une aromatique franche, ouverte et bien mûre. Des arômes de miel mais également de fruits blancs et jaunes, d'agrumes, de fleurs ...

    On retrouve cette maturité en bouche, avec du gras en ouverture et un vin qui gagne en amplitude en milieu de bouche. La finale en revanche est encore serrée par une acidité assez présente qui demande encore à s'intégrer mais qui permet d'équilibrer le vin et lui confère une belle longueur.

    Vin solide, bien dans son appellation, très prometteur car à la fois mûr et acidulé. Pas encore prêt en revanche : il convient de le laisser vieillir encore minimum deux ans soit une dégustation à partir de 2023, pour un optimum vers 2028-2030.


    Corton Charlemagne : voir la section grands crus

    ROUGES


    Bourgogne Côte d'Or « hémisphère sud »

    Un nez ouvert, où l'on trouve des fruits noirs, de la figue et un léger végétal.

    En bouche, un côté charnu et rond, dense et cohérent, avec une finale plutôt fine, où une certaine chaleur se fait sentir.

    Très joli vin, qui montre déjà une belle finesse et que l'on peut donc déguster dès maintenant. Garde sans problème dans les 10 ans qui viennent.



    Bourgogne Côte d'Or « hémisphère nord »

    Un nez intense de fruits rouges écrasés (cerise griotte, fraise, figue fraîche) bien mûrs mais séducteurs.

    En bouche, une maturité évidente, du gras mais on évite la lourdeur. La finale est plus serrée, avec des tanins fougueux, qui prolongent le vin plus qu'ils ne le serrent et qui sont enveloppés par une belle sucrosité.

    Le tout constitue un mélange étonnant d'accessibilité, de gourmandise et de sérieux. Très ouvert, on peut déjà le consommer pour sa générosité de fruit mais il se gardera sans problème durant les 10 prochaines années.



    Bourgogne Côte d'Or « Etienne Camuzet »

    Le nez est un peu plus discret sur ce vin mais se livre progressivement : des fruits rouges et noirs, des fleurs, des cailloux humides ...

    En bouche, très souple, voir tendre, les tanins sont lisses, la finale légère et très gourmande. L'ensemble est très cohérent.

    Malgré une dégustation très sympathique, ce vin ne paraît pas complètement prêt à boire, il paraît encore un peu en retrait. À garder encore jusque'à fin 2022 pour une dégustation jusqu'en 2027.



    Marsannay

    Un nez ouvert de fruits rouges bien mûrs. Également des épices et des notes fumées.

    En bouche, le vin est charnu et bien présent, presque imposant. La texture est soyeuse et chaleureuse mais la finale presque tendue et l'acidité se fait remarquer.

    Voilà un vin expressif, agréable, multi-facettes et que l'on peut aborder dès maintenant bien que, selon toute probabilité, il gagnera en finesse au cours des prochaines années et en tout cas jusqu'en 2027.


    Fixin

    Les fruits rouges et noirs sont présents, bien que le nez soit assez discret. Malgré cela, il se dégage une impression de profondeur de ce premier contact.

    Comme souvent pour ce vin, la bouche est tendre, fine même au premier abord, puis la trame semble se densifier pour finir de nouveau sur une impression très élégante.

    Toujours beaucoup de charme pour cette cuvée très souple, qui pourrait cependant gagner en équilibre et densité au cours des prochains mois. À aborder fin 2022 pour une dégustation jusqu'en 2028.


    Morey Saint Denis

    Joli nez de fraise et de framboise, également de cerise noire, avec une touche de bois et de réglisse. Le tout est déjà bien intégré.

    En bouche, il donne l'impression d'être ramassé, tendu, avec une belle texture. La fraîcheur est là, bien présente, La finale est un peu tannique, avec une touche de rusticité, pas dominante cependant.

    4 ou 5 ans permettraient à ces éléments de se fondre car l'ensemble montre déjà une séduction certaine.



    Volnay

    Un nez très ouvert de cerise, avec des touches d'agrume et des notes sucrées. Un peu de réduction, le côté giboyeux qui en ressort demandera une bonne aération à l'ouverture.

    En bouche, un côté réservé, un peu tranchant dû à une assez grosse acidité qui porte le vin mais le rend un peu sévère. Une structure ramassée augurant d'un bon potentiel, précède une fin de bouche encore austère et qui demande à se délier.

    Ce vin manque un peu d'empathie aujourd'hui. Mais il devrait se détendre au cours des prochaines années, il y a une belle matière de départ qui ne demande qu'à s'exprimer.


    Pommard

    Une impression de densité au nez, conférée par des arômes de fruits noirs, des notes fumées et épicées et une légère réduction soufrée.

    La bouche montre une belle amplitude, paraît dense, solide mais également assez fondue. Des tannins plutôt charnus mais pas écrasants, prolongent le vin.

    L'ensemble paraît assez solide, bien assis et conforme à une certaine idée que l'on se fait de Pommard ... Cependant bien loin de la caricature rustique trop souvent véhiculée. Un peu de vieillissement est nécessaire pour préparer la dégustation, qui pourrait s'envisager à partir de 2024, jusqu'en 2030 pour l'optimum.


    Gevrey-Chambertin

    Oh, que ce nez est gourmand ! Des fruits rouges et noirs (fraise, framboise, cerise), des notes sucrées apportées par l'élevage (biscuit, cannelle, caramel) et quelques notes de fleur (iris, violette).

    Une fraîcheur un peu pointue en attaque, qui accompagne le vin. Celui-ci gagne en puissance au cours de la dégustation. L'acidité bien présente donne du rebond en finale.

    Voilà un vin avec de l'éclat, une saveur chatoyante et beaucoup d'harmonie. Déjà séducteur, il vieillira bien également, avec une garde sans problème de 7 à 9 ans. Pour autant, il n'est pas inconcevable de commencer à le goûter dès 2023.


    Chambolle-Musigny

    Une légère réduction vient au début de la dégustation quelque peu brouiller le message transmis par des fruits noirs intenses et de subtiles notes fumées.

    En bouche, une belle attaque, à la fois ferme et douce, beaucoup de fraîcheur, celle-ci étant encore plus perceptible qu'au nez. La finale est légèrement sévère, certains tannins accrochent encore mais accompagnent et prolongent la dégustation.

    C'est un vin sur une trame fraîche pour le millésime, il est donc logiquement encore réservé. Mais tout est là ! Il faut lui laisser un peu de temps pour révéler son équilibre et donc sa finesse, idéalement jusqu'en 2026 au moins.


    Nuits Saint Georges

    Voilà un joli nez subtil, composé de fruits rouges, de vanille, cannelle, boisé ... Le tout est ouvert, gourmand et bien intégré.

    En bouche, la texture est caressante et ample, les tannins fermes mais raffinés. On obtient ainsi une belle longueur, sur une impression de sucre et de finesse.

    Ce vin est à la fois harmonieux et structuré, complexe et profond. Il a beaucoup d'avenir, tout en étant abordable dès maintenant. Certainement un des vins emblématique du millésime, que l'on peut commencer à boire dès 2022 et que l'on pourra garder sans problème jusqu'en 2030.

    Vosne-Romanée

    Le premier contact est très avenant avec un nez ouvert, très fruité (avec notamment une belle expression de framboise et de cerise), frais, et un bois bien intégré (on y perçoit des notes de réglisse et de caramel).

    Très beau profil en bouche également : l'attaque est ample et vibrante ; une belle fraîcheur accompagne le vin tout au long de la dégustation, l'acidité le prolonge sans rendre la finale mordante.

    Il « glisse tout seul », semble très à l'aise dans son appellation et vous charme par sa construction délicate et gourmande. Un peu plus facile et abordable que d'habitude, il pourrait se boire dès 2023, même si l'optimum de dégustation se situe plutôt vers 2028 ou 2030.










    Fixin 1er Cru Clos du Chapitre

    Un nez que l'on qualifiera immédiatement de généreux et ouvert : les arômes se bousculent, entre fruits rouges et noirs, légèrement compotés, une touche végétale et épicée, quelques notes boisées pour soutenir le tout ... On a hâte de le goûter en bouche !

    La dégustation rectifie quelque peu la première approche avec une bouche fraîche en attaque, une trame tendue, assez droite, une finale juteuse et longue mais légèrement tannique.

    Un vin complet : belle maturité, acidité préservée, gourmandise aromatique ... Beaucoup de charme donc mais la structure bien présente impose un délai avant consommation. Nous préconisons d'attendre 3-4 ans au moins pour une dégustation optimisée entre 2028 et 2030.

    Chambolle-Musigny 1er Cru les Cras

    Au nez, la maturité est évidente et s'exprime par des fruits rouges écrasés et des notes sucrées comme le sucre de cane, la réglisse ou la cannelle. Une légère touche de menthol également. Le bois est présent mais bien intégré.

    L'impression est un peu différente en bouche, avec un vin plutôt ramassé, presque tendu, aux tannins souples et distingués. Il y a une pointe de chaleur en finale mais elle n'est pas dominante et l'ensemble paraît cohérent.

    Un peu plus réservé que d'habitude, ce vin montre d'excellentes dispositions au vieillissement ! Il a de la complexité à revendre, un peu d'évolution devrait lui permettre d'offrir toute la palette de ses charmes ... À aborder à partir de 2025.

    Chambolle-Musigny 1er Cru les Feusselottes

    Le nez est ouvert, même si le bois est bien présent actuellement : des notes de vanille, caramel, pour le côté sucré, réglisse et fumé pour la partie empyreumatique. Le fruit arrive à l'aération, bien mûr, avec de la cerise et de la figue fraiche.

    En bouche, le fût est nettement moins présent mais permet sans doute d'envelopper le vin, qui montre une très belle trame : fine, assez ciselée, néanmoins ample, avec une finale piquante, résultat de la combinaison entre l'acidité et les tannins.

    Un vin séducteur, déjà complexe, à la belle maturité. Typique du millésime, avec ce mélange entre acidité et maturité, il gagnera à vieillir jusqu'en 2026.

    Vosne-Romanée 1er Cru les Chaumes

    Un nez bien défini, où l'on trouve de beaux fruits rouges et noirs frais. Un beau boisé aussi, avec quelques notes anisées et mentholées.

    La bouche est droite, directe, très cohérente, avec une finale certes très longue mais légèrement austère. Les tannins sont racés, l'ensemble est pulpeux et vibrant.

    Il s'agit là une très belle version du millésime 2019, dotée d'une fraîcheur qui certes actuellement confère une certaine austérité au vin (quoique certains la trouveront tout à fait à leur goût dès aujourd'hui) mais qui l'assure d'un grand potentiel de vieillissement. À partir de 2030.

    Vosne Romanée 1er Cru

    Pour la première sensation au nez, le bois est encore assez présent, avec des notes fumées, de réglisse et d'épices. Du fruit, très noir, émerge cependant et donne de la gourmandise.

    En bouche, on est tout de suite séduit par une jolie finesse, une attaque franche et ronde, une sensation générale de d'équilibre et de souplesse, même si la finale paraît plus serrée et droite.

    Un vin sympathique et séducteur mais aussi structuré. Sa densité, sa finale plus ferme impose un vieillissement de quelques années, idéalement jusque 2030-2032, en tout cas au moins jusque 2027.


    Nuits St Georges 1er Cru

    Une structure aromatique qui s'exprime d'abord par des notes empyreumatiques et réglissées. Le fruit est présent bien sûr, sous forme de framboise principalement. Également notables, des notes végétales et d'humus, pas désagréables, surtout qu'elles ne dépareillent pas dans un Nuits St Georges.

    En bouche, le vin est assez droit, avec beaucoup de minéralité malgré une maturité évidente. L'acidité reprend le dessus en finale et le vin se termine dans un registre épicé.

    L'ensemble est très agréable, plutôt sympathique mais il faudra un peu de temps pour digérer le boisé encore bien présent. À aborder dans 4-5 ans.


    Nuits St Georges 1er Cru les Perrières

    Le nez est plutôt ouvert même s'il faut solliciter le vin : le départ est en retrait, puis la cerise noire apparaît, des arômes de bonbons, des notes boisées ... Le mariage entre le fruit et le bois est harmonieux à ce stade.

    En bouche, la finesse est l'impression dominante : frais, subtil, un peu sur la réserve mais beaucoup de longueur et même d'éclat.

    Il est évident que ce vin a du potentiel ... et que ce potentiel, malgré l'évidente finesse actuelle, n'est pas encore réalisé. Un vieillissement de quelques années (jusqu'en 2026 au moins) lui fera prendre un peu plus d'ampleur et révélera encore plus la jolie définition et la sophistication qui sont ses caractéristiques majeures.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Argillas

    Aromatiquement encore un peu dominé par le bois (notes de vanille), même si des épices et surtout des fruits rouges (framboise, fraise, groseille ...) sont aussi bien présents.

    L'entrée en bouche est distinguée, avec une amplitude de bon aloi ; une certaine droiture s'exprime ensuite mais la finesse persiste, la texture est savoureuse et l'on ne peut qualifier ce vin de sévère.

    Un vin finalement plus élégant et abordable que d'habitude. Certes le terroir paraît signé par une légère amertume en fin de bouche et on peut aussi imaginer une plus grande ouverture à terme mais pour certains, il paraîtra déjà tout à fait abordable. Un vieillissement jusqu'en 2030 est toutefois conseillé.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Murgers

    Dès le début, un nez gourmand en diable, très diversifié : on y trouve aussi bien de la griotte, de la myrtille, de la menthe, des notes de grillé et de pierre à fusil. Cela compose un ensemble tout à fait enjôleur et charmant.

    La bouche est suave au départ, un peu sur la réserve, le fruité réapparaît au milieu de dégustation et la finale est tout en dentelle.

    Vous l'aurez compris, ce vin est extrêmement séduisant même si l'on ne peut s'empêcher de remarquer une certaine réserve. Il gagnera donc à vieillir encore, sans problème une dizaine d'année et bien plus encore. Pour les impatients, on peut commencer à l'aborder dans 5-6 ans.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Boudots

    Le nez est bien ouvert et déjà très séducteur : on y trouve des fruits rouges et noirs, quelques notes florales et le bois fournit un très beau support sucré (vanille et caramel) à la trame du vin, que l'on devine déjà gourmande. On a du mal à s'en détacher ...

    La bouche est volumineuse, très ample, marquée par des tannins soyeux et racés. Le bois accompagne bien le vin, lui donne de l'énergie, même si la finale pourrait être plus expressive.

    Caressant, d'une très belle texture mais n'oubliant pas d'être complexe, ce vin a énormément d'atouts et devrait être une des stars du millésime ! Il se goûte même très bien maintenant ... même si sa masse supportera très bien un vieillissement d'une dizaine d'années (jusqu'en 2030) pour encore plus de sensations !


    Corton Charlemagne

    Un nez certes un peu discret mais élégant : le bois apporte entre autres des notes sucrées, fumées et anisées ; quelques fruits exotiques et notes végétales sont à noter également. L'ensemble est déjà gourmand.

    En bouche, beaucoup de précision, même si l'on retrouve la réserve perçue au nez : le vin paraît rond, presque riche parfois mais assez ramassé et pas très expansif, malgré une texture grasse et une vivacité de bon aloi en finale.

    Un vin d'une belle noblesse et finesse, dont le principal atout aujourd'hui est sa finale longue et complexe. Il demande encore à se développer 3 ou 4 ans pour un optimum de dégustation entre 2028 et 2030.



    Charmes-Chambertin

    Le nez, assez discret au premier abord, offre principalement des notes de cerise (griotte, kirsch) et de bois (fumé, cacao, réglisse). Egalement quelques notes florales qui rendent le tout bien complexe.

    En bouche, le vin montre d'abord un côté soyeux, caressant, doucereux même. Puis l'acidité reprend le dessus et fait un retour en force en fin de bouche ; cela a pour effet de bien allonger le vin sans lui faire perdre sa délicatesse.

    Il n'est pas du tout dévalorisant de dire que le vin est assez immédiat et gratifiant à ce stade, bien dans l'expression de son terroir. On peut détecter une certaine réserve tout de même, comme c'est normal pour un grand cru ; de ce fait, il faudrait l'attendre idéalement au moins jusqu'en 2029.


    Corton Perrières

    Tout de suite à l'ouverture un joli nez complexe où l'on trouve des fruits rouges mûrs (fraise et framboise), des épices boisés et des notes florales et végétales (menthol) dues à une légère addition de rafles. À l'aération, des fruits plus noirs et des notes minérales (calcaire).

    En bouche, il commence discrètement, apparaît très fin et agréable, sans s'imposer. Mais il monte en puissance rapidement et se développe avec un coeur de bouche vif et dynamique, un beau fruit et une trame tannique séveuse et ferme. Et toujours cette impression de cailloux ...

    Un vin qui cultive sa différence : plus droit, une certaine fermeté mais sans austérité. Mais cette année, il paraît plus fin et approchable, on dirait même séducteur, avec une belle dynamique et une finale étirée.

    Corton Clos Rognet

    Dès l'ouverture, une grande amplitude aromatique, où l'on trouve des fruits rouges et noirs, bien mûrs, une belle expression de bois avec des arômes presque pâtissiers (main d'épice, vanille) bien intégrés. Très prometteur et salivant !

    En bouche, amplitude et concentration dès le départ mais sans que le vin apparaisse comme lourd ! Il y a beaucoup d'énergie, de vibrations même en finale, qui le maintiennent sur une belle dynamique.

    Ce vin représente une très belle expression de Corton et du millésime : la maturité est là, assurément, mais sans être écrasante. Comme toujours, le vieillissement devrait être progressif. Actuellement assez fondu, il n'est pas impensable de le déguster dans les deux ans, pour les amateurs de vins jeunes ... Pour les autres, on peut aisément attendre 10 à 12 ans, soit à partir de 2032.


    Corton La Vigne au Saint

    Un nez encore discret mais où l'on trouve des fruits noirs, des notes boisées sucrées comme la vanille et le caramel, des épices, une touche florale, et peut-être un peu de réduction qui expliquerait cette réserve aromatique.

    En bouche, une belle amplitude et une séduction immédiate : la texture est à la fois tendre, fine, juteuse, pétillante en fin de bouche ... et très « buvable » car la structure est raffinée, presque aérienne pour le millésime.

    Un ensemble très avenant, pour autant, on sent que le vin est encore un peu fermé et surtout, qu'il peut faire plus ! il vaudrait mieux attendre jusque 2031.


    Clos de Vougeot

    Un nez fin mais néanmoins varié et ouvert, où l'on trouve des fruits rouges, de la prune fraîche, de légères notes fumées d'un élevage bien intégré et surtout un côté terrien, que l'on ne s'étonne pas de trouver dans cette appellation.

    La bouche est délicate en attaque mais montre bien vite une belle présence, avec de la sucrosité et une finale longue, toute en persistance fine.

    Assurément un très bel ensemble, complexe et svelte, pour un vin un peu plus massif, ressemblant plus à l'image de l'appellation que d'habitude. De ce fait, un peu moins facile malgré la finesse et la gourmandise inhérente à cette cuvée ... Tout de même approchable dans les deux ans mais il nous semble bien que le potentiel ne sera pleinement réalisé que dans une dizaine d'années, soit à partir de 2031.

    Échezeaux les Rouges du Bas

    Quel festival au nez ! Des fruits noirs intenses (notamment la mûre), des notes fumées et anisées, un boisé qui apporte des arômes gourmands (pâte sablée, crème pâtissière) ... On est déjà sous le charme !

    En bouche, l'attaque est franche, ample et solide. Mais cela ne donne pas du tout une dimension imposante au vin, la concentration est sous-jacente, elle soutient le vin et lui donne consistance et cohérence. On pourrait également évoquer l'acidité, qui permet une belle fraîcheur et donne une longueur prometteuse.

    Par son intensité et sa palette aromatique et gustative, ce vin donne déjà beaucoup de plaisir. Plus approchable que d'habitude, pour les amateurs de jeunes vins, il permet déjà de se faire plaisir avec une grand cru. Pour la majorité cependant, il vaudra mieux le garder une douzaine d'années encore, soit jusqu'à 2033.


    Vosne-Romanée 1er Cru aux Brulées

    Des arômes fugaces mais qui au final composent une aromatique complexe et élégante : on y trouve des fruits rouges, des notes épicées, un bois légèrement fumé (qui permettent au vin de bien porter son nom), tout cela assez changeant et plaisant.

    L'entrée en bouche est très belle, d'une grande amplitude, à la fois tapissante et gourmande. La finale est très longue et fine, très séductrice.

    Voilà un vin majestueux, comme Vosne sait l'être, impression corrigée tout de suite par une extrême élégance et douceur, surtout en finale. On sent néanmoins une certaine austérité (ou est-ce de la réserve ?) qui nous fait penser qu'il vaudrait mieux le laisser s'intégrer encore jusqu'en 2032.

    Vosne-Romanée 1er Cru au Cros Parantoux

    Un fruit puissant se mêle aux notes d'élevage encore un peu présentes : des fruits rouge-noirs intenses complétés par des notes de cannelle, de ronce, d'anis ...

    En bouche, l'attaque est ample avec une belle présence et une texture enveloppante. Cette matière est embellie par un fruité qui persiste bien après la première approche au nez. La finale est un peu serrée, minérale, assez peu expansive mais étirée encore par le fruit.

    Un vin sur la fraîcheur, pétillant, qui n'a pas tout donné mais fin. Aucune lourdeur, une certaine réserve mais au total, plus accessible que d'habitude. Malgré cela, un vieillissement de plusieurs années lui sera bénéfique. On peut envisager de commencer à le boire à partir de 2030.


    Richebourg

    Un nez similaire dans sa structure à celui du Cros Parantoux mais avec une expression différente : une belle intensité de fruits rouges et noirs avec des notes d'élevage sur le fumé-grillé. S'y ajoutent des parfums floraux comme la violette et la pivoine.

    En bouche, la majesté habituelle du Richebourg, avec son côté tapissant et sérieux. La structure est très régulière en cours de dégustation, jusqu'à une finale légèrement sévère, avec une petite touche de chaleur.

    Un vin posé, solide, impressionnant par bien des aspects. Il faut attendre un bon vieillissement (2032 au moins) pour qu'il acquière toute la finesse et la complexité dont il est capable !


  • les 2014 apres 5 ans de bouteille

    L'année dernière, nous avons inauguré un cycle de dégustation « 5 ans après » pour juger l'évolution et la présentation des vins après 5 ans de bouteille.

    Lors de la même dégustation il y a un an, le millésime 2013 nous avait surpris par son ouverture, qu'en est il des 2014 aujourd'hui ? 
    Comme l'année dernière, nous avions des amis pour nous assister, cette fois une fine équipe de FICOFI, Delphine en tête, merci à eux pour l'excellent accompagnement qu'ils nous ont prodigué ! 
    Notre expérience jusqu'à présent avec 2014, c'est qu'après une belle « mise en place » dans les deux premières années de vieillissement, les vins avaient eu tendance à se refermer, une évolution somme toute très classique, les 2013 constituant plutôt une exception à cet égard.

     

    À l'époque de sa mise sur le marché, nous avions décrit 2014 comme un millésime d'équilibre : maturité tout à fait convenable, entre 12,5 et 13°, acidité et tannins bien présents mais sans excès. Les vins d'entrée de gamme étaient décrits comme « approchables », les premiers crus et grands crus comme « structurés » voire « sérieux ».

    Même si les vendanges n'ont pas été particulièrement tardives cette année-là (début le 13 septembre), il ne s'agit donc pas d'une année chaude, c'est même notre dernière année fraîche : tous les millésimes depuis ont été en effet marqués par la chaleur, peut-être à des degrés divers, en tout cas suffisamment pour donner des caractéristiques d'années mûres à nos vins.
    Ce contexte n'est pas anodin car nos palais se re-étalonnent vite et nous ne sommes peut-être plus tellement prêts à évaluer un millésime comme 2014, assez éloigné de ces caractéristiques de concentration et de sucrosité.


    Place à la dégustation proprement dite ! Les vins ont tous été goûtés à leur ouverture, sans préparation, ce qui permet de juger leur évolution.



    NOTES DE DEGUSTATION
    BILAN DE LA DEGUSTATION
    DIplomée de l'Ensa Dijon en 2020, Eva vit et travaille à Dijon. Elle est en résidence en 2021 au Lycée de la Céramique de Longchamp et expose du 26 juin au 29 Août au Centre d'Art et de Villégiature de Mouthier Haute Pierre, Le Manoir.Elle est aussi @relzep sur Instagram

    Eva nous parle de son oeuvre :

    Tastevin2021
    (grès de Saint Amand, sept têtes grotesques émaillées à la cendre de vigne, ferraille de
    récupération.)
    Ma démarche actuelle porte sur l'appropriation des savoirs populaires à travers l'invention
    d'un registre folklorique alternatif. Il se traduit la plupart du temps par la création d'objets,
    d'installations, sculptures. J'utilise des médiums du registre vernaculaire, issus de l'artisanat,
    et des matériaux de récupération. Par ailleurs, l'humour est nécessaire à mon monde, car il
    permet plusieurs strates de lecture, et de se défier de la bêtise par l'ironie.
    C'est dans la continuité de ces recherches que j'ai pensé mon projet pour le prix de la Jeune
    Création Artistique. Ce qui m'intéresse dans les climats de Bourgogne, c'est que la spécificité de ce territoire est issue de siècles de travail du vignoble avec l'évolution des générations, des pratiques, des outils. Dans tout ce patrimoine, il y a un outil qui a spécifiquement retenu mon attention : le Tastevin.

    C'est un objet dont le symbole dépasse la fonction. Même s'il a été fait pour mirer le vin, voire le goûter, aujourd'hui il est d'abord un symbole de prestige du vin, avec notamment sa
    confrérie, les Chevaliers du tastevin. Cet objet est aussi traditionnellement transmis de
    vigneron.nes en héritier vigneron.nes. Dans un autre registre, on le retrouve dans tous les
    magasins de souvenirs touristique de la côte viticole.
    En agrandissant le tastevin, j'en ai fait une vasque, objet quasi rituel au-dessus duquel on se penche. Lorsqu'on regarde à l'intérieur, ce sont sept petites têtes grimaçantes qui nous
    regardent.
    Ces têtes grotesques sont des génies du vin, gargouilles gardiennes de l'ivresse.
    Le patrimoine immatériel, les chevaliers du tastevin, le prestige des vins de Bourgogne, tout
    cela a une finalité très concrète : au bout de la chaîne il y a du vin, et ce vin, on le boit. Cette boisson est depuis toujours liée au corps, aux plaisirs bacchiques, révélant parfois par l'ivresse les travers humains. Il est aussi créateur de sociabilité, vin joyeux à partager.
    Ainsi, la culture des Climats de Bourgogne étant une affaire très sérieuse, je me devais d'en
    rire avec ces gargouilles, résidentes du Tastevin !

    DIplômé de l'Ensa Dijon en 2019, Jérôme vit et travaille à Lyon. Actuellement en résidence au MAC Lyon, il expose jusqu'au 31 Octobre à Migennes, au port du canal et à Ouajdi Touch.

    Il est aussi à rencontrer sur https://www.jeromelavenir.com/


    C'est ainsi que dans l'air, qui est bleu, la soif est sans fond

    Matériaux divers dont tonneau 228 L., 72x88 cm, 2021


    Au départ il y aurait une image, simple et paradoxale, poétique et ironique tout à la fois, une image associant l'infini lumineux du ciel avec la stricte matérialité et la contenance limitée d'un objet à l'existence toute terrestre : le tonneau. Une image poétique en premier lieu. Gaston Bachelard, ce grand amoureux des poètes, du terroir et des éléments écrivait dans L'air et les songes, rédigé à Dijon en 1943, qu'en ses moments d'abandon au ciel bleu, la rêverie du poète en venait naturellement à « ne plus posséder que la dimension profonde », telle l'expérience d'une contemplation de l'infini dont le ciel bleu constituerait un archétype privilégié. Alors l'image d'un ciel bleu capturé, maîtrisé et conditionné par le savoir-faire humain serait ici pour moi comme l'expression d'une métaphore pour toutes les tentatives d'artistes fous et d'artisans passionnés, les uns comme les autres toujours en quête d'un absolu à ressaisir... Une image à l'image de mes propres obsessions de clarté, de légèreté, de complexité et de simplicité à la fois, d'élégance, de coïncidence des opposés, une image qui serait celle d'un grand écart réalisé avec grâce... Une image qui serait aussi à l'image de ce que peut représenter le vin de Bourgogne réputé léger, complexe, subtil, élégant, une image à l'image de ce que réalise comme subtil équilibre le climat de la région, propice à l'éclosion de telles qualités, ou encore une image à l'image de ce que serait peut-être la gageure du vigneron dans sa tentative toujours renouvelée de tenir le meilleur équilibre, et de faire entrer lui aussi, tout en délicatesse, l'infini dans une bouteille... Une image ironique enfin, car c'est le lot de toute illusion — et ce ne serait là rien de plus — que de donner à envisager, bien plus que l'éventuelle virtuosité d'une réussite, l'absurde folie de la tentative elle-même, et que de donner à mesurer, à travers la vanité affichée de pareille visée, la valeur d'un effort, valeur d'autant plus grande peut-être, que l'effort est un effort de toutes façons désespéré. A l'arrivée, il y aurait un objet, une sculpture, un volume qui prendrait donc valeur d'image : un fût qui contiendrait ni plus ni moins que l'infini visuel d'un ciel frais et lumineux comme l'est celui dont on peut faire l'expérience en Bourgogne dans la fraîcheur d'un matin printanier.

    La saison, y compris l'hiver, est marquée par un déficit en pluie assez conséquent. 

    Le printemps ne fut pas particulièrement précoce, avec en particulier un mois de mai assez frais, la fin de fleur laissait présager un début de récolte entre le 18 et le 20 septembre. Une année normale donc ... 

    C'était sans compter avec un été arrivant brusquement et permettant une pousse très rapide. Puis ce furent quelques épisodes de canicule ... 

    L'oïdium a été une constante préoccupation au cours de la saison mais les autres maladies nous ont laissé tranquilles. La situation était donc très saine à la vendange, avec juste un peu de sec à trier.


    Pendant ce temps, la chaleur et l'ensoleillement faisaient évoluer la maturation rapidement, nous conduisant à ré-évaluer constamment la date de vendange. 

    Finalement, le top départ fut donné le 13 septembre, presque une semaine avant la date initialement prévue ... Malgré une floraison parfois hétérogène, nous avons trouvé des raisins très mûrs, bons à récolter partout, y compris le Clos St Philibert, qui n'a pas eu le décalage habituel avec les vignes de la Côte. 

    Les degrés se sont envolés et sont très élevés (presque tous les vins sont autour de 14°) mais la bonne surprise fut de constater de belles acidités, assez mordantes même en début de cuvaison, avec des extractions de couleur profonde dès le début. Peu de fins de fermentation difficiles et au total, une vinification sans problème malgré la maturité élevée.

    Ils nous ont enthousiasmé dès le départ : riches, profonds, puissants mais tout en douceur ... Bien sûr, marqués par la maturité, avec énormément de sucrosité, mais également un soutien acide important, nettement plus intense qu'en 2018. Une très bonne base de départ ... 


    Dans ce cas, tout ce qu'il y a à craindre, c'est le syndrome « grand millésime », c'est à dire un peu trop de puissance qui gommerait les terroirs. Ce n'est pas le cas, l'élevage a joué son rôle et les vins se sont affinés, chacun est bien conforme à son caractère ! 

    Au passage, cela est rassurant quant aux effets du changement climatique sur notre région, la Bourgogne n'est pas dénaturée ...


    Des vins dont on peut probablement espérer l'évolution suivante : une jeunesse riche mais tout en volupté et gourmandise, certaines bouteilles étant à saisir dans cet état, par pur plaisir ; une période plus refermée, après 2-3 ans de bouteille, qu'il vaudrait mieux éviter ; une renaissance après 8-10 ans, où des vins plus tendus qu'au départ commenceront à montrer leur vrai visage et leur magnifique équilibre. Une évolution à la ... 2009 !


    BLANCS


    Bourgogne blanc

    Un joli nez ouvert, sur les fruits jaunes mûrs mais où on distingue tout de même une fraîcheur de bon aloi. Le bois est léger et bien intégré.

    En bouche, le vin est d'abord franc et vif, puis se déploie en montrant une belle rondeur (et même une pointe de chaleur) mais se termine en se resserrant sur l'acidité.

    L'ensemble produit une excellente impression, plaisante, équilibrée, gourmande, le vin paraît accessible dès la fin 2021 et doit rester à son optimum jusqu'en 2026.


    Hautes Côtes de Nuits Clos St Philibert

    Le nez est très expressif, néanmoins fin : des notes de fruits exotiques (litchi, ananas), une pointe de poivre et de végétal, un boisé bien intégré ...

    En bouche, le vin est subtil, fin, direct. La droiture est évidente, pour ceux qui visualisent la parcelle, on a l'impression de goûter ses cailloux ... L'acidité, traditionnelle dans ce vin, le porte et lui donne une belle longueur.

    Un « Clos St Phi » très bien équilibré et gourmand, même si le vin est encore assez discret et peut progresser. Attendre fin 2022 pour une consommation jusqu'à la fin de la décennie.


    Ladoix

    Un nez globalement aimable, où se détachent les fruits blancs, mais aussi un soupçon de réduction, annonçant une certaine austérité.

    En bouche, le vin est direct, assez dense et compact, avec pas mal de tension. L'acidité est présente en finale.

    Un vin où la gourmandise n'est pas absente mais qui présente actuellement un profil réservé et un peu fermé. L'élevage est encore un peu présent, ainsi que quelques notes soufrées. Le tout est prometteur mais demande à s'affiner jusqu'à 2022 au moins pour être dégusté.


    Saint-Aubin 1er cru 2018

    Des fruits jaunes et blancs et un boisé bien intégré caractérisent le nez, même si il est nécessaire de passer au dessus d'une certaine réduction soufrée au premier abord.

    La bouche est belle, avec du gras, la finale fine et épicée. Un reste d'acidité anguleuse subsiste en fin de dégustation.

    On retrouve bien le caractère du St Aubin, avec son austérité de bon aloi mais le vin gagnerait à attendre encore deux ou trois ans avant d'être consommé. De 2023 à 2030


    Meursault

    D'emblée, une aromatique franche, ouverte et bien mûre. Des arômes de miel mais également de fruits blancs et jaunes, d'agrumes, de fleurs ...

    On retrouve cette maturité en bouche, avec du gras en ouverture et un vin qui gagne en amplitude en milieu de bouche. La finale en revanche est encore serrée par une acidité assez présente qui demande encore à s'intégrer mais qui permet d'équilibrer le vin et lui confère une belle longueur.

    Vin solide, bien dans son appellation, très prometteur car à la fois mûr et acidulé. Pas encore prêt en revanche : il convient de le laisser vieillir encore minimum deux ans soit une dégustation à partir de 2023, pour un optimum vers 2028-2030.


    Corton Charlemagne : voir la section grands crus

    ROUGES


    Bourgogne Côte d'Or « hémisphère sud »

    Un nez ouvert, où l'on trouve des fruits noirs, de la figue et un léger végétal.

    En bouche, un côté charnu et rond, dense et cohérent, avec une finale plutôt fine, où une certaine chaleur se fait sentir.

    Très joli vin, qui montre déjà une belle finesse et que l'on peut donc déguster dès maintenant. Garde sans problème dans les 10 ans qui viennent.



    Bourgogne Côte d'Or « hémisphère nord »

    Un nez intense de fruits rouges écrasés (cerise griotte, fraise, figue fraîche) bien mûrs mais séducteurs.

    En bouche, une maturité évidente, du gras mais on évite la lourdeur. La finale est plus serrée, avec des tanins fougueux, qui prolongent le vin plus qu'ils ne le serrent et qui sont enveloppés par une belle sucrosité.

    Le tout constitue un mélange étonnant d'accessibilité, de gourmandise et de sérieux. Très ouvert, on peut déjà le consommer pour sa générosité de fruit mais il se gardera sans problème durant les 10 prochaines années.



    Bourgogne Côte d'Or « Etienne Camuzet »

    Le nez est un peu plus discret sur ce vin mais se livre progressivement : des fruits rouges et noirs, des fleurs, des cailloux humides ...

    En bouche, très souple, voir tendre, les tanins sont lisses, la finale légère et très gourmande. L'ensemble est très cohérent.

    Malgré une dégustation très sympathique, ce vin ne paraît pas complètement prêt à boire, il paraît encore un peu en retrait. À garder encore jusque'à fin 2022 pour une dégustation jusqu'en 2027.



    Marsannay

    Un nez ouvert de fruits rouges bien mûrs. Également des épices et des notes fumées.

    En bouche, le vin est charnu et bien présent, presque imposant. La texture est soyeuse et chaleureuse mais la finale presque tendue et l'acidité se fait remarquer.

    Voilà un vin expressif, agréable, multi-facettes et que l'on peut aborder dès maintenant bien que, selon toute probabilité, il gagnera en finesse au cours des prochaines années et en tout cas jusqu'en 2027.


    Fixin

    Les fruits rouges et noirs sont présents, bien que le nez soit assez discret. Malgré cela, il se dégage une impression de profondeur de ce premier contact.

    Comme souvent pour ce vin, la bouche est tendre, fine même au premier abord, puis la trame semble se densifier pour finir de nouveau sur une impression très élégante.

    Toujours beaucoup de charme pour cette cuvée très souple, qui pourrait cependant gagner en équilibre et densité au cours des prochains mois. À aborder fin 2022 pour une dégustation jusqu'en 2028.


    Morey Saint Denis

    Joli nez de fraise et de framboise, également de cerise noire, avec une touche de bois et de réglisse. Le tout est déjà bien intégré.

    En bouche, il donne l'impression d'être ramassé, tendu, avec une belle texture. La fraîcheur est là, bien présente, La finale est un peu tannique, avec une touche de rusticité, pas dominante cependant.

    4 ou 5 ans permettraient à ces éléments de se fondre car l'ensemble montre déjà une séduction certaine.



    Volnay

    Un nez très ouvert de cerise, avec des touches d'agrume et des notes sucrées. Un peu de réduction, le côté giboyeux qui en ressort demandera une bonne aération à l'ouverture.

    En bouche, un côté réservé, un peu tranchant dû à une assez grosse acidité qui porte le vin mais le rend un peu sévère. Une structure ramassée augurant d'un bon potentiel, précède une fin de bouche encore austère et qui demande à se délier.

    Ce vin manque un peu d'empathie aujourd'hui. Mais il devrait se détendre au cours des prochaines années, il y a une belle matière de départ qui ne demande qu'à s'exprimer.


    Pommard

    Une impression de densité au nez, conférée par des arômes de fruits noirs, des notes fumées et épicées et une légère réduction soufrée.

    La bouche montre une belle amplitude, paraît dense, solide mais également assez fondue. Des tannins plutôt charnus mais pas écrasants, prolongent le vin.

    L'ensemble paraît assez solide, bien assis et conforme à une certaine idée que l'on se fait de Pommard ... Cependant bien loin de la caricature rustique trop souvent véhiculée. Un peu de vieillissement est nécessaire pour préparer la dégustation, qui pourrait s'envisager à partir de 2024, jusqu'en 2030 pour l'optimum.


    Gevrey-Chambertin

    Oh, que ce nez est gourmand ! Des fruits rouges et noirs (fraise, framboise, cerise), des notes sucrées apportées par l'élevage (biscuit, cannelle, caramel) et quelques notes de fleur (iris, violette).

    Une fraîcheur un peu pointue en attaque, qui accompagne le vin. Celui-ci gagne en puissance au cours de la dégustation. L'acidité bien présente donne du rebond en finale.

    Voilà un vin avec de l'éclat, une saveur chatoyante et beaucoup d'harmonie. Déjà séducteur, il vieillira bien également, avec une garde sans problème de 7 à 9 ans. Pour autant, il n'est pas inconcevable de commencer à le goûter dès 2023.


    Chambolle-Musigny

    Une légère réduction vient au début de la dégustation quelque peu brouiller le message transmis par des fruits noirs intenses et de subtiles notes fumées.

    En bouche, une belle attaque, à la fois ferme et douce, beaucoup de fraîcheur, celle-ci étant encore plus perceptible qu'au nez. La finale est légèrement sévère, certains tannins accrochent encore mais accompagnent et prolongent la dégustation.

    C'est un vin sur une trame fraîche pour le millésime, il est donc logiquement encore réservé. Mais tout est là ! Il faut lui laisser un peu de temps pour révéler son équilibre et donc sa finesse, idéalement jusqu'en 2026 au moins.


    Nuits Saint Georges

    Voilà un joli nez subtil, composé de fruits rouges, de vanille, cannelle, boisé ... Le tout est ouvert, gourmand et bien intégré.

    En bouche, la texture est caressante et ample, les tannins fermes mais raffinés. On obtient ainsi une belle longueur, sur une impression de sucre et de finesse.

    Ce vin est à la fois harmonieux et structuré, complexe et profond. Il a beaucoup d'avenir, tout en étant abordable dès maintenant. Certainement un des vins emblématique du millésime, que l'on peut commencer à boire dès 2022 et que l'on pourra garder sans problème jusqu'en 2030.

    Vosne-Romanée

    Le premier contact est très avenant avec un nez ouvert, très fruité (avec notamment une belle expression de framboise et de cerise), frais, et un bois bien intégré (on y perçoit des notes de réglisse et de caramel).

    Très beau profil en bouche également : l'attaque est ample et vibrante ; une belle fraîcheur accompagne le vin tout au long de la dégustation, l'acidité le prolonge sans rendre la finale mordante.

    Il « glisse tout seul », semble très à l'aise dans son appellation et vous charme par sa construction délicate et gourmande. Un peu plus facile et abordable que d'habitude, il pourrait se boire dès 2023, même si l'optimum de dégustation se situe plutôt vers 2028 ou 2030.










    Fixin 1er Cru Clos du Chapitre

    Un nez que l'on qualifiera immédiatement de généreux et ouvert : les arômes se bousculent, entre fruits rouges et noirs, légèrement compotés, une touche végétale et épicée, quelques notes boisées pour soutenir le tout ... On a hâte de le goûter en bouche !

    La dégustation rectifie quelque peu la première approche avec une bouche fraîche en attaque, une trame tendue, assez droite, une finale juteuse et longue mais légèrement tannique.

    Un vin complet : belle maturité, acidité préservée, gourmandise aromatique ... Beaucoup de charme donc mais la structure bien présente impose un délai avant consommation. Nous préconisons d'attendre 3-4 ans au moins pour une dégustation optimisée entre 2028 et 2030.

    Chambolle-Musigny 1er Cru les Cras

    Au nez, la maturité est évidente et s'exprime par des fruits rouges écrasés et des notes sucrées comme le sucre de cane, la réglisse ou la cannelle. Une légère touche de menthol également. Le bois est présent mais bien intégré.

    L'impression est un peu différente en bouche, avec un vin plutôt ramassé, presque tendu, aux tannins souples et distingués. Il y a une pointe de chaleur en finale mais elle n'est pas dominante et l'ensemble paraît cohérent.

    Un peu plus réservé que d'habitude, ce vin montre d'excellentes dispositions au vieillissement ! Il a de la complexité à revendre, un peu d'évolution devrait lui permettre d'offrir toute la palette de ses charmes ... À aborder à partir de 2025.

    Chambolle-Musigny 1er Cru les Feusselottes

    Le nez est ouvert, même si le bois est bien présent actuellement : des notes de vanille, caramel, pour le côté sucré, réglisse et fumé pour la partie empyreumatique. Le fruit arrive à l'aération, bien mûr, avec de la cerise et de la figue fraiche.

    En bouche, le fût est nettement moins présent mais permet sans doute d'envelopper le vin, qui montre une très belle trame : fine, assez ciselée, néanmoins ample, avec une finale piquante, résultat de la combinaison entre l'acidité et les tannins.

    Un vin séducteur, déjà complexe, à la belle maturité. Typique du millésime, avec ce mélange entre acidité et maturité, il gagnera à vieillir jusqu'en 2026.

    Vosne-Romanée 1er Cru les Chaumes

    Un nez bien défini, où l'on trouve de beaux fruits rouges et noirs frais. Un beau boisé aussi, avec quelques notes anisées et mentholées.

    La bouche est droite, directe, très cohérente, avec une finale certes très longue mais légèrement austère. Les tannins sont racés, l'ensemble est pulpeux et vibrant.

    Il s'agit là une très belle version du millésime 2019, dotée d'une fraîcheur qui certes actuellement confère une certaine austérité au vin (quoique certains la trouveront tout à fait à leur goût dès aujourd'hui) mais qui l'assure d'un grand potentiel de vieillissement. À partir de 2030.

    Vosne Romanée 1er Cru

    Pour la première sensation au nez, le bois est encore assez présent, avec des notes fumées, de réglisse et d'épices. Du fruit, très noir, émerge cependant et donne de la gourmandise.

    En bouche, on est tout de suite séduit par une jolie finesse, une attaque franche et ronde, une sensation générale de d'équilibre et de souplesse, même si la finale paraît plus serrée et droite.

    Un vin sympathique et séducteur mais aussi structuré. Sa densité, sa finale plus ferme impose un vieillissement de quelques années, idéalement jusque 2030-2032, en tout cas au moins jusque 2027.


    Nuits St Georges 1er Cru

    Une structure aromatique qui s'exprime d'abord par des notes empyreumatiques et réglissées. Le fruit est présent bien sûr, sous forme de framboise principalement. Également notables, des notes végétales et d'humus, pas désagréables, surtout qu'elles ne dépareillent pas dans un Nuits St Georges.

    En bouche, le vin est assez droit, avec beaucoup de minéralité malgré une maturité évidente. L'acidité reprend le dessus en finale et le vin se termine dans un registre épicé.

    L'ensemble est très agréable, plutôt sympathique mais il faudra un peu de temps pour digérer le boisé encore bien présent. À aborder dans 4-5 ans.


    Nuits St Georges 1er Cru les Perrières

    Le nez est plutôt ouvert même s'il faut solliciter le vin : le départ est en retrait, puis la cerise noire apparaît, des arômes de bonbons, des notes boisées ... Le mariage entre le fruit et le bois est harmonieux à ce stade.

    En bouche, la finesse est l'impression dominante : frais, subtil, un peu sur la réserve mais beaucoup de longueur et même d'éclat.

    Il est évident que ce vin a du potentiel ... et que ce potentiel, malgré l'évidente finesse actuelle, n'est pas encore réalisé. Un vieillissement de quelques années (jusqu'en 2026 au moins) lui fera prendre un peu plus d'ampleur et révélera encore plus la jolie définition et la sophistication qui sont ses caractéristiques majeures.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Argillas

    Aromatiquement encore un peu dominé par le bois (notes de vanille), même si des épices et surtout des fruits rouges (framboise, fraise, groseille ...) sont aussi bien présents.

    L'entrée en bouche est distinguée, avec une amplitude de bon aloi ; une certaine droiture s'exprime ensuite mais la finesse persiste, la texture est savoureuse et l'on ne peut qualifier ce vin de sévère.

    Un vin finalement plus élégant et abordable que d'habitude. Certes le terroir paraît signé par une légère amertume en fin de bouche et on peut aussi imaginer une plus grande ouverture à terme mais pour certains, il paraîtra déjà tout à fait abordable. Un vieillissement jusqu'en 2030 est toutefois conseillé.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Murgers

    Dès le début, un nez gourmand en diable, très diversifié : on y trouve aussi bien de la griotte, de la myrtille, de la menthe, des notes de grillé et de pierre à fusil. Cela compose un ensemble tout à fait enjôleur et charmant.

    La bouche est suave au départ, un peu sur la réserve, le fruité réapparaît au milieu de dégustation et la finale est tout en dentelle.

    Vous l'aurez compris, ce vin est extrêmement séduisant même si l'on ne peut s'empêcher de remarquer une certaine réserve. Il gagnera donc à vieillir encore, sans problème une dizaine d'année et bien plus encore. Pour les impatients, on peut commencer à l'aborder dans 5-6 ans.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Boudots

    Le nez est bien ouvert et déjà très séducteur : on y trouve des fruits rouges et noirs, quelques notes florales et le bois fournit un très beau support sucré (vanille et caramel) à la trame du vin, que l'on devine déjà gourmande. On a du mal à s'en détacher ...

    La bouche est volumineuse, très ample, marquée par des tannins soyeux et racés. Le bois accompagne bien le vin, lui donne de l'énergie, même si la finale pourrait être plus expressive.

    Caressant, d'une très belle texture mais n'oubliant pas d'être complexe, ce vin a énormément d'atouts et devrait être une des stars du millésime ! Il se goûte même très bien maintenant ... même si sa masse supportera très bien un vieillissement d'une dizaine d'années (jusqu'en 2030) pour encore plus de sensations !


    Corton Charlemagne

    Un nez certes un peu discret mais élégant : le bois apporte entre autres des notes sucrées, fumées et anisées ; quelques fruits exotiques et notes végétales sont à noter également. L'ensemble est déjà gourmand.

    En bouche, beaucoup de précision, même si l'on retrouve la réserve perçue au nez : le vin paraît rond, presque riche parfois mais assez ramassé et pas très expansif, malgré une texture grasse et une vivacité de bon aloi en finale.

    Un vin d'une belle noblesse et finesse, dont le principal atout aujourd'hui est sa finale longue et complexe. Il demande encore à se développer 3 ou 4 ans pour un optimum de dégustation entre 2028 et 2030.



    Charmes-Chambertin

    Le nez, assez discret au premier abord, offre principalement des notes de cerise (griotte, kirsch) et de bois (fumé, cacao, réglisse). Egalement quelques notes florales qui rendent le tout bien complexe.

    En bouche, le vin montre d'abord un côté soyeux, caressant, doucereux même. Puis l'acidité reprend le dessus et fait un retour en force en fin de bouche ; cela a pour effet de bien allonger le vin sans lui faire perdre sa délicatesse.

    Il n'est pas du tout dévalorisant de dire que le vin est assez immédiat et gratifiant à ce stade, bien dans l'expression de son terroir. On peut détecter une certaine réserve tout de même, comme c'est normal pour un grand cru ; de ce fait, il faudrait l'attendre idéalement au moins jusqu'en 2029.


    Corton Perrières

    Tout de suite à l'ouverture un joli nez complexe où l'on trouve des fruits rouges mûrs (fraise et framboise), des épices boisés et des notes florales et végétales (menthol) dues à une légère addition de rafles. À l'aération, des fruits plus noirs et des notes minérales (calcaire).

    En bouche, il commence discrètement, apparaît très fin et agréable, sans s'imposer. Mais il monte en puissance rapidement et se développe avec un coeur de bouche vif et dynamique, un beau fruit et une trame tannique séveuse et ferme. Et toujours cette impression de cailloux ...

    Un vin qui cultive sa différence : plus droit, une certaine fermeté mais sans austérité. Mais cette année, il paraît plus fin et approchable, on dirait même séducteur, avec une belle dynamique et une finale étirée.

    Corton Clos Rognet

    Dès l'ouverture, une grande amplitude aromatique, où l'on trouve des fruits rouges et noirs, bien mûrs, une belle expression de bois avec des arômes presque pâtissiers (main d'épice, vanille) bien intégrés. Très prometteur et salivant !

    En bouche, amplitude et concentration dès le départ mais sans que le vin apparaisse comme lourd ! Il y a beaucoup d'énergie, de vibrations même en finale, qui le maintiennent sur une belle dynamique.

    Ce vin représente une très belle expression de Corton et du millésime : la maturité est là, assurément, mais sans être écrasante. Comme toujours, le vieillissement devrait être progressif. Actuellement assez fondu, il n'est pas impensable de le déguster dans les deux ans, pour les amateurs de vins jeunes ... Pour les autres, on peut aisément attendre 10 à 12 ans, soit à partir de 2032.


    Corton La Vigne au Saint

    Un nez encore discret mais où l'on trouve des fruits noirs, des notes boisées sucrées comme la vanille et le caramel, des épices, une touche florale, et peut-être un peu de réduction qui expliquerait cette réserve aromatique.

    En bouche, une belle amplitude et une séduction immédiate : la texture est à la fois tendre, fine, juteuse, pétillante en fin de bouche ... et très « buvable » car la structure est raffinée, presque aérienne pour le millésime.

    Un ensemble très avenant, pour autant, on sent que le vin est encore un peu fermé et surtout, qu'il peut faire plus ! il vaudrait mieux attendre jusque 2031.


    Clos de Vougeot

    Un nez fin mais néanmoins varié et ouvert, où l'on trouve des fruits rouges, de la prune fraîche, de légères notes fumées d'un élevage bien intégré et surtout un côté terrien, que l'on ne s'étonne pas de trouver dans cette appellation.

    La bouche est délicate en attaque mais montre bien vite une belle présence, avec de la sucrosité et une finale longue, toute en persistance fine.

    Assurément un très bel ensemble, complexe et svelte, pour un vin un peu plus massif, ressemblant plus à l'image de l'appellation que d'habitude. De ce fait, un peu moins facile malgré la finesse et la gourmandise inhérente à cette cuvée ... Tout de même approchable dans les deux ans mais il nous semble bien que le potentiel ne sera pleinement réalisé que dans une dizaine d'années, soit à partir de 2031.

    Échezeaux les Rouges du Bas

    Quel festival au nez ! Des fruits noirs intenses (notamment la mûre), des notes fumées et anisées, un boisé qui apporte des arômes gourmands (pâte sablée, crème pâtissière) ... On est déjà sous le charme !

    En bouche, l'attaque est franche, ample et solide. Mais cela ne donne pas du tout une dimension imposante au vin, la concentration est sous-jacente, elle soutient le vin et lui donne consistance et cohérence. On pourrait également évoquer l'acidité, qui permet une belle fraîcheur et donne une longueur prometteuse.

    Par son intensité et sa palette aromatique et gustative, ce vin donne déjà beaucoup de plaisir. Plus approchable que d'habitude, pour les amateurs de jeunes vins, il permet déjà de se faire plaisir avec une grand cru. Pour la majorité cependant, il vaudra mieux le garder une douzaine d'années encore, soit jusqu'à 2033.


    Vosne-Romanée 1er Cru aux Brulées

    Des arômes fugaces mais qui au final composent une aromatique complexe et élégante : on y trouve des fruits rouges, des notes épicées, un bois légèrement fumé (qui permettent au vin de bien porter son nom), tout cela assez changeant et plaisant.

    L'entrée en bouche est très belle, d'une grande amplitude, à la fois tapissante et gourmande. La finale est très longue et fine, très séductrice.

    Voilà un vin majestueux, comme Vosne sait l'être, impression corrigée tout de suite par une extrême élégance et douceur, surtout en finale. On sent néanmoins une certaine austérité (ou est-ce de la réserve ?) qui nous fait penser qu'il vaudrait mieux le laisser s'intégrer encore jusqu'en 2032.

    Vosne-Romanée 1er Cru au Cros Parantoux

    Un fruit puissant se mêle aux notes d'élevage encore un peu présentes : des fruits rouge-noirs intenses complétés par des notes de cannelle, de ronce, d'anis ...

    En bouche, l'attaque est ample avec une belle présence et une texture enveloppante. Cette matière est embellie par un fruité qui persiste bien après la première approche au nez. La finale est un peu serrée, minérale, assez peu expansive mais étirée encore par le fruit.

    Un vin sur la fraîcheur, pétillant, qui n'a pas tout donné mais fin. Aucune lourdeur, une certaine réserve mais au total, plus accessible que d'habitude. Malgré cela, un vieillissement de plusieurs années lui sera bénéfique. On peut envisager de commencer à le boire à partir de 2030.


    Richebourg

    Un nez similaire dans sa structure à celui du Cros Parantoux mais avec une expression différente : une belle intensité de fruits rouges et noirs avec des notes d'élevage sur le fumé-grillé. S'y ajoutent des parfums floraux comme la violette et la pivoine.

    En bouche, la majesté habituelle du Richebourg, avec son côté tapissant et sérieux. La structure est très régulière en cours de dégustation, jusqu'à une finale légèrement sévère, avec une petite touche de chaleur.

    Un vin posé, solide, impressionnant par bien des aspects. Il faut attendre un bon vieillissement (2032 au moins) pour qu'il acquière toute la finesse et la complexité dont il est capable !


    JNM

    Hautes Côtes de Nuits « Clos St Philibert » 2014 : 

    Un joli nez, assez mûr, avec une trace de réduction. Le boisé se révèle sous forme de notes grillées et anisées.

    En bouche, le vin révèle un beau volume, paraît presque doucereux avant une finale encore bien acide qui lui apporte beaucoup de relief.

    On peut dire que le vin a fait preuve d'une bonne intégration, que l'évolution est positive, en particulier parce que l'élevage s'est bien intégré. Pour autant, le vin a besoin de s'aérer et gagnerait en intégration avec quelques années de plus, idéalement de trois à cinq ans.


    Marsannay 2014 :

    Premier nez discret mais qui s'ouvre vite sur des notes de fruits rouges et de cerise à l'eau de vie. On devine également une pointe épicée et de sous-bois.

    La bouche est assez caressante, la texture souple. Le vin ensuite continue sur sa lancée fine et élégante, avec une finale relevée comme il faut par l'acidité et des notes poivrées.

    Au final, un vin avenant, expressif quoique fin, qui paraît bon à boire désormais. Bien sûr, il peut encore attendre 3 à 5 ans mais cela n'est pas indispensable compte-tenu de sa structure légère.


    Chambolle Feusselottes 2014 : 

    Un nez qui dénote une certaine évolution (cuir, clou de girofle), un peu de réduction mais également après aération, des fruits noirs d'une belle intensité.

    La bouche est soyeuse, chatoyante, sympathique même si la finale est marquée par du tannin, voire de l'amertume pour certains.

    C'est une bouteille intéressante car le vin est déjà expressif. Il peut cependant encore gagner en largeur en bouche et on peut espérer que la finale se polisse davantage dans les 3 à 7 ans à venir.


    Vosne Romanée 2014 : 

    Un peu fermé de prime abord, avec des senteurs presque animales, qui finissent pas laisser la place à des fruits rouges mûrs (cerise, framboise). Belle intégration du bois sur des notes réglissées et mentholées.

    En bouche, de la concentration, une certaine rigueur, une belle trame gainée, entre volume et tannins encore fermes.

    Malgré un vin harmonieux, cohérent, bien intégré, on sent encore une certaine restriction, il ne se livre pas encore complètement. Une garde d'au moins 3 ans, plus probablement 5, semble nécessaire.


    Vosne Chaumes 2014 : 

    Un nez fumé, très légèrement réduit, avec quelques notes végétales. Après aération, des arômes floraux, de griotte et d'agrumes, sans compter les notes toastées et vanillées.

    En bouche, une très belle trame, avec une attaque franche, une très belle cohérence et une finale aux tannins solides.

    Une alliance de gourmandise et de rectitude, représentant certainement un très beau potentiel d'élégance et de saveurs. Malgré cela, il exprime encore beaucoup de retenue et mérite de vieillir 3 à 7 ans encore.


    Clos Vougeot 2014 :

    Le nez est tout à la fois profond, délicat et séducteur : entre des notes de fruits noirs sucrés, de fleurs comme la rose, l'élevage s'intègre parfaitement sous forme de terre humide et feuille séchée.

    En bouche, il fait montre de douceur et de suavité tout en donnant l'impression d'être sur la réserve. La texture est caressante, les tannins délicats, mais le vin reste quelque peu monolithique. On peut gagner en complexité dans les années à venir, à moins qu'un carafage ne lui donne des ailes ?


    Vosne Brulées 2014 :

    Assez fermé au début, il faut le solliciter pour recueillir les fruits noirs par delà la réduction, le réglisse et les touches fumées.

    En bouche, assez puissant, imposant même, avec une attaque franche, un milieu de bouche volumineux et une finale racée mais tannique.

    Un superbe vin, majestueux, profond, non sans harmonie mais qui doit absolument vieillir pour révéler tout son potentiel. Encore 10 ans !


    FICOFI

    Hautes Côtes de Nuits Clos Saint-Philibert

    Beaucoup de vivacité et fraîcheur en bouche, bien équilibrées par un certain gras et du volume, de la rondeur

    Conforme au vin et au millésime

    Prêt à boire - à ouvrir à l'avance

     

    Marsannay

    Après aération, nez intense de fruits rouges frais

    Belle typicité de Marsannay

    Vif, digeste et prêt à boire

     

    Vosne-Romanée

    (Les Barreaux + Aux Communes)

    Nez mûr et concentré (cerise, framboise)

    Droiture, tension, élégance

    Peut attendre encore quelques années : encore très serré mais beau potentiel, belle matière

     

    Chambolle-Musigny Les Feusselottes

    Nez plus évolué, un peu secondaire, plus expressif

    Trame acidité/tannins bien équilibrée

    Toucher de bouche avec un joli grain de tannin

    Un peu serré, propre au millésime un peu froid, mais très intéressant

    Prêt à boire même si bénéficiera d'un vieillissement prolongé

     

    Vosne-Romanée 1er Cru Les Chaumes

    Arômes de fruits rouges et noirs, note mentholée ? (10-15% de rafle)

    Belle matière, un peu sur la réserve, finale un peu sévère

    Vin racé, avec une belle structure tannique

     

    Clos Vougeot

    Nez déjà assez ouvert et très plaisant, sur le fruit (cassis ?).

    Bel équilibre en bouche entre acidité et tanins, belle énergie

     

    Vosne-Romanée 1er Cru Aux Brûlées

    Légère pointe de réduction au premier nez, s'ouvre à l'aération. Nez caractéristique des Brûlées : floral et épicé.

    Beaucoup de puissance et d'intensité en bouche. Tannins fins. Très belle longueur en bouche.

    Grand potentiel de garde, à attendre quelques années pour se polir parfaitement.

    JNM

    À part le Marsannay et le Chambolle Feusselottes, cette dégustation est une confirmation de ce que l'on soupçonnait, à savoir que le millésime n'est pas encore prêt. Les Vosne en particulier se sont bien refermés, la description qui en était faite à leur sortie laissait entrevoir des vins plus approchables. Le Clos Vougeot, comme souvent entre charme et structure, se laisse finalement deviner plus facilement.

    Ce millésime fin, pas forcément très concentré selon les standards actuels, requiert paradoxalement un surcroit de vieillissement pour pouvoir précisément révéler toute sa complexité et ne pas paraître en décalage par rapport aux vins produits ces dernières années. Il est sur la bonne route mais pas encore à destination.




    FICOFI

    Cinq ans après leur mise en bouteille, les 2014 du Domaine Méo-Camuzet, encore très jeunes, nous livrent leurs premiers enseignements : ce millésime est marqué par de jolis nez de fruits frais, une belle vivacité et des tannins bien présents mais fins. Etant le dernier millésime frais de ces dernières années, son profil plutôt atypique par rapport à ce qui s'est fait ensuite, sera à notre avis recherché dans quelques années.

    Si quelques vins s'ouvrent déjà et commencent à être prêts à boire (Marsannay, Feusselottes, voire le Clos Saint-Philibert), la plupart restent, comme attendu, encore un peu serrés et n'ayant pas encore livré tout leur potentiel d'expression. Ce potentiel est évident et quelques années de plus leur conféreront plus d'ouverture et de souplesse. On peut penser à ce stade que ces 2014 seront plutôt à ouvrir à partir de 2025-2030. Les Chaumes et Aux Brûlées, par leur puissance tannique, pourront certainement attendre 2030-2035 - si vous en avez la patience !

  • prix de la jeune création artistique 2019

    Dans le cadre du 60ème anniversaire du Domaine, nous avons créé en coopération avec l'Ecole Nationale Supérieure d'Art de Dijon un prix de la Jeune Création Artistique.


    Ce prix, ouvert aux étudiants et aux jeunes diplômés, a pour objectif de leur donner la possibilité de créer et présenter une oeuvre exprimant, selon leur sensibilité et leurs moyens techniques et artistiques propres, la perception qu'ils ont du territoire de la Bourgogne et de la résonance de son patrimoine immatériel. Reconnu en 2015 par l'Unesco, le patrimoine immatériel des Climats de Bourgogne est aussi source d'inspiration pour les jeunes artistes bourguignons.

    Les projets ont été reçus dans le courant du mois de Mai, et le jury a retenu l'oeuvre d'Amélie Berrodier, « Domaine », comme lauréat du prix de la Jeune Création Artistique.

    Un prix spécial du Jury a été créé pour récompenser l'oeuvre de Julie Grosche, «A possible field of experience ».

    L'ensemble des projets reçus seront exposés dans le cadre des événements liés aux 60 ans du domaine, courant Novembre.


    Amélie Berrodier, Julie Grosche, Erika Povilonyté, Angélique Jacquemoire, Carole Lebon, Andrea Sparta, merci de nous avoir offert une autre vision, passionnante et décalée, du terroir que nous exploitons au quotidien !


    Le jury a réuni :

    Jean Nicolas et Nathalie MEO, Domaine Méo-Camuzet

    Angéline SCHERF, Conservateur en Chef, Fondation Louis Vuitton

    Alicia KNOCK, Conservateur, Centre Pompidou

    Roland de LA BROSSE, Chef d'entreprise, Président d'Adhex, Président d'Interface

    Martine LE GAC, Professeure d'Histoire des Arts, ENSA Dijon

    Amélie Berrodier - Domaine
    Julie Grosche - A possible field of experience
    DIplomée de l'Ensa Dijon en 2020, Eva vit et travaille à Dijon. Elle est en résidence en 2021 au Lycée de la Céramique de Longchamp et expose du 26 juin au 29 Août au Centre d'Art et de Villégiature de Mouthier Haute Pierre, Le Manoir.Elle est aussi @relzep sur Instagram

    Eva nous parle de son oeuvre :

    Tastevin2021
    (grès de Saint Amand, sept têtes grotesques émaillées à la cendre de vigne, ferraille de
    récupération.)
    Ma démarche actuelle porte sur l'appropriation des savoirs populaires à travers l'invention
    d'un registre folklorique alternatif. Il se traduit la plupart du temps par la création d'objets,
    d'installations, sculptures. J'utilise des médiums du registre vernaculaire, issus de l'artisanat,
    et des matériaux de récupération. Par ailleurs, l'humour est nécessaire à mon monde, car il
    permet plusieurs strates de lecture, et de se défier de la bêtise par l'ironie.
    C'est dans la continuité de ces recherches que j'ai pensé mon projet pour le prix de la Jeune
    Création Artistique. Ce qui m'intéresse dans les climats de Bourgogne, c'est que la spécificité de ce territoire est issue de siècles de travail du vignoble avec l'évolution des générations, des pratiques, des outils. Dans tout ce patrimoine, il y a un outil qui a spécifiquement retenu mon attention : le Tastevin.

    C'est un objet dont le symbole dépasse la fonction. Même s'il a été fait pour mirer le vin, voire le goûter, aujourd'hui il est d'abord un symbole de prestige du vin, avec notamment sa
    confrérie, les Chevaliers du tastevin. Cet objet est aussi traditionnellement transmis de
    vigneron.nes en héritier vigneron.nes. Dans un autre registre, on le retrouve dans tous les
    magasins de souvenirs touristique de la côte viticole.
    En agrandissant le tastevin, j'en ai fait une vasque, objet quasi rituel au-dessus duquel on se penche. Lorsqu'on regarde à l'intérieur, ce sont sept petites têtes grimaçantes qui nous
    regardent.
    Ces têtes grotesques sont des génies du vin, gargouilles gardiennes de l'ivresse.
    Le patrimoine immatériel, les chevaliers du tastevin, le prestige des vins de Bourgogne, tout
    cela a une finalité très concrète : au bout de la chaîne il y a du vin, et ce vin, on le boit. Cette boisson est depuis toujours liée au corps, aux plaisirs bacchiques, révélant parfois par l'ivresse les travers humains. Il est aussi créateur de sociabilité, vin joyeux à partager.
    Ainsi, la culture des Climats de Bourgogne étant une affaire très sérieuse, je me devais d'en
    rire avec ces gargouilles, résidentes du Tastevin !

    DIplômé de l'Ensa Dijon en 2019, Jérôme vit et travaille à Lyon. Actuellement en résidence au MAC Lyon, il expose jusqu'au 31 Octobre à Migennes, au port du canal et à Ouajdi Touch.

    Il est aussi à rencontrer sur https://www.jeromelavenir.com/


    C'est ainsi que dans l'air, qui est bleu, la soif est sans fond

    Matériaux divers dont tonneau 228 L., 72x88 cm, 2021


    Au départ il y aurait une image, simple et paradoxale, poétique et ironique tout à la fois, une image associant l'infini lumineux du ciel avec la stricte matérialité et la contenance limitée d'un objet à l'existence toute terrestre : le tonneau. Une image poétique en premier lieu. Gaston Bachelard, ce grand amoureux des poètes, du terroir et des éléments écrivait dans L'air et les songes, rédigé à Dijon en 1943, qu'en ses moments d'abandon au ciel bleu, la rêverie du poète en venait naturellement à « ne plus posséder que la dimension profonde », telle l'expérience d'une contemplation de l'infini dont le ciel bleu constituerait un archétype privilégié. Alors l'image d'un ciel bleu capturé, maîtrisé et conditionné par le savoir-faire humain serait ici pour moi comme l'expression d'une métaphore pour toutes les tentatives d'artistes fous et d'artisans passionnés, les uns comme les autres toujours en quête d'un absolu à ressaisir... Une image à l'image de mes propres obsessions de clarté, de légèreté, de complexité et de simplicité à la fois, d'élégance, de coïncidence des opposés, une image qui serait celle d'un grand écart réalisé avec grâce... Une image qui serait aussi à l'image de ce que peut représenter le vin de Bourgogne réputé léger, complexe, subtil, élégant, une image à l'image de ce que réalise comme subtil équilibre le climat de la région, propice à l'éclosion de telles qualités, ou encore une image à l'image de ce que serait peut-être la gageure du vigneron dans sa tentative toujours renouvelée de tenir le meilleur équilibre, et de faire entrer lui aussi, tout en délicatesse, l'infini dans une bouteille... Une image ironique enfin, car c'est le lot de toute illusion — et ce ne serait là rien de plus — que de donner à envisager, bien plus que l'éventuelle virtuosité d'une réussite, l'absurde folie de la tentative elle-même, et que de donner à mesurer, à travers la vanité affichée de pareille visée, la valeur d'un effort, valeur d'autant plus grande peut-être, que l'effort est un effort de toutes façons désespéré. A l'arrivée, il y aurait un objet, une sculpture, un volume qui prendrait donc valeur d'image : un fût qui contiendrait ni plus ni moins que l'infini visuel d'un ciel frais et lumineux comme l'est celui dont on peut faire l'expérience en Bourgogne dans la fraîcheur d'un matin printanier.

    La saison, y compris l'hiver, est marquée par un déficit en pluie assez conséquent. 

    Le printemps ne fut pas particulièrement précoce, avec en particulier un mois de mai assez frais, la fin de fleur laissait présager un début de récolte entre le 18 et le 20 septembre. Une année normale donc ... 

    C'était sans compter avec un été arrivant brusquement et permettant une pousse très rapide. Puis ce furent quelques épisodes de canicule ... 

    L'oïdium a été une constante préoccupation au cours de la saison mais les autres maladies nous ont laissé tranquilles. La situation était donc très saine à la vendange, avec juste un peu de sec à trier.


    Pendant ce temps, la chaleur et l'ensoleillement faisaient évoluer la maturation rapidement, nous conduisant à ré-évaluer constamment la date de vendange. 

    Finalement, le top départ fut donné le 13 septembre, presque une semaine avant la date initialement prévue ... Malgré une floraison parfois hétérogène, nous avons trouvé des raisins très mûrs, bons à récolter partout, y compris le Clos St Philibert, qui n'a pas eu le décalage habituel avec les vignes de la Côte. 

    Les degrés se sont envolés et sont très élevés (presque tous les vins sont autour de 14°) mais la bonne surprise fut de constater de belles acidités, assez mordantes même en début de cuvaison, avec des extractions de couleur profonde dès le début. Peu de fins de fermentation difficiles et au total, une vinification sans problème malgré la maturité élevée.

    Ils nous ont enthousiasmé dès le départ : riches, profonds, puissants mais tout en douceur ... Bien sûr, marqués par la maturité, avec énormément de sucrosité, mais également un soutien acide important, nettement plus intense qu'en 2018. Une très bonne base de départ ... 


    Dans ce cas, tout ce qu'il y a à craindre, c'est le syndrome « grand millésime », c'est à dire un peu trop de puissance qui gommerait les terroirs. Ce n'est pas le cas, l'élevage a joué son rôle et les vins se sont affinés, chacun est bien conforme à son caractère ! 

    Au passage, cela est rassurant quant aux effets du changement climatique sur notre région, la Bourgogne n'est pas dénaturée ...


    Des vins dont on peut probablement espérer l'évolution suivante : une jeunesse riche mais tout en volupté et gourmandise, certaines bouteilles étant à saisir dans cet état, par pur plaisir ; une période plus refermée, après 2-3 ans de bouteille, qu'il vaudrait mieux éviter ; une renaissance après 8-10 ans, où des vins plus tendus qu'au départ commenceront à montrer leur vrai visage et leur magnifique équilibre. Une évolution à la ... 2009 !


    BLANCS


    Bourgogne blanc

    Un joli nez ouvert, sur les fruits jaunes mûrs mais où on distingue tout de même une fraîcheur de bon aloi. Le bois est léger et bien intégré.

    En bouche, le vin est d'abord franc et vif, puis se déploie en montrant une belle rondeur (et même une pointe de chaleur) mais se termine en se resserrant sur l'acidité.

    L'ensemble produit une excellente impression, plaisante, équilibrée, gourmande, le vin paraît accessible dès la fin 2021 et doit rester à son optimum jusqu'en 2026.


    Hautes Côtes de Nuits Clos St Philibert

    Le nez est très expressif, néanmoins fin : des notes de fruits exotiques (litchi, ananas), une pointe de poivre et de végétal, un boisé bien intégré ...

    En bouche, le vin est subtil, fin, direct. La droiture est évidente, pour ceux qui visualisent la parcelle, on a l'impression de goûter ses cailloux ... L'acidité, traditionnelle dans ce vin, le porte et lui donne une belle longueur.

    Un « Clos St Phi » très bien équilibré et gourmand, même si le vin est encore assez discret et peut progresser. Attendre fin 2022 pour une consommation jusqu'à la fin de la décennie.


    Ladoix

    Un nez globalement aimable, où se détachent les fruits blancs, mais aussi un soupçon de réduction, annonçant une certaine austérité.

    En bouche, le vin est direct, assez dense et compact, avec pas mal de tension. L'acidité est présente en finale.

    Un vin où la gourmandise n'est pas absente mais qui présente actuellement un profil réservé et un peu fermé. L'élevage est encore un peu présent, ainsi que quelques notes soufrées. Le tout est prometteur mais demande à s'affiner jusqu'à 2022 au moins pour être dégusté.


    Saint-Aubin 1er cru 2018

    Des fruits jaunes et blancs et un boisé bien intégré caractérisent le nez, même si il est nécessaire de passer au dessus d'une certaine réduction soufrée au premier abord.

    La bouche est belle, avec du gras, la finale fine et épicée. Un reste d'acidité anguleuse subsiste en fin de dégustation.

    On retrouve bien le caractère du St Aubin, avec son austérité de bon aloi mais le vin gagnerait à attendre encore deux ou trois ans avant d'être consommé. De 2023 à 2030


    Meursault

    D'emblée, une aromatique franche, ouverte et bien mûre. Des arômes de miel mais également de fruits blancs et jaunes, d'agrumes, de fleurs ...

    On retrouve cette maturité en bouche, avec du gras en ouverture et un vin qui gagne en amplitude en milieu de bouche. La finale en revanche est encore serrée par une acidité assez présente qui demande encore à s'intégrer mais qui permet d'équilibrer le vin et lui confère une belle longueur.

    Vin solide, bien dans son appellation, très prometteur car à la fois mûr et acidulé. Pas encore prêt en revanche : il convient de le laisser vieillir encore minimum deux ans soit une dégustation à partir de 2023, pour un optimum vers 2028-2030.


    Corton Charlemagne : voir la section grands crus

    ROUGES


    Bourgogne Côte d'Or « hémisphère sud »

    Un nez ouvert, où l'on trouve des fruits noirs, de la figue et un léger végétal.

    En bouche, un côté charnu et rond, dense et cohérent, avec une finale plutôt fine, où une certaine chaleur se fait sentir.

    Très joli vin, qui montre déjà une belle finesse et que l'on peut donc déguster dès maintenant. Garde sans problème dans les 10 ans qui viennent.



    Bourgogne Côte d'Or « hémisphère nord »

    Un nez intense de fruits rouges écrasés (cerise griotte, fraise, figue fraîche) bien mûrs mais séducteurs.

    En bouche, une maturité évidente, du gras mais on évite la lourdeur. La finale est plus serrée, avec des tanins fougueux, qui prolongent le vin plus qu'ils ne le serrent et qui sont enveloppés par une belle sucrosité.

    Le tout constitue un mélange étonnant d'accessibilité, de gourmandise et de sérieux. Très ouvert, on peut déjà le consommer pour sa générosité de fruit mais il se gardera sans problème durant les 10 prochaines années.



    Bourgogne Côte d'Or « Etienne Camuzet »

    Le nez est un peu plus discret sur ce vin mais se livre progressivement : des fruits rouges et noirs, des fleurs, des cailloux humides ...

    En bouche, très souple, voir tendre, les tanins sont lisses, la finale légère et très gourmande. L'ensemble est très cohérent.

    Malgré une dégustation très sympathique, ce vin ne paraît pas complètement prêt à boire, il paraît encore un peu en retrait. À garder encore jusque'à fin 2022 pour une dégustation jusqu'en 2027.



    Marsannay

    Un nez ouvert de fruits rouges bien mûrs. Également des épices et des notes fumées.

    En bouche, le vin est charnu et bien présent, presque imposant. La texture est soyeuse et chaleureuse mais la finale presque tendue et l'acidité se fait remarquer.

    Voilà un vin expressif, agréable, multi-facettes et que l'on peut aborder dès maintenant bien que, selon toute probabilité, il gagnera en finesse au cours des prochaines années et en tout cas jusqu'en 2027.


    Fixin

    Les fruits rouges et noirs sont présents, bien que le nez soit assez discret. Malgré cela, il se dégage une impression de profondeur de ce premier contact.

    Comme souvent pour ce vin, la bouche est tendre, fine même au premier abord, puis la trame semble se densifier pour finir de nouveau sur une impression très élégante.

    Toujours beaucoup de charme pour cette cuvée très souple, qui pourrait cependant gagner en équilibre et densité au cours des prochains mois. À aborder fin 2022 pour une dégustation jusqu'en 2028.


    Morey Saint Denis

    Joli nez de fraise et de framboise, également de cerise noire, avec une touche de bois et de réglisse. Le tout est déjà bien intégré.

    En bouche, il donne l'impression d'être ramassé, tendu, avec une belle texture. La fraîcheur est là, bien présente, La finale est un peu tannique, avec une touche de rusticité, pas dominante cependant.

    4 ou 5 ans permettraient à ces éléments de se fondre car l'ensemble montre déjà une séduction certaine.



    Volnay

    Un nez très ouvert de cerise, avec des touches d'agrume et des notes sucrées. Un peu de réduction, le côté giboyeux qui en ressort demandera une bonne aération à l'ouverture.

    En bouche, un côté réservé, un peu tranchant dû à une assez grosse acidité qui porte le vin mais le rend un peu sévère. Une structure ramassée augurant d'un bon potentiel, précède une fin de bouche encore austère et qui demande à se délier.

    Ce vin manque un peu d'empathie aujourd'hui. Mais il devrait se détendre au cours des prochaines années, il y a une belle matière de départ qui ne demande qu'à s'exprimer.


    Pommard

    Une impression de densité au nez, conférée par des arômes de fruits noirs, des notes fumées et épicées et une légère réduction soufrée.

    La bouche montre une belle amplitude, paraît dense, solide mais également assez fondue. Des tannins plutôt charnus mais pas écrasants, prolongent le vin.

    L'ensemble paraît assez solide, bien assis et conforme à une certaine idée que l'on se fait de Pommard ... Cependant bien loin de la caricature rustique trop souvent véhiculée. Un peu de vieillissement est nécessaire pour préparer la dégustation, qui pourrait s'envisager à partir de 2024, jusqu'en 2030 pour l'optimum.


    Gevrey-Chambertin

    Oh, que ce nez est gourmand ! Des fruits rouges et noirs (fraise, framboise, cerise), des notes sucrées apportées par l'élevage (biscuit, cannelle, caramel) et quelques notes de fleur (iris, violette).

    Une fraîcheur un peu pointue en attaque, qui accompagne le vin. Celui-ci gagne en puissance au cours de la dégustation. L'acidité bien présente donne du rebond en finale.

    Voilà un vin avec de l'éclat, une saveur chatoyante et beaucoup d'harmonie. Déjà séducteur, il vieillira bien également, avec une garde sans problème de 7 à 9 ans. Pour autant, il n'est pas inconcevable de commencer à le goûter dès 2023.


    Chambolle-Musigny

    Une légère réduction vient au début de la dégustation quelque peu brouiller le message transmis par des fruits noirs intenses et de subtiles notes fumées.

    En bouche, une belle attaque, à la fois ferme et douce, beaucoup de fraîcheur, celle-ci étant encore plus perceptible qu'au nez. La finale est légèrement sévère, certains tannins accrochent encore mais accompagnent et prolongent la dégustation.

    C'est un vin sur une trame fraîche pour le millésime, il est donc logiquement encore réservé. Mais tout est là ! Il faut lui laisser un peu de temps pour révéler son équilibre et donc sa finesse, idéalement jusqu'en 2026 au moins.


    Nuits Saint Georges

    Voilà un joli nez subtil, composé de fruits rouges, de vanille, cannelle, boisé ... Le tout est ouvert, gourmand et bien intégré.

    En bouche, la texture est caressante et ample, les tannins fermes mais raffinés. On obtient ainsi une belle longueur, sur une impression de sucre et de finesse.

    Ce vin est à la fois harmonieux et structuré, complexe et profond. Il a beaucoup d'avenir, tout en étant abordable dès maintenant. Certainement un des vins emblématique du millésime, que l'on peut commencer à boire dès 2022 et que l'on pourra garder sans problème jusqu'en 2030.

    Vosne-Romanée

    Le premier contact est très avenant avec un nez ouvert, très fruité (avec notamment une belle expression de framboise et de cerise), frais, et un bois bien intégré (on y perçoit des notes de réglisse et de caramel).

    Très beau profil en bouche également : l'attaque est ample et vibrante ; une belle fraîcheur accompagne le vin tout au long de la dégustation, l'acidité le prolonge sans rendre la finale mordante.

    Il « glisse tout seul », semble très à l'aise dans son appellation et vous charme par sa construction délicate et gourmande. Un peu plus facile et abordable que d'habitude, il pourrait se boire dès 2023, même si l'optimum de dégustation se situe plutôt vers 2028 ou 2030.










    Fixin 1er Cru Clos du Chapitre

    Un nez que l'on qualifiera immédiatement de généreux et ouvert : les arômes se bousculent, entre fruits rouges et noirs, légèrement compotés, une touche végétale et épicée, quelques notes boisées pour soutenir le tout ... On a hâte de le goûter en bouche !

    La dégustation rectifie quelque peu la première approche avec une bouche fraîche en attaque, une trame tendue, assez droite, une finale juteuse et longue mais légèrement tannique.

    Un vin complet : belle maturité, acidité préservée, gourmandise aromatique ... Beaucoup de charme donc mais la structure bien présente impose un délai avant consommation. Nous préconisons d'attendre 3-4 ans au moins pour une dégustation optimisée entre 2028 et 2030.

    Chambolle-Musigny 1er Cru les Cras

    Au nez, la maturité est évidente et s'exprime par des fruits rouges écrasés et des notes sucrées comme le sucre de cane, la réglisse ou la cannelle. Une légère touche de menthol également. Le bois est présent mais bien intégré.

    L'impression est un peu différente en bouche, avec un vin plutôt ramassé, presque tendu, aux tannins souples et distingués. Il y a une pointe de chaleur en finale mais elle n'est pas dominante et l'ensemble paraît cohérent.

    Un peu plus réservé que d'habitude, ce vin montre d'excellentes dispositions au vieillissement ! Il a de la complexité à revendre, un peu d'évolution devrait lui permettre d'offrir toute la palette de ses charmes ... À aborder à partir de 2025.

    Chambolle-Musigny 1er Cru les Feusselottes

    Le nez est ouvert, même si le bois est bien présent actuellement : des notes de vanille, caramel, pour le côté sucré, réglisse et fumé pour la partie empyreumatique. Le fruit arrive à l'aération, bien mûr, avec de la cerise et de la figue fraiche.

    En bouche, le fût est nettement moins présent mais permet sans doute d'envelopper le vin, qui montre une très belle trame : fine, assez ciselée, néanmoins ample, avec une finale piquante, résultat de la combinaison entre l'acidité et les tannins.

    Un vin séducteur, déjà complexe, à la belle maturité. Typique du millésime, avec ce mélange entre acidité et maturité, il gagnera à vieillir jusqu'en 2026.

    Vosne-Romanée 1er Cru les Chaumes

    Un nez bien défini, où l'on trouve de beaux fruits rouges et noirs frais. Un beau boisé aussi, avec quelques notes anisées et mentholées.

    La bouche est droite, directe, très cohérente, avec une finale certes très longue mais légèrement austère. Les tannins sont racés, l'ensemble est pulpeux et vibrant.

    Il s'agit là une très belle version du millésime 2019, dotée d'une fraîcheur qui certes actuellement confère une certaine austérité au vin (quoique certains la trouveront tout à fait à leur goût dès aujourd'hui) mais qui l'assure d'un grand potentiel de vieillissement. À partir de 2030.

    Vosne Romanée 1er Cru

    Pour la première sensation au nez, le bois est encore assez présent, avec des notes fumées, de réglisse et d'épices. Du fruit, très noir, émerge cependant et donne de la gourmandise.

    En bouche, on est tout de suite séduit par une jolie finesse, une attaque franche et ronde, une sensation générale de d'équilibre et de souplesse, même si la finale paraît plus serrée et droite.

    Un vin sympathique et séducteur mais aussi structuré. Sa densité, sa finale plus ferme impose un vieillissement de quelques années, idéalement jusque 2030-2032, en tout cas au moins jusque 2027.


    Nuits St Georges 1er Cru

    Une structure aromatique qui s'exprime d'abord par des notes empyreumatiques et réglissées. Le fruit est présent bien sûr, sous forme de framboise principalement. Également notables, des notes végétales et d'humus, pas désagréables, surtout qu'elles ne dépareillent pas dans un Nuits St Georges.

    En bouche, le vin est assez droit, avec beaucoup de minéralité malgré une maturité évidente. L'acidité reprend le dessus en finale et le vin se termine dans un registre épicé.

    L'ensemble est très agréable, plutôt sympathique mais il faudra un peu de temps pour digérer le boisé encore bien présent. À aborder dans 4-5 ans.


    Nuits St Georges 1er Cru les Perrières

    Le nez est plutôt ouvert même s'il faut solliciter le vin : le départ est en retrait, puis la cerise noire apparaît, des arômes de bonbons, des notes boisées ... Le mariage entre le fruit et le bois est harmonieux à ce stade.

    En bouche, la finesse est l'impression dominante : frais, subtil, un peu sur la réserve mais beaucoup de longueur et même d'éclat.

    Il est évident que ce vin a du potentiel ... et que ce potentiel, malgré l'évidente finesse actuelle, n'est pas encore réalisé. Un vieillissement de quelques années (jusqu'en 2026 au moins) lui fera prendre un peu plus d'ampleur et révélera encore plus la jolie définition et la sophistication qui sont ses caractéristiques majeures.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Argillas

    Aromatiquement encore un peu dominé par le bois (notes de vanille), même si des épices et surtout des fruits rouges (framboise, fraise, groseille ...) sont aussi bien présents.

    L'entrée en bouche est distinguée, avec une amplitude de bon aloi ; une certaine droiture s'exprime ensuite mais la finesse persiste, la texture est savoureuse et l'on ne peut qualifier ce vin de sévère.

    Un vin finalement plus élégant et abordable que d'habitude. Certes le terroir paraît signé par une légère amertume en fin de bouche et on peut aussi imaginer une plus grande ouverture à terme mais pour certains, il paraîtra déjà tout à fait abordable. Un vieillissement jusqu'en 2030 est toutefois conseillé.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Murgers

    Dès le début, un nez gourmand en diable, très diversifié : on y trouve aussi bien de la griotte, de la myrtille, de la menthe, des notes de grillé et de pierre à fusil. Cela compose un ensemble tout à fait enjôleur et charmant.

    La bouche est suave au départ, un peu sur la réserve, le fruité réapparaît au milieu de dégustation et la finale est tout en dentelle.

    Vous l'aurez compris, ce vin est extrêmement séduisant même si l'on ne peut s'empêcher de remarquer une certaine réserve. Il gagnera donc à vieillir encore, sans problème une dizaine d'année et bien plus encore. Pour les impatients, on peut commencer à l'aborder dans 5-6 ans.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Boudots

    Le nez est bien ouvert et déjà très séducteur : on y trouve des fruits rouges et noirs, quelques notes florales et le bois fournit un très beau support sucré (vanille et caramel) à la trame du vin, que l'on devine déjà gourmande. On a du mal à s'en détacher ...

    La bouche est volumineuse, très ample, marquée par des tannins soyeux et racés. Le bois accompagne bien le vin, lui donne de l'énergie, même si la finale pourrait être plus expressive.

    Caressant, d'une très belle texture mais n'oubliant pas d'être complexe, ce vin a énormément d'atouts et devrait être une des stars du millésime ! Il se goûte même très bien maintenant ... même si sa masse supportera très bien un vieillissement d'une dizaine d'années (jusqu'en 2030) pour encore plus de sensations !


    Corton Charlemagne

    Un nez certes un peu discret mais élégant : le bois apporte entre autres des notes sucrées, fumées et anisées ; quelques fruits exotiques et notes végétales sont à noter également. L'ensemble est déjà gourmand.

    En bouche, beaucoup de précision, même si l'on retrouve la réserve perçue au nez : le vin paraît rond, presque riche parfois mais assez ramassé et pas très expansif, malgré une texture grasse et une vivacité de bon aloi en finale.

    Un vin d'une belle noblesse et finesse, dont le principal atout aujourd'hui est sa finale longue et complexe. Il demande encore à se développer 3 ou 4 ans pour un optimum de dégustation entre 2028 et 2030.



    Charmes-Chambertin

    Le nez, assez discret au premier abord, offre principalement des notes de cerise (griotte, kirsch) et de bois (fumé, cacao, réglisse). Egalement quelques notes florales qui rendent le tout bien complexe.

    En bouche, le vin montre d'abord un côté soyeux, caressant, doucereux même. Puis l'acidité reprend le dessus et fait un retour en force en fin de bouche ; cela a pour effet de bien allonger le vin sans lui faire perdre sa délicatesse.

    Il n'est pas du tout dévalorisant de dire que le vin est assez immédiat et gratifiant à ce stade, bien dans l'expression de son terroir. On peut détecter une certaine réserve tout de même, comme c'est normal pour un grand cru ; de ce fait, il faudrait l'attendre idéalement au moins jusqu'en 2029.


    Corton Perrières

    Tout de suite à l'ouverture un joli nez complexe où l'on trouve des fruits rouges mûrs (fraise et framboise), des épices boisés et des notes florales et végétales (menthol) dues à une légère addition de rafles. À l'aération, des fruits plus noirs et des notes minérales (calcaire).

    En bouche, il commence discrètement, apparaît très fin et agréable, sans s'imposer. Mais il monte en puissance rapidement et se développe avec un coeur de bouche vif et dynamique, un beau fruit et une trame tannique séveuse et ferme. Et toujours cette impression de cailloux ...

    Un vin qui cultive sa différence : plus droit, une certaine fermeté mais sans austérité. Mais cette année, il paraît plus fin et approchable, on dirait même séducteur, avec une belle dynamique et une finale étirée.

    Corton Clos Rognet

    Dès l'ouverture, une grande amplitude aromatique, où l'on trouve des fruits rouges et noirs, bien mûrs, une belle expression de bois avec des arômes presque pâtissiers (main d'épice, vanille) bien intégrés. Très prometteur et salivant !

    En bouche, amplitude et concentration dès le départ mais sans que le vin apparaisse comme lourd ! Il y a beaucoup d'énergie, de vibrations même en finale, qui le maintiennent sur une belle dynamique.

    Ce vin représente une très belle expression de Corton et du millésime : la maturité est là, assurément, mais sans être écrasante. Comme toujours, le vieillissement devrait être progressif. Actuellement assez fondu, il n'est pas impensable de le déguster dans les deux ans, pour les amateurs de vins jeunes ... Pour les autres, on peut aisément attendre 10 à 12 ans, soit à partir de 2032.


    Corton La Vigne au Saint

    Un nez encore discret mais où l'on trouve des fruits noirs, des notes boisées sucrées comme la vanille et le caramel, des épices, une touche florale, et peut-être un peu de réduction qui expliquerait cette réserve aromatique.

    En bouche, une belle amplitude et une séduction immédiate : la texture est à la fois tendre, fine, juteuse, pétillante en fin de bouche ... et très « buvable » car la structure est raffinée, presque aérienne pour le millésime.

    Un ensemble très avenant, pour autant, on sent que le vin est encore un peu fermé et surtout, qu'il peut faire plus ! il vaudrait mieux attendre jusque 2031.


    Clos de Vougeot

    Un nez fin mais néanmoins varié et ouvert, où l'on trouve des fruits rouges, de la prune fraîche, de légères notes fumées d'un élevage bien intégré et surtout un côté terrien, que l'on ne s'étonne pas de trouver dans cette appellation.

    La bouche est délicate en attaque mais montre bien vite une belle présence, avec de la sucrosité et une finale longue, toute en persistance fine.

    Assurément un très bel ensemble, complexe et svelte, pour un vin un peu plus massif, ressemblant plus à l'image de l'appellation que d'habitude. De ce fait, un peu moins facile malgré la finesse et la gourmandise inhérente à cette cuvée ... Tout de même approchable dans les deux ans mais il nous semble bien que le potentiel ne sera pleinement réalisé que dans une dizaine d'années, soit à partir de 2031.

    Échezeaux les Rouges du Bas

    Quel festival au nez ! Des fruits noirs intenses (notamment la mûre), des notes fumées et anisées, un boisé qui apporte des arômes gourmands (pâte sablée, crème pâtissière) ... On est déjà sous le charme !

    En bouche, l'attaque est franche, ample et solide. Mais cela ne donne pas du tout une dimension imposante au vin, la concentration est sous-jacente, elle soutient le vin et lui donne consistance et cohérence. On pourrait également évoquer l'acidité, qui permet une belle fraîcheur et donne une longueur prometteuse.

    Par son intensité et sa palette aromatique et gustative, ce vin donne déjà beaucoup de plaisir. Plus approchable que d'habitude, pour les amateurs de jeunes vins, il permet déjà de se faire plaisir avec une grand cru. Pour la majorité cependant, il vaudra mieux le garder une douzaine d'années encore, soit jusqu'à 2033.


    Vosne-Romanée 1er Cru aux Brulées

    Des arômes fugaces mais qui au final composent une aromatique complexe et élégante : on y trouve des fruits rouges, des notes épicées, un bois légèrement fumé (qui permettent au vin de bien porter son nom), tout cela assez changeant et plaisant.

    L'entrée en bouche est très belle, d'une grande amplitude, à la fois tapissante et gourmande. La finale est très longue et fine, très séductrice.

    Voilà un vin majestueux, comme Vosne sait l'être, impression corrigée tout de suite par une extrême élégance et douceur, surtout en finale. On sent néanmoins une certaine austérité (ou est-ce de la réserve ?) qui nous fait penser qu'il vaudrait mieux le laisser s'intégrer encore jusqu'en 2032.

    Vosne-Romanée 1er Cru au Cros Parantoux

    Un fruit puissant se mêle aux notes d'élevage encore un peu présentes : des fruits rouge-noirs intenses complétés par des notes de cannelle, de ronce, d'anis ...

    En bouche, l'attaque est ample avec une belle présence et une texture enveloppante. Cette matière est embellie par un fruité qui persiste bien après la première approche au nez. La finale est un peu serrée, minérale, assez peu expansive mais étirée encore par le fruit.

    Un vin sur la fraîcheur, pétillant, qui n'a pas tout donné mais fin. Aucune lourdeur, une certaine réserve mais au total, plus accessible que d'habitude. Malgré cela, un vieillissement de plusieurs années lui sera bénéfique. On peut envisager de commencer à le boire à partir de 2030.


    Richebourg

    Un nez similaire dans sa structure à celui du Cros Parantoux mais avec une expression différente : une belle intensité de fruits rouges et noirs avec des notes d'élevage sur le fumé-grillé. S'y ajoutent des parfums floraux comme la violette et la pivoine.

    En bouche, la majesté habituelle du Richebourg, avec son côté tapissant et sérieux. La structure est très régulière en cours de dégustation, jusqu'à une finale légèrement sévère, avec une petite touche de chaleur.

    Un vin posé, solide, impressionnant par bien des aspects. Il faut attendre un bon vieillissement (2032 au moins) pour qu'il acquière toute la finesse et la complexité dont il est capable !


    JNM

    Hautes Côtes de Nuits « Clos St Philibert » 2014 : 

    Un joli nez, assez mûr, avec une trace de réduction. Le boisé se révèle sous forme de notes grillées et anisées.

    En bouche, le vin révèle un beau volume, paraît presque doucereux avant une finale encore bien acide qui lui apporte beaucoup de relief.

    On peut dire que le vin a fait preuve d'une bonne intégration, que l'évolution est positive, en particulier parce que l'élevage s'est bien intégré. Pour autant, le vin a besoin de s'aérer et gagnerait en intégration avec quelques années de plus, idéalement de trois à cinq ans.


    Marsannay 2014 :

    Premier nez discret mais qui s'ouvre vite sur des notes de fruits rouges et de cerise à l'eau de vie. On devine également une pointe épicée et de sous-bois.

    La bouche est assez caressante, la texture souple. Le vin ensuite continue sur sa lancée fine et élégante, avec une finale relevée comme il faut par l'acidité et des notes poivrées.

    Au final, un vin avenant, expressif quoique fin, qui paraît bon à boire désormais. Bien sûr, il peut encore attendre 3 à 5 ans mais cela n'est pas indispensable compte-tenu de sa structure légère.


    Chambolle Feusselottes 2014 : 

    Un nez qui dénote une certaine évolution (cuir, clou de girofle), un peu de réduction mais également après aération, des fruits noirs d'une belle intensité.

    La bouche est soyeuse, chatoyante, sympathique même si la finale est marquée par du tannin, voire de l'amertume pour certains.

    C'est une bouteille intéressante car le vin est déjà expressif. Il peut cependant encore gagner en largeur en bouche et on peut espérer que la finale se polisse davantage dans les 3 à 7 ans à venir.


    Vosne Romanée 2014 : 

    Un peu fermé de prime abord, avec des senteurs presque animales, qui finissent pas laisser la place à des fruits rouges mûrs (cerise, framboise). Belle intégration du bois sur des notes réglissées et mentholées.

    En bouche, de la concentration, une certaine rigueur, une belle trame gainée, entre volume et tannins encore fermes.

    Malgré un vin harmonieux, cohérent, bien intégré, on sent encore une certaine restriction, il ne se livre pas encore complètement. Une garde d'au moins 3 ans, plus probablement 5, semble nécessaire.


    Vosne Chaumes 2014 : 

    Un nez fumé, très légèrement réduit, avec quelques notes végétales. Après aération, des arômes floraux, de griotte et d'agrumes, sans compter les notes toastées et vanillées.

    En bouche, une très belle trame, avec une attaque franche, une très belle cohérence et une finale aux tannins solides.

    Une alliance de gourmandise et de rectitude, représentant certainement un très beau potentiel d'élégance et de saveurs. Malgré cela, il exprime encore beaucoup de retenue et mérite de vieillir 3 à 7 ans encore.


    Clos Vougeot 2014 :

    Le nez est tout à la fois profond, délicat et séducteur : entre des notes de fruits noirs sucrés, de fleurs comme la rose, l'élevage s'intègre parfaitement sous forme de terre humide et feuille séchée.

    En bouche, il fait montre de douceur et de suavité tout en donnant l'impression d'être sur la réserve. La texture est caressante, les tannins délicats, mais le vin reste quelque peu monolithique. On peut gagner en complexité dans les années à venir, à moins qu'un carafage ne lui donne des ailes ?


    Vosne Brulées 2014 :

    Assez fermé au début, il faut le solliciter pour recueillir les fruits noirs par delà la réduction, le réglisse et les touches fumées.

    En bouche, assez puissant, imposant même, avec une attaque franche, un milieu de bouche volumineux et une finale racée mais tannique.

    Un superbe vin, majestueux, profond, non sans harmonie mais qui doit absolument vieillir pour révéler tout son potentiel. Encore 10 ans !


    FICOFI

    Hautes Côtes de Nuits Clos Saint-Philibert

    Beaucoup de vivacité et fraîcheur en bouche, bien équilibrées par un certain gras et du volume, de la rondeur

    Conforme au vin et au millésime

    Prêt à boire - à ouvrir à l'avance

     

    Marsannay

    Après aération, nez intense de fruits rouges frais

    Belle typicité de Marsannay

    Vif, digeste et prêt à boire

     

    Vosne-Romanée

    (Les Barreaux + Aux Communes)

    Nez mûr et concentré (cerise, framboise)

    Droiture, tension, élégance

    Peut attendre encore quelques années : encore très serré mais beau potentiel, belle matière

     

    Chambolle-Musigny Les Feusselottes

    Nez plus évolué, un peu secondaire, plus expressif

    Trame acidité/tannins bien équilibrée

    Toucher de bouche avec un joli grain de tannin

    Un peu serré, propre au millésime un peu froid, mais très intéressant

    Prêt à boire même si bénéficiera d'un vieillissement prolongé

     

    Vosne-Romanée 1er Cru Les Chaumes

    Arômes de fruits rouges et noirs, note mentholée ? (10-15% de rafle)

    Belle matière, un peu sur la réserve, finale un peu sévère

    Vin racé, avec une belle structure tannique

     

    Clos Vougeot

    Nez déjà assez ouvert et très plaisant, sur le fruit (cassis ?).

    Bel équilibre en bouche entre acidité et tanins, belle énergie

     

    Vosne-Romanée 1er Cru Aux Brûlées

    Légère pointe de réduction au premier nez, s'ouvre à l'aération. Nez caractéristique des Brûlées : floral et épicé.

    Beaucoup de puissance et d'intensité en bouche. Tannins fins. Très belle longueur en bouche.

    Grand potentiel de garde, à attendre quelques années pour se polir parfaitement.

    JNM

    À part le Marsannay et le Chambolle Feusselottes, cette dégustation est une confirmation de ce que l'on soupçonnait, à savoir que le millésime n'est pas encore prêt. Les Vosne en particulier se sont bien refermés, la description qui en était faite à leur sortie laissait entrevoir des vins plus approchables. Le Clos Vougeot, comme souvent entre charme et structure, se laisse finalement deviner plus facilement.

    Ce millésime fin, pas forcément très concentré selon les standards actuels, requiert paradoxalement un surcroit de vieillissement pour pouvoir précisément révéler toute sa complexité et ne pas paraître en décalage par rapport aux vins produits ces dernières années. Il est sur la bonne route mais pas encore à destination.




    FICOFI

    Cinq ans après leur mise en bouteille, les 2014 du Domaine Méo-Camuzet, encore très jeunes, nous livrent leurs premiers enseignements : ce millésime est marqué par de jolis nez de fruits frais, une belle vivacité et des tannins bien présents mais fins. Etant le dernier millésime frais de ces dernières années, son profil plutôt atypique par rapport à ce qui s'est fait ensuite, sera à notre avis recherché dans quelques années.

    Si quelques vins s'ouvrent déjà et commencent à être prêts à boire (Marsannay, Feusselottes, voire le Clos Saint-Philibert), la plupart restent, comme attendu, encore un peu serrés et n'ayant pas encore livré tout leur potentiel d'expression. Ce potentiel est évident et quelques années de plus leur conféreront plus d'ouverture et de souplesse. On peut penser à ce stade que ces 2014 seront plutôt à ouvrir à partir de 2025-2030. Les Chaumes et Aux Brûlées, par leur puissance tannique, pourront certainement attendre 2030-2035 - si vous en avez la patience !

    Amélie Berrodier réalise des films, des photographies et des installations au seuil de l'espace intime. De ses rencontres précipitées par différents protocoles (lettres, porte à porte, attente devant des portes-cochères) elle élabore des portraits en quête d'équilibre entre empathie et distance avec ses modèles. Les gestes du quotidien se prêtent aux jeux de la fiction, se cherchent devant l'attente face caméra entre contrôle de soi et lâcher prise.
    Voici le mot de passe pour accéder à la page de l'oeuvre : DOM19MEO
    "Domaine", l'oeuvre présentée par son auteur
    Cette pièce est une série de sept tableaux vidéo réalisés avec l'équipe du domaine Méo-Camuzet. Chaque séquence qui compose cet ensemble est un plan fixe qui dresse le portrait «figé» d'un des vignerons implantés dans son espace de travail, tout en capturant l'activité qui continue de se dérouler autour, en arrière plan ou en hors champ. Comparable à des scènes de théâtre, dont les espaces du domaine sont les décors, chaque acte est un tableau à lui seul, fonctionnant dans un ensemble plus vaste.
    Les sept portraits ont chacun une durée de 3 min et forment un total de 21 min d'images du
    domaine. Ils sont installés dans l'espace de façon à ce qu'ils puissent être visibles tous en même temps, et font donc l'objet de sept vidéoprojections de grand format. Ainsi, la pluralité des actions du domaine est accessible directement au regard et leur simultanéité se fait comprendre par la possibilité de laisser aller son attention vers l'un ou l'autre tableau présent. L'ensemble a été calculé en vue de représenter la façon dont les employés habitent le site et se partagent les lieux, à la fois chacun dans son rôle et pouvant également apparaître sur le portrait d'un autre. Les espaces sont alors poreux et l'intégralité des images disponibles à la contemplation dresse le portrait du
    domaine et de son activité.
    Les sons présents dans l'installation correspondent aux différents bruits des environnements présentés. En donnant une place importante au silence, je souhaite mettre l'accent sur le rythme lié au travail et sur la répétition des actions qui se veulent musicales et mélodieuses. La superposition de ces sons au sein de l'installation renforce ma volonté de faire du domaine Méo-Camuzet un personnage à part entière, qui nous parle, respire et qui vit.
    Artiste vidéaste, Julie Grosche vit et travaille entre la Bourgogne et New York
    Voir son oeuvre ici et son travail :  juliegrosche.com

    "A possible field of experience", l'oeuvre présentée par son auteur
    A possible field of experience part d'une observation de l'ordinaire d'un héritage immatériel, liée à différentes préoccupations, différents désirs. C'est un monde qui vibre d'énergies et d'activités. Ce film parle d'une multitude d'expériences qui ont une donnée en commun : La vigne. Il est le reflet d'un village riche de voix multiples ou plusieurs registres se juxtaposent : le folklore, la culture populaire, une voie omnisciente savante, la santé publique, un héritage patrimonial, un éco-feminisme... A possible field of experience devient un discours polyphonique sans coupure entre high et low culture. Le point de vue est celui de l'image en général, celui d'une culture visuelle élargie.
  • 60 ans du domaine, 30 ans de jean-nicolas

    Cette année en 9 sera-t-elle un grand millésime ? Nul ne le sait encore....

    en savoir plus
    Quoiqu'il en soit, ce sera pour nous une année de double anniversaire puisque nous fêtons les 60 ans du domaine dans la famille et les 30 ans d'activité de Jean Nicolas à sa tête.


    Cet anniversaire, nous le plaçons sous le signe de la jeunesse, car que sont 30 ans, et même 60 au regard de l'histoire millénaire de la Bourgogne, une broutille !


    Chaque millésime est un nouveau bébé que l'on regarde grandir et que l'on élève jusqu'à l'âge adulte.


    Tout comme le Premier Roman que nous récompensons chaque année depuis 10 ans au cours du salon Livres en Vignes au Château du Clos de Vougeot


    Tout comme les jeunes stagiaires oenologues et apprentis vinificateurs qui se sont succédé au domaine depuis 1989.


    Tout comme les jeunes artistes bourguignons de l'ENSA Dijon, l'école des Beaux Arts, pour lesquels nous avons créé cette année un Prix de la Jeune Création Artistique pour leur laisser la possibilité d'exprimer leur vision du patrimoine immatériel de la Bourgogne....


    Une grande année pour nous donc, et nous l'espérons, un beau millésime encore en gestation !


  • reportage sur le domaine, monopole magazine


    Les 4 saisons au Domaine ...

    https://www.monopole-magazine.com/grand-format/domaine-meo-camuzet/


    Joli article, très belles photos, le tout résume bien l'ambiance au domaine 

  • destination oregon

    DESTINATION OREGON : Nicolas-Jay, the Oregon venture initiated by Jean-Nicolas Méo and his friend Jay Boberg (and supported by the domaine) is now entering a decisive phase with the release of its first wine on April 2nd. Check out the new website at nicolasjay.com
    en savoir plus

    Nicolas-Jay, l'aventure américaine initiée par Jean-Nicolas Méo et son ami Jay Boberg (et soutenue par le domaine) entre dans une phase décisive avec le lancement de son premier vin le 2 avril 2016.


    Nous vous engageons à visiter le site    http://www.nicolas-jay.com


    La saison 2014 en Oregon fut plutôt facile, même si cela cachait évidemment quelques pièges : un temps ensoleillé et chaud, des raisins tout à fait sains, une bonne récolte, une vendange sans accrocs (Bon, c'était une première vendange, ce n'est jamais aussi facile que cela).

    Les vins obtenus furent doux et avenants et dès lors, le défi fut de forger une cuvée possédant finesse, subtilité et structure discrète.

    Désormais mis en bouteilles depuis mi-décembre, nous sommes très fiers de présenter ce vin d'Oregon typique, avec ses arômes de mûres et de confiture de framboise. En bouche, une texture riche et généreuse vous accueille et vous accompagne, pour se terminer par une touche de tannins jeunes, qui aide à maintenir tension et structure jusqu'à la fin.