• 2022 : grand, beau, intelligent ...

    Certaines personnes, un peu agaçantes à la vérité, donnent l'impression d'avoir été gâtées par la nature : elles ont tout. Si l'on pousse l'anthropomorphisme jusqu'au vin, 2022 est incontestablement un millésime « doué » : abondant, agréable, avec une belle structure ... Comment peut-on l'expliquer ?

    La Saison
    Les Vendanges et Vinifications
    Elevage et Caractère
    Notes de dégustation : Bourgognes et Villages
    Notes de dégustation : Premiers Crus

    La saison fut marquée par l'ensoleillement, la chaleur et un déficit en eau. 

    Avril et Mai sont ensoleillés et secs et permettent un développement végétatif rapide. La fleur passe comme une lettre à la poste fin mai, ce qui explique en grande partie la précocité du millésime et les beaux rendements. Juin est globalement ensoleillé aussi, mais le temps change et des épisodes pluvieux salvateurs mettent un coup d'arrêt à la sécheresse. La fin du mois en particulier voit des cumuls très importants, heureusement sans dégâts de grêle ou d'inondation dans nos secteurs. Le reste de l'été est chaud et sec, un peu trop parfois, avec un épisode caniculaire mi-août, qui a pu ralentir ou bloquer des maturités.


    Les vendanges commencèrent le 29 août dans des conditions excellentes :

    Il fait beau mais pas trop chaud, les raisins sont de qualité, pas trop gros et de maturité homogène. Ils nécessitent très peu de tri. Les degrés alcooliques sont certes élevés, quelques appellations dépassent 14 mais la plupart sont en dessous de ce niveau et même pour quelques-uns, en dessous de 13. Peut-être le reflet d'une maturation poussive, sans que la plante exprime pourtant de signes visibles de stress hydrique. Les acidités sont dans la moyenne basse.


    Aucun problème en vinification ...

    Ici ou là, quelques cuvées nécessitent des aérations plus importantes. Mais pas de chaptalisation ; parfois une correction d'acidité à la marge. De très bonnes conditions donc, qui ont permis une vinification très peu interventionniste. À noter des rendements en jus dans la moyenne basse, les raisins n'étaient donc pas gorgés d'eau.


    Des surprises ... 

    En fin de vinification, les vins donnent l'impression d'être déjà très buvables et faciles. Les fermentations malo-lactiques s'enclenchent presque immédiatement et se terminent pour la plupart avant la fin de l'année. En principe, nous n'aimons pas trop cela, nous pensons qu'une pause entre les deux fermentations est bénéfique pour la structure du vin. Mais il faut dire, première surprise, que cette « malo » passe quasiment inaperçue à la dégustation et ne semble pas affecter les vins. Puis, le printemps et le début d'été confirment l'impression diffuse du début de l'année 2023 : les vins se tendent, ils acquièrent une verticalité et une structure insoupçonnée pendant les vinifications. Cela s'observe aussi à l'analyse, les pH n'augmentent pas entre début et fin de « malo », contrairement à la règle. Un phénomène qui s'observe tous les 10 ans à peine ...

    Tant et si bien que ce millésime qui avait commencé dans la douceur et dont on pensait pendant la vinification qu'il pourrait manquer de nerf, est devenu aujourd'hui plus affirmé et structuré. Il paraît complet et semble promis à un bel avenir. Cet aspect des choses étant assuré, le travail de préparation à la mise a consisté à détendre les vins, les ouvrir, à leur donner du temps pour les observer et les goûter avant de les lancer dans leur vie en bouteille. Tout cela dans le but d'éviter un phénomène de « fermeture » trop marqué.

    Même si les recommandations de dégustation vont insister sur un temps certain de vieillissement, il se pourrait bien que certains vins soient bons à boire presque à toutes les étapes de leur évolution : flatteurs dans leur jeunesse, acquérant de la tension avec le temps tout en restant équilibrés et approchables. Un phénomène peu fréquent mais rendu possible, sinon probable, par l'évolution observée en cave.


    Bourgogne Hautes de Côtes de Nuits blanc « Clos St Philibert »

    Le nez est ouvert, typique du « Clos St Phi » : sur les cailloux, les fruits jaunes et la poire, quelques arômes herbacés soutiennent le tout ainsi qu'un bois légèrement vanillé.

    En bouche, un très bel équilibre : l'attaque est ronde, la concentration au milieu juste comme il faut et la finale acidulée, exprimant les agrumes (citron et mandarine).

    C'est un vin vif, pas agressif ou mordant et plutôt excitant ! Il y a du fond, la droiture et la minéralité sont bien présentes bref, c'est un millésime bien représentatif de l'appellation. Il est parti pour nous rafraîchir pour les 10 prochaines années !

     

    BOURGOGNE CÔTE D'OR ROUGE « Etienne Camuzet »

    Un joli nez, qui s'ouvre sur des notes de fraise et fraise des bois, puis de cerise, sous-tendues par quelques arômes acidulés et épicés.

    La bouche est caressante, légère et sans aspérités, gourmande, avant une finale un peu plus structurée et acidulée.

    C'est vraiment un joli vin, fin et complexe pour un bourgogne, sans austérité (les tanins sont souples) mais avec une certaine droiture qui laisse penser qu'une attente de quelques années lui sera bénéfique. Un vieillissement plus long, jusqu'en 2035, est aussi tout fait envisageable.


    BOURGOGNE CÔTE D'OR ROUGE « Hémisphère Nord »

    Le nez est bien ouvert, sur des arômes de fruits noirs, en particulier la cerise ; pas de fûts neufs sur cette cuvée mais néanmoins un apport de bois plus toasté, qui évoque notamment la réglisse.

    Le vin est caressant en bouche, avec une belle texture initiale mais ensuite plus de verticalité et de droiture que la cuvée « Etienne Camuzet ». La finale est un peu plus courte.

    Une belle énergie, un vin qui paraît bon à boire également, avec une certaine légèreté qui lui donne de l'allant ! On peut commencer à le boire à partir de 2025.


    MARSANNAY

    Le nez s'ouvre petit à petit avec l'aération et développe des notes de fruits noirs, sur des touches végétales et un bois légèrement toasté.

    La bouche est souple au départ mais paraît vite assez verticale, avec une structure acide et tannique qui apparaît dès le milieu de la dégustation. Ces éléments restent présents en fin de bouche, sans être dominants.

    Ce vin aujourd'hui paraît un peu réservé, avec un beau potentiel toutefois ; le plus sage serait donc d'attendre 2027 avant de le consommer.


    FIXIN

    Un nez de moyenne intensité, où l'on trouve des fruits rouges et noirs sur des notes confiturées et un bois légèrement toasté. Un départ déjà très gourmand !

    La bouche est ample et tapissante, la texture de milieu de bouche caressante, avant une finale où des tanins plus présents resserrent l'impression d'ensemble.

    Beaucoup d'atouts pour ce vin si charmeur mais peut-être un peu moins intégré à ce stade que d'habitude. Là aussi, attendre 2027 sera bénéfique.


    NUITS ST GEORGES 

    Logiquement, compte-tenu de la présence de fûts neufs, le nez s'ouvre sur des notes sucrées (vanille, caramel) mais bien intégrées. Puis le fruit apparaît, avec des fruits rouges et noirs variés ; et également un côté iodé, plus surprenant mais très agréable.

    La bouche est très caressante, ample, donnant une sensation de gourmandise, avant une finale fraîche et toujours savoureuse.

    C'est un vin à la fois agréable et complexe, possédant une belle concentration et de la longueur. Ce qui est étonnant, c'est qu'il reste très accessible, on se fait déjà plaisir ! Aucun souci à le faire durer 10 ans aussi si l'on préfère.


    GEVREY CHAMBERTIN

    Le premier nez est mentholé et évoque aussi le thé noir fumé, puis avec l'aération, on retrouve les fruits. Le tout est charmeur, gourmand bien qu'encore un peu discret.

    La bouche est assez ramassée, compacte, on en devine la concentration. La texture est belle, on sent en même temps une certaine verticalité, des fruits qui s'expriment plus qu'au nez, la dégustation finissant sur des tanins légèrement serrés.

    Un bel équilibre prometteur, plus de vivacité et de fermeté que sur le Nuits, il faut donc attendre un peu. À partir de 2027.


    VOSNE-ROMANÉE


     

    CHAMBOLLE-MUSIGNY :

    Joli nez, bien ouvert, où s'exprime une dominante de fruits rouges bien mûrs, rehaussée par des épices, quelques notes herbacées et un bois bien intégré.

    En bouche, une belle texture, de l'amplitude, des tanins caressants, une bonne vivacité de fruits ... Mais également une certaine tension, une petite réserve, des tanins un peu serrés en finale ... laissent penser que le vin ne se livre pas complètement aujourd'hui.

    Mais il ne lui manque pas grand chose pour réaliser son potentiel et exprimer une harmonie que l'on sent proche : quelques années de vieillissement ... À partir de 2028-2029.



    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX ARGILLAS :

    Le nez est bien ouvert, voire puissant, évoquant des fruits rouges et noirs (myrtille), soutenus par une légère sucrosité, ce qui accentue la gourmandise !

    La bouche est d'une belle texture, avec des tanins caressants, qui offrent plus de volupté que d'habitude sur ce vin. On retrouve cependant son acidité caractéristique en finale.

    Malgré un côté extraverti, il serait sage d'attendre quelques années avant de le déguster, pour une meilleure intégration de la fraîcheur. À partir de 2029.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX MURGERS :

    Les arômes sont plus noirs et sombres que le Nuits Boudots. On compare souvent ces deux vins ... Également ouvert, le Murgers se distingue par un côté épicé et mentholé plus marqué, des arômes de fruits noirs et de réglisse. En tout cas, il fait preuve d'une belle complexité dès l'ouverture.

    En bouche, une très belle texture, généreuse mais dense et ramassée. Une certaine droiture à partir du milieu de la dégustation, cependant égayée par les fruits, qui s'expriment presque plus qu'au nez. La finale est serrée mais d'une belle longueur.

    Un très beau vin, qui a tout pour devenir grandiose ... Même si on apprécie déjà aujourd'hui sa puissance et son énergie, quelques années devraient lui donner un supplément d'intégration et donc, de complexité. Idéalement pas avant 2034.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU LES PERRIÈRES

    Un vin très ouvert dès le départ ! Une variété de fruits rouges, soutenue par des arômes sucrés (amande, nougat) explose en un beau bouquet.

    La bouche est plus compacte que ne le laisserait deviner le nez, la texture est belle, les tanins caressants, le milieu de bouche gourmand ... Seule la finale est légèrement serrée, portée par l'acidité et renforcée de notes épicées.

    C'est un vin très élégant, avec néanmoins une certaine tension et un peu plus de densité que d'habitude et qu'il convient donc d'attendre pour le goûter à son apogée. À partir de 2028.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX BOUDOTS

    Le bouquet est très séducteur et offre d'entrée un nez de cerise et des arômes pâtissiers qui le rendent follement gourmand. Un léger côté fumé et épicé, de thé noir, apporte encore plus de complexité.

    Ce vin offre également un très beau toucher de bouche, des tanins caressants, une texture ample, qui tapisse le palais. La finale est légèrement serrée mais ni mordante, ni stricte.

    Comme toujours, c'est un vin généreux qui, même s'il semble accessible aujourd'hui, peut se développer encore. À attendre jusqu'en 2030.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FEUSSELOTTES

    Tout de suite, de très beaux arômes de fruits noirs et rouges. Puis, quelques notes végétales et fumées apportent de la complexité à cet ensemble déjà charmeur !

    La bouche est ample, plutôt dense, avec du fond. Les tanins sont caressants mais la finale est plus serrée que le Chambolle Cras et le bois encore un peu présent.

    Ce vin possède à l'évidence un très beau potentiel mais avec sa petite austérité résiduelle, il demandera à vieillir pour se polir. À partir de 2028.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CRAS

    Le premier nez est ouvert et expressif, on y détecte la cerise, une légère sucrosité et petit à petit, un côté mentholé et épicé. C'est déjà très gourmand !

    En bouche, une très belle texture, une densité conséquente mais le vin reste très charmeur et finit sur une impression saline tout à fait sympathique.

    Difficile de résister à ce vin, presque abordable dès maintenant ! Un léger vieillissement pour finir de l'intégrer est toutefois conseillé. À partir de 2026.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FUEES

    Le premier nez est timide : on perçoit quelques fruits noirs, des notes fumées et épicées, du menthol, qui donne une impression de fraîcheur (pas de vendange entière pourtant).

    En bouche, malgré la rondeur et la texture soyeuse, le vin paraît compact et ne se livre pas totalement. La finale n'est pas sans gourmandise pourtant, d'une belle longueur et fraîcheur.

    Globalement, ce vin montre un bel équilibre, et apparaît fin et charmeur comme un Chambolle doit l'être. Il lui manque de se détendre un peu, quelques années de vieillissement devraient permettre d'atteindre ce but. À partir de 2029-30.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CHARMES

    Le nez est complexe : fruits noirs et rouges, thé fumé, réglisse, menthe poivrée, épices ... Même riche et exotique, en fait !

    La bouche est caressante, ample et puissante, sans lourdeur. La finale est légèrement serrée, avec des tanins présents.

    Ce vin fait une très bonne impression : sympathique mais avec du potentiel et de la tension, il demande donc à vieillir pour être pleinement apprécié. À partir de 2029.


    VOSNE-ROMANÉE 1ER CRU LES CHAUMES : 

    Le bouquet, ample et séduisant, en impose dès l'ouverture : on y détecte des fruits rouges et noirs, notamment la cerise, des arômes sucrés d'amande et de cassonade, une pointe de menthol ...

    La bouche est plus compacte : beaucoup de finesse mais également de la droiture, qui laisse penser que ce vin ne se livre pas encore complètement. La finale est longue et les tanins caressants, avec peut-être une présence de bois plus marquée.

    Beaucoup de gourmandise pour cette cuvée emblématique de notre domaine et du village, favorisée par une belle maturité et tempérée par la délicatesse naturelle de cette appellation. Cela promet un bel équilibre et un grand plaisir de dégustation à terme. À partir de 2030 minimum.




  • tout est bien qui finit bien
    les 2016 5 ans apres

    Il y a 5 ans, on soulignait les difficultés d'une saison qui s'était finalement bien terminée et la profondeur d'un beau millésime mûr.


    Aujourd'hui, ces 2016 déjouent les pronostics. La profondeur et la texture relevées à la sortie de ce millésime sont toujours là. La maturité aussi ; ce qui n'a pas été assez souligné, même si nous parlions « d'un charme certain », c'est la séduction que ces vins peuvent exercer. Mûrs bien sûr, mais pas lourds ; racés mais pas sévères ; jolis et avenants mais aussi longs et complexes. Ils possèdent un relief, une lueur, qui leur donnent ce côté gourmand, presque enchanteur, qui est étonnant pour un millésime si mûr. Sans doute est-ce dû à la qualité des acides, certes pas en quantités très importante mais qui aboutissent à un pH assez bas pour une année ensoleillée comme celle-là.


    On ne peut qu'être optimiste pour l'avenir de ces vins. Certes, ils ont un peu perdu de l'éclat de la jeunesse et certains sont entrés en période de transition : moins d'éclat de fruits, un peu moins de fraîcheur mais pas encore tout à fait la complexité et l'intégration que l'on attend d'un vin à maturité. En revanche, ils ne sont pas vraiment fermés. Une bonne aération doit permettre de ne pas regretter de les avoir ouverts même si beaucoup paraissent pouvoir se développer encore.


    Notes de dégustation (Mai 2023)

    La saison fut marquée par l'ensoleillement, la chaleur et un déficit en eau. 

    Avril et Mai sont ensoleillés et secs et permettent un développement végétatif rapide. La fleur passe comme une lettre à la poste fin mai, ce qui explique en grande partie la précocité du millésime et les beaux rendements. Juin est globalement ensoleillé aussi, mais le temps change et des épisodes pluvieux salvateurs mettent un coup d'arrêt à la sécheresse. La fin du mois en particulier voit des cumuls très importants, heureusement sans dégâts de grêle ou d'inondation dans nos secteurs. Le reste de l'été est chaud et sec, un peu trop parfois, avec un épisode caniculaire mi-août, qui a pu ralentir ou bloquer des maturités.


    Les vendanges commencèrent le 29 août dans des conditions excellentes :

    Il fait beau mais pas trop chaud, les raisins sont de qualité, pas trop gros et de maturité homogène. Ils nécessitent très peu de tri. Les degrés alcooliques sont certes élevés, quelques appellations dépassent 14 mais la plupart sont en dessous de ce niveau et même pour quelques-uns, en dessous de 13. Peut-être le reflet d'une maturation poussive, sans que la plante exprime pourtant de signes visibles de stress hydrique. Les acidités sont dans la moyenne basse.


    Aucun problème en vinification ...

    Ici ou là, quelques cuvées nécessitent des aérations plus importantes. Mais pas de chaptalisation ; parfois une correction d'acidité à la marge. De très bonnes conditions donc, qui ont permis une vinification très peu interventionniste. À noter des rendements en jus dans la moyenne basse, les raisins n'étaient donc pas gorgés d'eau.


    Des surprises ... 

    En fin de vinification, les vins donnent l'impression d'être déjà très buvables et faciles. Les fermentations malo-lactiques s'enclenchent presque immédiatement et se terminent pour la plupart avant la fin de l'année. En principe, nous n'aimons pas trop cela, nous pensons qu'une pause entre les deux fermentations est bénéfique pour la structure du vin. Mais il faut dire, première surprise, que cette « malo » passe quasiment inaperçue à la dégustation et ne semble pas affecter les vins. Puis, le printemps et le début d'été confirment l'impression diffuse du début de l'année 2023 : les vins se tendent, ils acquièrent une verticalité et une structure insoupçonnée pendant les vinifications. Cela s'observe aussi à l'analyse, les pH n'augmentent pas entre début et fin de « malo », contrairement à la règle. Un phénomène qui s'observe tous les 10 ans à peine ...

    Tant et si bien que ce millésime qui avait commencé dans la douceur et dont on pensait pendant la vinification qu'il pourrait manquer de nerf, est devenu aujourd'hui plus affirmé et structuré. Il paraît complet et semble promis à un bel avenir. Cet aspect des choses étant assuré, le travail de préparation à la mise a consisté à détendre les vins, les ouvrir, à leur donner du temps pour les observer et les goûter avant de les lancer dans leur vie en bouteille. Tout cela dans le but d'éviter un phénomène de « fermeture » trop marqué.

    Même si les recommandations de dégustation vont insister sur un temps certain de vieillissement, il se pourrait bien que certains vins soient bons à boire presque à toutes les étapes de leur évolution : flatteurs dans leur jeunesse, acquérant de la tension avec le temps tout en restant équilibrés et approchables. Un phénomène peu fréquent mais rendu possible, sinon probable, par l'évolution observée en cave.


    Bourgogne Hautes de Côtes de Nuits blanc « Clos St Philibert »

    Le nez est ouvert, typique du « Clos St Phi » : sur les cailloux, les fruits jaunes et la poire, quelques arômes herbacés soutiennent le tout ainsi qu'un bois légèrement vanillé.

    En bouche, un très bel équilibre : l'attaque est ronde, la concentration au milieu juste comme il faut et la finale acidulée, exprimant les agrumes (citron et mandarine).

    C'est un vin vif, pas agressif ou mordant et plutôt excitant ! Il y a du fond, la droiture et la minéralité sont bien présentes bref, c'est un millésime bien représentatif de l'appellation. Il est parti pour nous rafraîchir pour les 10 prochaines années !

     

    BOURGOGNE CÔTE D'OR ROUGE « Etienne Camuzet »

    Un joli nez, qui s'ouvre sur des notes de fraise et fraise des bois, puis de cerise, sous-tendues par quelques arômes acidulés et épicés.

    La bouche est caressante, légère et sans aspérités, gourmande, avant une finale un peu plus structurée et acidulée.

    C'est vraiment un joli vin, fin et complexe pour un bourgogne, sans austérité (les tanins sont souples) mais avec une certaine droiture qui laisse penser qu'une attente de quelques années lui sera bénéfique. Un vieillissement plus long, jusqu'en 2035, est aussi tout fait envisageable.


    BOURGOGNE CÔTE D'OR ROUGE « Hémisphère Nord »

    Le nez est bien ouvert, sur des arômes de fruits noirs, en particulier la cerise ; pas de fûts neufs sur cette cuvée mais néanmoins un apport de bois plus toasté, qui évoque notamment la réglisse.

    Le vin est caressant en bouche, avec une belle texture initiale mais ensuite plus de verticalité et de droiture que la cuvée « Etienne Camuzet ». La finale est un peu plus courte.

    Une belle énergie, un vin qui paraît bon à boire également, avec une certaine légèreté qui lui donne de l'allant ! On peut commencer à le boire à partir de 2025.


    MARSANNAY

    Le nez s'ouvre petit à petit avec l'aération et développe des notes de fruits noirs, sur des touches végétales et un bois légèrement toasté.

    La bouche est souple au départ mais paraît vite assez verticale, avec une structure acide et tannique qui apparaît dès le milieu de la dégustation. Ces éléments restent présents en fin de bouche, sans être dominants.

    Ce vin aujourd'hui paraît un peu réservé, avec un beau potentiel toutefois ; le plus sage serait donc d'attendre 2027 avant de le consommer.


    FIXIN

    Un nez de moyenne intensité, où l'on trouve des fruits rouges et noirs sur des notes confiturées et un bois légèrement toasté. Un départ déjà très gourmand !

    La bouche est ample et tapissante, la texture de milieu de bouche caressante, avant une finale où des tanins plus présents resserrent l'impression d'ensemble.

    Beaucoup d'atouts pour ce vin si charmeur mais peut-être un peu moins intégré à ce stade que d'habitude. Là aussi, attendre 2027 sera bénéfique.


    NUITS ST GEORGES 

    Logiquement, compte-tenu de la présence de fûts neufs, le nez s'ouvre sur des notes sucrées (vanille, caramel) mais bien intégrées. Puis le fruit apparaît, avec des fruits rouges et noirs variés ; et également un côté iodé, plus surprenant mais très agréable.

    La bouche est très caressante, ample, donnant une sensation de gourmandise, avant une finale fraîche et toujours savoureuse.

    C'est un vin à la fois agréable et complexe, possédant une belle concentration et de la longueur. Ce qui est étonnant, c'est qu'il reste très accessible, on se fait déjà plaisir ! Aucun souci à le faire durer 10 ans aussi si l'on préfère.


    GEVREY CHAMBERTIN

    Le premier nez est mentholé et évoque aussi le thé noir fumé, puis avec l'aération, on retrouve les fruits. Le tout est charmeur, gourmand bien qu'encore un peu discret.

    La bouche est assez ramassée, compacte, on en devine la concentration. La texture est belle, on sent en même temps une certaine verticalité, des fruits qui s'expriment plus qu'au nez, la dégustation finissant sur des tanins légèrement serrés.

    Un bel équilibre prometteur, plus de vivacité et de fermeté que sur le Nuits, il faut donc attendre un peu. À partir de 2027.


    VOSNE-ROMANÉE


     

    CHAMBOLLE-MUSIGNY :

    Joli nez, bien ouvert, où s'exprime une dominante de fruits rouges bien mûrs, rehaussée par des épices, quelques notes herbacées et un bois bien intégré.

    En bouche, une belle texture, de l'amplitude, des tanins caressants, une bonne vivacité de fruits ... Mais également une certaine tension, une petite réserve, des tanins un peu serrés en finale ... laissent penser que le vin ne se livre pas complètement aujourd'hui.

    Mais il ne lui manque pas grand chose pour réaliser son potentiel et exprimer une harmonie que l'on sent proche : quelques années de vieillissement ... À partir de 2028-2029.



    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX ARGILLAS :

    Le nez est bien ouvert, voire puissant, évoquant des fruits rouges et noirs (myrtille), soutenus par une légère sucrosité, ce qui accentue la gourmandise !

    La bouche est d'une belle texture, avec des tanins caressants, qui offrent plus de volupté que d'habitude sur ce vin. On retrouve cependant son acidité caractéristique en finale.

    Malgré un côté extraverti, il serait sage d'attendre quelques années avant de le déguster, pour une meilleure intégration de la fraîcheur. À partir de 2029.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX MURGERS :

    Les arômes sont plus noirs et sombres que le Nuits Boudots. On compare souvent ces deux vins ... Également ouvert, le Murgers se distingue par un côté épicé et mentholé plus marqué, des arômes de fruits noirs et de réglisse. En tout cas, il fait preuve d'une belle complexité dès l'ouverture.

    En bouche, une très belle texture, généreuse mais dense et ramassée. Une certaine droiture à partir du milieu de la dégustation, cependant égayée par les fruits, qui s'expriment presque plus qu'au nez. La finale est serrée mais d'une belle longueur.

    Un très beau vin, qui a tout pour devenir grandiose ... Même si on apprécie déjà aujourd'hui sa puissance et son énergie, quelques années devraient lui donner un supplément d'intégration et donc, de complexité. Idéalement pas avant 2034.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU LES PERRIÈRES

    Un vin très ouvert dès le départ ! Une variété de fruits rouges, soutenue par des arômes sucrés (amande, nougat) explose en un beau bouquet.

    La bouche est plus compacte que ne le laisserait deviner le nez, la texture est belle, les tanins caressants, le milieu de bouche gourmand ... Seule la finale est légèrement serrée, portée par l'acidité et renforcée de notes épicées.

    C'est un vin très élégant, avec néanmoins une certaine tension et un peu plus de densité que d'habitude et qu'il convient donc d'attendre pour le goûter à son apogée. À partir de 2028.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX BOUDOTS

    Le bouquet est très séducteur et offre d'entrée un nez de cerise et des arômes pâtissiers qui le rendent follement gourmand. Un léger côté fumé et épicé, de thé noir, apporte encore plus de complexité.

    Ce vin offre également un très beau toucher de bouche, des tanins caressants, une texture ample, qui tapisse le palais. La finale est légèrement serrée mais ni mordante, ni stricte.

    Comme toujours, c'est un vin généreux qui, même s'il semble accessible aujourd'hui, peut se développer encore. À attendre jusqu'en 2030.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FEUSSELOTTES

    Tout de suite, de très beaux arômes de fruits noirs et rouges. Puis, quelques notes végétales et fumées apportent de la complexité à cet ensemble déjà charmeur !

    La bouche est ample, plutôt dense, avec du fond. Les tanins sont caressants mais la finale est plus serrée que le Chambolle Cras et le bois encore un peu présent.

    Ce vin possède à l'évidence un très beau potentiel mais avec sa petite austérité résiduelle, il demandera à vieillir pour se polir. À partir de 2028.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CRAS

    Le premier nez est ouvert et expressif, on y détecte la cerise, une légère sucrosité et petit à petit, un côté mentholé et épicé. C'est déjà très gourmand !

    En bouche, une très belle texture, une densité conséquente mais le vin reste très charmeur et finit sur une impression saline tout à fait sympathique.

    Difficile de résister à ce vin, presque abordable dès maintenant ! Un léger vieillissement pour finir de l'intégrer est toutefois conseillé. À partir de 2026.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FUEES

    Le premier nez est timide : on perçoit quelques fruits noirs, des notes fumées et épicées, du menthol, qui donne une impression de fraîcheur (pas de vendange entière pourtant).

    En bouche, malgré la rondeur et la texture soyeuse, le vin paraît compact et ne se livre pas totalement. La finale n'est pas sans gourmandise pourtant, d'une belle longueur et fraîcheur.

    Globalement, ce vin montre un bel équilibre, et apparaît fin et charmeur comme un Chambolle doit l'être. Il lui manque de se détendre un peu, quelques années de vieillissement devraient permettre d'atteindre ce but. À partir de 2029-30.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CHARMES

    Le nez est complexe : fruits noirs et rouges, thé fumé, réglisse, menthe poivrée, épices ... Même riche et exotique, en fait !

    La bouche est caressante, ample et puissante, sans lourdeur. La finale est légèrement serrée, avec des tanins présents.

    Ce vin fait une très bonne impression : sympathique mais avec du potentiel et de la tension, il demande donc à vieillir pour être pleinement apprécié. À partir de 2029.


    VOSNE-ROMANÉE 1ER CRU LES CHAUMES : 

    Le bouquet, ample et séduisant, en impose dès l'ouverture : on y détecte des fruits rouges et noirs, notamment la cerise, des arômes sucrés d'amande et de cassonade, une pointe de menthol ...

    La bouche est plus compacte : beaucoup de finesse mais également de la droiture, qui laisse penser que ce vin ne se livre pas encore complètement. La finale est longue et les tanins caressants, avec peut-être une présence de bois plus marquée.

    Beaucoup de gourmandise pour cette cuvée emblématique de notre domaine et du village, favorisée par une belle maturité et tempérée par la délicatesse naturelle de cette appellation. Cela promet un bel équilibre et un grand plaisir de dégustation à terme. À partir de 2030 minimum.




    CHAMBOLLE MUSIGNY
    Un nez exprimant d'abord des notes de réduction (terrine, gibier) mais qui s'ouvre bien vite sur des fruits noirs mûrs, avec une touche de groseille également. Des composés épicés et mentholés et un bois bien intégré complètent le tout.
    L'attaque en bouche est vive et franche. Tout de suite après, des tanins assez serrés se signalent et lancent une finale qui ne manque pas d'élégance même si elle reste un peu austère.
    Un vin encore en transition, à laisser de côté pour l'instant même si un carafage lui ferait sûrement beaucoup de bien.

    VOSNE ROMANÉE
    Nez assez ouvert mais restant discret et porté sur les fruits rouges légèrement compotés.
    La bouche est agréable, ronde, fondue et gourmande. Une touche acide lui donne du relief et de la droiture, jusqu'à une finale légèrement serrée mais vive.
    Le tout est très fin et accessible, harmonieux, moins « costaud » que le Chambolle et plutôt prêt à boire. 

     

    VOSNE ROMANÉE 1ER CRU LES CHAUMES
    Beau nez ouvert de fruits très mûrs tels que la figue. Mais des notes mentholées, épicées, de tabac blond et un boisé bien intégré lui confère complexité et intensité.
    La bouche débute par une attaque très fine, bien dans le style du terroir ; elle va en s'élargissant et révèle une finale acidulée et longue, ne manquant pas de fermeté. Le bois est encore bien présent et demande à se fondre.
    Un vin jeune, dynamique, séduisant et sympathique mais encore en construction et qui bénéficiera d'un vieillissement additionnel.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU
    Un nez généreux et même intense, où après une touche de réduction, de beaux arômes de fruits noirs mûrs se dévoilent. Le boisé est assez présent à travers des notes de grillé-fumé.
    La bouche est ample, enveloppante, très agréable. Les tanins sont caressants, la finale juteuse.
    Le tout compose un vin gourmand, accessible, que l'on peut encore boire sur la jeunesse. Bel avenir en perspective, un vieillissement supplémentaire permettra d'intégrer le bois un peu présent pour certains palais.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX MURGERS
    Un nez tout en subtilité, des arômes qu'il faut parfois aller débusquer mais qui finissent par composer un bouquet riche de fruits noirs, de touches de menthol, d'anis, de vanille ... Une légère évolution rajoute de la complexité.
    Très caressant en bouche, un vrai velours ! De la vivacité, des tanins subtils et fondus composent un vin structuré sans en avoir l'air. Très belle longueur en finale, avec de l'énergie.
    De la finesse du début à la fin pour ce vin qui, bien que délicieux dès maintenant, n'a pas encore révélé tout son potentiel. Il a de la puissance en réserve et fera une superbe bouteille dans 10 ans.

    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX BOUDOTS
    Le nez est très ouvert et intense : des fruits noirs et rouges, un joli boisé vanillé, des arômes de viennoiserie ... C'est déjà très gourmand ! D'autant qu'à l'aération, il s'ouvre et gagne en expression.
    En bouche, une très belle texture au départ, beaucoup de volume, puis le vin continue dans un registre généreux, racé, frais jusque'à une finale intégrée, sur de beaux tanins jeunes et distingués.
    L'ensemble est très séduisant, bien sûr ce vin a tout pour bien vieillir mais on se demande comment il pourrait faire mieux ? Il a déjà beaucoup d'harmonie et montre une certaine magie, le terroir qui fait sa démonstration sans doute ...


    CORTON PERRIÈRES
    Un nez ouvert, quoique dans la subtilité, qui offre des arômes de fruits rouges (groseille, cerise à l'eau de vie) confiturés, des arômes d'épice, de menthol et un boisé intégré.
    En bouche, une certaine retenue de prime abord ; plus de volume et de profondeur à mesure que la dégustation progresse, pour finir sur des tanins affutés mais savoureux. Aussi, une belle impression de fraîcheur.
    Globalement, un vin équilibré, plutôt séduisant, avec de la minéralité et une belle longueur en bouche. Nous pensons qu'il va continuer sur cette lancée dans les années qui viennent.

    CORTON CLOS ROGNET
    Un nez ouvert mais avec de la réduction qui s'exprime par un côté animal. Puis il s'ouvre sur des arômes de fruits rouges et noirs, des fleurs et des touches épicées/boisées.
    La bouche est très ample, concentrée, riche. Elle réussit à ne pas être imposante tout en gagnant encore en texture en cours de dégustation ! La finale est sur le fruit et permet de finir sur une sensation savoureuse.
    Très beau vin généreux, qui a tout pour lui. Et pourtant, il gagnera encore au vieillissement, qui devrait permettre d'ouvrir l'aromatique.

    CLOS VOUGEOT
    Dès le départ, de très beaux arômes de fruits rouges frais ; une légère note végétale, quelques notes sucrées composent un ensemble joli, séduisant, gourmand !
    La bouche est volumineuse tout en étant très fine, on y trouve une belle énergie et des tanins tout en dentelle qui amènent une finale gourmande et longue.
    C'est vraiment un vin charmant, déjà très en place, qui excite les sens ! À boire avant qu'il ne se referme ?

    VOSNE ROMANÉE 1ER CRU AUX BRULÉES
    En première impression, des fruits noirs ; puis des touches épicées, poivrées, une sensation de sucrosité signalant un boisé bien intégré. Cependant, une certaine retenue générale.
    En revanche, très gourmand et généreux en bouche. Quel beau vin majestueux ! On croque les fruits dans une texture enveloppante et des tanins caressants, à la grande longueur.
    C'est un vin mûr, charnu et profond, tout en majesté, qui se goûte très bien aujourd'hui mais pourrait attendre : la récompense en serait plus de subtilité et peut-être de vivacité.

  • 2021 : classique en dépit de circonstances exceptionnelles

    Une hirondelle ne fait pas le printemps ... Des températures exceptionnelles courant février et mars ont pu nous réjouir au sortir de l'hiver, en permettant des apéros en terrasse mais ont aussi favorisé un démarrage rapide de la vigne. 

    Celle-ci s'est donc trouvée particulièrement vulnérable quand le froid fut de retour début avril ... Les dégâts furent plus importants qu'en 2016 : d'intensité variable mais généralisés et quelques appellations furent fortement touchées.

    La Saison
    Les Vendanges et Vinifications
    Elevage et Caractère
    Notes de dégustation : Bourgognes et Villages
    Notes de dégustation : Premiers Crus
    Notes de dégustation : Grands Crus et Assimilés

    La saison fut marquée par l'ensoleillement, la chaleur et un déficit en eau. 

    Avril et Mai sont ensoleillés et secs et permettent un développement végétatif rapide. La fleur passe comme une lettre à la poste fin mai, ce qui explique en grande partie la précocité du millésime et les beaux rendements. Juin est globalement ensoleillé aussi, mais le temps change et des épisodes pluvieux salvateurs mettent un coup d'arrêt à la sécheresse. La fin du mois en particulier voit des cumuls très importants, heureusement sans dégâts de grêle ou d'inondation dans nos secteurs. Le reste de l'été est chaud et sec, un peu trop parfois, avec un épisode caniculaire mi-août, qui a pu ralentir ou bloquer des maturités.


    Les vendanges commencèrent le 29 août dans des conditions excellentes :

    Il fait beau mais pas trop chaud, les raisins sont de qualité, pas trop gros et de maturité homogène. Ils nécessitent très peu de tri. Les degrés alcooliques sont certes élevés, quelques appellations dépassent 14 mais la plupart sont en dessous de ce niveau et même pour quelques-uns, en dessous de 13. Peut-être le reflet d'une maturation poussive, sans que la plante exprime pourtant de signes visibles de stress hydrique. Les acidités sont dans la moyenne basse.


    Aucun problème en vinification ...

    Ici ou là, quelques cuvées nécessitent des aérations plus importantes. Mais pas de chaptalisation ; parfois une correction d'acidité à la marge. De très bonnes conditions donc, qui ont permis une vinification très peu interventionniste. À noter des rendements en jus dans la moyenne basse, les raisins n'étaient donc pas gorgés d'eau.


    Des surprises ... 

    En fin de vinification, les vins donnent l'impression d'être déjà très buvables et faciles. Les fermentations malo-lactiques s'enclenchent presque immédiatement et se terminent pour la plupart avant la fin de l'année. En principe, nous n'aimons pas trop cela, nous pensons qu'une pause entre les deux fermentations est bénéfique pour la structure du vin. Mais il faut dire, première surprise, que cette « malo » passe quasiment inaperçue à la dégustation et ne semble pas affecter les vins. Puis, le printemps et le début d'été confirment l'impression diffuse du début de l'année 2023 : les vins se tendent, ils acquièrent une verticalité et une structure insoupçonnée pendant les vinifications. Cela s'observe aussi à l'analyse, les pH n'augmentent pas entre début et fin de « malo », contrairement à la règle. Un phénomène qui s'observe tous les 10 ans à peine ...

    Tant et si bien que ce millésime qui avait commencé dans la douceur et dont on pensait pendant la vinification qu'il pourrait manquer de nerf, est devenu aujourd'hui plus affirmé et structuré. Il paraît complet et semble promis à un bel avenir. Cet aspect des choses étant assuré, le travail de préparation à la mise a consisté à détendre les vins, les ouvrir, à leur donner du temps pour les observer et les goûter avant de les lancer dans leur vie en bouteille. Tout cela dans le but d'éviter un phénomène de « fermeture » trop marqué.

    Même si les recommandations de dégustation vont insister sur un temps certain de vieillissement, il se pourrait bien que certains vins soient bons à boire presque à toutes les étapes de leur évolution : flatteurs dans leur jeunesse, acquérant de la tension avec le temps tout en restant équilibrés et approchables. Un phénomène peu fréquent mais rendu possible, sinon probable, par l'évolution observée en cave.


    Bourgogne Hautes de Côtes de Nuits blanc « Clos St Philibert »

    Le nez est ouvert, typique du « Clos St Phi » : sur les cailloux, les fruits jaunes et la poire, quelques arômes herbacés soutiennent le tout ainsi qu'un bois légèrement vanillé.

    En bouche, un très bel équilibre : l'attaque est ronde, la concentration au milieu juste comme il faut et la finale acidulée, exprimant les agrumes (citron et mandarine).

    C'est un vin vif, pas agressif ou mordant et plutôt excitant ! Il y a du fond, la droiture et la minéralité sont bien présentes bref, c'est un millésime bien représentatif de l'appellation. Il est parti pour nous rafraîchir pour les 10 prochaines années !

     

    BOURGOGNE CÔTE D'OR ROUGE « Etienne Camuzet »

    Un joli nez, qui s'ouvre sur des notes de fraise et fraise des bois, puis de cerise, sous-tendues par quelques arômes acidulés et épicés.

    La bouche est caressante, légère et sans aspérités, gourmande, avant une finale un peu plus structurée et acidulée.

    C'est vraiment un joli vin, fin et complexe pour un bourgogne, sans austérité (les tanins sont souples) mais avec une certaine droiture qui laisse penser qu'une attente de quelques années lui sera bénéfique. Un vieillissement plus long, jusqu'en 2035, est aussi tout fait envisageable.


    BOURGOGNE CÔTE D'OR ROUGE « Hémisphère Nord »

    Le nez est bien ouvert, sur des arômes de fruits noirs, en particulier la cerise ; pas de fûts neufs sur cette cuvée mais néanmoins un apport de bois plus toasté, qui évoque notamment la réglisse.

    Le vin est caressant en bouche, avec une belle texture initiale mais ensuite plus de verticalité et de droiture que la cuvée « Etienne Camuzet ». La finale est un peu plus courte.

    Une belle énergie, un vin qui paraît bon à boire également, avec une certaine légèreté qui lui donne de l'allant ! On peut commencer à le boire à partir de 2025.


    MARSANNAY

    Le nez s'ouvre petit à petit avec l'aération et développe des notes de fruits noirs, sur des touches végétales et un bois légèrement toasté.

    La bouche est souple au départ mais paraît vite assez verticale, avec une structure acide et tannique qui apparaît dès le milieu de la dégustation. Ces éléments restent présents en fin de bouche, sans être dominants.

    Ce vin aujourd'hui paraît un peu réservé, avec un beau potentiel toutefois ; le plus sage serait donc d'attendre 2027 avant de le consommer.


    FIXIN

    Un nez de moyenne intensité, où l'on trouve des fruits rouges et noirs sur des notes confiturées et un bois légèrement toasté. Un départ déjà très gourmand !

    La bouche est ample et tapissante, la texture de milieu de bouche caressante, avant une finale où des tanins plus présents resserrent l'impression d'ensemble.

    Beaucoup d'atouts pour ce vin si charmeur mais peut-être un peu moins intégré à ce stade que d'habitude. Là aussi, attendre 2027 sera bénéfique.


    NUITS ST GEORGES 

    Logiquement, compte-tenu de la présence de fûts neufs, le nez s'ouvre sur des notes sucrées (vanille, caramel) mais bien intégrées. Puis le fruit apparaît, avec des fruits rouges et noirs variés ; et également un côté iodé, plus surprenant mais très agréable.

    La bouche est très caressante, ample, donnant une sensation de gourmandise, avant une finale fraîche et toujours savoureuse.

    C'est un vin à la fois agréable et complexe, possédant une belle concentration et de la longueur. Ce qui est étonnant, c'est qu'il reste très accessible, on se fait déjà plaisir ! Aucun souci à le faire durer 10 ans aussi si l'on préfère.


    GEVREY CHAMBERTIN

    Le premier nez est mentholé et évoque aussi le thé noir fumé, puis avec l'aération, on retrouve les fruits. Le tout est charmeur, gourmand bien qu'encore un peu discret.

    La bouche est assez ramassée, compacte, on en devine la concentration. La texture est belle, on sent en même temps une certaine verticalité, des fruits qui s'expriment plus qu'au nez, la dégustation finissant sur des tanins légèrement serrés.

    Un bel équilibre prometteur, plus de vivacité et de fermeté que sur le Nuits, il faut donc attendre un peu. À partir de 2027.


    VOSNE-ROMANÉE


     

    CHAMBOLLE-MUSIGNY :

    Joli nez, bien ouvert, où s'exprime une dominante de fruits rouges bien mûrs, rehaussée par des épices, quelques notes herbacées et un bois bien intégré.

    En bouche, une belle texture, de l'amplitude, des tanins caressants, une bonne vivacité de fruits ... Mais également une certaine tension, une petite réserve, des tanins un peu serrés en finale ... laissent penser que le vin ne se livre pas complètement aujourd'hui.

    Mais il ne lui manque pas grand chose pour réaliser son potentiel et exprimer une harmonie que l'on sent proche : quelques années de vieillissement ... À partir de 2028-2029.



    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX ARGILLAS :

    Le nez est bien ouvert, voire puissant, évoquant des fruits rouges et noirs (myrtille), soutenus par une légère sucrosité, ce qui accentue la gourmandise !

    La bouche est d'une belle texture, avec des tanins caressants, qui offrent plus de volupté que d'habitude sur ce vin. On retrouve cependant son acidité caractéristique en finale.

    Malgré un côté extraverti, il serait sage d'attendre quelques années avant de le déguster, pour une meilleure intégration de la fraîcheur. À partir de 2029.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX MURGERS :

    Les arômes sont plus noirs et sombres que le Nuits Boudots. On compare souvent ces deux vins ... Également ouvert, le Murgers se distingue par un côté épicé et mentholé plus marqué, des arômes de fruits noirs et de réglisse. En tout cas, il fait preuve d'une belle complexité dès l'ouverture.

    En bouche, une très belle texture, généreuse mais dense et ramassée. Une certaine droiture à partir du milieu de la dégustation, cependant égayée par les fruits, qui s'expriment presque plus qu'au nez. La finale est serrée mais d'une belle longueur.

    Un très beau vin, qui a tout pour devenir grandiose ... Même si on apprécie déjà aujourd'hui sa puissance et son énergie, quelques années devraient lui donner un supplément d'intégration et donc, de complexité. Idéalement pas avant 2034.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU LES PERRIÈRES

    Un vin très ouvert dès le départ ! Une variété de fruits rouges, soutenue par des arômes sucrés (amande, nougat) explose en un beau bouquet.

    La bouche est plus compacte que ne le laisserait deviner le nez, la texture est belle, les tanins caressants, le milieu de bouche gourmand ... Seule la finale est légèrement serrée, portée par l'acidité et renforcée de notes épicées.

    C'est un vin très élégant, avec néanmoins une certaine tension et un peu plus de densité que d'habitude et qu'il convient donc d'attendre pour le goûter à son apogée. À partir de 2028.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX BOUDOTS

    Le bouquet est très séducteur et offre d'entrée un nez de cerise et des arômes pâtissiers qui le rendent follement gourmand. Un léger côté fumé et épicé, de thé noir, apporte encore plus de complexité.

    Ce vin offre également un très beau toucher de bouche, des tanins caressants, une texture ample, qui tapisse le palais. La finale est légèrement serrée mais ni mordante, ni stricte.

    Comme toujours, c'est un vin généreux qui, même s'il semble accessible aujourd'hui, peut se développer encore. À attendre jusqu'en 2030.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FEUSSELOTTES

    Tout de suite, de très beaux arômes de fruits noirs et rouges. Puis, quelques notes végétales et fumées apportent de la complexité à cet ensemble déjà charmeur !

    La bouche est ample, plutôt dense, avec du fond. Les tanins sont caressants mais la finale est plus serrée que le Chambolle Cras et le bois encore un peu présent.

    Ce vin possède à l'évidence un très beau potentiel mais avec sa petite austérité résiduelle, il demandera à vieillir pour se polir. À partir de 2028.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CRAS

    Le premier nez est ouvert et expressif, on y détecte la cerise, une légère sucrosité et petit à petit, un côté mentholé et épicé. C'est déjà très gourmand !

    En bouche, une très belle texture, une densité conséquente mais le vin reste très charmeur et finit sur une impression saline tout à fait sympathique.

    Difficile de résister à ce vin, presque abordable dès maintenant ! Un léger vieillissement pour finir de l'intégrer est toutefois conseillé. À partir de 2026.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FUEES

    Le premier nez est timide : on perçoit quelques fruits noirs, des notes fumées et épicées, du menthol, qui donne une impression de fraîcheur (pas de vendange entière pourtant).

    En bouche, malgré la rondeur et la texture soyeuse, le vin paraît compact et ne se livre pas totalement. La finale n'est pas sans gourmandise pourtant, d'une belle longueur et fraîcheur.

    Globalement, ce vin montre un bel équilibre, et apparaît fin et charmeur comme un Chambolle doit l'être. Il lui manque de se détendre un peu, quelques années de vieillissement devraient permettre d'atteindre ce but. À partir de 2029-30.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CHARMES

    Le nez est complexe : fruits noirs et rouges, thé fumé, réglisse, menthe poivrée, épices ... Même riche et exotique, en fait !

    La bouche est caressante, ample et puissante, sans lourdeur. La finale est légèrement serrée, avec des tanins présents.

    Ce vin fait une très bonne impression : sympathique mais avec du potentiel et de la tension, il demande donc à vieillir pour être pleinement apprécié. À partir de 2029.


    VOSNE-ROMANÉE 1ER CRU LES CHAUMES : 

    Le bouquet, ample et séduisant, en impose dès l'ouverture : on y détecte des fruits rouges et noirs, notamment la cerise, des arômes sucrés d'amande et de cassonade, une pointe de menthol ...

    La bouche est plus compacte : beaucoup de finesse mais également de la droiture, qui laisse penser que ce vin ne se livre pas encore complètement. La finale est longue et les tanins caressants, avec peut-être une présence de bois plus marquée.

    Beaucoup de gourmandise pour cette cuvée emblématique de notre domaine et du village, favorisée par une belle maturité et tempérée par la délicatesse naturelle de cette appellation. Cela promet un bel équilibre et un grand plaisir de dégustation à terme. À partir de 2030 minimum.




    CHAMBOLLE MUSIGNY
    Un nez exprimant d'abord des notes de réduction (terrine, gibier) mais qui s'ouvre bien vite sur des fruits noirs mûrs, avec une touche de groseille également. Des composés épicés et mentholés et un bois bien intégré complètent le tout.
    L'attaque en bouche est vive et franche. Tout de suite après, des tanins assez serrés se signalent et lancent une finale qui ne manque pas d'élégance même si elle reste un peu austère.
    Un vin encore en transition, à laisser de côté pour l'instant même si un carafage lui ferait sûrement beaucoup de bien.

    VOSNE ROMANÉE
    Nez assez ouvert mais restant discret et porté sur les fruits rouges légèrement compotés.
    La bouche est agréable, ronde, fondue et gourmande. Une touche acide lui donne du relief et de la droiture, jusqu'à une finale légèrement serrée mais vive.
    Le tout est très fin et accessible, harmonieux, moins « costaud » que le Chambolle et plutôt prêt à boire. 

     

    VOSNE ROMANÉE 1ER CRU LES CHAUMES
    Beau nez ouvert de fruits très mûrs tels que la figue. Mais des notes mentholées, épicées, de tabac blond et un boisé bien intégré lui confère complexité et intensité.
    La bouche débute par une attaque très fine, bien dans le style du terroir ; elle va en s'élargissant et révèle une finale acidulée et longue, ne manquant pas de fermeté. Le bois est encore bien présent et demande à se fondre.
    Un vin jeune, dynamique, séduisant et sympathique mais encore en construction et qui bénéficiera d'un vieillissement additionnel.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU
    Un nez généreux et même intense, où après une touche de réduction, de beaux arômes de fruits noirs mûrs se dévoilent. Le boisé est assez présent à travers des notes de grillé-fumé.
    La bouche est ample, enveloppante, très agréable. Les tanins sont caressants, la finale juteuse.
    Le tout compose un vin gourmand, accessible, que l'on peut encore boire sur la jeunesse. Bel avenir en perspective, un vieillissement supplémentaire permettra d'intégrer le bois un peu présent pour certains palais.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX MURGERS
    Un nez tout en subtilité, des arômes qu'il faut parfois aller débusquer mais qui finissent par composer un bouquet riche de fruits noirs, de touches de menthol, d'anis, de vanille ... Une légère évolution rajoute de la complexité.
    Très caressant en bouche, un vrai velours ! De la vivacité, des tanins subtils et fondus composent un vin structuré sans en avoir l'air. Très belle longueur en finale, avec de l'énergie.
    De la finesse du début à la fin pour ce vin qui, bien que délicieux dès maintenant, n'a pas encore révélé tout son potentiel. Il a de la puissance en réserve et fera une superbe bouteille dans 10 ans.

    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX BOUDOTS
    Le nez est très ouvert et intense : des fruits noirs et rouges, un joli boisé vanillé, des arômes de viennoiserie ... C'est déjà très gourmand ! D'autant qu'à l'aération, il s'ouvre et gagne en expression.
    En bouche, une très belle texture au départ, beaucoup de volume, puis le vin continue dans un registre généreux, racé, frais jusque'à une finale intégrée, sur de beaux tanins jeunes et distingués.
    L'ensemble est très séduisant, bien sûr ce vin a tout pour bien vieillir mais on se demande comment il pourrait faire mieux ? Il a déjà beaucoup d'harmonie et montre une certaine magie, le terroir qui fait sa démonstration sans doute ...


    CORTON PERRIÈRES
    Un nez ouvert, quoique dans la subtilité, qui offre des arômes de fruits rouges (groseille, cerise à l'eau de vie) confiturés, des arômes d'épice, de menthol et un boisé intégré.
    En bouche, une certaine retenue de prime abord ; plus de volume et de profondeur à mesure que la dégustation progresse, pour finir sur des tanins affutés mais savoureux. Aussi, une belle impression de fraîcheur.
    Globalement, un vin équilibré, plutôt séduisant, avec de la minéralité et une belle longueur en bouche. Nous pensons qu'il va continuer sur cette lancée dans les années qui viennent.

    CORTON CLOS ROGNET
    Un nez ouvert mais avec de la réduction qui s'exprime par un côté animal. Puis il s'ouvre sur des arômes de fruits rouges et noirs, des fleurs et des touches épicées/boisées.
    La bouche est très ample, concentrée, riche. Elle réussit à ne pas être imposante tout en gagnant encore en texture en cours de dégustation ! La finale est sur le fruit et permet de finir sur une sensation savoureuse.
    Très beau vin généreux, qui a tout pour lui. Et pourtant, il gagnera encore au vieillissement, qui devrait permettre d'ouvrir l'aromatique.

    CLOS VOUGEOT
    Dès le départ, de très beaux arômes de fruits rouges frais ; une légère note végétale, quelques notes sucrées composent un ensemble joli, séduisant, gourmand !
    La bouche est volumineuse tout en étant très fine, on y trouve une belle énergie et des tanins tout en dentelle qui amènent une finale gourmande et longue.
    C'est vraiment un vin charmant, déjà très en place, qui excite les sens ! À boire avant qu'il ne se referme ?

    VOSNE ROMANÉE 1ER CRU AUX BRULÉES
    En première impression, des fruits noirs ; puis des touches épicées, poivrées, une sensation de sucrosité signalant un boisé bien intégré. Cependant, une certaine retenue générale.
    En revanche, très gourmand et généreux en bouche. Quel beau vin majestueux ! On croque les fruits dans une texture enveloppante et des tanins caressants, à la grande longueur.
    C'est un vin mûr, charnu et profond, tout en majesté, qui se goûte très bien aujourd'hui mais pourrait attendre : la récompense en serait plus de subtilité et peut-être de vivacité.

    La suite de la saison sera heurtée : Le mois de mai pluvieux ne favorise pas la repousse de la vigne, juin au contraire voit le retour de conditions estivales et la végétation « explose » ; le retour des pluies fin juin et de conditions orageuses en juillet ralentissent sa progression : cela permet de se mettre à jour au vignoble mais la pression du mildiou et de l'oïdium commence à se faire sentir. Il est alors acquis que le millésime sera plutôt tardif, d'autant que le temps continue d'être mitigé. De belles périodes estivales en août et septembre permettent cependant aux raisins de mûrir, non sans quelques alertes : la pression des maladies s'accroît, alors que nous avons plutôt l'habitude de nous considérer comme sortis d'affaire à cette période. Et le botrytis, latent jusque là, devient apparent ...


    Les vendanges commencèrent le 21 septembre. Elles se déroulèrent dans de bonnes conditions : par le beau temps, sous la menace de pluies certes, qui tomberont finalement en quantités limitées. Le travail fut rapide : une maturité homogène, ne nécessitant donc pas d'attendre et un botrytis finalement moins développé que prévu rendirent le tri tout à fait gérable ; et une petite récolte, curieusement, prend moins de temps à ramasser ...


    Reflet du gel et de la saison arrosée : des degrés naturels plus bas que ces dernières années (12,4 en moyenne), des acidités assez basses également, des grappes aux gros grains et donc une grosse proportion de jus dans les cuves. 


    Pendant les vinifications, pas d'extraction plus importante que d'habitude, même si une légère chaptalisation permit de prolonger quelque peu les macérations ; un traitement en douceur des moûts, puis des vins ; un élevage lent, avec des malos retardées autant que possible, et des mises en bouteilles sans précipitation pour cette matière délicate.


    L'élevage, terminé avec les dernières mises en bouteilles tout début avril 2023, laisse entrevoir un millésime doux et accessible. Beaucoup le qualifient de « traditionnel » parce qu'ils retrouvent la finesse des bourgognes qu'ils ont aimée il y a 30 ans ... Ce n'est toutefois pas un millésime froid : les maturités atteintes auraient fait rêver autrefois et les acidités basses ne favorisent pas la fraîcheur, encore moins la verdeur. Mais évidemment, le caractère des vins est en totale rupture avec les millésimes chauds et concentrés récoltés depuis 2018 et si la lourdeur a pu être une préoccupation ces dernières années, ce n'est pas du tout le cas en 21 !


    Cette saison ne ressemble à aucune autre mais le profil des vins rappelle les 2007 ou pour ceux qui ont beaucoup de ... bouteille(s), 1992 ; un peu 2017 aussi ... Les 2021 auront peut-être moins d'éclat mais semblent plus caressants et de ce fait, très abordables.
    Tout désigne donc ce millésime pour une dégustation précoce. Cela ne veut pas dire qu'il ne pourra pas vieillir mais c'est une question d'opportunité : avoir des vins (y compris les grands crus) dont la complexité se révèle tôt est assez rare et on se doit d'en profiter ! Nous espérons une évolution graduelle, sans réelle fermeture, avec peut-être un petit resserrement, qui serait bénéfique et contribuerait encore plus à leur élégance.

    BOURGOGNE BLANC

    Attrayant dès le premier nez, il offre un bouquet ouvert et mûr. Il se caractérise par des notes de fruits frais comme l'ananas, la poire mais aussi d'une note florale comme l'aubépine. Une touche beurrée et briochée vient complexifier l'aromatique.

    La bouche est fraîche et tonique avec une matière ciselée et portée sur les agrumes. La finale est précise et salivante, avec de beaux amers nobles.

    Sur la jeunesse on appréciera sa fraîcheur aromatique et sa tonicité. Avec quelques années en bouteilles, il gagnera en rondeur, richesse et intégration.

    Garde 5 à 7 ans.


    HAUTES CÔTES DE NUITS "CLOS ST PHILIBERT"

    Nez ouvert et subtil. Il dévoile des fragrances de brugnon, de fleur blanche comme l'acacia et des notes crayeuses. Un fruit séduisant doté d'une minéralité évidente. Son boisé est finement assimilé.

    Superbe bouche tonique et dynamique. Texture ample. Son acidité intègre parfaitement la matière et offre une finale étirée et soutenue. Beaucoup de cohérence, la bouche correspond à l'attente de ce que le nez peut offrir. Dans l'ensemble le vin est harmonieux et présente déjà beaucoup de plaisir.  

    Garde 7 à 10 ans, voire plus.

    BOURGOGNE CÔTE D'OR RGE "HEMISPHÈRE SUD"

    Fruit rouge écrasé au premier nez. La framboise et la myrtille se distinguent nettement. Très charmeur et gourmand.

    Bouche souple et gracieuse, aux tanins subtils et croquante en milieu de bouche. On retrouve le fruit décelé au nez. La finale se resserre et demande encore à se fondre mais elle prolonge aussi le vin.

    Extrêmement séduisant globalement.
    Garde 5 ans.


    BOURGOGNE CÔTE D'OR RGE "HÉMISPHÈRE NORD"

    Légère réduction à ce stade. Il s'ouvre lentement mais se révèle puissant et sur les fruits noirs intenses. Egalement une pointe animale et des notes fumées et épicées. La bouche est prometteuse, souple avec des tanins doux. En finale la matière se resserre.

    Un vin intense aux arômes sauvages. Il demande à se complexifier.

    Garde 5 à 6 ans


    BOURGOGNE CÔTE D'OR RGE "ETIENNE CAMUZET"

    Belle intensité aromatique. Fruit net et plaisant, qui évoque des parfums de fruits noirs mûrs. Après aération, des notes fumées, chocolatées et de cuirs se dévoilent. 

    Beau jus en bouche, charnu avec des tanins veloutés et une matière gourmande. La finale est fraîche et soutenue.

    Un Bourgogne de haut vol. C'est un vin très séducteur par son équilibre et sa complexité.

    Garde 8 à 10 ans.


    MARSANNAY

    Joli nez sur les fruits confits frais. Un coté terrien.

    La bouche est dans la même lignée, tonique avec de l'énergie et un beau grain de tanins. Encore tendue, à la longueur prometteuse, elle va s'épanouir.

    L'ensemble est homogène. Sa fraîcheur participe à sa finale salivante.

    Garde 7 à 8 ans


    FIXIN

    Nez frais, pur et fin avec des notes de cerise et de framboise.  

    L'attaque en bouche est juteuse et ample. Le coeur est gourmand et riche, aux tanins satinés. La finale se resserre mais reste subtile et savoureuse.

    Ce vin demande à gagner en complexité mais reflète déjà une belle présentation de l'appellation. Accessible, on pourra l'apprécier sur la jeunesse. Il gagnera en complexité avec le temps.

    Garde 7 à 8 ans.


    NUITS ST GEORGES 

    Un nez tout de suite envoûtant, se remarquant par des fruits compotés comme la fraise, la cerise et des fleurs comme la pivoine ; souligné également par une note subtilement boisée et bien intégrée. Le coté empyreumatique complexifie et intensifie l'aspect olfactif.

    Belle bouche suave et croquante, avec une matière généreuse, exhibant des tanins nobles et racés, à la texture caressante. Une finale longue, épicée et fumée.

    Très charmeur, tant par son profil aromatique que par son aspect gustatif. On trouve beaucoup de plaisir à le boire maintenant.

    Potentiel de garde 5 ans.


    GEVREY CHAMBERTIN

    Discret à l'ouverture avec une réduction de type grillé mais se dévoile rapidement. Notes de groseille et de myrtille. L'aération intensifie le fruit et laisse place à un joli boisé.

    La bouche est enveloppante et charnue. Tonique de surcroît, avec une belle énergie et une matière fraîche. Finale affutée et sapide.

    Globalement, le nez est en retrait, la bouche se dévoile davantage et offre un joli volume. Très prometteur et harmonieux, il a encore de belles années devant lui. Garde 8 à 12 ans.



    VOSNE-ROMANÉE : 

    Intense et charmeur au nez : L'expression aromatique est portée sur les fruits noirs comme la cerise burlat, la mûre et le cassis, en plus d'arômes riches, comme de fines notes boisées et fumées, de moka et d'épice.

    Complexe et intense en bouche : dense en attaque, le vin est à la fois large et vif au milieu, l'acidité prenant le pas en finale.

    Un vin sérieux et très harmonieux. On sent une réserve de puissance, qui ne s'exprime pas encore mais il est encore jeune et a un bel avenir. Garde de 8 à 10 ans.



    CHAMBOLLE-MUSIGNY :

    On commence par des arômes complexes de purée de fruits rouges, on continue avec des fleurs et de légères notes fumées. Ce vin s'ouvre gentiment et gagne en intensité et complexité ; il nous gratifie en deuxième vague de senteurs de myrtilles et de pâtisseries, offrant des sensations fruitées et gourmandes à souhait.

    Après une attaque percutante, le milieu de bouche est tonique et salivant.  Les tanins sont étirés et subtils. L'ensemble est structuré, avec une finale vive et persistante.
    Un vin gratifiant, qui reflète parfaitement l'image du Chambolle-Musigny, même si la puissance n'en est pas absente. Fin, frais et épuré, il se gardera de 6 à 8 ans.









    FIXIN 1ER CRU CLOS DU CHAPITRE :

    Terriblement friand au premier abord : Le bouquet est porté par les fruits rouges écrasés, où la framboise et la fraise dominent. Cette sensation de sucrosité lui confère beaucoup de gourmandise. Un caractère épicé se révèle dans un deuxième temps.

    L'entrée de bouche est très séduisante, avec une texture très caressante et en dentelle. Le toucher de tanin est soyeux et velouté, quel plaisir immédiat ! On peut lui reprocher une finale courte mais son côté croquant et juteux fait de lui un vin extrêmement accessible.

    Pas de chichi, plaisir immédiat ! Encore primaire à ce jour, il gagnera en complexité avec un peu de garde, de l'ordre de 5 à 7 ans.

    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX ARGILLAS :

    Souvent sur la réserve et serré, le millésime libère complètement ce vin. Mis en valeur par des arômes complexes et profonds, très parfumé et de belle intensité, il dévoile des odeurs de fruits noirs, de zeste d'orange et de lard fumé.

    Suave et ample dès l'entrée de bouche, le vin reste consistant, gourmand et équilibré avec un fruité généreux et une belle fraîcheur. Il se resserre un peu en finale mais c'est la marque de cette appellation. Les tanins sont allongés, racés et offrent en rétro-olfaction un souvenir chocolaté. Le boisé est bien assimilé.

    Globalement, sa texture caressante et sa fraîcheur font de lui un vin surprenant et envoûtant, avec un beau potentiel de garde , de l'ordre de 10 à 12 ans.

    NUITS ST GEORGES 1ER CRU LES PERRIÈRES

    Nez flatteur et profond. Le vin s'exprime facilement et dévoile un bouquet aux arômes de fruits noirs, de tabac, de frangipane et d'épice. Un boisé subtilement intégré en accentue la complexité.
    La bouche est tendre mais généreuse. Des tanins aux grains fins l'agrémente, ainsi qu'une finale fraîche et épurée.

    Un très joli vin, dans l'ensemble assez puissant, qui doit encore s'intégrer. En tout cas, prometteur !

    Garde 8 à 10 ans.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU 

    Issue des Hauts Pruliers, cette cuvée présente des arômes concentrés, précis et fins, de fruits noirs, myrtilles, violettes, cacao, cuir frais et épices qui nous sollicitent dès le départ. L'élevage habille et intensifie l'aromatique mais reste encore omniprésent à ce stade.

    Le vin est harmonieux, avec toujours ce fruité bien présent, charnu, frais et d'une bonne longueur en bouche. On appréciera sa texture enveloppante et soyeuse, son grain de tanin gourmand et sa grande élégance.
    Très avenant, riche, bien dans son appellation sans être rustique, ce vin profitera d'une garde de 8 à 10 ans.

    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX MURGERS :

    Le nez est expressif, sur des notes de fruits noirs compotés. Il révèle des senteurs de fumé, d'épices, de romarin et de cannelle. L'élevage s'intègre finement avec le fruité.
    L'attaque en bouche est généreuse, dense avec beaucoup de chair. Les tanins sont racés. Un vin taillé dans la longueur, qui offre une très belle tenue en bouche et une finale vive et persistante.
    On apprécie son volume, son équilibre et sa matière. 

    Très prometteur, il montre un très beau potentiel de garde, de l'ordre de 10 à 12 ans.


    NUITS ST GEORGES 1ER CRU AUX BOUDOTS

    Très joli nez, peut-être un peu discret au départ mais dévoilant bien vite des arômes de fruits rouges, puis noirs et un boisé s'exprimant sur le caramel.

    En bouche, le vin est tapissant et d'une belle intensité. La finale est acidulée, donc l'onctuosité présente au départ ne rend pas le vin mou.

    Très belle présentation pour ce vin volumineux, assez impressionnant mais séducteur. Les tanins de fin de bouche garantissent une belle longévité et il peut attendre 2027 avant d'être dégusté.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CRAS

    Un nez subtilement ouvert, qui délivre un bouquet charmeur et évoque les fruits rouges, les agrumes et la fleur fanée.
    L'entrée de bouche est finement rafraîchissante. Des tanins en dentelles et une texture caressante offrent un milieu de bouche souple. Finale fraîche et distinguée. Légère note fumée en rétro-olfaction.

    Très digeste, grâce à son aspect délicat et frais. Beaucoup de plaisir dès maintenant !

    Garde 6 à 8 ans.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FEUSSELOTTES

    L'aromatiques est subtile et évoque un vin plus prêt à boire : des arômes floraux, de fraise et de fruits rouges, d'agrumes, complétés par une touche de bois et de cannelle.
    En bouche, toute la caresse d'un Chambolle, avec une belle amplitude. On y sent une belle maturité, voire une très légère chaleur, les tanins sont fondants, le vin dans son ensemble très souple.
    Ce vin possède un côté sympathique et gratifiant et paraît facile à boire dès maintenant. On pourra l'aborder dès 2024.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES FUEES

    D'emblée, un nez intense de fruits noirs sucrés. L'ensemble est raffiné, le fruit et le bois se combinent pour donner une impression de complexité et de concentration.
    En bouche, le vin est caressant, tapissant même. La fin de bouche est subtile, toute en rondeur et en légèreté. Les tanins sont très doux, à peine saillants.
    On ne retient pas son émotion devant ce Chambolle à la fois dynamique et très typique, qui peut encore grandir. À aborder à partir de 2027 et jusqu'en 2035 au moins.


    CHAMBOLLE-MUSIGNY 1ER CRU LES CHARMES

    Le nez est assez ouvert et riche : composé de fruits noirs mûrs, de prune, de réglisse, de senteurs boisées et fumées, il paraît très prometteur et incite à la dégustation.

    En bouche, le vin paraît également riche et même imposant ... Ou est-ce la générosité d'un Chambolle très racé ? L'amplitude est assez incroyable, la texture caressante, la finale s'étire sur des tanins fins et va en s'épanouissant ...
    Un Chambolle d'envergure, dans la puissance, qui possède un beau potentiel. À boire de 2027 à 2037.


    VOSNE-ROMANÉE 1ER CRU LES CHAUMES 

    Un joli nez de fruits rouges et noirs bien mûrs nous accueille. On y trouve également des arômes fumés, de réglisse, de baies de genièvre, qui laisse apercevoir un vin structuré.
    La bouche est en effet tonique mais fine et élégante en attaque. Elle devient plus mordante en milieu de dégustation pour finir sur des tanins affûtés mais pas accrocheurs.
    Beaucoup d'élégance, un vin à la « taille mannequin » mais qui se laisse aborder. On pourra le boire à partir de 2026 et pour 10 ans environ.


    VOSNE-ROMANÉE 1ER CRU AUX BEAUX-MONTS 

    Le nez est peut-être un peu réservé de prime abord mais dévoile bientôt ses fruits noirs, ses arômes boisés et poivrés, le tout paraissant prometteur.

    En bouche, c'est l'amplitude qui domine : imposante, la texture est très enrobante mais les arômes se font discrets et la finale est longue, sur des tanins plutôt fermes.
    Un vin au potentiel évident mais qui aujourd'hui manque un peu d'expression et qui possède une puissance qui doit s'apprivoiser avec le temps. À déguster à partir de 2028-9.


    CORTON CHARLEMAGNE 

    Nez séduisant et net. Apparaissent dans un premier temps des fleurs blanches et des fruits à noyau ; le boisé ensuite prend le dessus puis laisse place à des arômes de nougat et de vanille. L'aspect olfactif est charmeur dans l'ensemble et montre une belle maturité, ce qui en fait un vin très avenant.

    La bouche quant à elle présente plus de vivacité, son attaque est vibrante, appuyée par des arômes d'agrumes, comme le citron et le pamplemousse confits. Cette fraîcheur laisse une finale salivante et acidulée.

    À ce jour toutefois, on observe un certain décalage entre le nez et la bouche. Le coeur du vin est un peu sévère mais avec le temps, cette nervosité devrait s'arrondir et donner une sensation plus onctueuse. Encore jeune et dynamique, ce vin acquerra de la sagesse avec un petit temps de garde : 5 à 8 ans probablement.


    CORTON PERRIÈRES

    Couleur rubis subtile, nez de fruits noirs et rouges ; des notes fraîches, mentholées et légèrement végétales contribuent à soutenir l'aromatique générale.

    La bouche est ronde, pas particulièrement puissante mais fine et élégante. La finale, minérale et saline, resserre le vin sans le durcir et lui procure longueur et fraîcheur.

    Un joli vin, déjà bien fondu, finalement assez démonstratif par son côté délicat.

    Garde de 10 ans mais buvable dès 2024.

    CORTON LA VIGNE AU SAINT

    Le nez est généreux et évoque la cerise mûre et les groseilles. Un côté mentholé et frais, des notes florales lui apportent un supplément de complexité.

    La bouche montre une belle amplitude en attaque, caresse le palais mais semble aussi condensée et se resserre sur une finale vive (mais pas mordante).

    Au final, un vin séveux, gourmand mais qui peut encore gagner en équilibre. Une dégustation entre 2027 et 2035 devrait lui convenir au mieux.


    CORTON CLOS ROGNET

    Des fruits rouges et noirs écrasés, des arômes de pâtisserie, une touche d'épices et de verdeur composent un bouquet très gourmand, bien dans la veine de ce vin.

    En bouche, tout de suite une jolie caresse, doublée d'une belle ampleur, il gagne encore en volume par la suite, on retrouve les fruits en milieu de bouche et la dégustation se termine par une impression légèrement acidulée mais savoureuse.

    Beaucoup d'intensité pour ce vin, sans qu'il paraisse imposant. Un peu de garde cependant ne lui ferait pas de mal et une dégustation entre 2028 et 2035 est conseillée.

    CHARMES CHAMBERTIN

    Le bouquet est joli et aimable, on y trouve une belle palette aromatique, qui promet : fraise, framboise, épices, camphre, romarin, vanille ...

    En bouche, on commence par une jolie texture, très caressante et tout fait agréable. Le vin monte progressivement en puissance et finit sur des tanins affirmés mais dans l'épure et la fraîcheur.
    Pas de creux pour ce vin complet et long mais qui doit s'affiner. On attendra donc 2029 ou alors, on ouvrira la bouteille bien à l'avance ...


    CLOS VOUGEOT

    Un peu réservé de prime abord, le nez se dévoile progressivement avec des arômes de cerise, un peu de végétal, de sous-bois et de frangipane. Il faut un peu aller le chercher mais il finit par s'épanouir.

    La bouche en revanche est généreuse, bien en chair, tapissante, très douce, avec une finale persistante et une belle qualité de tanins.

    Un vin relativement puissant, profond mais avec de la précision et de la délicatesse. Il doit pouvoir surmonter sa réserve actuelle et se goûter dès 2024 pour une garde de 10 ans environ.  


    ÉCHEZEAUX

    Un nez mûr et bien ouvert, où la cerise et les fruits noirs dominent ; elles sont complétées par un bouquet intéressant de réglisse, d'épices, et d'arômes sucrés de pâtisserie ...

    L'attaque en bouche est vibrante mais le milieu donne une impression de droiture et la finale est précise et longue, quoiqu'à ce stade un peu serrée.

    L'énergie et la puissance habituelle sont là mais le vin mérite de se détendre un peu. Une consommation entre 2030 et 2040 semble la plus indiquée.


    VOSNE ROMANÉE AUX BRULÉES

    Le nez est ouvert et charmant, avec ses fruits rouges et noirs, en particulier la myrtille ; des arômes de crème pâtissière, d'épices et d'herbes de Provence apportent de la complexité et de la fraîcheur.

    La bouche est tapissante et concentrée pour le millésime ; elle montre une belle énergie, qui allonge le vin et contribue à une finale légèrement serrée mais vibrante et salivante.

    Beaucoup d'intensité et d'équilibre pour ce vin, qui fait preuve aussi d'une certaine droiture. Un vieillissement est donc probablement nécessaire et la meilleure recommandation de dégustation se situe entre 2028 et 2035;


    VOSNE ROMANÉE AU CROS PARANTOUX

    Le nez est bien ouvert et même intense, plutôt sur la cerise et les fruits noirs. Mais on ne se lasse pas d'y découvrir aussi des notes de fumé, de thé et de réglisse ... et bien d'autres choses à l'aération.

    La bouche est sphérique, dense, encore compacte en attaque. Le milieu de bouche est croquant, la finale persistante, appuyée par l'acidité.

    Beaucoup de potentiel dans ce vin juteux, qui doit encore vieillir pour parfaire son intégration et acquérir de la subtilité.

    À garder pour une dégustation entre 2030 et 2040.


    RICHEBOURG

    Un nez qu'il faut chercher au départ mais qui s'ouvre bien vite sur des arômes de fruits rouges, complétés par un bouquet de réglisse, menthol, d'épices, le tout déployant une séduction évidente.

    La bouche est naturellement très belle, charnue et tapissante. Une touche de gourmandise apparaît en milieu de dégustation, la finale est vive et va en s'épanouissant.

    C'est un vin solide mais néanmoins gratifiant et montrant déjà une belle complexité. On peut imaginer qu'il sera prêt à boire à partir de 2026, jusqu'en 2035.