• 2019, conforme a la legende des millesimes en « 9 »

    Oui, c'est une année chaude, ce qui est presque normal pour un millésime en « 9 ». 

    Notons toutefois qu'elles se succèdent depuis 2015.


    Les notes de dégustation seront publiées au fur et à mesure de la mise en bouteille. 

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    La saison, y compris l'hiver, est marquée par un déficit en pluie assez conséquent. 

    Le printemps ne fut pas particulièrement précoce, avec en particulier un mois de mai assez frais, la fin de fleur laissait présager un début de récolte entre le 18 et le 20 septembre. Une année normale donc ... 

    C'était sans compter avec un été arrivant brusquement et permettant une pousse très rapide. Puis ce furent quelques épisodes de canicule ... 

    L'oïdium a été une constante préoccupation au cours de la saison mais les autres maladies nous ont laissé tranquilles. La situation était donc très saine à la vendange, avec juste un peu de sec à trier.


    Pendant ce temps, la chaleur et l'ensoleillement faisaient évoluer la maturation rapidement, nous conduisant à ré-évaluer constamment la date de vendange. 

    Finalement, le top départ fut donné le 13 septembre, presque une semaine avant la date initialement prévue ... Malgré une floraison parfois hétérogène, nous avons trouvé des raisins très mûrs, bons à récolter partout, y compris le Clos St Philibert, qui n'a pas eu le décalage habituel avec les vignes de la Côte. 

    Les degrés se sont envolés et sont très élevés (presque tous les vins sont autour de 14°) mais la bonne surprise fut de constater de belles acidités, assez mordantes même en début de cuvaison, avec des extractions de couleur profonde dès le début. Peu de fins de fermentation difficiles et au total, une vinification sans problème malgré la maturité élevée.

    Ils nous ont enthousiasmé dès le départ : riches, profonds, puissants mais tout en douceur ... Bien sûr, marqués par la maturité, avec énormément de sucrosité, mais également un soutien acide important, nettement plus intense qu'en 2018. Une très bonne base de départ ... 


    Dans ce cas, tout ce qu'il y a à craindre, c'est le syndrome « grand millésime », c'est à dire un peu trop de puissance qui gommerait les terroirs. Ce n'est pas le cas, l'élevage a joué son rôle et les vins se sont affinés, chacun est bien conforme à son caractère ! 

    Au passage, cela est rassurant quant aux effets du changement climatique sur notre région, la Bourgogne n'est pas dénaturée ...


    Des vins dont on peut probablement espérer l'évolution suivante : une jeunesse riche mais tout en volupté et gourmandise, certaines bouteilles étant à saisir dans cet état, par pur plaisir ; une période plus refermée, après 2-3 ans de bouteille, qu'il vaudrait mieux éviter ; une renaissance après 8-10 ans, où des vins plus tendus qu'au départ commenceront à montrer leur vrai visage et leur magnifique équilibre. Une évolution à la ... 2009 !


    BLANCS


    Bourgogne blanc

    Un joli nez ouvert, sur les fruits jaunes mûrs mais où on distingue tout de même une fraîcheur de bon aloi. Le bois est léger et bien intégré.

    En bouche, le vin est d'abord franc et vif, puis se déploie en montrant une belle rondeur (et même une pointe de chaleur) mais se termine en se resserrant sur l'acidité.

    L'ensemble produit une excellente impression, plaisante, équilibrée, gourmande, le vin paraît accessible dès la fin 2021 et doit rester à son optimum jusqu'en 2026.


    Hautes Côtes de Nuits Clos St Philibert

    Le nez est très expressif, néanmoins fin : des notes de fruits exotiques (litchi, ananas), une pointe de poivre et de végétal, un boisé bien intégré ...

    En bouche, le vin est subtil, fin, direct. La droiture est évidente, pour ceux qui visualisent la parcelle, on a l'impression de goûter ses cailloux ... L'acidité, traditionnelle dans ce vin, le porte et lui donne une belle longueur.

    Un « Clos St Phi » très bien équilibré et gourmand, même si le vin est encore assez discret et peut progresser. Attendre fin 2022 pour une consommation jusqu'à la fin de la décennie.


    Ladoix

    Un nez globalement aimable, où se détachent les fruits blancs, mais aussi un soupçon de réduction, annonçant une certaine austérité.

    En bouche, le vin est direct, assez dense et compact, avec pas mal de tension. L'acidité est présente en finale.

    Un vin où la gourmandise n'est pas absente mais qui présente actuellement un profil réservé et un peu fermé. L'élevage est encore un peu présent, ainsi que quelques notes soufrées. Le tout est prometteur mais demande à s'affiner jusqu'à 2022 au moins pour être dégusté.


    Saint-Aubin 1er cru 2018

    Des fruits jaunes et blancs et un boisé bien intégré caractérisent le nez, même si il est nécessaire de passer au dessus d'une certaine réduction soufrée au premier abord.

    La bouche est belle, avec du gras, la finale fine et épicée. Un reste d'acidité anguleuse subsiste en fin de dégustation.

    On retrouve bien le caractère du St Aubin, avec son austérité de bon aloi mais le vin gagnerait à attendre encore deux ou trois ans avant d'être consommé. De 2023 à 2030


    Meursault

    D'emblée, une aromatique franche, ouverte et bien mûre. Des arômes de miel mais également de fruits blancs et jaunes, d'agrumes, de fleurs ...

    On retrouve cette maturité en bouche, avec du gras en ouverture et un vin qui gagne en amplitude en milieu de bouche. La finale en revanche est encore serrée par une acidité assez présente qui demande encore à s'intégrer mais qui permet d'équilibrer le vin et lui confère une belle longueur.

    Vin solide, bien dans son appellation, très prometteur car à la fois mûr et acidulé. Pas encore prêt en revanche : il convient de le laisser vieillir encore minimum deux ans soit une dégustation à partir de 2023, pour un optimum vers 2028-2030.


    Corton Charlemagne : voir la section grands crus

    ROUGES


    Bourgogne Côte d'Or « hémisphère sud »

    Un nez ouvert, où l'on trouve des fruits noirs, de la figue et un léger végétal.

    En bouche, un côté charnu et rond, dense et cohérent, avec une finale plutôt fine, où une certaine chaleur se fait sentir.

    Très joli vin, qui montre déjà une belle finesse et que l'on peut donc déguster dès maintenant. Garde sans problème dans les 10 ans qui viennent.



    Bourgogne Côte d'Or « hémisphère nord »

    Un nez intense de fruits rouges écrasés (cerise griotte, fraise, figue fraîche) bien mûrs mais séducteurs.

    En bouche, une maturité évidente, du gras mais on évite la lourdeur. La finale est plus serrée, avec des tanins fougueux, qui prolongent le vin plus qu'ils ne le serrent et qui sont enveloppés par une belle sucrosité.

    Le tout constitue un mélange étonnant d'accessibilité, de gourmandise et de sérieux. Très ouvert, on peut déjà le consommer pour sa générosité de fruit mais il se gardera sans problème durant les 10 prochaines années.



    Bourgogne Côte d'Or « Etienne Camuzet »

    Le nez est un peu plus discret sur ce vin mais se livre progressivement : des fruits rouges et noirs, des fleurs, des cailloux humides ...

    En bouche, très souple, voir tendre, les tanins sont lisses, la finale légère et très gourmande. L'ensemble est très cohérent.

    Malgré une dégustation très sympathique, ce vin ne paraît pas complètement prêt à boire, il paraît encore un peu en retrait. À garder encore jusque'à fin 2022 pour une dégustation jusqu'en 2027.



    Marsannay

    Un nez ouvert de fruits rouges bien mûrs. Également des épices et des notes fumées.

    En bouche, le vin est charnu et bien présent, presque imposant. La texture est soyeuse et chaleureuse mais la finale presque tendue et l'acidité se fait remarquer.

    Voilà un vin expressif, agréable, multi-facettes et que l'on peut aborder dès maintenant bien que, selon toute probabilité, il gagnera en finesse au cours des prochaines années et en tout cas jusqu'en 2027.


    Fixin

    Les fruits rouges et noirs sont présents, bien que le nez soit assez discret. Malgré cela, il se dégage une impression de profondeur de ce premier contact.

    Comme souvent pour ce vin, la bouche est tendre, fine même au premier abord, puis la trame semble se densifier pour finir de nouveau sur une impression très élégante.

    Toujours beaucoup de charme pour cette cuvée très souple, qui pourrait cependant gagner en équilibre et densité au cours des prochains mois. À aborder fin 2022 pour une dégustation jusqu'en 2028.


    Morey Saint Denis

    Joli nez de fraise et de framboise, également de cerise noire, avec une touche de bois et de réglisse. Le tout est déjà bien intégré.

    En bouche, il donne l'impression d'être ramassé, tendu, avec une belle texture. La fraîcheur est là, bien présente, La finale est un peu tannique, avec une touche de rusticité, pas dominante cependant.

    4 ou 5 ans permettraient à ces éléments de se fondre car l'ensemble montre déjà une séduction certaine.



    Volnay

    Un nez très ouvert de cerise, avec des touches d'agrume et des notes sucrées. Un peu de réduction, le côté giboyeux qui en ressort demandera une bonne aération à l'ouverture.

    En bouche, un côté réservé, un peu tranchant dû à une assez grosse acidité qui porte le vin mais le rend un peu sévère. Une structure ramassée augurant d'un bon potentiel, précède une fin de bouche encore austère et qui demande à se délier.

    Ce vin manque un peu d'empathie aujourd'hui. Mais il devrait se détendre au cours des prochaines années, il y a une belle matière de départ qui ne demande qu'à s'exprimer.


    Pommard

    Une impression de densité au nez, conférée par des arômes de fruits noirs, des notes fumées et épicées et une légère réduction soufrée.

    La bouche montre une belle amplitude, paraît dense, solide mais également assez fondue. Des tannins plutôt charnus mais pas écrasants, prolongent le vin.

    L'ensemble paraît assez solide, bien assis et conforme à une certaine idée que l'on se fait de Pommard ... Cependant bien loin de la caricature rustique trop souvent véhiculée. Un peu de vieillissement est nécessaire pour préparer la dégustation, qui pourrait s'envisager à partir de 2024, jusqu'en 2030 pour l'optimum.


    Gevrey-Chambertin

    Oh, que ce nez est gourmand ! Des fruits rouges et noirs (fraise, framboise, cerise), des notes sucrées apportées par l'élevage (biscuit, cannelle, caramel) et quelques notes de fleur (iris, violette).

    Une fraîcheur un peu pointue en attaque, qui accompagne le vin. Celui-ci gagne en puissance au cours de la dégustation. L'acidité bien présente donne du rebond en finale.

    Voilà un vin avec de l'éclat, une saveur chatoyante et beaucoup d'harmonie. Déjà séducteur, il vieillira bien également, avec une garde sans problème de 7 à 9 ans. Pour autant, il n'est pas inconcevable de commencer à le goûter dès 2023.


    Chambolle-Musigny

    Une légère réduction vient au début de la dégustation quelque peu brouiller le message transmis par des fruits noirs intenses et de subtiles notes fumées.

    En bouche, une belle attaque, à la fois ferme et douce, beaucoup de fraîcheur, celle-ci étant encore plus perceptible qu'au nez. La finale est légèrement sévère, certains tannins accrochent encore mais accompagnent et prolongent la dégustation.

    C'est un vin sur une trame fraîche pour le millésime, il est donc logiquement encore réservé. Mais tout est là ! Il faut lui laisser un peu de temps pour révéler son équilibre et donc sa finesse, idéalement jusqu'en 2026 au moins.


    Nuits Saint Georges

    Voilà un joli nez subtil, composé de fruits rouges, de vanille, cannelle, boisé ... Le tout est ouvert, gourmand et bien intégré.

    En bouche, la texture est caressante et ample, les tannins fermes mais raffinés. On obtient ainsi une belle longueur, sur une impression de sucre et de finesse.

    Ce vin est à la fois harmonieux et structuré, complexe et profond. Il a beaucoup d'avenir, tout en étant abordable dès maintenant. Certainement un des vins emblématique du millésime, que l'on peut commencer à boire dès 2022 et que l'on pourra garder sans problème jusqu'en 2030.

    Vosne-Romanée

    Le premier contact est très avenant avec un nez ouvert, très fruité (avec notamment une belle expression de framboise et de cerise), frais, et un bois bien intégré (on y perçoit des notes de réglisse et de caramel).

    Très beau profil en bouche également : l'attaque est ample et vibrante ; une belle fraîcheur accompagne le vin tout au long de la dégustation, l'acidité le prolonge sans rendre la finale mordante.

    Il « glisse tout seul », semble très à l'aise dans son appellation et vous charme par sa construction délicate et gourmande. Un peu plus facile et abordable que d'habitude, il pourrait se boire dès 2023, même si l'optimum de dégustation se situe plutôt vers 2028 ou 2030.










    Fixin 1er Cru Clos du Chapitre

    Un nez que l'on qualifiera immédiatement de généreux et ouvert : les arômes se bousculent, entre fruits rouges et noirs, légèrement compotés, une touche végétale et épicée, quelques notes boisées pour soutenir le tout ... On a hâte de le goûter en bouche !

    La dégustation rectifie quelque peu la première approche avec une bouche fraîche en attaque, une trame tendue, assez droite, une finale juteuse et longue mais légèrement tannique.

    Un vin complet : belle maturité, acidité préservée, gourmandise aromatique ... Beaucoup de charme donc mais la structure bien présente impose un délai avant consommation. Nous préconisons d'attendre 3-4 ans au moins pour une dégustation optimisée entre 2028 et 2030.

    Chambolle-Musigny 1er Cru les Cras

    Au nez, la maturité est évidente et s'exprime par des fruits rouges écrasés et des notes sucrées comme le sucre de cane, la réglisse ou la cannelle. Une légère touche de menthol également. Le bois est présent mais bien intégré.

    L'impression est un peu différente en bouche, avec un vin plutôt ramassé, presque tendu, aux tannins souples et distingués. Il y a une pointe de chaleur en finale mais elle n'est pas dominante et l'ensemble paraît cohérent.

    Un peu plus réservé que d'habitude, ce vin montre d'excellentes dispositions au vieillissement ! Il a de la complexité à revendre, un peu d'évolution devrait lui permettre d'offrir toute la palette de ses charmes ... À aborder à partir de 2025.

    Chambolle-Musigny 1er Cru les Feusselottes

    Le nez est ouvert, même si le bois est bien présent actuellement : des notes de vanille, caramel, pour le côté sucré, réglisse et fumé pour la partie empyreumatique. Le fruit arrive à l'aération, bien mûr, avec de la cerise et de la figue fraiche.

    En bouche, le fût est nettement moins présent mais permet sans doute d'envelopper le vin, qui montre une très belle trame : fine, assez ciselée, néanmoins ample, avec une finale piquante, résultat de la combinaison entre l'acidité et les tannins.

    Un vin séducteur, déjà complexe, à la belle maturité. Typique du millésime, avec ce mélange entre acidité et maturité, il gagnera à vieillir jusqu'en 2026.

    Vosne-Romanée 1er Cru les Chaumes

    Un nez bien défini, où l'on trouve de beaux fruits rouges et noirs frais. Un beau boisé aussi, avec quelques notes anisées et mentholées.

    La bouche est droite, directe, très cohérente, avec une finale certes très longue mais légèrement austère. Les tannins sont racés, l'ensemble est pulpeux et vibrant.

    Il s'agit là une très belle version du millésime 2019, dotée d'une fraîcheur qui certes actuellement confère une certaine austérité au vin (quoique certains la trouveront tout à fait à leur goût dès aujourd'hui) mais qui l'assure d'un grand potentiel de vieillissement. À partir de 2030.

    Vosne Romanée 1er Cru

    Pour la première sensation au nez, le bois est encore assez présent, avec des notes fumées, de réglisse et d'épices. Du fruit, très noir, émerge cependant et donne de la gourmandise.

    En bouche, on est tout de suite séduit par une jolie finesse, une attaque franche et ronde, une sensation générale de d'équilibre et de souplesse, même si la finale paraît plus serrée et droite.

    Un vin sympathique et séducteur mais aussi structuré. Sa densité, sa finale plus ferme impose un vieillissement de quelques années, idéalement jusque 2030-2032, en tout cas au moins jusque 2027.


    Nuits St Georges 1er Cru

    Une structure aromatique qui s'exprime d'abord par des notes empyreumatiques et réglissées. Le fruit est présent bien sûr, sous forme de framboise principalement. Également notables, des notes végétales et d'humus, pas désagréables, surtout qu'elles ne dépareillent pas dans un Nuits St Georges.

    En bouche, le vin est assez droit, avec beaucoup de minéralité malgré une maturité évidente. L'acidité reprend le dessus en finale et le vin se termine dans un registre épicé.

    L'ensemble est très agréable, plutôt sympathique mais il faudra un peu de temps pour digérer le boisé encore bien présent. À aborder dans 4-5 ans.


    Nuits St Georges 1er Cru les Perrières

    Le nez est plutôt ouvert même s'il faut solliciter le vin : le départ est en retrait, puis la cerise noire apparaît, des arômes de bonbons, des notes boisées ... Le mariage entre le fruit et le bois est harmonieux à ce stade.

    En bouche, la finesse est l'impression dominante : frais, subtil, un peu sur la réserve mais beaucoup de longueur et même d'éclat.

    Il est évident que ce vin a du potentiel ... et que ce potentiel, malgré l'évidente finesse actuelle, n'est pas encore réalisé. Un vieillissement de quelques années (jusqu'en 2026 au moins) lui fera prendre un peu plus d'ampleur et révélera encore plus la jolie définition et la sophistication qui sont ses caractéristiques majeures.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Argillas

    Aromatiquement encore un peu dominé par le bois (notes de vanille), même si des épices et surtout des fruits rouges (framboise, fraise, groseille ...) sont aussi bien présents.

    L'entrée en bouche est distinguée, avec une amplitude de bon aloi ; une certaine droiture s'exprime ensuite mais la finesse persiste, la texture est savoureuse et l'on ne peut qualifier ce vin de sévère.

    Un vin finalement plus élégant et abordable que d'habitude. Certes le terroir paraît signé par une légère amertume en fin de bouche et on peut aussi imaginer une plus grande ouverture à terme mais pour certains, il paraîtra déjà tout à fait abordable. Un vieillissement jusqu'en 2030 est toutefois conseillé.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Murgers

    Dès le début, un nez gourmand en diable, très diversifié : on y trouve aussi bien de la griotte, de la myrtille, de la menthe, des notes de grillé et de pierre à fusil. Cela compose un ensemble tout à fait enjôleur et charmant.

    La bouche est suave au départ, un peu sur la réserve, le fruité réapparaît au milieu de dégustation et la finale est tout en dentelle.

    Vous l'aurez compris, ce vin est extrêmement séduisant même si l'on ne peut s'empêcher de remarquer une certaine réserve. Il gagnera donc à vieillir encore, sans problème une dizaine d'année et bien plus encore. Pour les impatients, on peut commencer à l'aborder dans 5-6 ans.


    Nuits St Georges 1er Cru aux Boudots

    Le nez est bien ouvert et déjà très séducteur : on y trouve des fruits rouges et noirs, quelques notes florales et le bois fournit un très beau support sucré (vanille et caramel) à la trame du vin, que l'on devine déjà gourmande. On a du mal à s'en détacher ...

    La bouche est volumineuse, très ample, marquée par des tannins soyeux et racés. Le bois accompagne bien le vin, lui donne de l'énergie, même si la finale pourrait être plus expressive.

    Caressant, d'une très belle texture mais n'oubliant pas d'être complexe, ce vin a énormément d'atouts et devrait être une des stars du millésime ! Il se goûte même très bien maintenant ... même si sa masse supportera très bien un vieillissement d'une dizaine d'années (jusqu'en 2030) pour encore plus de sensations !


    Corton Charlemagne

    Un nez certes un peu discret mais élégant : le bois apporte entre autres des notes sucrées, fumées et anisées ; quelques fruits exotiques et notes végétales sont à noter également. L'ensemble est déjà gourmand.

    En bouche, beaucoup de précision, même si l'on retrouve la réserve perçue au nez : le vin paraît rond, presque riche parfois mais assez ramassé et pas très expansif, malgré une texture grasse et une vivacité de bon aloi en finale.

    Un vin d'une belle noblesse et finesse, dont le principal atout aujourd'hui est sa finale longue et complexe. Il demande encore à se développer 3 ou 4 ans pour un optimum de dégustation entre 2028 et 2030.



    Charmes-Chambertin

    Le nez, assez discret au premier abord, offre principalement des notes de cerise (griotte, kirsch) et de bois (fumé, cacao, réglisse). Egalement quelques notes florales qui rendent le tout bien complexe.

    En bouche, le vin montre d'abord un côté soyeux, caressant, doucereux même. Puis l'acidité reprend le dessus et fait un retour en force en fin de bouche ; cela a pour effet de bien allonger le vin sans lui faire perdre sa délicatesse.

    Il n'est pas du tout dévalorisant de dire que le vin est assez immédiat et gratifiant à ce stade, bien dans l'expression de son terroir. On peut détecter une certaine réserve tout de même, comme c'est normal pour un grand cru ; de ce fait, il faudrait l'attendre idéalement au moins jusqu'en 2029.


    Corton Perrières

    Tout de suite à l'ouverture un joli nez complexe où l'on trouve des fruits rouges mûrs (fraise et framboise), des épices boisés et des notes florales et végétales (menthol) dues à une légère addition de rafles. À l'aération, des fruits plus noirs et des notes minérales (calcaire).

    En bouche, il commence discrètement, apparaît très fin et agréable, sans s'imposer. Mais il monte en puissance rapidement et se développe avec un coeur de bouche vif et dynamique, un beau fruit et une trame tannique séveuse et ferme. Et toujours cette impression de cailloux ...

    Un vin qui cultive sa différence : plus droit, une certaine fermeté mais sans austérité. Mais cette année, il paraît plus fin et approchable, on dirait même séducteur, avec une belle dynamique et une finale étirée.

    Corton Clos Rognet

    Dès l'ouverture, une grande amplitude aromatique, où l'on trouve des fruits rouges et noirs, bien mûrs, une belle expression de bois avec des arômes presque pâtissiers (main d'épice, vanille) bien intégrés. Très prometteur et salivant !

    En bouche, amplitude et concentration dès le départ mais sans que le vin apparaisse comme lourd ! Il y a beaucoup d'énergie, de vibrations même en finale, qui le maintiennent sur une belle dynamique.

    Ce vin représente une très belle expression de Corton et du millésime : la maturité est là, assurément, mais sans être écrasante. Comme toujours, le vieillissement devrait être progressif. Actuellement assez fondu, il n'est pas impensable de le déguster dans les deux ans, pour les amateurs de vins jeunes ... Pour les autres, on peut aisément attendre 10 à 12 ans, soit à partir de 2032.


    Corton La Vigne au Saint

    Un nez encore discret mais où l'on trouve des fruits noirs, des notes boisées sucrées comme la vanille et le caramel, des épices, une touche florale, et peut-être un peu de réduction qui expliquerait cette réserve aromatique.

    En bouche, une belle amplitude et une séduction immédiate : la texture est à la fois tendre, fine, juteuse, pétillante en fin de bouche ... et très « buvable » car la structure est raffinée, presque aérienne pour le millésime.

    Un ensemble très avenant, pour autant, on sent que le vin est encore un peu fermé et surtout, qu'il peut faire plus ! il vaudrait mieux attendre jusque 2031.


    Clos de Vougeot

    Un nez fin mais néanmoins varié et ouvert, où l'on trouve des fruits rouges, de la prune fraîche, de légères notes fumées d'un élevage bien intégré et surtout un côté terrien, que l'on ne s'étonne pas de trouver dans cette appellation.

    La bouche est délicate en attaque mais montre bien vite une belle présence, avec de la sucrosité et une finale longue, toute en persistance fine.

    Assurément un très bel ensemble, complexe et svelte, pour un vin un peu plus massif, ressemblant plus à l'image de l'appellation que d'habitude. De ce fait, un peu moins facile malgré la finesse et la gourmandise inhérente à cette cuvée ... Tout de même approchable dans les deux ans mais il nous semble bien que le potentiel ne sera pleinement réalisé que dans une dizaine d'années, soit à partir de 2031.

    Échezeaux les Rouges du Bas

    Quel festival au nez ! Des fruits noirs intenses (notamment la mûre), des notes fumées et anisées, un boisé qui apporte des arômes gourmands (pâte sablée, crème pâtissière) ... On est déjà sous le charme !

    En bouche, l'attaque est franche, ample et solide. Mais cela ne donne pas du tout une dimension imposante au vin, la concentration est sous-jacente, elle soutient le vin et lui donne consistance et cohérence. On pourrait également évoquer l'acidité, qui permet une belle fraîcheur et donne une longueur prometteuse.

    Par son intensité et sa palette aromatique et gustative, ce vin donne déjà beaucoup de plaisir. Plus approchable que d'habitude, pour les amateurs de jeunes vins, il permet déjà de se faire plaisir avec une grand cru. Pour la majorité cependant, il vaudra mieux le garder une douzaine d'années encore, soit jusqu'à 2033.


    Vosne-Romanée 1er Cru aux Brulées

    Des arômes fugaces mais qui au final composent une aromatique complexe et élégante : on y trouve des fruits rouges, des notes épicées, un bois légèrement fumé (qui permettent au vin de bien porter son nom), tout cela assez changeant et plaisant.

    L'entrée en bouche est très belle, d'une grande amplitude, à la fois tapissante et gourmande. La finale est très longue et fine, très séductrice.

    Voilà un vin majestueux, comme Vosne sait l'être, impression corrigée tout de suite par une extrême élégance et douceur, surtout en finale. On sent néanmoins une certaine austérité (ou est-ce de la réserve ?) qui nous fait penser qu'il vaudrait mieux le laisser s'intégrer encore jusqu'en 2032.

    Vosne-Romanée 1er Cru au Cros Parantoux

    Un fruit puissant se mêle aux notes d'élevage encore un peu présentes : des fruits rouge-noirs intenses complétés par des notes de cannelle, de ronce, d'anis ...

    En bouche, l'attaque est ample avec une belle présence et une texture enveloppante. Cette matière est embellie par un fruité qui persiste bien après la première approche au nez. La finale est un peu serrée, minérale, assez peu expansive mais étirée encore par le fruit.

    Un vin sur la fraîcheur, pétillant, qui n'a pas tout donné mais fin. Aucune lourdeur, une certaine réserve mais au total, plus accessible que d'habitude. Malgré cela, un vieillissement de plusieurs années lui sera bénéfique. On peut envisager de commencer à le boire à partir de 2030.


    Richebourg

    Un nez similaire dans sa structure à celui du Cros Parantoux mais avec une expression différente : une belle intensité de fruits rouges et noirs avec des notes d'élevage sur le fumé-grillé. S'y ajoutent des parfums floraux comme la violette et la pivoine.

    En bouche, la majesté habituelle du Richebourg, avec son côté tapissant et sérieux. La structure est très régulière en cours de dégustation, jusqu'à une finale légèrement sévère, avec une petite touche de chaleur.

    Un vin posé, solide, impressionnant par bien des aspects. Il faut attendre un bon vieillissement (2032 au moins) pour qu'il acquière toute la finesse et la complexité dont il est capable !