• 2020, mise en bouteille d'une année très spéciale

    UNE ANNÉE CHAUDE, PRÉCOCE ET ... FRAÎCHE ! 

    Les notes de dégustation seront intégrées au fur et à mesure de leur rédaction

    Parlons "produits secs"
    Quelques traits saillants de la campagne viticole
    Les Vendanges
    Les Vins
    Notes de dégustation bourgognes et villages
    Télécharger
    Toutes les actualités

    Dans notre jargon, par "produits secs", nous entendons les contenants et tout ce qui gravite autour : donc non seulement bouteilles et bouchons mais également étiquettes, capsules, carton, caisses etc ...

    Comme beaucoup d'autres, nous sommes affectés par les pénuries et les hausses, parfois vertigineuses, de prix (nettement plus importantes que celles de nos vins, si si ...).


    Nous avons été amenés à changer de format de bouteille en cours de mise. Les plus observateurs constateront une bouteille différente de notre format habituel, faisant peut-être un peu moins "bourgogne" : au col plus allongé et au corps plus ventru. 


    Pour faire face à l'incroyable allongement des délais de fabrication des capsules, certains de nos vins seront expédiés avec des capsules non personnalisées, un peu plus rouges que celles que nous utilisons habituellement.


    À cause du changement de format des bouteilles, nous ne serons peut-être pas en mesure de fournir les caisses bois demandées par certains.


    En espérant que cette liste d'exception ne s'allonge pas encore ... 


    Marqué par la précocité et la concentration,
    ce millésime ne sera pas simplement retenu comme celui du COVID ... Certes, on ne peut nier le stress causé par la pandémie (organisation du travail et des vendanges, difficultés d'approvisionnement) mais au final, celle-ci n'aura pas eu d'impact négatif.

    Beaucoup plus significativement, cette saison est marquée par la douceur, l'ensoleillement et le déficit hydrique. Un hiver doux, un mois de mars très clément, des températures de 25°C relevées dès le milieu d'avril : la végétation est partie avec une avance qui ne s'est plus démentie en cours de saison. La fleur passe en une semaine à peine et se termine le 26 mai. Nous savons déjà à ce moment qu'une vendange en août est très probable. Le reste de la saison sera à l'avenant : ensoleillement marqué, déficit de pluie, la vigne « galope » et nécessitera un travail intense pour suivre son rythme. Mais sinon, l'année ne présente pas de difficultés particulières, à part une poussée d'oïdium en début d'été.

    La vigne ne semble pas affectée par le stress hydrique (peut-être grâce à un hiver très arrosé) et continue son cycle de maturation, jusqu'à un épisode de canicule début août, qui aura un effet certain sur le caractère et la concentration du millésime.


    Les vendanges commencèrent le 23 août, record absolu de précocité, et se déroulèrent sous un temps estival mais pas écrasant. La récolte est alors très saine et le restera, malheureusement un peu de tri est nécessaire, à cause de l'échaudage causé par la canicule. Les faibles rendements du millésime trouvent là certainement leur explication. 

    Les degrés alcooliques sont importants, quoiqu'inférieurs à ceux de 2019 (la plupart sont en dessous de 14°), cependant en fin de vendange, quelques parcelles nous surprennent par leur relative bas niveau en sucre. 

    Toutes affichent une acidité étonnante, marquée par la faiblesse de l'acide malique et une très bonne tenue de l'acide tartrique. Et surtout, une concentration incroyable des jus, avec des couleurs intenses dès la fin de la macération pré-fermentaire. Les blancs sont plus classiques, acides aussi mais moins élevés en alcool.



    C'est donc un millésime très particulier, qui a été mis en bouteille, après quelques péripéties dues aux difficultés d'approvisionnement devenues habituelles dans presque tous les secteurs*(voir détail dans un chapitre séparé). Arborant un degré d'alcool plutôt élevé, les vins ne sont absolument pas lourds, tenus par une acidité ferme qui met en valeur des arômes de fruits noirs, plutôt caractéristiques d'un millésime froid !

    La combinaison d'une maturité et d'une acidité élevées est le rêve du vigneron bourguignon. C'est un phénomène rare mais pas exceptionnel puisque l'on peut considérer que les millésimes 1990, 1999, 2015 et dans une moindre mesure 2005, 2009 et 2019, répondent à cette caractéristique. Mais il atteint un sommet inédit en 2020.
    Compte-tenu de leur concentration, ces vins auront besoin de temps, y compris pour les « entrées de gamme ». Très séducteurs par leur fruit, ils exhibent en bouche une certaine tension, qui les réservent pour la garde.
    Les personnalités des terroirs sont ressorties en cours d'élevage et dans ce millésime puissant, on retrouve la finesse des Chambolle, la distinction des Vosne, la charpente des Nuits, la complexité des Clos Vougeot et Richebourg ... Il faudra néanmoins être patient car il s'agit de vins sérieux, structurés, qui ne veulent pas être pris à la légère. Paradoxalement, il n'est pas dit que l'on assiste à une fermeture aromatique en bouteille, compte-tenu de la forte acidité qui permettra à la fraîcheur du fruit de s'exprimer longtemps. Mais l'évolution sera lente et certainement très profitable à ces vins qui feront, à n'en pas douter, des bouteilles d'anthologie dans les décennies à venir !

    BLANCS


    Bourgogne blanc

    Joli nez, expressif et frais : Agrumes, pamplemousse, bergamote ; fruits du verger, abricot ; fleurs blanches. Les arômes sont intenses et murs. Une légère pointe de réduction qui s'échappe après quelques minutes d'ouverture.

    Bouche : L'attaque est nerveuse, l'acidité se mêle parfaitement à la richesse du vin. Les arômes sont portés sur les agrumes comme le citron et le citron vert. Une pointe exotique d'ananas se dévoile.
    La finale est ciselée et l'ensemble du vin dynamique et frais.  

    A consommer entre 2023 et 2025


    Hautes Côtes de Nuits Clos St Philibert

    Nez : Mature et intense. Note minérale, au profil solaire. Les notes aromatiques se distinguent par des parfums exotiques comme l'ananas, mais également du coing et de la fleur blanche de type chèvrefeuille.

    Bouche : L'attaque est réconfortante et offre un joli volume. Sa tonicité en finale lui confère fraicheur et persistance. De jolies amers permet de laisser un souvenir salivant en bouche.

    A besoin encore d'intégration entre nez et bouche. Attendre jusqu'en 2025.

    Potentiel de garde 8 à 10 ans.



    ROUGES

    Bourgogne Côte d'Or « hémisphère sud »

    Nez : Attractif mais discret. Le bouquet est porté sur les fruits des bois. Une légère note variétale, poivré et épicé. Cette discrétion offre un nez raffiné, sans exubérance.

    Bouche : attaque souple aux tanins fermes. Texture anguleuse. L'acidité bien présente en milieu de bouche dynamise la dégustation.

    Moins complexe que son camarade « Etienne Camuzet » mais néanmoins très cohérent. Sa générosité le rend extrêmement accessible.

    Très abordable à l'ouverture, il procure un subtil plaisir immédiat.
    Potentiel de garde entre 5 et 6 ans


    Bourgogne Côte d'Or « hémisphère nord »

    Nez : Directement intense aux arômes de fruits noirs bien mûrs (myrtille, mûre, cerise noire). Très belle intensité aromatique.

    Bouche : Attaque ferme. La trame tannique est encore jeune et un peu stricte, cela lui apporte relief et structure. Sa sévérité en fin de bouche est noble. Les tanins demandent à se polir avec le temps.

    Très prometteur, il séduira par sa persistance et sa solidité.

    Celui-ci est fait pour se bonifier avec le temps. Soyez patient, il offrira toute sa splendeur après quelques années de bouteille. À ne pas consommer avant 2024 dans l'idéal.

    Potentiel de garde 7 à 8 ans.


    Bourgogne Côte d'Or « Etienne Camuzet »

    Nez : Éclatant ! Il offre un mélange complexe de fruits rouge et noirs d'une belle maturité. Notes subtiles de chocolat, de vanille et de tabac fumé.
    Bouche : Fraiche et dynamique en attaque. Les tanins se veulent racés et délicats. La texture est soyeuse. Belle vitalité en finale mais encore fougueux.

    L'ensemble est harmonieux avec des arômes de fruits charmeurs. Très séducteur au nez, la bouche en revanche demande encore à se patiner. Avec deux ou trois ans de bouteille il s'exprimera avec grande classe.

    Potentiel de garde 5 à 8 ans.


    Marsannay

    Nez : Son profil actuellement est réservé. Malgré tout, le bouquet reste délicat avec des fruits noirs et épicés.

    Bouche : Franche. La structure tannique est souple mais reste austère. Les éléments semblent ne pas avoir encore trouvés de liens complets d'intégration. Très prometteur malgré tout par son fruit et sa chair. Tendu en finale, il cherche à s'épanouir et doit être sollicité.

    Celui-ci est encore timide, il a besoin de temps. Attendre 2024.

    Potentiel de garde 7 à 10 ans.


    Fixin

    Nez : Très élégant, doté d'une belle intensité, à la tonalité florale et de fruits noirs. Les arômes de violette et de lilas dominent. Quel charme !

    Bouche : Belle ampleur, texture caressante. L'expression tannique est arrondie, souple et étirée, la finale vive et pétillante.

    C'est un vin qui a tous les éléments pour bien vieillir mais quel délice déjà à l'ouverture !

    Potentiel de garde 7 à 8 ans

     

    Gevrey-Chambertin

    Nez : Complexe, aux parfums de fruits à noyaux, mais également de groseille et de myrtille. Légères notes vanillées et de tabac blond. L'élevage est pleinement maîtrisé.

     Bouche : Franche et sphérique. Il offre une texture enveloppante et épurée. La finale est ravivée par une acidité dominante.

    Un vin distingué, homogène et équilibré. Il gagnera en complexité avec le temps. Tous ces atouts se délivreront au bout de 1 à 3 ans au moins. 

    Potentiel de garde 10 ans .


    Chambolle-Musigny



    Nuits Saint Georges

    Nez : Très belle expression aromatique. Il séduit par son caractère épicé et mentholé. Après quelques minutes il exhale des notes de garrigues et de baies de genièvre. Un boisé subtilement intégré lui offre de surcroit complexité et intensité.

    Bouche : Attaque caressante. Il affiche une texture volumineuse, aux angles arrondis. Les tanins sont racés et séveux. Finale étroite. Son autorité en finale suggère une subtile amertume et tonicité.

    Un Nuits-Saint-Georges qui allie puissance et velours. Abordable, il mérite un vieillissement d'un an ou deux au moins.
    Son socle solide lui permet un très bon potentiel de garde de 10 à 12 ans.


    Vosne-Romanée